Deux gagnantes ex aequo pour le concours de photo 2021 !

Cette année, la période de vote pour le concours de photographies m’aura tenu en haleine jusqu’à la toute dernière journée.

En effet, ce sont six photos, de six photographes différents, qui se sont fait la course côte à côte jusqu’à la toute fin ! Je croyais bien devoir vous annoncer six gagnants… mais les votes du dimanche 3 octobre, dernière journée où je recevais vos votes, furent déterminants.

Aussi, je suis bien heureuse de laisser le public voter et de m’abstenir de tout vote, puisque ce sont deux membres de ma famille qui ont gagné. Il faut dire que la pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre et beaucoup de gens de mon entourage sont des amoureux de la nature et de la photographie; ils ont amplement participé au présent concours en transmettant plusieurs photos !

Vous avez également été bon nombre de lecteurs DocBébitte à soumettre de superbes clichés : tant qu’à moi, vous êtes tous gagnants et des dizaines d’amateurs auront vu passer vos magnifiques clichés ! On m’a même déjà parlé de certaines de vos photos sur lesquelles figurent tantôt des insectes moins connus, tantôt des invertébrés qui étaient fort abondants cet été ! Bravo et merci pour votre participation !

Comme promis, je m’affairerai à vous concocter non pas une, mais deux chroniques pour vous parler davantage des organismes qui figurent sur les deux photos gagnantes de cette année, soit :

  • La périthème délicate par Sylvie Benoit;
  • L’araignée-loup par Céline Benoit Anderson.

Avez-vous hâte d’en savoir plus sur ces bêtes pour lesquelles vous avez voté ?

La suite viendra sous peu !

Merci encore pour votre grande participation, tant par la soumission de photos que par vos votes ! Pour les clichés qui n’ont pas remporté la victoire, ce n’est que partie remise ! On se revoit l’an prochain ?

La périthème délicate de Sylvie Benoit a séduit plusieurs voteurs!
Est-ce l’apparence en peluche de cette araignée-loup qui a fait fondre les coeurs?

DocBébitte en bref – Prédateur contre prédateur: un combat avorté !

À force d’observer les insectes et autres invertébrés, on devient souvent le témoin de scènes surprenantes.

C’est ainsi que, lors d’une marche récente, je pus observer plusieurs interactions entre une araignée sauteuse et une punaise assassine. L’araignée déambulait paisiblement sur une main courante en bois, d’un côté, alors que, de l’autre, la punaise semblait être en mode embuscade.

Les deux individus, des prédateurs voraces, se sont fait face pour quelques instants. Je retins même mon souffle à quelques reprises, me demandant lequel des deux gagnerait si le combat était engagé.

Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse être transportés dans l’arène où le combat araignée contre punaise s’amorce dans ma plus récente capsule vidéo « DocBébitte en bref »!

Ding! Ding! Première ronde lancée!

Capsule vidéo: Incursion au marais!

Comme vous le savez, j’ai récemment ajouté à l’offre DocBébitte la réalisation de capsules vidéo.

La semaine dernière, je lançais la plus récente d’entre elles: une incursion au marais.

Tournée au marais Léon-Provancher, vous y verrez une DocBébitte qui vous présente quelques invertébrés aquatiques: naïades de libellules et d’éphémères, gyrins, escargots et autres!

En sus, une petite surprise d’un organisme non invertébré qui aura su distraire quelques instants mon caméraman (mon conjoint, que je remercie d’ailleurs)!

Bon visionnement!

DocBébitte en bref : Des araignées plein les pantalons!

Premier spécimen caché sous mes pantalons

Les araignées. Ces arthropodes qui font bien plus souvent l’objet de peurs que d’admiration. Elles sont pourtant bien utiles et… partout!

C’est notamment en camping que l’on peut voir l’ampleur de leur omniprésence.

