Avoir une araignée… au sous-sol!

Avez-vous déjà entendu l’expression « avoir une araignée au plafond »?

Certaines mauvaises langues pourraient dire que c’est mon cas! Trêve de plaisanteries, aujourd’hui, je vous entretiens d’araignées qui se blottissent dans nos demeures. Et, plus particulièrement, d’un groupe que j’ai découvert récemment en grande quantité dans mon sous-sol.

L’aventure commence avec une courte vidéo initialement diffusée sur Instagram en août dernier, où je vous montrais une tégénaire domestique (Tegenaria domestica) retrouvée sous une pile de matériel que je m’affairais à ranger au sous-sol. À peine quelques minutes après avoir diffusé la vidéo, je trouvai un second individu, sous une autre pile. Quelle chance!

Dans les jours suivants, je reçus un message de Folles Bestioles, qui me demandait si je pouvais leur capturer un spécimen – ils cherchaient à documenter davantage cette espèce. Comme j’avais terminé mon rangement, je dus partir à la recherche des araignées dans d’autres recoins. En peu de temps, je trouvai deux individus, dont un que je remis à Folles Bestioles.

Au début du mois de novembre, je partis à nouveau à la recherche d’un spécimen afin de le présenter à l’activité Arachnophobie et cie, tenue au musée des Plaines d’Abraham, à Québec. Ce sont quatre individus – deux gros et deux petits – que j’aperçus lors de ma fouille!

Wow! On peut dire que mon sous-sol est bien habité!

Mais qui sont les tégénaires domestiques, au juste?

Sans surprise, elles constituent des occupants fréquemment rencontrés dans nos demeures.

Elles sont si communes que j’ai été surprise d’apprendre qu’il s’agissait d’une espèce introduite en Amérique du Nord. En effet, elle aurait suivi les colons américains au courant des années 1600 et se serait depuis dispersée partout aux États-Unis et au Canada.

La tégénaire domestique dans sa toile en forme d’entonnoir.

La tégénaire domestique appartient à la famille des agélénidés (Agelenidae), un groupe dont je vous ai déjà parlé et que l’on connait bien pour sa propension à tisser des toiles en forme d’entonnoir. On en retrouve beaucoup à l’extérieur, autour de nos maisons, qui appartiennent au genre Agelenopsis.

La tégénaire domestique, quant à elle, préfère le confort intérieur de nos demeures! Chambres, salle à manger, sous-sol : elle se faufile partout!

N’ayez crainte! Bien qu’elle puisse se cacher n’importe où, il ne s’agit pas d’un organisme nuisible ni dangereux. En effet, la tégénaire se nourrit des invertébrés qui peuplent nos demeures, y compris ceux qui sont nuisibles et qui pourraient s’attaquer à nous ou à nos denrées.

D’ailleurs, lorsque je montrais ma tégénaire aux visiteurs, lors de l’activité Arachnophobie et cie, certains me demandaient si elle pouvait mordre.

Ma réponse?

Oui, mais!

Les araignées peuvent mordre, car elles sont munies de crocs conçus pour injecter du venin dans leurs proies. Or, les animateurs de Folles Bestioles ont bien démontré, dans plusieurs de leurs vidéos (voir la section « Pour en savoir plus » ci-dessous), que de nombreuses araignées nettement plus grosses que les tégénaires n’étaient pas capables de percer la peau humaine, ou généraient à peine de petites égratignures. Je soupçonne que ce soit également le cas des tégénaires domestiques… mais je n’ai pas le courage de Folles Bestioles pour tenter la démonstration!

De plus, si vous visionnez ma vidéo, qui accompagne la présente chronique, vous verrez que toutes les interactions où mes doigts se retrouvent à proximité de la tégénaire se concluent… avec ladite bête qui me fuit autant que possible! Sa première réaction semble bien plus la fuite que la morsure! Cela dit, il semble néanmoins que quelques plus grandes espèces d’agélénidés aient déjà mordu des humains, selon certaines des sources consultées.

La tégénaire domestique peut-elle être confondue à d’autres araignées de maison?

Digne agélénidé, la tégénaire domestique porte des filières que l’on peut voir en examinant l’extrémité de son abdomen. Il s’agit d’un des critères d’identification. Elles ne me semblent cependant pas aussi proéminentes que celles des agélénidés observés à l’extérieur de nos demeures (voir cette photo) et il faut une vue de l’arrière pour clairement les voir.

La tégénaire domestique, vue légèrement de l’arrière et de l’avant.
J’ai observé que les bandes sont souvent plus visibles en dessous des pattes.

Aussi, son céphalothorax (premier segment antérieur, qui inclut la tête) est brun pâle ou brun orangé. Il est bordé de lignes plus foncées et est également flanqué de deux bandes plus foncées. Son abdomen est gris-brun clair et est muni de chevrons plus foncés. Enfin, ses pattes sont brun-jaunâtre et comportent des bandes brunes plus sombres, parfois discrètes selon les individus. En examinant mes photos, j’ai remarqué que ces bandes sont souvent plus apparentes sur le côté ou le dessous des pattes. Cette nuance pourrait vous aider dans l’identification!

