Chaque automne, je vois passer des photos d’une belle grosse punaise qui se faufile dans les maisons. Suivies des questions : « Quel est cet insecte? », « Que fait-il dans ma maison? » et « Pique-t-il? »
Une invitée dans ma moustiquaire…
Et chaque fois, je me dis que c’est dommage que je ne puisse diriger les gens vers l’une de mes chroniques. Parce que je n’avais pas encore observé cet arthropode.
Quelle ne fut pas ma joie, donc, d’apercevoir cette grosse punaise sur ma moustiquaire!
Je me suis emparée de mon appareil photo et j’ai pris des clichés et des vidéos de la bête. Puis, j’ai lu à son sujet pour répondre à vos questions!
Qui est cet insecte?
C’est la punaise occidentale des cônes (Leptoglossus occidentalis), aussi nommée punaise américaine selon plusieurs sources consultées.
Comme son premier nom le suggère, cette grosse punaise est étroitement liée aux conifères. Elle se nourrit notamment des graines qui se développent à l’intérieur de leurs cônes, mais aussi des aiguilles, des bourgeons et des tissus des jeunes cônes. On la retrouve sur plusieurs espèces de pins, ainsi que sur d’autres conifères, comme les épinettes et les pruches.
Originaire de l’ouest de l’Amérique du Nord, elle s’est répandue vers l’est et est maintenant bien établie au Québec. Elle a également conquis d’autres continents, dont l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud – où elle est considérée comme une espèce introduite envahissante.
Elle a des caractéristiques qui permettent de la distinguer d’autres punaises. En plus d’être plutôt grosse (15 à 20 mm), elle possède de longues antennes dont le premier segment, à la base, est élargi. Mais ce sont surtout ses pattes arrière qui attirent l’attention : leurs tibias sont aplatis et de forme ovale. On qualifie d’ailleurs cette punaise et quelques-unes de ses semblables (genres Acanthocephala et Leptoglossus) de punaises à jambières!
Sa robe à dominance brune présente des motifs roux accompagnés d’un peu de blanc crème et de noir. On peut aussi distinguer un fin motif blanchâtre en zigzag sur ses ailes.
Les motifs sur les ailes et les tibias aplatis sont reconnaissables.
Les côtés sont bariolés de noir et de crème.
Que fait-elle dans ma maison?
Une fois l’automne entamé, la punaise occidentale des cônes cherche activement un abri plus chaud pour traverser les rigueurs de l’hiver. Et cet abri se retrouve souvent à être… nos demeures! Elle peut se faufiler par les fissures, le pourtour des portes et des fenêtres ou les ouvertures de ventilation.
Une autre façon de l’introduire à l’intérieur est de rentrer du bois de chauffage. Elle peut en effet se réfugier dans nos cordes de bois et, une fois à la chaleur, recommencer à bouger.
Pour s’en débarrasser, il est possible de capturer les individus dans un contenant et de les déplacer dehors. J’ai également lu que certains les ramassent… avec leur aspirateur!
Vous voulez prévenir plutôt que guérir? Le site d’Abat Extermination propose quelques gestes simples : colmater les fissures et les autres ouvertures autour des portes, des fenêtres et des fondations, réparer les moustiquaires brisées et installer des coupe-froid là où c’est nécessaire. Bref, on tente de lui fermer la porte avant son arrivée!
Pique-t-elle?
La punaise occidentale des cônes n’a pas de dard pour « piquer » comme celui des guêpes, par exemple. Elle possède toutefois un rostre — un appendice buccal de type piqueur-suceur — qui lui permet de percer les tissus des végétaux pour en aspirer les liquides, un peu comme on le ferait avec une paille. Ce rostre lui permet d’atteindre les graines cachées sous les écailles des cônes.
On devine le rostre, sous la tête.
Elle ne se nourrit pas de sang et ne cherche donc pas spécifiquement à « piquer » (dans le sens de poinçonner avec son rostre) les humains. De très rares cas de piqûres chez l’humain ont néanmoins été rapportés. Cela reste exceptionnel et ne fait pas partie de son alimentation habituelle.
Si elle se sent menacée, elle peut dégager une odeur que certains qualifient de fruitée ou de résineuse. Si c’est comme pour ses autres cousines punaises (dont la punaise verte commune), il pourrait s’agir d’une odeur que je ne suis pas capable de percevoir. Allez savoir pourquoi : je ne sens pas ces choses!
Généralement inoffensive, notre punaise vedette peut tout de même causer des dégâts dans les plantations destinées à produire des semences de conifères. En se nourrissant des graines en développement, elle affecte leur capacité à germer. Il faut toutefois distinguer ces pertes de semences des dommages aux arbres eux-mêmes : l’alimentation de cet hémiptère ne compromet habituellement pas la santé des conifères adultes. Fait intéressant : l’espèce est munie de récepteurs à infrarouge, ce qui lui permet de s’orienter en fonction du rayonnement émis par les cônes, plus chauds que les aiguilles.