La semaine dernière, j’étais en camping à l’Île aux Lièvres, un superbe endroit que je recommande. Les observations de faune et de flore typiquement québécoises abondaient. Cela comprenait les organismes invertébrés, dont les araignées.

Second individu, également sous mes pantalons (Araneus nordmanni ou saevus)
Celle-ci était encore sur mes pantalons au moment de la photo (famille Gnaphosidae)

Non seulement elles arpentaient les murs et plafonds des somptueuses bécosses auxquelles nous avions accès (et où, j’ose le préciser, je ne me suis pas attardée à prendre de photos), elles se faufilaient un peu partout.

Je l’appris très bien lorsque j’eus à dénouer un pantalon que j’avais attaché à une table de pique-nique afin qu’il sèche pendant la nuit.

Cette araignée (genre Larinioides) a fui rapidement sur le côté de la table

Non pas une, ni deux araignées y avaient trouvé refuge… mais bien cinq beaux spécimens, dont un qui était particulièrement gros (un membre de la famille Agelenidae, autrefois classé dans la famille Amaurobiidae, faisant environ 2 cm).

J’ai beau avoir travaillé à me désensibiliser à la peur des araignées (voir cette chronique où j’en parle), ce dernier individu me fit lâcher un cri de petite fille apeurée, alors que je croyais avoir retiré toutes les araignées de mon pantalon. Je pris d’ailleurs un cliché de la bête, toujours dans mes pantalons, à côté du bouton, afin que vous appréciiez sa taille. Jolie, n’est-ce pas?

Bien que l’on observe plus souvent les groupes d’araignées qui se tiennent bien tranquilles dans les toiles qu’elles ont tissées (les agélénidés ou les épeires, par exemple), il faut savoir que plusieurs espèces d’araignées se déplacent et chassent leurs proies au sol ou sur divers supports (arbres, murs, etc.), particulièrement pendant la nuit. De même, les mâles de taxons tisseurs de toiles, comme le genre Agelenopsis, se déplacent fréquemment au sol, sans doute à la recherche d’une compagne.

Le jour venu, ces charmantes bêtes se cherchent un abri… lequel peut s’avérer être des vêtements lâchement laissés sur une table pendant la nuit!

Grosse araignée qui demeurait cachée dans l’une des jambes de mon pantalon (Agelenidae du genre Coras ou Wadotes)
Même spécimen, encore dans mes pantalons

Tout cela étant dit, je ne vous déconseille pas d’aller faire du camping, loin de là! Mais n’oubliez pas de bien secouer et vérifier les vêtements que vous auriez laissé traîner hors de la tente avant de les enfiler! Quelques surprises pourraient s’y cacher!

Remerciements

Je tiens à remercier les membres de la page Facebook Araignées du Québec pour leur aide à l’identification des organismes photographiés, lorsque cela était possible. La luminosité n’était pas optimale (sous couvert forestier) et les individus ont fui rapidement une fois dévoilés!

Pour en savoir plus

  • Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
  • Paquin, P. et N. Dupérré. 2003. Guide d’identification des araignées (Araneae) du Québec. 251 p.

Les « bébittes » du pêcheur

Êtes-vous déjà allés à la pêche?

Avez-vous remarqué à quoi ressemblait l’appât que vous utilisiez?

Il s’agissait sans doute d’une imitation d’un poisson ou d’un invertébré.

En effet, un bon moyen pour capturer une prise digne d’un trophée est d’utiliser un leurre qui ressemble aux organismes dont elle se nourrit habituellement. Rien de plus alléchant!

C’est un lecteur de DocBébitte qui m’a donné envie d’explorer ce domaine. Ce dernier me demandait si j’avais quelques photos de larves de chironomes (voir cette chronique), mais également d’autres organismes d’origine aquatique retrouvés au Québec qui pouvaient lui servir d’inspiration dans la fabrication de leurres.

