Tirage d’un calendrier DocBébitte 2020

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Recto et verso du calendrier DocBébitte 2020

Une autre année qui se termine… déjà! Elle fut riche en apprentissages entomologiques, vous ne trouvez pas? Quoi de mieux pour tourner la page et démarrer 2020 qu’avoir en main l’unique calendrier DocBébitte?

Comme vous le savez, DocBébitte est un blogue que j’alimente dans mes loisirs et je n’en retire aucun bénéfice autre que vos généreux commentaires qui me font progresser dans mes réflexions et mes connaissances!

Loin de moi est donc l’idée de commercialiser des calendriers et c’est pourquoi, comme chaque année, je tenais à offrir un calendrier inédit DocBébitte à un lecteur chanceux qui sera choisi par le hasard!

Voici comment participer :

  • Vous devez posséder une adresse postale au Québec, où je pourrai vous envoyer ledit calendrier*;
  • Pour vous inscrire, écrivez-moi à DocBebitte@Outlook.fr en indiquant que vous souhaitez participer au tirage du calendrier 2020;
  • Vous inscrire avant le dimanche 22 décembre à 23h59.

Le tirage (un seul calendrier est à tirer) aura lieu dans les jours qui suivront! D’ici là, bonne chance et je vous souhaite de terminer l’année 2019 en beauté!

Caroline, alias DocBébitte

 

*SVP noter que je me dégage de toute responsabilité liée à un bris lors du transport par Postes Canada. Merci pour votre compréhension.

DocBébitte en bref : L’araignée est dans ses raisins, Marilon, Marilé!

Cool! Il y a une araignée dans mes raisins!

Vous n’entendrez sans doute pas cette phrase sortir de la bouche de n’importe qui! Qui plus est, l’anecdote que j’ai à vous raconter est loin de porter sur une araignée dangereuse comme une veuve noire.

Et non! Elle concerne tout simplement une observation récente que je souhaite vous relater et qui fait honneur à la chanson « L’arbre est dans ses feuilles »!

Tout a commencé par la découverte de ce qui me semblait être une toile d’un organisme inconnu dans mes raisins. Une toute petite toile d’à peine 1 cm de long. Au moment de mon observation initiale, je n’étais même pas certaine s’il s’agissait d’un cocon d’araignée, de chenille ou d’un débris quelconque.

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Taille de l’araignée et du minuscule arachnide (point orange) à côté d’un pic d’entomologiste

Je décidai d’examiner l’objet sous toutes ses coutures sous la loupe de mon appareil binoculaire. En déplaçant légèrement la toile, je vis deux ou trois pattes apparaître. Eurêka! Il s’agissait des restes desséchés (potentiellement un exosquelette) d’une minuscule araignée. En la dégageant de la toile, je remarquai son centre orangé, mais n’en fis pas de cas dans l’immédiat. Ce n’est que quelques instants plus tard que je m’exclamai à nouveau « Génial! Il y a une tique dans mon araignée! »! Sur le coup, je croyais qu’il s’agissait d’une tique – et une première version du présent billet parlait de tique -, mais un collègue entomologiste m’aiguilla vers d’autres groupes d’arachnides moins connus, notamment les aoûtats (voir cette page sur BugGuide).

Depuis les objectifs de mon stéréomicroscope, je voyais bien les caractéristiques de ce second arachnide. Malheureusement, les photos que je pris ne permettent pas de voir ces détails. J’atteignais visiblement la limite dans la résolution de mes appareils. Il faut dire que la bête faisait à peine la taille du point qui ponctue la présente phrase. Photo à l’appui!

Que faisait cet invertébré dans les restes d’une araignée, elle-même logée dans une toile tissée dans mes raisins? Qu’à cela ne tienne! Cette observation inusitée m’enthousiasma, bien qu’elle demeurera sans doute un mystère!

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Dans mes raisins il y a une toile!
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Dans ma toile il y a une araignée!
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Dans l’araignée il y a un petit arachnide!

La coccinelle reine des échecs

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La coccinelle à quatorze points peut être observée dans nos jardins urbains

Dans la dernière publication, je vous demandais de deviner quel arthropode arbore une robe en damier, tel un jeu d’échecs. Aviez-vous reconnu la coccinelle à quatorze points (Propylea quatuordecimpuctata), aussi très justement nommée coccinelle à damier?

