La coccinelle reine des échecs

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La coccinelle à quatorze points peut être observée dans nos jardins urbains

Dans la dernière publication, je vous demandais de deviner quel arthropode arbore une robe en damier, tel un jeu d’échecs. Aviez-vous reconnu la coccinelle à quatorze points (Propylea quatuordecimpuctata), aussi très justement nommée coccinelle à damier?

Il s’agit d’une petite coccinelle mesurant entre 3,5 et 5,2 mm dont la robe est variable d’un spécimen à l’autre. Sa couleur peut passer du jaune crème à l’orange pâle, sans toutefois être rougeâtre comme d’autres coccinelles. Les élytres sont également flanqués de quatorze points noirs de forme plutôt rectangulaire. Ces derniers sont souvent fusionnés de sorte à ne plus nécessairement représenter quatorze formes distinctes. Chez certains individus, le noir domine à un point tel que la coloration plus pâle, autrement assez dominante, est réduite à une douzaine de points.

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Coccinelle à quatorze points en délit de gourmandise
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Les pucerons constituent sa source d’alimentation favorite

Les mâles et les femelles peuvent être facilement distingués en examinant le devant de leur tête. Le mâle possède un « visage » de couleur pâle relativement uniforme (ce cliché de BugGuide), alors que celui de la femelle est caractérisé par une tache noire insérée entre deux zones plus pâles (cette photo).

J’ai trouvé le spécimen photographié depuis mon stéréomicroscope mort près d’une fenêtre de mon domicile à la fin de l’été. J’en avais vu quelques-uns parcourant les fines herbes de mon balcon; peut-être que l’un d’entre eux est entré par inadvertance à l’intérieur en même temps que moi et s’est retrouvé prisonnier?

Les individus aperçus sur mon balcon s’affairaient plus précisément à patrouiller dans un plant de coriandre qui était la proie de nombreux pucerons. Comme tout Coccinellidae digne de ce nom, notre coccinelle à quatorze points raffole des pucerons. Une des séances photo à laquelle je m’étais adonnée dans le passé présentait d’ailleurs cet insecte en plein délit de gourmandise (voir les photos à l’appui!).

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Vue dorsale

Les femelles pondent quelque 400 œufs vert pâle, d’où émergent des larves qui ressemblent à des alligators miniatures. Aussitôt sorties de l’œuf, les jeunes coccinelles en devenir se nourrissent de pucerons, comme les adultes. Elles le feront pendant 8 à 10 jours, après quoi elles formeront une pupe d’où elles émergeront un autre 4 à 5 jours plus tard.

La coccinelle à quatorze points est originaire d’Europe et d’Asie. En Amérique du Nord, plusieurs tentatives infructueuses d’introduction ont été effectuées avant 1960. C’est cependant une introduction accidentelle par des bateaux de marchandise transitant par le fleuve Saint-Laurent qui permit à cette espèce de s’établir parmi nous. Plus précisément, la première observation aurait été réalisée près de la ville de Québec en 1968.

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Vue de face; il s’agit d’un mâle

La jolie coccinelle est retrouvée dans une vaste palette d’habitats : plaines, prairies, forêts, montagnes, ainsi que jardins et parcs situés en milieu urbain. En outre, partout où l’on retrouve des pucerons, la coccinelle à quatorze points n’est jamais bien loin! On peut dire que notre arthropode habillé en damier a de quoi mettre tout puceron trop envahissant échec et mat!

Pour en savoir plus

Une punaise parée pour l’Halloween

Je vous ai déjà parlé de plusieurs insectes qui arborent une robe orange et noire dans cette chronique sur le peuple de l’asclépiade.

Il y a trois ou quatre années de cela, on m’avait demandé d’identifier un invertébré qui ne figurait pas au palmarès de ces organismes. Le demandeur s’inquiétait du fait que l’insecte en question était en train d’envahir sa demeure à l’automne. En fouillant dans mes livres et sur Internet, je pus identifier le coupable : la punaise de l’érable négondo (Boisea trivittata). Je n’avais pas encore fait la connaissance de cet arthropode en personne.

