Festival des insectes 2021 : un moment attendu !

Ce mois de septembre, à l’Aquarium du Québec, à Québec, avait lieu le fameux Festival des insectes.

Un retour à une certaine normalité, enfin !

Les insectes – et autres invertébrés – s’étaient parés de leurs plus belles couleurs pour nous étonner.

Comme lors des précédentes moutures, beaucoup d’invertébrés naturalisés nous attendaient. Plus intéressant encore – et ce qui est sans doute l’activité chouchou des visiteurs –, il était également possible de manipuler plusieurs spécimens vivants.

Je vous offre un retour sur cette belle journée sous forme de galerie photo ci-dessous.

Je remercie mon conjoint et son frère d’avoir bien voulu « prêter » leurs mains pour certaines des photos, ainsi que d’avoir pris quelques clichés d’une DocBébitte excitée de pouvoir manipuler de jolis arthropodes !

Pour un retour sur le Festival des insectes des années passées, jetez un coup d’œil à cette chronique !

Bon visionnement !

DocBébitte en bref : les papillons aiment aussi le sushi !

Ces papillons tigrés s’y prenaient à trois sur ce poisson mort

Ah, les papillons !

Ces charismatiques organismes qui réconcilient bon nombre d’humains au monde des arthropodes.

On les imagine butinant de jolies fleurs colorées… mais moins souvent se nourrissant de fientes et de cadavres !

C’est pourtant bien le cas de plusieurs espèces de lépidoptères, dont le papillon tigré du Canada (Papilio canadensis).

Lors d’un périple autour d’un lac, plus tôt cet été, je pus en observer trois en plein délit de gourmandise… sur un petit poisson mort ! Ils étaient tellement affairés à se goinfrer que j’eus le temps de prendre de multiples photos et vidéos de très près. Je vous invite d’ailleurs à visionner le court montage vidéo que je vous ai concocté à la fin de la présente chronique.

Deux des papillons, vus de plus près

Il y a quelques années, j’avais documenté des individus s’alimentant de fientes de canards (cette chronique). Je savais donc déjà que le doux nectar des fleurs ne constituait pas le seul aliment à leur menu.

Quel est l’intérêt, me direz-vous, de manger les restes d’animaux morts et les fientes ? La réponse réside dans leur contenu : des éléments nutritifs essentiels à la survie !

D’ailleurs, Handfield (2011) fait état, dans son ouvrage, d’observations de nombreux papillons tigrés du Canada massés autour de mares d’eau pour en tirer du sodium, ou encore se nourrissant de fumier, d’excréments de chiens et d’animaux en décomposition.

Bref, quand il est question de survivre, nos beaux papillons sont loin de faire la fine bouche. Un peu de sushi avec ça ?

Pour en savoir plus

  • Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.

Capsule vidéo: des perce-oreilles dans mon barbecue !

L’été, on peut faire toutes sortes de découvertes entomologiques… Même lorsqu’on ne s’y attend pas!

Cette semaine, je vous proposais une devinette : des céréales colorées… qui s’avéraient en fait être des fientes de perce-oreilles !

La réponse à cette devinette vous est livrée sous forme de petite capsule vidéo, que vous pouvez visionner ci-dessous.

Et vous, avez-vous déjà fait des observations similaires ?

350e publication DocBébitte : Méli-méloé!

Une 350e publication. Rien de moins !

Pour célébrer ce jalon tout juste franchi, je vous ai offert, sur la page Facebook DocBébitte, de voter pour le sujet traité.

Et vous avez opté pour l’étrange méloé!

Outre le méloé noir (Epicauta pennsylvanica) et le méloé cendré (Epicauta murina), je n’avais pas eu la chance d’observer d’autres membres de la famille Meloidae, dont ceux du genre Meloe. J’avais pourtant vu beaucoup de photographies – peut-être même les vôtres! – des femelles dont l’abdomen est si gonflé qu’elles apparaissent énormes.

Jolie femelle du genre Meloe observée ce printemps

Ce printemps, lors d’une balade à la réserve du Marais Léon-Provancher, en banlieue de Québec, je fus enfin servie! L’individu, d’une teinte noire bleutée, déambulait devant nous dans le sentier. Il se laissa manipuler à souhait, uniquement soucieux d’aller toujours vers l’avant. Ce fût d’ailleurs tout un défi de le photographier : il n’arrêtait simplement pas de marcher!

J’aurais aimé être certaine de l’espèce en cause, mais les sources que j’ai consultées ne procuraient pas suffisamment de détails sur les critères à examiner pour confirmer l’identité de ma belle (c’était une femelle). D’ailleurs, si vous avez des astuces à partager sur le sujet, vos suggestions sont les bienvenues! Néanmoins, suivant Normandin (2020), je pus noter que trois espèces – appartenant toutes au genre Meloe – comportent des attributs similaires au spécimen photographié.

La famille des méloés est fascinante. Les larves, appelées triongulins, constituent, pour la plupart, des parasitoïdes d’abeilles sauvages (quoique quelques-uns soient des parasitoïdes d’orthoptères). Dans les sources consultées, j’ai noté plusieurs mécanismes de dispersion utilisés par les larves afin de se retrouver dans les nids d’abeilles. Premièrement, Normandin (2020) indique que les femelles méloés peuvent pondre leurs œufs directement dans les nids d’abeilles sauvages situés au sol. Dubuc (2007) et Marshall (2009) précisent de leur côté que les femelles pondent des œufs au sol, desquels surgissent les larves qui grimpent le haut de fleurs pour ensuite s’accrocher aux abeilles solitaires qui y butinent. Une fois parvenues au nid, ces larves lâchent prise et se retrouvent sur l’œuf pondu par l’abeille. Sur Wikipédia (2020), il est aussi indiqué que les triongulins peuvent attirer les mâles abeilles à l’aide de signaux chimiques. Ils s’accrochent aux mâles, puis sont éventuellement transférés vers des femelles, lorsqu’il y a contact.