Bref, si vous croisez cette visiteuse automnale, ne vous en faites pas! Elle cherche simplement un endroit où passer l’hiver. Quant à moi, je suis bien contente qu’elle se soit enfin pointé le bout des antennes! Elle a réussi à se faufiler dans ma chronique… mais pas dans ma demeure pour l’instant!
Desroches J.-F. et Tanguay M. (2025). Les invertébrés du Québec et leurs noms français. En collaboration avec l’Office québécois de la langue française. Québec. Disponible en ligne: https://www.eliso.ca/invertebresduquebec
Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
Hornok, S. et J. Kontschán. 2017. The western conifer seed bug (Hemiptera : Coreidae) has the potential to bite humans. Journal of Medical Entomology 54(4) : 1073-1075. Disponible en ligne : https://doi.org/10.1093/jme/tjx040 (page consultée le 24 octobre 2026).
Voici venu le moment de dévoiler la photographie gagnante du 14e concours amical de photographie d’invertébrés du Québec!
Cette année, 29 magnifiques clichés étaient en lice. Vous avez eu l’occasion d’admirer toutes sortes de petites bêtes, des papillons aux coléoptères, en passant par quelques insectes aquatiques. Et c’est une élégante demoiselle – à demi embusquée – qui a conquis vos cœurs et obtenu le plus de votes!
La photographie gagnante est celle d’une demoiselle à taches apicales (Calopteryx aequabilis), immortalisée par Raphaël Pratte au parc de la Gatineau. Toutes mes félicitations, Raphaël!
La photographie gagnante: demoiselle à taches apicales par Raphaël Pratte. Félicitations!!!
Mention honorable à Antoine Lantin pour la deuxième place!
Un immense merci également à tous les participants qui nous ont fait découvrir d’intrigants et beaux invertébrés, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter.
En particulier, j’offre une mention honorable pour la photographie d’un sphex à tache orangée (A. procera) par Antoine Lantin, qui s’est hissée sur la seconde marche du podium. La composition de la photo était splendide!
Chose promise, chose due : attardons-nous maintenant à l’insecte vedette!
Démasquée par la lumière!
Raphaël avait intitulé l’envoi de sa photo ainsi : « Démasquée par la lumière »!
Bien qu’une bonne partie de l’insecte soit cachée sur le cliché de Raphaël, on devine en effet une délicate libellule colorée.
La demoiselle à taches apicales (aussi retrouvée dans certains ouvrages sous le nom de caloptéryx tacheté) a en effet de quoi attirer le regard. Son corps possède des reflets métalliques verdâtres et ses ailes ont les extrémités foncées – une des sources consultées mentionne qu’on dirait qu’elles ont été trempées dans l’encre noire.
Elle appartient aux caloptérygidés, une famille de demoiselles (sous-ordre des zygoptères) composée de plusieurs individus arborant des reflets métalliques. J’avais déjà écrit sur l’une des espèces couramment rencontrées au Québec : la demoiselle bistrée (Calopteryx maculata).
D’une longueur d’environ cinq centimètres, la demoiselle à taches apicales compte parmi les plus grandes demoiselles que l’on peut observer au Québec.
Distinction entre le mâle (à gauche) et la femelle (à droite).
Il y a une différence de coloration entre le mâle et la femelle. Le mâle a un corps vert métallique éclatant, parfois d’apparence bleutée, et le bout de ses ailes est noir. La femelle, quant à elle, est généralement plus bronzée. Ses ailes sont ombrées et ponctuées de petites taches blanches situées près des extrémités. Leurs extrémités peuvent également être plus foncées, comme chez le mâle, mais le contraste est moins saisissant.
On rencontre cette charmante libellule principalement le long des rivières et des ruisseaux à courant lent à modéré. Les mâles y défendent de petits territoires, notamment aux endroits propices à la ponte.
En matière de séduction, le mâle ne se contente pas d’attendre passivement la visite d’une femelle. Il lui offre une véritable parade nuptiale, avec des vols de démonstration, des battements d’ailes et des soulèvements d’abdomen qui mettent en valeur ses couleurs. Voilà un prétendant qui sait se faire remarquer!
La femelle n’est pas en reste côté prouesses. Pour pondre ses œufs dans les tissus de végétaux aquatiques, elle peut s’immerger complètement et demeurer sous l’eau pendant cinquante minutes! C’est plutôt étonnant à voir, mais j’avais déjà observé une autre espèce de demoiselle en faire autant – vidéo à l’appui dans cette chronique sur la ponte des libellules. Elle réussit cette prouesse en s’entourant d’une fine couche d’air, qu’elle traîne avec elle sous l’eau, comme une bonbonne d’oxygène. Le mâle, lui, l’attend patiemment à la surface.
