7e concours amical de photographies d’invertébrés du Québec

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Concentrés comme DocBébitte (ici présente) ou enthousiastes et cœur léger, les deux pieds dans la boue? Qu’à cela ne tienne, on veut voir vos photos!

Vous l’attendiez? Voici la 7e édition du concours amical de photographies d’invertébrés DocBébitte!

Comme chaque année, j’invite photographes néophytes ou aguerris à sortir de leur demeure afin de prendre des clichés d’invertébrés!

Ce concours en est un amical notamment parce que ce sont les lecteurs de DocBébitte qui seront invités à voter, à la fin de l’été, pour leur « coup de cœur ». Bref, peu importe que vous soyez experts ou non en photographie ou en entomologie : on veut simplement voir et partager vos coups de cœur!

Le « prix » en est également un fort simple : la photo élue favorite du public se verra mise en vedette dans le cadre d’une chronique qui portera sur l’invertébré en question.

À cet effet, vous pouvez jeter un coup d’œil aux gagnants des années passées :

 

Comment participer?

Tout d’abord, il y a quelques règles à suivre :

  • Les invertébrés doivent avoir été photographiés au Québec ou doivent être retrouvés au Québec (aire de répartition qui inclut le Québec);
  • S’il y a des personnes que l’on peut reconnaître sur vos photographies, assurez-vous d’avoir leur accord avant de me transmettre ces dernières, car elles se retrouveront sur Internet;
  • Les photographies n’ont pas besoin d’avoir été prises à l’été 2019. Vous pouvez fouiller dans vos archives!

Ensuite, vous devez transmettre vos clichés en suivant ces instructions :

  • Un maximum de trois photographies par personne peut être soumis;
  • La résolution minimale des photographies doit être suffisante (1200 x 1600 pixels et plus est suggéré);
  • Fournir, pour chaque photo soumise, les informations suivantes :
    • Prénom et nom de l’auteur de la photographie;
    • Endroit où la photo a été prise (exemple : Trois-Rivières, Québec);
    • Si vous connaissez le nom de l’invertébré en question, SVP l’indiquer.
  • Si vous possédez déjà une signature personnalisée, l’apposer sur vos photos avant de me les transmettre. Sinon, je me chargerai d’ajouter votre nom sur ces dernières;
  • Transmettre vos photos à Docbebitte@outlook.fr d’ici le 6 septembre 2019. Un accusé de réception de vos photos vous sera transmis dans les jours qui suivent votre envoi.

 

Concernant les photographies soumises

Votre photo a reçu le plus de votes? Je m’engage à publier une chronique entière consacrée à l’invertébré « croqué » sur le vif, incluant bien sûr la photographie gagnante en tête de chronique (et crédits photo associés). Bref, vous serez mis en vedette!

Pour ce qui est des autres clichés soumis, ils se retrouveront dans ma banque de photos et pourraient, qui sait, être utilisés dans le cadre de futures chroniques (également accompagnés des crédits photo)!

Un appel aux votes sera effectué auprès des lecteurs DocBébitte après la date limite de soumission.

Allez, n’hésitez pas à grimper ou vous rouler dans la boue! Sortez vos appareils et… à vos marques, prêts, photographiez!

300e chronique de DocBébitte : Ça sent le vinaigre!

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Uropyge observé lors du Festival des insectes de Québec

Vous avez été plusieurs à voter depuis mes pages Facebook (DocBébitte et personnelle) pour l’invertébré qui fera la manchette de cette 300e chronique. Êtes-vous surpris de savoir que l’arthropode qui a reçu le plus grand nombre de votes est le singulier uropyge?

Les uropyges appartiennent à la classe Arachnida. Comme tout arachnide qui se respecte, ils sont munis de quatre paires de pattes. Néanmoins, seulement trois d’entre elles sont utilisées pour la locomotion. Les deux pattes antérieures, plus longues et fines, jouent le rôle d’organe sensoriel (à l’instar des antennes chez les insectes).

Ces étranges créatures font plus spécifiquement partie de l’ordre Uropygi. Toutefois, l’ordre Thelyphonida semble également employé par endroits. Il semblerait qu’il y ait eu plusieurs remaniements dans les noms de ce groupe au travers des années et les deux noms sont présentement d’usage dans les différentes sources consultées (j’en comprends d’ailleurs que le sujet ne fait pas consensus). À cet effet (le remaniement des noms), les uropyges auraient déjà été joints aux amblypyges sous l’ordre Pedipalpi. J’avais pondu cette chronique au sujet des amblypyges, si cela vous intéresse! Une autre bête particulière semblant tout droit tirée d’un film de fiction!