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La punaise de l’érable négondo (Boisea trivittata)

Il me fallut quelques années supplémentaires avant de rencontrer de cette punaise. Au milieu du mois d’octobre cette année, alors que j’étais en visite dans le sud-ouest du Québec, je vis plusieurs de ces punaises voleter le long d’un sentier pédestre. C’était une journée ensoleillée et les divers insectes profitaient de ces quelques dernières journées plus chaudes, qui se pointent le bout du nez juste avant l’hiver plus rude, pour trouver refuge.

Comme l’avait remarqué le lecteur qui m’a interpellée, les punaises de l’érable négondo ont la propension de se réunir, à l’automne, sur les pans d’édifices chauffés par le soleil et de tenter de s’y infiltrer pour passer l’hiver. Elles sont connues pour hiverner dans des milieux secs et protégés du froid comme les greniers et les murs des bâtiments. Il arrive, lors de journées hivernales plus douces, que ces dernières sortent de leur cachette, croyant le printemps revenu… pour se retrouver à l’intérieur des demeures au grand désespoir des humains qui y habitent! Qui plus est, leurs fientes ont le potentiel de tacher les meubles et tapis… rien qui puisse les faire aimer davantage!

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Lors de mon observation, plusieurs punaises cherchaient à s’attrouper

C’est principalement ce comportement qui lui valut l’attribution de « peste ». En effet, bien que notre punaise de l’érable s’attaque aux érables et à quelques autres feuillus (notamment frênes, chênes et ailantes), ses dommages demeurent minimes. À cet effet, les larves et les adultes se délectent de la sève des feuilles, des fleurs et des graines de leurs arbres-hôtes favoris, qu’elles sucent à l’aide de leur rostre. Leur alimentation peut entre autres engendrer une déformation des feuilles et des fruits ainsi que l’apparition de petites taches sur le feuillage.

Au premier coup d’œil, on pourrait confondre la punaise de l’érable négondo avec d’autres punaises colorées comme la petite punaise de l’asclépiade (voir cette chronique). De taille similaire (dans les environs de 11 à 14 mm), les deux punaises sont néanmoins faciles à distinguer. La punaise de l’érable négondo est globalement plus sombre (brun foncé à noir). Le pourtour des ailes est teinté de rouge-orangé et le centre du thorax est marqué par une ligne droite suivie de deux lignes formant un « V ». J’ai remarqué en furetant sur Internet que ce « V » est plus ou moins discret selon les spécimens photographiés. En revanche, la petite punaise de l’asclépiade (Lygaeus kalmii) possède plus d’orange, formant notamment un large « X » sur les ailes antérieures. Une autre façon de reconnaître cette dernière est qu’une des taches noires – celle située dans le haut de l’abdomen/début du thorax – ressemble à un cœur (voir ce cliché).

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Punaise de l’érable négondo (gauche) et petite punaise de l’asclépiade (droite)

La punaise de l’érable négondo appartient à la famille Rhopalidae, désignée en anglais comme la famille des « scentless plant bugs ». Contrairement aux pentatomes (famille Pentatomidae; « stink bugs »), les Rhopalidae n’émettraient pas d’odeur nauséabonde. Toutefois, une des sources consultées indique que la punaise de l’érable négondo déroge à cette affirmation, générant une odeur peu agréable lorsque perturbée. Elle aurait également mauvais goût, ce qui a pour effet de dissuader tout prédateur!

Plusieurs moyens de lutte contre l’invasion hivernale de cette punaise sont offerts sur Internet. Sans être exhaustive, je vous en cite quelques-uns ci-dessous. Pour plus de détails, voir notamment le site d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Lutte contre la punaise de l’érable négondo :

  • Décourager les regroupements en enlevant les feuilles, pierres et débris autour de votre habitation;
  • Appliquer du savon insecticide ou autres produits de ce type autour de la maison;
  • Réparer les fissures dans les murs de fondations, autour des fenêtres et des portes;
  • Recueillir les individus qui se sont infiltrés à l’aide d’un aspirateur et s’en départir.