Une fois écloses, les naïades (stade juvénile) se mettent à chasser d’autres petits invertébrés aquatiques. Elles constituent de redoutables prédatrices aquatiques! Elles ont une forme allongée de telle sorte qu’elles font penser à des phasmes. Cela leur a d’ailleurs valu le nom de naïades phasmes!
Les naïades passeront au moins deux ans sous l’eau. La vie adulte, elle, ne durera pas plus de 28 jours. C’est donc dire que la vie de notre insecte vedette aura été bien plus aquatique qu’aérienne! Quelle chance – j’adore l’eau, moi aussi!
La prochaine fois que vous longerez un cours d’eau, ouvrez donc l’œil : une petite silhouette aux éclats métalliques et aux ailes sombres papillonnantes pourrait bien se poser à proximité! Merci à Raphaël de nous l’avoir fait découvrir et bravo encore pour la victoire!
Merci également à vous tous d’avoir, une fois de plus, célébré le fascinant monde des invertébrés du Québec avec moi!
Desroches J.-F. et Tanguay M. (2025). Les invertébrés du Québec et leurs noms français. En collaboration avec l’Office québécois de la langue française. Québec.
Vous avez déjà aperçu un immense insecte aux longues pattes voleter maladroitement autour de vos plates-bandes ou de vos lumières?
« Un maringouin géant!? »
C’est une réaction que j’entends souvent…
Vous verrez ci-dessous dans ma nouvelle bande dessinée Boîte à mythes que cette bête intimidante est plutôt une tipule. Et bonne nouvelle pour les plus méfiants : elle ne cherche pas à nous vider de notre sang!
Si tipules et maringouins (moustiques) ont un air de famille, ce n’est pas un hasard. Les deux appartiennent à l’ordre des diptères, qui comprend les mouches, moustiques et compagnie. Certaines tipules atteignent toutefois des proportions plus impressionnantes que celles de nos maringouins habituels. Et c’est donc une bonne chose qu’elles ne s’attaquent pas à nous!
Les tipules : de vieilles connaissances
Ces sympathiques grandes mouches ont croisé ma route – et celle du blogue – à plusieurs reprises au fil des ans.
Vous voulez en savoir davantage à leur sujet? Lisez mes précédents billets!
Des maringouins géants? C’est justement le mythe auquel je m’étais attaquée dès 2013 : ressemblance avec les maringouins, provenance des larves – dont les milieux aquatiques que j’affectionne – et même des photos de tipules particulièrement imposantes!
Une tipule dans ma demeure… en janvier! Une tipule en plein hiver, dans la maison? Oui, ça arrive! Et l’explication se cache parfois dans un pot de fleurs ou du bois de chauffage entré à l’automne.
Je stipule que c’est une tipule! Et les larves, elles? Certaines vivent dans les cours d’eau, d’autres sur terre. Leur apparence fait difficilement deviner la grande bestiole aux longues pattes qu’elles deviendront.
Alors, la prochaine fois qu’un « maringouin géant » vous fera sursauter…
Regardez-y à deux fois avant de sortir la tapette à mouches.
Cette grande maladroite n’en a probablement pas après vous!
Eh non, Alex: les tipules ne cherchent pas à te vider de ton sang!
L’ironie du sort veut que j’aie commencé à vous préparer ce qui suit en séjour en chalet, sur le bout d’un quai, crémée d’une généreuse couche de chasse-moustique.
Le groupe de clavardage des piqueurs
J’ai souvent l’impression que les insectes piqueurs du Québec ont un groupe de clavardage.
« Elle est dehors. »
« Parfait. J’arrive. »
« J’amène les brûlots. »
« Je préviens les mouches noires. »
Pendant ce temps, autour de moi, les autres personnes vivent une soirée d’été tout à fait normale. Elles jasent. Elles rient. Elles contemplent la nature. Elles disent même parfois des choses très provocantes comme : « Ah bon, il y a des moustiques? »
Oui. Il y a des moustiques. Ils sont sur moi.
La scène se répète : au chalet, en randonnée, près d’un feu ou pendant une tentative naïve de manger dehors sans servir moi-même de repas. Les autres humains du groupe semblent profiter d’une relation relativement pacifique avec la faune volante. Moi, je constate qu’une mouche noire peut localiser le derrière de mon oreille avec la précision d’un GPS militaire.
D’où la grande question, formulée avec toute la dignité qu’il me reste, le visage tout boursouflé : pourquoi les bébittes me trouvent-elles si délicieuse?
Vous sentez-vous comme moi? Oui: certains humains attirent bel et bien plus les mouches piqueuses que d’autres!
Délicieuse, ou simplement repérable?
Commençons par une petite déception : les moustiques, mouches noires, brûlots et mouches à chevreuil ne me choisissent probablement pas parce que mon sang est délicieux.
En effet, avant de boire notre sang, ces diptères doivent d’abord nous trouver. Pour cela, ils utilisent une série de signaux : le dioxyde de carbone que nous expirons, les odeurs que nous émanons, la chaleur de notre corps, l’humidité qui nous entoure, nos mouvements, nos vêtements et notre emplacement dans la nature.