Peu importe le moyen de transport privilégié, les larves qui atteignent leur destination finale s’avèrent voraces. Elles dévorent d’abord l’œuf de l’abeille, puis se nourrissent du pollen et du nectar entreposés sous l’œuf, qui étaient initialement destinés à nourrir la larve de l’abeille.

Les adultes, eux, optent pour un régime végétarien et se délectent de nectar, de pollen et ne dédaignent pas manger même les fleurs entières et les feuilles des plantes, selon l’espèce.

L’abdomen est énorme et peu recouvert par les élytres

Les mâles du genre Meloe diffèrent des femelles : deux segments de leurs antennes sont organisés de sorte à former une courbe. Ils s’en servent pour lisser ou maintenir les antennes de Madame lorsque vient le temps de lui faire la cour. À cet effet, bien que le méloé noir ne possède pas de tels attributs, j’ai été fascinée de voir un mâle de cette espèce s’adonner à faire ce qui semblait être des « caresses » à une femelle. Il tambourinait sur l’arrière-train de cette dernière à l’aide de ses antennes. J’ai trouvé le comportement si intrigant que je vous l’avais partagé dans cette chronique de la Saint-Valentin.

Lors de mes recherches pour documenter la présente chronique, j’ai aussi été étonnée de lire que les Meloidae sont en mesure d’exsuder de l’hémolymphe (leur sang) lorsqu’ils sont perturbés. Leur hémolymphe contient une substance nommée cantharide qui est susceptible d’irriter la peau et d’entraîner la formation de phlyctènes. Le nom commun anglais des méloés traduit d’ailleurs cette aptitude : ils se prénomment « blister beetles », soit coléoptères à cloques… à ne pas confondre avec têtes à claques!

Pourquoi étais-je si surprise de lire cette information? Si vous jetez un coup d’œil aux photos qui agrémentent la présente chronique, vous noterez que j’ai allègrement manipulé l’individu observé. Heureusement, je n’ai pas dû déranger suffisamment la bête et mes doigts sont demeurés indemnes! Soit cela, soit que la femelle manipulée n’avait pas encore été fécondée. En effet, fait intéressant : les femelles non fécondées acquièrent leur cantharide à la suite de la copulation avec le mâle. C’est en offrant un spermatophore (un « paquet de sperme ») enduit de cantharide que l’échange s’effectue. Une bonne façon pour le mâle de s’assurer que les œufs – et la femelle – qu’il féconde survivent !  

Même au sol, on peut apprécier la taille de cet insecte!

D’autres organismes profitent de la capacité des méloés à générer de la cantharide. Plusieurs insectes, dont les coléoptères de la famille Anthicidae, seraient attirés par les cadavres de méloés, desquels ils assimileraient la toxine. D’autres préfèrent leur repas bien chaud : certaines mouches piqueuses mordraient les jointures plus tendres des méloés vivants afin de siroter leur hémolymphe. Il est présumé que ces mouches assimileraient le cocktail toxique, un peu à l’instar des chenilles de monarques qui assimilent la cardénolide des asclépiades, afin de mieux se protéger des prédateurs.

Fille qui ne savait pas qu’il y a des risques à manipuler les méloés!

La cantharide n’intéresse pas que les invertébrés. Une espèce bien précise de méloé, la Spanish Fly (espèce Lytta vesicatoria), a fait l’objet d’un vif intérêt de la part des humains pour la cantharide qu’elle contient. L’espèce est élevée, moulue et vendue pour usages médicinaux… mais a aussi servi à la production d’aphrodisiaques. Il est cependant vivement déconseillé de concocter et consommer la cantharide par soi-même, puisque, même à petite dose, elle peut s’avérer fatale ou, du moins, générer de sérieux dommages aux reins. N’essayez pas à la maison!

Si j’avais su tout cela lorsque j’ai manipulé mon premier méloé ce printemps, j’aurais peut-être pris quelques précautions supplémentaires! Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un groupe fascinant à voir de près!

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. 2003-2021. Family Meloidae – Blister Beetles. https://bugguide.net/node/view/181 (page consultée le 27 juin 2021).
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Normandin, E. 2020. Les insectes du Québec et autres arthropodes terrestres. 610 p.
  • Wikipédia.2020. Meloe. https://fr.wikipedia.org/wiki/Meloe (page consultée le 27 juin 2021).
  • Wikipédia.2020. Meloidae. https://fr.wikipedia.org/wiki/Meloidae (page consultée le 27 juin 2021).

DocBébitte en bref – Prédateur contre prédateur: un combat avorté !

À force d’observer les insectes et autres invertébrés, on devient souvent le témoin de scènes surprenantes.

C’est ainsi que, lors d’une marche récente, je pus observer plusieurs interactions entre une araignée sauteuse et une punaise assassine. L’araignée déambulait paisiblement sur une main courante en bois, d’un côté, alors que, de l’autre, la punaise semblait être en mode embuscade.

Les deux individus, des prédateurs voraces, se sont fait face pour quelques instants. Je retins même mon souffle à quelques reprises, me demandant lequel des deux gagnerait si le combat était engagé.

Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse être transportés dans l’arène où le combat araignée contre punaise s’amorce dans ma plus récente capsule vidéo « DocBébitte en bref »!

Ding! Ding! Première ronde lancée!