Naturellement, le meilleur moyen reste de prévenir leur introduction dans vos demeures. En plus de se regrouper sur les murs des maisons chauffés par le soleil, cette jolie punaise peut s’observer en attroupement sur les arbres et les roches où plombe le soleil lors de belles journées automnales. C’est ce qui m’a permis de faire sa connaissance cet automne. Gardez donc l’œil ouvert! Peut-être viendra-t-elle frapper à votre porte en cette semaine d’Halloween!

Pour en savoir plus

La fascinante ponte des libellules!

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Femelle Aeshnidae en train de pondre (prob. Aeshna interrupta).

Cet été, j’ai eu la chance d’effectuer de fascinantes observations au sujet de la ponte de quelques groupes de libellules. Je souhaitais vous les partager!

Tout d’abord, j’avais déjà lu que certaines espèces s’immergeaient afin d’aller déposer leurs œufs sous l’eau, mais je n’en avais pas fait le constat en personne. C’est maintenant chose faite! Alors que je pataugeais dans quelques pieds d’eau armée de mon appareil Olympia Tough TG-5 (un appareil submersible), j’eus en effet la surprise de voir une femelle Coenagrionidae bien agrippée à une tige d’ériocaulon aquatique.

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Cette femelle pond sous l’eau

Cette dernière était en train d’y déposer sa précieuse cargaison d’œufs. Fait surprenant, elle s’était plongée sous environ deux pieds d’eau pour ce faire. Comment faisait-elle pour « garder son souffle »?

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Autre vue de la femelle submergée

J’avais déjà écrit au sujet du système respiratoire des invertébrés (ce lien pour la chronique globale ou ce lien pour la chronique spécifique aux invertébrés aquatiques). Ce système respiratoire – fort différent du nôtre – permet aux organismes, par exemple les gerridés, de s’entourer d’une fine couche d’air qui leur sert de réserve d’oxygène. C’est ce dont notre libellule profite. Sur l’une de mes photos, on peut d’ailleurs voir cette fine couche recouvrir le corps de l’insecte.

Deux vidéos de cette femelle (ci-dessous) accompagnent la présente chronique. Sur la première, on voit la libellule déposer ses œufs le long de la tige d’ériocaulon. Sur la seconde, l’arthropode remonte progressivement, puis relâche soudainement le substrat pour refaire surface et s’envoler. Je pus voir l’envol – instantané – de mes yeux, mais je ne fus pas assez rapide pour braquer mon appareil photo au bon endroit. Néanmoins, l’observation demeure fascinante!

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Voyez-vous la couche d’air autour de la femelle?

Un peu plus tard, vers la fin du mois d’août, je pus également observer de jolies libellules de la famille Aeshnidae – une grosse famille de libellules – pondre leurs œufs dans la végétation d’un étang. Ces cas sont sans doute moins spectaculaires que le premier, mais furent tout de même bien intéressants à observer. Cette journée-là, l’étang bourdonnait d’activité. De nombreuses femelles étaient affairées à pondre leurs œufs.

Les vidéos 3 et 4 ci-dessous portent sur deux espèces différentes (possiblement Aeshna interrupta et A. umbrosa). Ce qui est notable, c’est que l’on peut voir dans le cas de la seconde espèce que la femelle utilise un organe fin comme une aiguille pour percer la tige du végétal sur lequel elle s’est perchée. Cet organe est nommé oviscapte et peut servir non seulement à percer les végétaux, mais aussi les bois submergés ou encore pour creuser des loges dans la boue (Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, 1963).

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Autre vue de la femelle Aeshnidae (prob. Aeshna interrupta)

À ce sujet, Paulson (2011) précise qu’il existe deux types de ponte (on parle d’oviposition) chez les libellules : l’oviposition exophytique et endophytique, c’est-à-dire hors des plantes et à l’intérieur de celles-ci, respectivement. J’avais déjà vu des libellules en train de « frapper » la surface de l’eau avec leur abdomen pour y déposer leurs œufs. Visiblement, ces cas appartenaient à la première catégorie. En revanche, mes deux observations récentes portent plutôt sur la seconde catégorie.

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Autre espèce d’Aeshnidae (possiblement Aeshna umbrosa) qui pond ses œufs dans une tige

Ainsi, dans le cas de nos insectes mis en vedette cette semaine, les œufs sont déposés à l’intérieur des plantes plutôt qu’à leur surface ou encore à la surface de l’eau. Ils demeurent hors de vue de plusieurs prédateurs! Intéressant, n’est-ce pas?