Autrement dit, je ne suis peut-être pas plus délicieuse. Simplement plus facile à repérer.
Ces « signaux » ne sont pas identiques d’une personne à l’autre. Nous ne respirons pas tous exactement de la même façon. Nous n’avons pas tous la même chaleur corporelle, la même odeur de peau, la même transpiration, les mêmes bactéries cutanées, les mêmes vêtements ou les mêmes habitudes de camping.
Bref : chaque humain traîne autour de lui une petite « aura » chimique, thermique et visuelle bien à lui.
Le CO₂ : quand respirer nous trahit
Nous expirons du CO₂ à chaque respiration. C’est normal… et généralement recommandé! Malheureusement, le CO₂ constitue un indice très intéressant pour plusieurs insectes piqueurs : il annonce qu’il y a un animal vivant qui respire.
Chez les moustiques (famille Culicidae), le CO₂ peut déclencher ou orienter le comportement de recherche d’un hôte. Il n’agit pas seul, mais il met l’insecte en alerte. J’ai été surprise de lire que les moustiques peuvent repérer notre panache de CO₂ à une distance de 60 mètres. Maintenant je comprends pourquoi des hordes de ces bêtes finissent par me suivre lors d’une marche en forêt!
Du côté des mouches noires (famille Simuliidae), de petites mouches robustes associées à l’eau courante où leurs larves se développent, le CO₂ semble aussi jouer un rôle. Certaines études ont observé que le CO₂ expiré contribuait aux différences entre des personnes plus ou moins attirantes pour des femelles en recherche de sang.
Ce minuscule point sur mon bras, c’est un brûlot!
Les brûlots (famille Ceratopogonidae) – de minuscules moucherons piqueurs dont j’ai parlé dans Quelle mouche t’a piquée? – réagissent également à des signaux comme le CO₂ qui, parfois combiné à d’autres odeurs, agit comme un aimant.
Quant aux mouches à chevreuil et aux mouches à cheval (famille Tabanidae), ces grosses mouches qui nous harcèlent et nous saignent littéralement, elles ne se fient pas seulement au CO₂, bien qu’il participe à la détection d’un hôte. Leur vision compte pour beaucoup. Nous le verrons plus tard.
Bref : une activité aussi banale que respirer nous rend déjà plus visibles.
Et il y a plus.
L’odeur de peau : à chacun son parfum
Nous dégageons – volontairement ou pas – une odeur qui nous est unique : celle produite par la peau, la sueur, le sébum et les microbes qui vivent sur nous.
Les femelles moustiques détectent ces composés odorants grâce à des récepteurs spécialisés, notamment sur leurs antennes.
Dans les sources consultées, j’ai appris que les personnes qui attirent les moustiques possèdent davantage d’un type d’acides gras, appelés acides carboxyliques, dans les émanations de leur peau. Et la quantité de ces acides varie d’une personne à l’autre. National Geographic (2025) précise que l’odeur de ces acides « est parfois comparée à celle du beurre ou du fromage rance ». Bon appétit!
L’importance de l’odeur est cependant moins bien documentée chez les autres insectes piqueurs rencontrés au Québec. Chaque groupe a ses propres outils sensoriels et ses propres préférences!
Les moustiques (maringouins) sont de loin les plus étudiés. Ici: encore moi qui fait un don de sang!
Chaleur, humidité et sueur : le halo de mammifère
Autre signal qui nous trahit : nous produisons de la chaleur. À cela s’ajoutent l’humidité de notre respiration et de notre peau, ainsi que la transpiration.
Chez les moustiques, la chaleur et l’humidité aident à confirmer qu’un hôte potentiel est tout près. Le CO₂ attire l’attention à distance, les odeurs donnent des informations supplémentaires, puis, à courte portée, la chaleur et l’humidité deviennent des indices clés. Il s’agit d’une approche en plusieurs étapes et non pas d’un unique panneau publicitaire lumineux qui mène directement à nous.
La sueur contribue au portrait. Elle contient des composés que les microbes de la peau peuvent transformer en odeurs détectables. De plus, elle accompagne typiquement l’effort, la chaleur et une respiration plus forte. Cela explique pourquoi certaines activités comme la randonnée ou la course transforment notre corps en message très lisible : « mammifère chaud et odorant disponible ».
Les mouches à chevreuil coupent la peau, puis lapent le sang qui s’écoule. Un exemple de blessure associée chez mon conjoint.
Bouger et contraster avec le décor
Parlant de bouger dehors : plusieurs mouches piqueuses utilisent des indices visuels.
Chez les moustiques, la vision travaille de pair avec les autres sens. Une fois qu’ils ont détecté du CO₂ et des odeurs humaines, ils utilisent ensuite des contrastes, des formes ou des couleurs pour s’orienter davantage vers leur cible.