Les uropyges vivent majoritairement dans les climats chauds et humides; on ne les retrouve pas au Québec. Vous en avez tout de même peut-être déjà vu, puisqu’ils figurent souvent parmi les « bêtes étranges » présentées lors d’expositions. Leur taille peut être impressionnante (18 à 85 mm) et ils ne tardent pas à être remarqués! S’ils ont l’allure d’une bête préhistorique, c’est qu’ils sont en effet apparus pendant la période du Carbonifère, il y a environ 359 à 299 millions d’années. Leur apparence n’aurait pas changé depuis!

Le titre de la chronique fait référence à l’odeur singulière des uropyges. Lorsque perturbés, ils sont en mesure d’éjecter un liquide contenant un composé fait d’acide (acétique, octanoïque, formique ou chloré)… qui sent le vinaigre! Le jet est expulsé à partir de glandes anales situées près de l’extrémité de l’abdomen, à la base du flagelle – l’appendice qui ressemble à une longue queue et qui a inspiré un des noms communs anglais de cet arthropode « whipscorpion » (traduction maison : scorpion-fouet). Le liquide projeté est irritant pour les muqueuses et les yeux, peut brûler légèrement la peau et engendrer la nausée; il s’avère un répulsif de choix contre tout intrus trop insistant!

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Étrange allure, n’est-ce pas?

Les uropyges sont des prédateurs qui chassent au sol pendant la nuit. Ils se nourrissent d’une vaste palette d’invertébrés, incluant de nombreux insectes, millipèdes, scorpions, cloportes, vers et gastropodes. Leur territoire de chasse est restreint aux environs (2 à 3 mètres) de leur terrier, lequel a été creusé dans la terre ou encore établi sous de gros débris ou roches.

Lorsque l’uropyge parvient à maîtriser sa proie, il la ramène vers ses chélicères à l’aide de ses pédipalpes (voir cette chronique si vous voulez en savoir plus sur ces pièces anatomiques). Les chélicères réduisent la proie en bouillie, laquelle finit par être aspirée dans la bouche. Les restes plus coriaces sont rejetés… bon appétit!

Les uropyges ne sont pas des animaux grégaires. Les seuls contacts tolérés se font en période de reproduction ou encore lorsque la femelle donne naissance à ses petits et les transporte sur son dos. Autrement, ils sont portés à se battre et à se mutiler. Pas commodes, ces invertébrés!

Fait intéressant pour clore cette 300e chronique : bien que d’aspect primitif, les uropyges s’adonnent à une parade nuptiale complexe lorsque venu le temps des amours. Le mâle saisit la femelle par ses pattes antérieures et l’entraîne dans une sorte de valse durant plusieurs heures (une des sources consultées parle d’une moyenne de 13 heures!). Après ces longs préliminaires amoureux, le mâle dépose un spermatophore (en quelque sorte un « paquet » de sperme) et attire la femelle au-dessus de celui-ci afin de la féconder. Qui a dit que Messieurs uropyges ne savaient pas charmer Mesdames?

Comme c’est souvent le cas, il y en aurait eu beaucoup plus à dire sur ce superbe arachnide. N’hésitez pas à jeter un coup d’œil aux sources suggérées ci-dessous pour plus de détails croustillants!

Vidéo 1. Uropyge filmé lors d’une activité de l’Association des entomologistes amateurs du Québec. On voit que les pattes antérieures sont utilisées telles des antennes.

Pour en savoir plus

Votre choix pour la 300e publication!

Eh oui, nous voici presque parvenus à la 300e publication originale sur le blogue DocBebitte.com! Cela en fait beaucoup, des pages rédigées pour vous partager mes apprentissages au sujet du fabuleux monde des insectes et des autres invertébrés!

Comme je le mentionne chaque fois, je ne pourrais garder cet enthousiasme à transmettre mes apprentissages s’il n’y avait personne pour les apprécier!

Afin de vous remercier pour votre fidélité, je vous offre le choix du prochain sujet pour la 300e publication DocBébitte! Saurez-vous choisir entre :

  1. Les étranges uropyges
  2. La surprenante libellule voluptueuse
  3. La gourmande chrysomèle de l’asclépiade

Pour voter, faites votre choix dans la publication associée sur la Page Facebook DocBébitte ou encore inscrivez votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente capsule. Qui sera le gagnant? À vous de le décider!