Et vous, avez-vous déjà effectué des observations similaires?

Vidéo 1. Demoiselle qui pond ses œufs le long d’une tige d’ériocaulon.

Vidéo 2. La même femelle qui remonte légèrement, avant de relâcher son substrat et flotter rapidement vers la surface.

Vidéo 3. Femelle Aeshnidae (probablement Aeshna interrupta) qui pond ses œufs dans la végétation aquatique d’un étang.

Vidéo 4. Autre espèce d’Aeshnidae (possiblement Aeshna umbrosa) qui pond également ses œufs dans la végétation aquatique du même étang. Notez l’oviscapte, tout au bout de son abdomen, qui est régulièrement pressé contre la tige.

Pour en savoir plus

 

DocBébitte en bref : voraces mouches noires!

Avant de publier le prochain billet DocBébitte déjà prévu à la programmation, je voulais vous relater un événement qui vient de se produire!

Lorsque je travaille sur mon blogue, je suis toujours curieuse de voir quelles sont les chroniques qui s’avèrent les plus consultées. Depuis quelques semaines, la chronique « Petites mouches, grosses piqûres » figure en tête de palmarès. Il faut croire que les attaques répétées de mouches piqueuses à ce temps-ci de l’année font bien des victimes!

Cela dit, j’ai eu le plaisir hier d’aller faire une sympathique randonnée à la Vallée du parc de la Jacques-Cartier. Bien que l’événement en tant que tel fut fort agréable, nous fûmes néanmoins assaillis par des hordes d’insectes piqueurs : mouches noires (Simuliidae), maringouins (Culicidae) et mouches à chevreuil (Tabanidae). Le verdict final? Mouches noires : 1, DocBébitte : 0!

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Piqûres de simulie près de l’œil, hier et aujourd’hui

Dans la chronique susmentionnée, j’avais parlé de ma réaction allergique assez forte à la piqûre de ces bêtes – surtout les mouches noires. Lors de ma randonnée d’hier, je fus piquée au visage, notamment au-dessus d’un œil. L’intensité de ma réaction – d’ailleurs toujours très présente aujourd’hui – me donne envie de vous partager cette dernière à l’aide de quelques photographies. Le contour supérieur de mon œil situé près de la piqûre est en effet très enflé. On dirait presque un œil au beurre noir!

Une piqûre sur le bras que j’ai documentée hier, alors que la mouche était en train de se gaver de mon sang, et quelques autres au cou et aux oreilles s’avèrent presque aussi spectaculaires!

Ce ne sont pas tous les gens qui réagissent de façon égale aux insectes piqueurs. Si le cœur vous en dit, je vous invite à partager vos expériences en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte (vous pourrez même y ajouter vos photos!) ou encore en écrivant dans la section « Commentaires » de la présente chronique.

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Piqûre de simulie sur le bras, hier et aujourd’hui

Une chenille loin d’être disparate!

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La chenille du bombyx disparate (Lymantria dispar)

Vous avais-je déjà dit que j’aime les chenilles? Ces sympathiques bêtes rampantes se laissent généralement observer et manipuler à souhait; elles s’avèrent de bons modèles pour une photographe amateure d’insectes comme moi!

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Elle ressemble à un cactus!

Leur robe porte également des couleurs souvent variées et est ornée, à l’occasion, de poils et d’épines impressionnantes. C’est le cas de l’insecte mis en vedette cette semaine : la chenille du bombyx disparate (Lymantria dispar). Aussi appelée spongieuse, cette chenille arbore une tête bigarrée et un corps grisâtre surmonté d’excroissances bleues et rouges, lesquelles possèdent des épines d’allure peu invitantes. Les premiers stades ne présentent pas ces caractéristiques, mais on peut reconnaître néanmoins l’espèce à la présence de protubérances ressemblant à des verrues sur chaque côté du premier segment thoracique (immédiatement derrière la tête).

Les poils qui caractérisent notre jolie chenille possèdent des propriétés urticantes. J’en ai parlé dans cette précédente chronique. Pour ma part, j’ai manipulé un grand nombre d’individus et je n’ai pas démontré de réaction. Malgré tout, je vous conseillerais de les manipuler avec soin; certaines personnes s’avèrent plus sensibles que d’autres!