Les indices visuels sont particulièrement importants pour les mouches à chevreuil et les mouches à cheval (famille Tabanidae). Ces grosses mouches diurnes sont souvent attirées par les silhouettes, les mouvements et les surfaces unies qui se détachent du décor. De plus, plusieurs espèces montrent une préférence pour les objets foncés et brillants – qui ressemblent aux reflets des milieux aquatiques là où elles se reproduisent. On comprend donc pourquoi elles s’intéressent vivement à des véhicules sombres, des personnes qui marchent… ou encore qui battent des bras!
Quand notre panneau clignote plus fort
Certains facteurs peuvent modifier temporairement notre détectabilité.
L’exercice, par exemple, augmente la respiration, la chaleur corporelle et la transpiration. Pour un insecte qui cherche un hôte, cela peut rendre le signal plus fort.
La grossesse est un autre facteur susceptible d’amplifier le signal, notamment parce qu’elle peut s’accompagner de changements dans la respiration, la température corporelle et les odeurs émises. Il faut toutefois éviter les raccourcis : la grossesse n’attire pas automatiquement tous les insectes piqueurs. C’est plutôt qu’elle peut modifier plusieurs signaux auxquels certains moustiques sont sensibles.
La bière a aussi été associée à une augmentation de l’attractivité, mais les changements (odeurs corporelles, métabolisme, etc.) qui en sont responsables restent mal connus. Une étude (Lefèvre et collab. 2010) a néanmoins pris soin de mesurer la température corporelle et le CO2 émis et a conclu que l’attractivité après consommation de bière ne pouvait être expliquée par ces deux facteurs.
Enfin, les savons, parfums et produits corporels peuvent également changer temporairement notre odeur. Comme pour tout le reste, l’effet peut varier selon le produit, la personne et l’espèce de moustique. Tantôt, ils peuvent augmenter l’attraction, tantôt, ils la diminuent. Cela ne signifie donc pas de ne plus vous laver!
À chaque mouche sa méthode
Il est tentant de mettre tous les insectes piqueurs dans le même panier. Or, les moustiques, les mouches noires, les brûlots et les mouches à chevreuil appartiennent chacun à une famille distincte. Et ils ne cherchent pas tous leurs hôtes exactement de la même manière.
Les moustiques sont les mieux étudiés. On sait qu’ils utilisent une combinaison d’indices chimiques et physiques : CO₂, odeurs de peau, chaleur, humidité, signaux visuels. Qui plus est, l’importance de ces signaux peut varier entre les espèces.
Chez les mouches noires et les brûlots, le CO₂ et les différences entre individus semblent être des facteurs importants, mais les données sont moins abondantes que chez les moustiques.
Mouche noire qui me dévore. Me restera-t-il du sang d’ici la fin de cette chronique?
En ce qui concerne les mouches à chevreuil et les mouches à cheval, la vision joue un rôle évident dans leur recherche d’hôtes : mouvement, forme, contraste, couleur foncée. Elles combinent entre autres ces signaux au CO₂ et aux odeurs. Fait intéressant : les motifs lignés ou à pois leur sont moins attrayants. Pourquoi pas un manteau zébré pour mieux se protéger, alors? De plus, ces gros diptères préféreraient des proies plus chaudes et… situées en plein soleil!
Pour résumer, si je semble attirer plusieurs types de piqueurs, ce n’est pas nécessairement parce que je possède une mystérieuse essence universelle délectable. Je produis plusieurs signaux intéressants à la fois : je respire, je chauffe, je bouge, je sens quelque chose, je porte du foncé et je me tiens au mauvais endroit au mauvais moment. Genre, près des milieux aquatiques que j’aime tant.
Bref, j’existe dehors avec un peu trop d’enthousiasme biologique!
Mythes et autres légendes de feu de camp
Quand je dis que je me fais piquer beaucoup plus que la moyenne des gens, on me dit parfois : « Ah, tu dois manger beaucoup de bananes ». Ou encore que ce pourrait être mon groupe sanguin.
Bien que je mange effectivement des bananes tous les matins, je doute que ce soit la meilleure explication.
Qu’en est-il vraiment?
Premier mythe : les insectes nous préfèrent parce qu’on a le sang sucré. Eh non! Malheureusement, comme vous l’avez compris, ces derniers ne commencent pas leur recherche en goûtant notre sang. Ils doivent d’abord nous localiser. Et, pour ce faire, ils se fient aux signaux accessibles avant le repas : respiration, odeurs, chaleur, humidité, mouvement. Mythe déboulonné!
Deuxième hypothèse : le groupe sanguin. Quelques études ont observé des préférences dans certaines conditions. Par exemple, certaines espèces de moustiques préféreraient des personnes du groupe O. Comment est-ce possible sans avoir préalablement goûté au sang? Il a notamment été suggéré que ces insectes seraient en mesure de détecter indirectement des substances associées au groupe sanguin dans les sécrétions des personnes. Toutefois, les résultats varient selon les espèces et la méthodologie employée. En revanche, d’autres études n’ont trouvé aucun effet. Le groupe sanguin ne constitue donc pas, à lui seul, une explication bien établie et son effet demeure incertain.