Vote 300e
À vous de choisir le sujet de la 300e publication!

Toqués des tiques?

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Plusieurs spécimens de la tique d’hiver, que j’ai pu examiner de plus près (gracieuseté de Martin Breton)

Aviez-vous deviné l’identité de l’invertébré-mystère présenté dans la capsule de jeudi dernier? Il s’agissait du mâle de la tique d’hiver (Dermacentor albipictus).

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L’invertébré-mystère de la dernière devinette dévoilé : la tique d’hiver!

On m’avait récemment proposé, sur la page Facebook DocBébitte, de parler des tiques. Il s’agit d’un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années déjà. En effet, toute personne amoureuse de la nature qui a l’habitude de gambader dans les champs et les bois a maintenant cette hantise de se retrouver avec une tique, tête bien enfoncée dans la peau, en plein délit de gourmandise.

Croyez-moi, pour une personne qui se retrouve souvent accroupie au sol et dans la végétation, en train de photographier un quelconque invertébré, le terme « tique » fait frémir. Pourtant, ce n’est pas tant la minuscule tique qui fait craindre que les maladies auxquelles elle est susceptible de nous exposer.

Les tiques ne sont pas des insectes en tant que tels et appartiennent à la classe Arachnida, le même groupe qui comprend notamment les araignées, opilions, mites d’eau (hydracarina) et pseudoscorpions. Comme tout membre digne de cette classe, elles sont munies de huit pattes, hormis les individus au stade larvaire qui en possèdent six. Contrairement à bien des arthropodes où l’on distingue clairement la tête, le thorax et l’abdomen, on ne perçoit que deux parties chez la tique : la tête et l’abdomen.

En plus de ces caractéristiques, un autre indice proposé par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour confirmer que l’arthropode fixé à votre peau est une tique est que, au Québec, on ne retrouve presque pas d’autres invertébrés qui demeurent accrochés fermement à la peau des humains pendant plus de 24 heures.

La taille des tiques varie en fonction de l’espèce, mais aussi de son niveau d’engorgement de sang. Ainsi, les larves et nymphes retrouvées au Québec excèdent rarement 1 mm, alors que les adultes (non gorgés) peuvent atteindre de 3 à 5 mm. C’est la femelle adulte gorgée de sang qui bat les records, atteignant de 8 à 13 mm selon l’espèce. Plus impressionnant encore est son poids : une tique peut prendre 100 fois son poids après sa gloutonnerie!

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Selon le sexe et le niveau d’engorgement, ces tiques d’hiver présentent une taille variable

Douze espèces de tiques sont retrouvées au Québec, contre près de 900 espèces autour du globe. Les tiques sont des parasites externes d’une vaste palette de vertébrés (mammifères, oiseaux et reptiles). À titre d’exemple, la tique d’hiver (Dermacentor albipictus) est reconnue pour parasiter les orignaux. Certaines sources suggèrent qu’elle serait même l’ennemie numéro un des originaux, avant les prédateurs comme les loups, ours ou cougars. J’ai eu la chance de mettre la main sur plusieurs spécimens de cette espèce, gracieusement offerte par un collègue entomologiste; ils font partie des photographies accompagnant la présente chronique.

Certaines espèces de tiques constituent des vecteurs d’une variété d’agents pathogènes incluant les virus, bactéries et parasites internes. Selon l’INSPQ, il s’agirait du second vecteur de maladies humaines à l’échelle planétaire après le moustique. Au Québec, on parle beaucoup de la maladie de Lyme, qui est en progression constante chaque année. Des 32 cas recensés en 2011, on est passé à 329 cas en 2017 (ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)).

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Tique (espèce non identifiée) retrouvée par ma tante sur son chien!

D’ailleurs, on peut retrouver une carte du risque d’acquisition de la maladie de Lyme au Québec sur ce site de l’INSPQ. Le risque était particulièrement plus élevé dans le sud-ouest du Québec, au moment de la publication de la présente chronique (printemps 2019). Parents et amis de la Montérégie, usez de prudence!

La bactérie mise en cause dans la maladie de Lyme se nomme Borrelia burgdorferi. Elle est transmise par une espèce de tique en particulier : la tique à pattes noires (Ixodes scapularis). Fait important à connaître : ce ne sont pas toutes les tiques qui sont infectées! Si vous vous faites piquer par une tique, mieux vaut prendre des précautions, mais cela ne signifie pas pour autant que vous ayez été infectés.