La chenille de la spongieuse peut mesurer quelque six centimètres de long. Il s’agit d’une chenille de taille fort appréciable! Cela dit, notre arthropode ne fait pas la fine bouche et son menu comporterait plus de 500 espèces végétales. Selon Hébert et al. (2017), elle démontrerait tout de même un petit faible pour les feuilles des chênes et des peupliers. Vorace, comme toute chenille digne de ce nom, elle est susceptible de générer d’importants dommages. Elle est d’ailleurs considérée comme une peste notoire.

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Les poils de cette chenille peuvent être urticants

Lorsque la chenille se métamorphose en papillon, la femelle, plus pâle (cette photo tirée de Bug Guide), est trop lourde pour prendre son envol. Elle doit donc attendre l’arrivée de son prince charmant, un mâle plus petit et vêtu d’une robe plus sombre parcourue de lignes ondulées (ce cliché). Une fois la copulation achevée, la femelle dépose ses œufs sur le tronc d’un arbre ou tout autre support à sa disposition (branches jonchant le sol, par exemple). Elle recouvre sa masse d’œufs des poils de son abdomen, ce qui lui donne l’apparence d’une sorte d’éponge… qui est à l’origine du nom commun de cette espèce « la spongieuse »! Les rejetons demeureront bien confortables dans l’œuf pour traverser les rigueurs de l’hiver. Ce n’est qu’une fois le printemps venu que l’éclosion se produit.

Le bombyx disparate aurait été introduit en Amérique du Nord près de Boston entre 1868 et 1869. C’est un naturaliste français qui en serait responsable; ce dernier cherchait à croiser ce bombyx avec le ver à soie et élever les chenilles afin de produire de la soie. Malheureusement, des individus s’échappèrent et surent s’adapter à l’environnement nord-américain. L’aire de distribution de notre lépidoptère s’est ensuite progressivement étendue autour de Boston, vers les états américains voisins de l’est et du nord, de même qu’au Canada. On retrouve maintenant cette espèce dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord.

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C’est la deuxième fois que je recueille une chenille parasitée

Différentes tactiques furent tentées pour mieux contrôler cette peste. Entre autres, une mouche parasitoïde de la famille Tachinidae (Compsilura concinnata) fut introduite aux fins de lutte biologique. Malheureusement, ce diptère démontra également une préférence pour d’autres papillons, dont certains sont indigènes à l’Amérique du Nord.

Concernant les parasites, j’avais déjà capturé un spécimen moribond que j’avais oublié dans un pilulier. Lorsque fut venu le temps d’examiner ma capture, il y avait plus qu’une chenille dans le contenant : deux cocons étaient apparus… comme par magie! J’en parle dans cette chronique. Fait intéressant, j’ai récidivé la semaine dernière en ramassant une chenille d’apparence morte… pour la trouver quelques heures plus tard à nouveau accompagnée d’un cocon orangé. S’agissait-il de notre diptère parasitoïde? Je ne le saurai point, puisqu’aucun insecte n’émergea des cocons formés!

Vidéo 1. Oui, ça chatouille! Certaines personnes réagissent aux poils urticants de cette chenille. Ça ne semble pas être mon cas jusqu’à maintenant.

Galerie photo

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La capsule céphalique est bigarrée
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La chenille mature atteint une taille approchant les 6 cm
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Cocon du parasitoïde (non identifié)

Pour en savoir plus

  • Bartlett Wright, A. 1993. Peterson First Guide to Caterpillars of North America. 128 p.
  • Bug Guide. Species Lymantria Dispar – Gypsy Moth – Hodges#8318. https://bugguide.net/node/view/8780
  • Bug Guide. Species Compsilura concinnata.
  • https://bugguide.net/node/view/265766
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.
  • Hébert, C., Comptois, B. et L, Morneau. 2017. Insectes des arbres du Québec. 299 p.
  • Leboeuf, M. et S. Le Tirant. 2018. Papillons de nuit et chenilles du Québec et des Maritimes. 335 p.
  • Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.