Mes multiples dons de sang!
Même constat pour l’alimentation. Les bananes, l’ail, certaines vitamines et plusieurs autres suspects ont été accusés au fil du temps. Nos choix alimentaires peuvent peut-être modifier légèrement nos odeurs corporelles, mais les preuves restent à faire. À prendre, donc… avec un grain de sel!
Maintenant, une question que je me pose depuis longtemps : est-ce que le stress joue un rôle? Pour ceux qui ne me connaissent pas… eh oui, je suis une personne nerveuse! Alors, est-ce que cela expliquerait pourquoi j’attire beaucoup plus les mouches hématophages que les autres? Peut-être! Je n’ai pas mis la main sur une étude qui fait le lien direct entre le stress et les piqûres, mais on peut inférer ce qui suit : quand je suis stressée, je sue davantage, je respire différemment et la température de ma peau change. Il pourrait donc s’agir d’une piste.
Enfin, j’ai été étonnée de lire dans l’une des sources (Lyimo et Ferguson, 2009) que le sang anémique est plus facile à digérer par les moustiques. Est-ce que cela pourrait les attirer davantage? Je fais de l’anémie légère depuis bien des années. Intrigant, mais ça n’enlève pas le fait que je dois d’abord être détectée avant « l’effet anémie ». Un pensez-y-bien.
En outre, il faut résister à la tentation d’opter pour une seule cause. La réalité est multifactorielle : il y a un ensemble de petits signaux, certains durables, d’autres temporaires, qui s’additionnent dans un contexte donné et qui nous trahissent. Si vous êtes curieux, jetez un coup d’œil à la section Pour en savoir plus : vous y trouverez encore plus d’hypothèses!
Comment devenir une personne moins délicieuse
Peut-on changer sa petite aura de mammifère? Non.
Mais on peut rendre la tâche plus difficile aux insectes piqueurs.
Un bon point de départ, c’est de porter des vêtements longs, pâles et difficiles à percer. Ils réduisent l’accès à la peau, diminuent les contrastes et protègent mécaniquement contre plusieurs piqûres ou morsures. Les vêtements pâles nous rendent également moins chauds. D’autres barrières physiques sont précieuses, comme les moustiquaires et les chapeaux à filet.
Chez les mouches à chevreuil et à cheval, les couleurs et les motifs comptent : Krčmar et collab. (2014) ont démontré que les pièges noirs, bruns, bordeaux, rouges et bleus attiraient beaucoup plus ces mouches que les pièges verts, lilas, blancs, oranges et jaunes. Comme mentionné plus haut, les rayures et les pois pourraient aussi les confondre. Et moi qui porte majoritairement du noir et du bleu foncé (uni) en rando! Oust de mon garde-robe, vêtements foncés!
Les chasse-moustiques homologués figurent parmi les outils les plus utiles. Faites des essais pour voir ce qui vous convient le mieux, car leur efficacité et leur durée de protection varient selon l’ingrédient actif et sa concentration. En effet, le produit idéal pour vous ne l’est peut-être pas pour les autres. Par exemple, la citronnelle, qui protégeait bien ma collègue lorsque nous faisions des échantillonnages sur le terrain, n’avait aucun effet dissuasif une fois sur moi : je me faisais dévorer!
Le vent aussi peut aider. Les petits insectes volants ont plus de difficulté à nous rejoindre quand l’air bouge. Profitez allégrement des endroits exposés à la brise!
Bien sûr, il importe de tenir compte du moment et de l’endroit où l’on se trouve. Les abords de milieux aquatiques, les sous-bois, les périodes sans vent, ainsi que le matin et le soir peuvent favoriser les rencontres, selon les espèces. Si on ne peut éviter ces situations, on peut néanmoins s’y préparer.
Vêtements pâles, chapeau et filet moustiquaire: mes tentatives pour être moins délicieuse tout en profitant du plein air!
Je respire, donc on me trouve
La réponse à ma question initiale est à la fois rassurante… et un peu vexante.
Les insectes ne me trouvent probablement pas délicieuse au sens gastronomique. Ils ne se réunissent pas vraiment dans un groupe de clavardage pour coordonner leurs attaques.
Ils me repèrent parce que j’existe d’une manière détectable. Je respire. Je chauffe. Je bouge. Je transpire. Ma peau et mes microbes émettent une signature chimique. Mes vêtements contrastent peut-être avec le décor. Je me situe souvent au mauvais endroit, au mauvais moment : en pleine nature, que j’adore!
Bref, ce n’est pas personnel : c’est sensoriel.
Qu’on le veuille ou non, on doit reconnaître une chose : ces minuscules insectes sont remarquablement doués pour capter les messages que notre corps envoie… malgré lui!