Dans les sources consultées, je lis que la tégénaire domestique peut être confondue avec la tégénaire noire (Eratigena atrica). Cette dernière est plus sombre et porte des bandes claires de chaque côté du céphalothorax (voir ces photos de iNaturalist). Son abdomen brunâtre à chevrons ressemble à celui de la tégénaire domestique. Or, ses pattes sont sombres et non tachetées, ce qui pourrait aider à distinguer les deux espèces. De plus, sa taille est un peu plus grande : la femelle adulte mesure 12 à 18 mm et le mâle fait 10 à 15 mm. Chez la tégénaire domestique, la femelle mesure 7,5 à 11,5 mm et le mâle, 6 à 9 mm.

Cette différence de taille entre le mâle et la femelle a piqué ma curiosité. Je vous mentionnais plus tôt que j’avais observé deux gros individus et deux plus petits en scrutant mon sous-sol. Ne craignant rien, je suis derechef retournée les inspecter, question de vérifier si j’avais affaire à des mâles et des femelles. En prime, j’ai lu que les sacs d’œufs, lorsque présents, sont couverts de débris organiques… Une autre raison de fouiller les recoins poussiéreux de mon sous-sol!

Autre spécimen typique!

Comme vous le verrez dans la vidéo accompagnant le présent billet, je n’ai finalement trouvé… que des femelles! Et je n’ai pas observé d’amas de débris pouvant être des sacs d’œufs. Surprenant! Il doit certainement y avoir des mâles quelque part pour que j’aie autant de femelles de toutes les tailles!

Pour terminer, Paquin et Dupérré (2003) mentionnent que la tégénaire domestique est connue pour sa longévité : une femelle aurait vécu 7 ans! Productive et longévive, il n’est pas étonnant que j’en retrouve tant dans mon sous-sol!

Et vous, hébergez-vous autant de tégénaires?

Pour ma part, je peux conclure que je n’ai pas une, mais bien de nombreuses araignées… au sous-sol!

Pour en savoir plus

Joyeuses fêtes 2024!

On tourne déjà la page sur une autre année! Que le temps file vite!

En 2024, le sujet de la biodiversité chez les insectes a continué de susciter l’intérêt, comme le témoignent de récentes capsules mettant en vedette des entomologistes québécois. En voici deux que je vous invite à découvrir :

Bien que j’aie été moins active en matière de capsules vidéo ou de billets de blogue cette année, soyez sans crainte : je n’ai pas délaissé l’entomologie. Bien au contraire!

J’ai pris une part active dans l’organisation d’activités avec l’Association des entomologistes amateurs du Québec, un organisme que j’affectionne particulièrement et qui œuvre à la sensibilisation et à l’éducation sur les insectes et autres invertébrés du Québec. D’ailleurs, avez-vous eu l’occasion de participer à nos activités? Si ce n’est encore fait, consultez le site Internet de l’Association pour découvrir les événements à venir en 2025! Psitt : d’autres activités s’y ajouteront!

En plus de cela, j’ai eu le plaisir d’animer une sortie extérieure à la découverte d’insectes aquatiques avec des étudiants du secondaire (Camp ERE de l’Estuaire à Port-au-Saumon), ainsi que des kiosques éducatifs au Salon des insectes 2024 (à Montréal) et à l’activité Arachnophobie et cie, au musée des Plaines d’Abraham (Québec). Le tout en charmante compagnie!

Je ne pourrais clore cette année sans vous remercier de tout cœur pour vos encouragements et votre fidélité. DocBébitte existe depuis près de douze ans et c’est toujours un plaisir de partager ma passion et mes découvertes avec vous.

J’ai hâte de poursuivre cette belle aventure en votre compagnie et de lire vos commentaires constructifs, que ce soit sur le présent blogue, la page Facebook DocBébitte ou encore sur la page YouTube DocBébitte!

Je vous souhaite des fêtes 2024 joyeuses et amusantes en bébitte!

Caroline, alias DocBébitte

Pour en savoir plus

Une saturnie cécropia que j’ai élevée l’été dernier – et qui vous souhaite de joyeuses fêtes!

Tirage du calendrier DocBébitte 2025

Qu’y a-t-il sous le sapin de DocBébitte cette année?

Eh oui, un calendrier pour démarrer l’année 2025 en beauté!

Comme chaque année, je vous offre la possibilité de gagner un exemplaire de ce calendrier inédit, que j’offre en cadeau seulement à quelques membres de mon entourage – il n’est pas en vente, ne le cherchez pas dans un magasin près de chez vous!

Vous voulez gagner votre exemplaire de ce calendrier beau en bébitte?

Voici comment participer :

  • Vous devez posséder une adresse postale au Québec, où je pourrai vous envoyer ledit calendrier*;
  • Pour vous inscrire, écrivez-moi à DocBebitte@Outlook.fr en indiquant que vous souhaitez participer au tirage du calendrier 2025;
  • Veuillez vous inscrire avant le mardi 24 décembre à 23h59.

Le tirage (un seul calendrier est à tirer) aura lieu dans les jours qui suivront ! D’ici là, bonne chance et je vous souhaite de très joyeuses fêtes!

Caroline, alias DocBébitte

*Veuillez noter que je me dégage de toute responsabilité liée à un bris lors du transport par Postes Canada. Merci pour votre compréhension.

Recto et verso du calendrier DocBébitte 2025. Se retrouvera-t-il sous votre sapin de Noël?