Cela dit, même si la tique est infectée, le risque de contracter la maladie de Lyme est très faible si la tique est accrochée à la peau pendant moins de 24 heures. Il faut donc la retirer le plus rapidement possible. Les étapes de retrait d’une tique sont présentées sur ce site du MSSS. Aussi, différents instruments qui servent à retirer les tiques sont vendus sur le marché; un second collègue entomologiste m’a transmis des suggestions à cet effet (voir photographies plus bas).

Pour éviter dès le départ de se retrouver sur le menu d’une tique, plusieurs précautions sont de mise :

  • En randonnée, marcher dans les sentiers et éviter les hautes herbes;
  • Porter un chapeau, des souliers fermés et des vêtements longs;
  • Mettre le chandail dans le pantalon;
  • Mettre le bas du pantalon dans les chaussettes ou les bottes;
  • Porter des vêtements pâles pour mieux discerner la présence de tiques;
  • Utiliser un chasse-moustique sur les parties exposées du corps.

Certes, cet accoutrement n’est pas digne d’un défilé de grands couturiers, mais il saura vous garder à l’abri des vilaines tiques!

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Suggestions d’instruments « enlève-tique » transmis par un collègue entomologiste

De plus, après une activité pouvant nous exposer aux tiques, il faut également examiner sa peau de sorte à détecter leur présence et, le cas échéant, les retirer. Il importe de regarder dans tous les recoins possibles, puisque les piqûres sont fréquemment observées aux cuisses, aines, aisselles, de même qu’au tronc et à la nuque. En outre, il est suggéré de prendre un bain ou une douche, ce qui permettrait de déloger les tiques qui ne sont pas encore solidement accrochées à la peau. Même les vêtements, les équipements et les animaux de compagnie se doivent d’être examinés et lavés afin d’éviter d’introduire des tiques dans notre domicile! À cet effet, de nombreux conseils sont prodigués pour mieux repérer les tiques ou encore réduire leur présence dans notre environnement. Ceux-ci sortent de mon champ de compétences et je vous propose donc de consulter les sources de la section « Pour en savoir plus » si vous souhaitez obtenir plus de renseignements!

Malgré tous ces conseils, vous n’avez pas réussi à éviter la piqûre d’une tique et souhaitez connaître les risques encourus? Sachez que plusieurs symptômes de la maladie de Lyme sont décrits dans les sources que j’ai consultées (présentées à la fin de la présente chronique; voir aussi cette page du Pharmachien où l’on propose beaucoup de références utiles).

Grosso modo, il semble que les symptômes puissent apparaître entre 3 et 30 jours après la piqûre. Comme ils incluent des symptômes pouvant être attribuables à d’autres problèmes de santé (rougeur sur la peau, fièvre, fatigue, maux de tête, raideur à la nuque, douleurs musculaires et articulaires), il est recommandé de consulter sans tarder un spécialiste de la santé en cas de doute. Si possible, il est fortement suggéré de noter l’information sur la date et le lieu de l’incident, la partie du corps touchée, et, si cela est possible, de garder la tique qui vous a piqué au réfrigérateur dans un contenant hermétique approprié comme, par exemple, un pilulier.

Il est important d’agir rapidement si vous croyez être infecté, puisque la maladie de Lyme, si elle n’est pas traitée, peut conduire à des problèmes graves articulaires, cardiaques ou neurologiques.

Bien que toute cette information soit inquiétante, il faut garder en tête que ce ne sont pas toutes les espèces de tiques qui constituent un vecteur de la maladie de Lyme. Qui plus est, la tique à pattes noires n’est pas toujours infectée. Il est certain que plusieurs précautions s’imposent… Mais, pour résumer, il ne faut pas que la question vous rende fous… que vous soyez ou non toqués des tiques!

 

Pour en savoir plus

Dans l’œil de mon microscope : le mocassin?

Certains arthropodes possèdent des attributs qui nous font penser à des objets usuels. C’est le cas de l’invertébré-mystère de cette semaine dont l’abdomen ressemble au bout d’un mocassin – vous ne trouvez pas?

De qui s’agit-il?

Pour répondre à cette question, joignez-vous à la Page Facebook DocBébitte (pour plus d’interactions avec les autres lecteurs!) ou encore inscrivez votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse vous sera dévoilée lors de la prochaine publication DocBébitte!

Devinette 2019-05-16
 Un mocassin joliment décoré ou un arthropode?