Horvath, G. et collab. 2020. Horsefly reactions to black surfaces: attractiveness to male and female tabanids versus surface tilt angle and temperature. Arthropods and medical entomology 119: 2399-2409. En ligne: https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s00436-020-06702-7.pdf (page consultée le 2 août 2026).
Isberg, E. et collab. 2017. Evaluation of host-derived volatiles for trapping Culicoides biting midges (Diptera: Ceratopogonidae). Journal of Chemical Ecology 43(7): 662-669. En ligne : https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s10886-017-0860-x.pdf (page consultée le 1 août 2026).
Lefèvre, T. et collab. 2010. Beer consumption increases human attractiveness to malaria mosquitoes. PLoS One 5(3): 1-8. En ligne : pone.0009546 1..8 (page consultée le 1 août 2026).
Lyimo, I. N., et H. M. Ferguson. 2009. Ecological and evolutionary determinants of host species choice in mosquito vectors. Trends in Parasitology 25(4) : 189-196.
McMeniman, C. J., et collab. 2014. Multimodal integration of carbon dioxide and other sensory cues drives mosquito attraction to humans. Cell (156) : 1060-1071. En ligne : https://www.cell.com/cell/pdfExtended/S0092-8674(14)00155-X (page consultée le 1 août 2026).
Schofield, S. W. et J. F. Sutcliffe. 1996. Human individuals vary in attractiveness for host-seeking black flies (Diptera: Simuliidae) based on exhaled carbon dioxide. Journal of Medical Entomology 33(1): 102-108.
Quand j’ai publié une vidéo Instagram au début du mois de mai sur le pseudoscorpion, une lectrice a écrit un commentaire sur la surprenante capacité de cette bête à grimper n’importe où. Cela a piqué ma curiosité et je suis allée lire sur les astuces utilisées par les pseudoscorpions – et par d’autres arthropodes – pour défier les murs, les vitres et les plafonds.
Je connaissais déjà les tactiques de quelques invertébrés… puis j’ai réalisé que je n’avais jamais écrit sur le sujet.
Il ne m’en fallut pas plus pour vous concocter ce qui suit.
Une question de gravité…
Qui ne s’est jamais demandé comment une mouche peut se promener sur une fenêtre, une araignée arpenter un plafond et une fourmi gravir une paroi verticale sans tomber lamentablement au sol?
La réponse?
Ça dépend!
Les tactiques sont en effet multiples. En voici un aperçu!
Les griffes
Griffes des pattes d’un mille-pattes.
Avez-vous déjà examiné le bout des pattes de divers arthropodes? Celles-ci se terminent habituellement par une ou plusieurs griffes. Dans certains cas, leur nombre, leur forme ou leur présence servent même de critères aidant à les identifier.
Le rôle des griffes est simple : s’agripper à une surface. Plus particulièrement, elles agissent comme des crampons miniatures, s’accrochant à de petites prises parfois invisibles à nos yeux.
Cela fonctionne bien sur une surface rugueuse, comme l’écorce d’un arbre, un mur de briques ou… notre peau! Je me souviens encore de la douleur causée par les griffes d’un hanneton qui ne voulait tout simplement pas me lâcher, alors que je tirais pour le retirer!
Ce hanneton ne voulait pas me lâcher. Voyez ses griffes acérées!
Les coussinets adhésifs
Les griffes, c’est bien. Mais quand la surface est lisse, ce n’est pas toujours assez. Beaucoup d’arthropodes arborent donc, au bout de leurs pattes, de petits coussinets qui les aident à tenir sur les surfaces lisses.
Ces coussinets peuvent prendre différentes formes : plus ou moins souples, lisses ou poilus, et parfois associés à une très fine couche de liquide. Leur rôle premier est d’augmenter la surface de contact avec le support, un peu comme si la patte avait plus de “prises” invisibles.
La présence de poils, quant à elle, multiplie les points de contact avec le support. Quand ces contacts deviennent extrêmement serrés, de très faibles interactions moléculaires entrent en jeu et génèrent une attraction entre le bout de la patte et le support. Il s’agit d’une force nommée liaison de van der Waals (voir aussi plus bas, quand je parle de touffes de poils).
Enfin, la souplesse des coussinets aide la patte à épouser les irrégularités microscopiques de la surface, permettant à l’organisme d’y adhérer davantage.
Les pattes de cette mouche sont munies de coussinets.
La sécrétion liquide
Chez plusieurs insectes, le bout des pattes n’est pas complètement sec. Les zones qui servent à s’accrocher peuvent sécréter une pellicule de liquide si mince qu’on ne la voit pas à l’œil nu.
Cette dernière aide la patte à mieux adhérer aux surfaces lisses, un peu comme une feuille mouillée qui reste plaquée contre une vitre.