Aussi, je m’amusais dans la dernière chronique (ici) à vous faire deviner quelques imitations d’invertébrés que je retrouvais moi-même dans mon coffre à pêche. Bref, les échanges m’avaient vraisemblablement inspirée!

L’intérêt des invertébrés aquatiques pour la pêche

Les invertébrés aquatiques représentent un intérêt certain pour le pêcheur, puisqu’ils font partie du milieu où évoluent les poissons. Les adultes de ces mêmes espèces ont aussi un cycle de vie qui les amène près des milieux aquatiques. C’est le cas par exemple des éphémères, des trichoptères et des libellules : les adultes iront se reproduire et pondre près de la surface de l’eau… là où des poissons les attendent impatiemment! Si un individu a le malheur de s’aventurer trop près de la surface de l’eau ou encore d’y tomber, c’en est fini pour lui!

Bref, quand on parle de « pêche à la mouche », on fait référence au leurre qui ressemble à une mouche ou à un insecte ailé quelconque. Souvent, ledit leurre cherche à imiter les insectes rencontrés près de la surface de l’eau comme les éphémères et les trichoptères adultes.

D’autres appâts, sans doute moins connus, prennent l’apparence des invertébrés œuvrant sous l’eau. Dans le billet de la semaine dernière, je présentais une photographie de quelques leurres que j’avais gardés dans mon coffre à pêche et qui représentent de tels organismes. Y étaient inclus des insectes terrestres qui peuvent parfois s’aventurer trop près de la surface de l’eau. Aviez-vous reconnu certains d’entre eux? Notamment une écrevisse, un ver de terre, une naïade de libellule (vivant sous l’eau) et de multiples imitations d’insectes ailés, tels les trichoptères, éphémères et autres que je ne saurai identifier exactement!

Ma récente incursion dans ce domaine m’a également appris que plusieurs pêcheurs fabriquent eux-mêmes leurs leurres, dont certains imitent de toutes petites créatures aquatiques comme les larves de chironomes. C’est le cas du lecteur qui m’a écrit sur le sujet; vous pourrez voir certaines de ses photos (et propres chefs-d’œuvre) qui accompagnent la présente chronique. Fascinant, n’est-ce pas?

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Quelques leurres fabriqués à la main – qu’y reconnaissez-vous?

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Autres leurres fabriqués à la main

Chaque leurre en son temps!

Vous pensiez que la pêche nécessitait simplement de lancer n’importe quel appât à l’eau peu importe le moment? Détrompez-vous!

En effet, comme les invertébrés aquatiques ont un cycle de vie les amenant à être plus ou moins abondants à certaines périodes de l’année, il est d’intérêt pour le pêcheur d’utiliser le bon leurre à la bonne période. Il en est de même pour le stade de vie (larve/nymphe vivant sous l’eau contre l’adulte ailé), qui ne se rencontre pas en tout temps de l’année.

Dans les ressources citées ci-dessous, vous pourrez visionner des vidéos d’un pêcheur aguerri (Brian Chan), qui nous présente une vaste palette d’imitations d’invertébrés (cette vidéo), tout en nous indiquant les meilleurs moments de l’année pour utiliser un leurre plutôt qu’un autre.

On y retrouve aussi un épisode de pêche d’une durée de 24 minutes (Phil Rowley on fishing a new lake) où le spécialiste nous indique notamment comment collecter des invertébrés en rive, ainsi que dans l’estomac des poissons capturés pour mieux identifier les leurres à utiliser selon la période de l’année. Une émission de pêche fort instructive que plusieurs d’entre vous apprécieront sans aucun doute!

Quelques ressources pour les curieux!

Comme je n’ai pas la prétention d’être une experte pêcheuse, je souhaitais compléter la présente chronique avec quelques ressources pour ceux d’entre vous qui utilisent ou fabriquent des appâts à poisson… Ou pour les entomologistes curieux comme moi!