Il s’agit d’une petite coccinelle mesurant entre 3,5 et 5,2 mm dont la robe est variable d’un spécimen à l’autre. Sa couleur peut passer du jaune crème à l’orange pâle, sans toutefois être rougeâtre comme d’autres coccinelles. Les élytres sont également flanqués de quatorze points noirs de forme plutôt rectangulaire. Ces derniers sont souvent fusionnés de sorte à ne plus nécessairement représenter quatorze formes distinctes. Chez certains individus, le noir domine à un point tel que la coloration plus pâle, autrement assez dominante, est réduite à une douzaine de points.

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Coccinelle à quatorze points en délit de gourmandise
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Les pucerons constituent sa source d’alimentation favorite

Les mâles et les femelles peuvent être facilement distingués en examinant le devant de leur tête. Le mâle possède un « visage » de couleur pâle relativement uniforme (ce cliché de BugGuide), alors que celui de la femelle est caractérisé par une tache noire insérée entre deux zones plus pâles (cette photo).

J’ai trouvé le spécimen photographié depuis mon stéréomicroscope mort près d’une fenêtre de mon domicile à la fin de l’été. J’en avais vu quelques-uns parcourant les fines herbes de mon balcon; peut-être que l’un d’entre eux est entré par inadvertance à l’intérieur en même temps que moi et s’est retrouvé prisonnier?

Les individus aperçus sur mon balcon s’affairaient plus précisément à patrouiller dans un plant de coriandre qui était la proie de nombreux pucerons. Comme tout Coccinellidae digne de ce nom, notre coccinelle à quatorze points raffole des pucerons. Une des séances photo à laquelle je m’étais adonnée dans le passé présentait d’ailleurs cet insecte en plein délit de gourmandise (voir les photos à l’appui!).

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Vue dorsale

Les femelles pondent quelque 400 œufs vert pâle, d’où émergent des larves qui ressemblent à des alligators miniatures. Aussitôt sorties de l’œuf, les jeunes coccinelles en devenir se nourrissent de pucerons, comme les adultes. Elles le feront pendant 8 à 10 jours, après quoi elles formeront une pupe d’où elles émergeront un autre 4 à 5 jours plus tard.

La coccinelle à quatorze points est originaire d’Europe et d’Asie. En Amérique du Nord, plusieurs tentatives infructueuses d’introduction ont été effectuées avant 1960. C’est cependant une introduction accidentelle par des bateaux de marchandise transitant par le fleuve Saint-Laurent qui permit à cette espèce de s’établir parmi nous. Plus précisément, la première observation aurait été réalisée près de la ville de Québec en 1968.

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Vue de face; il s’agit d’un mâle

La jolie coccinelle est retrouvée dans une vaste palette d’habitats : plaines, prairies, forêts, montagnes, ainsi que jardins et parcs situés en milieu urbain. En outre, partout où l’on retrouve des pucerons, la coccinelle à quatorze points n’est jamais bien loin! On peut dire que notre arthropode habillé en damier a de quoi mettre tout puceron trop envahissant échec et mat!

Pour en savoir plus

Dans l’œil de mon microscope : Échec et mat!

Quand j’observe les insectes, je me dis souvent que nous, les humains, n’avons rien inventé. Tous les motifs et toutes les couleurs sont déjà arborés par une panoplie d’arthropodes.

L’invertébré-mystère de la semaine semble vêtu d’un damier. Peut-être aime-t-il jouer aux échecs? Savez-vous de qui il s’agit?

Pour répondre à cette question, joignez-vous à la Page Facebook DocBébitte (pour plus d’interactions avec les autres lecteurs!) ou encore inscrivez votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse vous sera dévoilée lors de la prochaine publication DocBébitte!

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Quel est cet invertébré qui ressemble à un damier?

Une punaise parée pour l’Halloween

Je vous ai déjà parlé de plusieurs insectes qui arborent une robe orange et noire dans cette chronique sur le peuple de l’asclépiade.

Il y a trois ou quatre années de cela, on m’avait demandé d’identifier un invertébré qui ne figurait pas au palmarès de ces organismes. Le demandeur s’inquiétait du fait que l’insecte en question était en train d’envahir sa demeure à l’automne. En fouillant dans mes livres et sur Internet, je pus identifier le coupable : la punaise de l’érable négondo (Boisea trivittata). Je n’avais pas encore fait la connaissance de cet arthropode en personne.