Ce n’est toutefois pas une colle dans le sens habituel du mot. La tactique vise plutôt à coller suffisamment pour ne pas tomber, mais pas trop pour pouvoir repartir. Plusieurs arthropodes contrôlent d’ailleurs l’adhérence en changeant l’angle, la pression et la direction de traction de leurs pattes.
Les poils microscopiques
Nori, qui tient à la verticale sur une vitre lisse.
Vous avez sans doute vu circuler ces photos de jolies « papattes » poilues d’araignées comparées à celles de nos chats et de nos chiens? Ces clichés nous rappellent que même ces grandes malaimées du règne animal possèdent, elles aussi, leur beauté.
En effet, certaines espèces d’araignées portent, tout au bout de leurs pattes et entre leurs griffes, une touffe de milliers de poils minuscules qui multiplient les points de contact. Ces touffes de poils se ramifient en structures encore plus petites, permettant à la patte d’épouser à merveille nos plafonds d’apparence lisse.
Chez certaines espèces, la face ventrale du tarse (première partie de la patte portant les griffes) est recouverte de soies spécialisées qui contribuent également à avoir une meilleure prise sur le substrat. L’ensemble de ces soies se nomme scopula.
Cette multitude de contacts permet à des forces d’attraction d’entrer en jeu – les liaisons de van der Waals mentionnées plus haut – et de maintenir les araignées « collées » aux surfaces. Bref, au lieu d’un seul gros point d’appui, la patte établit une foule de minuscules contacts avec la surface. Cela permet de se déplacer aisément et rapidement sur les murs et les plafonds.
Ma mygale Filomène peut servir ici de modèle : voyez le bout de sa belle patte poilue (photo ci-jointe). Et ma petite Nori, araignée sauteuse (famille Salticidae), possède aussi ces attributs, ce qui lui permet de se balader sur la vitre de son terrarium comme si elle était à plat sur le plancher.
La belle « papatte » poilue de ma mygale Filomène.
Les pseudoscorpions
Revenons à la bête qui m’a inspiré à écrire la présente chronique.
Le pseudoscorpion grimpe aux murs… et accessoirement ici sur ma main!
Les pseudoscorpions ne sont pas munis des mêmes papattes poilues que certaines araignées. Ils portent plutôt, au bout des pattes, un petit coussinet nommé arolium. Il s’agit d’une structure souple, extensible et située entre les griffes, qui les aide à garder prise sur le support. Il contribue à leur capacité de marcher sur des surfaces verticales.
Une étude publiée en 2022 sur Chelifer cancroides, l’espèce que l’on retrouve dans nos demeures, s’est penchée sur sa locomotion vers l’avant, vers l’arrière et à l’envers (Tross et collab. – voir section Pour en savoir plus). En outre, marcher au plafond est tout un art et ne se résume pas qu’à « coller » : l’arachnide ajuste également sa démarche. À l’envers, il ralentit, garde plus longtemps ses pattes en contact avec la surface et adopte une coordination des différentes pattes qui améliore sa stabilité.
Bref, le pseudoscorpion ne triche pas contre la gravité : il la gère avec doigté!
C’est simple : nous sommes trop lourds! Plus un animal est gros, plus son poids augmente rapidement par rapport à la surface disponible pour adhérer. Il faudrait par conséquent une surface adhésive énorme pour pouvoir nous supporter – environ 40 % de la surface de notre corps. C’est nettement plus que la surface de nos mains et de nos pieds!
Les griffes bien aiguisées ne suffiraient probablement pas non plus, à moins d’avoir devant nous une surface irrégulière, de solides muscles et une bonne technique (comme en escalade).
Et que dire des touffes de poils? Imaginez si nous en avions plein les mains et les pieds!
Nori vous salue… de sa vitre!
La prouesse au bout des pattes
La prochaine fois qu’une mouche, une araignée ou un pseudoscorpion déambule sur une fenêtre ou au plafond, prenez quelques secondes pour admirer la prouesse!
Sous ces petites pattes se cache un impressionnant arsenal antichute : griffes, coussinets, poils, liquides, friction, forces moléculaires et coordination de marche. Des astuces souvent combinées les unes aux autres et même synergiques.
Tout ça pour accomplir un acte des plus fascinants : escalader murs et plafonds!
Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
Dirks, J.-H. et W. Federle. 2011. Fluid-based adhesion in insects – principles and challenges. Soft Matter, 7(23): 11047–11053. https://doi.org/10.1039/C1SM06269G (page consultée le 11 juin 2026).
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Federle, W et D. Labonte. 2019. Dynamic biological adhesion: mechanisms for controlling attachment during locomotion. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 374(1784). https://doi.org/10.1098/rstb.2019.0199 (page consultée le 11 juin 2026).
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Labonte, D. et collab. 2016. Extreme positive allometry of animal adhesive pads and the size limits of adhesion-based climbing. PNAS, 113(5): 1297–1302. https://doi.org/10.1073/pnas.1519459113 (page consultée le 11 juin 2026).
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