Dans les éléments présentés ci-dessous, j’ai choisi de me concentrer davantage sur les organismes pouvant être rencontrés dans les écosystèmes lacustres et d’eau plutôt stagnante (lacs, élargissements du fleuve et étangs), question de répondre aux interrogations récemment reçues.

N’oubliez pas de vous rendre au bout de la chronique : quelques photos et vidéos supplémentaires vous y attendent!

1) Produits DocBébitte déjà existants (invertébrés retrouvés au Québec) :

2) Quelques sites Internet pertinents :

3) Vidéos et émissions de pêche (ailleurs au Canada) :

  • Phil Rowley on Fishing A New lake. Émission vidéo présentant des astuces pour bien choisir son secteur de pêche ainsi que ses leurres (incluant l’échantillonnage d’invertébrés): https://youtu.be/sYhumUOD4M8
  • Brian Chan. Vidéo expliquant les leurres à utiliser en fonction d’une connaissance des moments d’émergences ou de prolifération d’invertébrés divers : https://youtu.be/pHVfoRdQGxQ
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation des chironomes comme leurres (incluant cycle de vie, locomotion, etc.) : https://www.youtube.com/watch?v=cXSEyvkqORQ
  • Brian Chan. Vidéo portant sur l’utilisation des sangsues comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=MKL17Tupn68
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation d’amphipodes (crustacés d’eau douce) comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=eDvt4SjYcIA
  • Brian Chan : plusieurs autres vidéos disponibles! Je vous conseille de faire davantage de recherches en utilisant le terme « Brian Chan » et « fly fishing » selon les invertébrés qui vous intéressent!

4) Guides et clés d’identification d’invertébrés aquatiques d’Amérique du Nord

  • Hutchinson, R. et B. Ménard. 2016. Naïades et exuvies des libellules du Québec: clé de détermination des genres. 71 pages.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.

Galerie photo et vidéo d’invertébrés aquatiques du Québec

Enfin, vous trouverez ci-dessous une galerie photo et vidéo en complément aux ouvrages préalablement cités, qui présente quelques spécimens couramment rencontrés au Québec!

Il importe de souligner que ces ressources – incluant mes propres chroniques et photographies – sont loin d’être exhaustives! En outre, j’aurai certainement l’occasion de vous parler de nouvelles espèces lors de prochaines chroniques!

Si entretemps vous avez d’autres sources à suggérer ou des propositions de sujets connexes, n’hésitez pas à me le signaler!

Galerie vidéo

Vidéo 1. Sangsue observée au lac Cromwell (Station de biologie des Laurentides, Saint-Hippolyte, Québec).

Vidéo 2. Chironomes rouges en déplacement dans un petit plat.

Vidéo 3. Corise (Corixidae). Cet hémiptère aquatique fait partie des espèces retrouvées dans le contenu stomacal de certains poissons, comme le témoigne l’émission de pêche susmentionnée de Phil Rowley.

Vidéo 4. Lors d’une partie de pêche avec mon père, nous avons observé cette dolomède (voir cet article) se mouvoir à la surface de l’eau. Mon père s’est amusé à lancer son appât à proximité. Peut-être existe-t-il des leurres en l’honneur de cette gigantesque araignée d’eau qui doit sans doute attirer des poissons gourmands?

 

Galerie photo (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Corise (Corixidae), vue dorsale

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Corise (Corixidae), vue ventrale

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Vélie (Veliidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Amphipode capturé dans une mare d’eau à marée basse dans le fleuve Saint-Laurent (Québec, Qc)

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Aselle (Asellidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Naïade d’éphémère, lac Bonny (Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Qc)

Naïade_Anisoptera_LacDesPlages
Naïade de libellule, lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Gomphidae_LacDesPlages
Naïade de gomphe (Gomphidae; libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Macromiidae_Larve_LacDesPlages
Naïade de Macromiidae (libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Naïade_demoiselle_LacGeai
Naïade de demoiselle, lac Geai (Saint-Hippolyte, Qc)

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Larve de chironome