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La punaise de l’érable négondo (Boisea trivittata)

Il me fallut quelques années supplémentaires avant de rencontrer de cette punaise. Au milieu du mois d’octobre cette année, alors que j’étais en visite dans le sud-ouest du Québec, je vis plusieurs de ces punaises voleter le long d’un sentier pédestre. C’était une journée ensoleillée et les divers insectes profitaient de ces quelques dernières journées plus chaudes, qui se pointent le bout du nez juste avant l’hiver plus rude, pour trouver refuge.

Comme l’avait remarqué le lecteur qui m’a interpellée, les punaises de l’érable négondo ont la propension de se réunir, à l’automne, sur les pans d’édifices chauffés par le soleil et de tenter de s’y infiltrer pour passer l’hiver. Elles sont connues pour hiverner dans des milieux secs et protégés du froid comme les greniers et les murs des bâtiments. Il arrive, lors de journées hivernales plus douces, que ces dernières sortent de leur cachette, croyant le printemps revenu… pour se retrouver à l’intérieur des demeures au grand désespoir des humains qui y habitent! Qui plus est, leurs fientes ont le potentiel de tacher les meubles et tapis… rien qui puisse les faire aimer davantage!

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Lors de mon observation, plusieurs punaises cherchaient à s’attrouper

C’est principalement ce comportement qui lui valut l’attribution de « peste ». En effet, bien que notre punaise de l’érable s’attaque aux érables et à quelques autres feuillus (notamment frênes, chênes et ailantes), ses dommages demeurent minimes. À cet effet, les larves et les adultes se délectent de la sève des feuilles, des fleurs et des graines de leurs arbres-hôtes favoris, qu’elles sucent à l’aide de leur rostre. Leur alimentation peut entre autres engendrer une déformation des feuilles et des fruits ainsi que l’apparition de petites taches sur le feuillage.

Au premier coup d’œil, on pourrait confondre la punaise de l’érable négondo avec d’autres punaises colorées comme la petite punaise de l’asclépiade (voir cette chronique). De taille similaire (dans les environs de 11 à 14 mm), les deux punaises sont néanmoins faciles à distinguer. La punaise de l’érable négondo est globalement plus sombre (brun foncé à noir). Le pourtour des ailes est teinté de rouge-orangé et le centre du thorax est marqué par une ligne droite suivie de deux lignes formant un « V ». J’ai remarqué en furetant sur Internet que ce « V » est plus ou moins discret selon les spécimens photographiés. En revanche, la petite punaise de l’asclépiade (Lygaeus kalmii) possède plus d’orange, formant notamment un large « X » sur les ailes antérieures. Une autre façon de reconnaître cette dernière est qu’une des taches noires – celle située dans le haut de l’abdomen/début du thorax – ressemble à un cœur (voir ce cliché).

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Punaise de l’érable négondo (gauche) et petite punaise de l’asclépiade (droite)

La punaise de l’érable négondo appartient à la famille Rhopalidae, désignée en anglais comme la famille des « scentless plant bugs ». Contrairement aux pentatomes (famille Pentatomidae; « stink bugs »), les Rhopalidae n’émettraient pas d’odeur nauséabonde. Toutefois, une des sources consultées indique que la punaise de l’érable négondo déroge à cette affirmation, générant une odeur peu agréable lorsque perturbée. Elle aurait également mauvais goût, ce qui a pour effet de dissuader tout prédateur!

Plusieurs moyens de lutte contre l’invasion hivernale de cette punaise sont offerts sur Internet. Sans être exhaustive, je vous en cite quelques-uns ci-dessous. Pour plus de détails, voir notamment le site d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Lutte contre la punaise de l’érable négondo :

  • Décourager les regroupements en enlevant les feuilles, pierres et débris autour de votre habitation;
  • Appliquer du savon insecticide ou autres produits de ce type autour de la maison;
  • Réparer les fissures dans les murs de fondations, autour des fenêtres et des portes;
  • Recueillir les individus qui se sont infiltrés à l’aide d’un aspirateur et s’en départir.

Naturellement, le meilleur moyen reste de prévenir leur introduction dans vos demeures. En plus de se regrouper sur les murs des maisons chauffés par le soleil, cette jolie punaise peut s’observer en attroupement sur les arbres et les roches où plombe le soleil lors de belles journées automnales. C’est ce qui m’a permis de faire sa connaissance cet automne. Gardez donc l’œil ouvert! Peut-être viendra-t-elle frapper à votre porte en cette semaine d’Halloween!

Pour en savoir plus