Capsule vidéo: des perce-oreilles dans mon barbecue !

L’été, on peut faire toutes sortes de découvertes entomologiques… Même lorsqu’on ne s’y attend pas!

Cette semaine, je vous proposais une devinette : des céréales colorées… qui s’avéraient en fait être des fientes de perce-oreilles !

La réponse à cette devinette vous est livrée sous forme de petite capsule vidéo, que vous pouvez visionner ci-dessous.

Et vous, avez-vous déjà fait des observations similaires ?

Devinette estivale : des céréales croque-nature ?

C’est le temps d’une devinette !

L’observation remonte tout juste à hier. J’ai d’ailleurs très hâte de vous en faire part !

Entretemps, je vous fais languir et je vous demande de tenter de deviner de quoi je vais vous entretenir !

La solution réside derrière cette photo qui semble présenter tout un amas de morceaux de céréales colorées. Mais y aurait-il un insecte derrière cette photo ?

Que voit-on ? Et qui en est responsable ?

Pour répondre à cette question, joignez-vous à la Page Facebook DocBébitte (pour plus d’interactions avec les autres lecteurs!) ou encore inscrivez votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse vous sera dévoilée lors de la prochaine publication DocBébitte!

9e concours amical de photographies d’invertébrés du Québec

L’été est déjà bien amorcé et passe même trop vite!

Il est donc grandement temps de lancer la 9e édition du concours amical de photographies d’invertébrés DocBébitte!

J’invite photographes néophytes ou aguerris à découvrir les petites bêtes invertébrées de leur environnement et les photographier!

Ce concours en est un amical parce que ce sont les lecteurs de DocBébitte qui seront invités à voter, à la fin de l’été, pour leur « coup de cœur ».

Le « prix » en est également un fort simple : la photo élue favorite du public se verra mise en vedette dans le cadre d’une chronique qui portera sur l’invertébré en question.

Comme j’aime encourager la relève, j’offre depuis l’an dernier deux volets et donc deux gagnants possibles :

  • Participants de 17 ans et moins (dits « les nymphes »);
  • Participants de 18 ans et plus (dits « les imagos »).

Comment participer?

Premièrement, suivez ces règles:

  • Les invertébrés doivent avoir été photographiés au Québec ou pouvoir y être retrouvés (aire de répartition incluant le Québec);
  • S’il y a des personnes que l’on peut reconnaître sur vos photographies, assurez-vous d’avoir leur consentement avant de me transmettre ces dernières, car elles se retrouveront sur Internet (blogue DocBebitte.com);
  • Les photographies n’ont pas besoin d’avoir été prises à l’été 2021. Vous pouvez fouiller dans vos archives!

Ensuite, transmettez vos clichés en suivant ces instructions :

  • Soumettre un maximum de deux (2) photos par personne;
  • Avoir une résolution minimale suffisante (1200 pixels ou plus sur le bord le plus long);
  • Fournir, pour chaque photo soumise, les informations suivantes :
    • Si la photo a été prise par une personne de moins de 18 ans;
    • Prénom et nom de l’auteur de la photographie;
    • Endroit où la photo a été prise (exemple : Trois-Rivières, Québec);
    • Le nom de l’invertébré photographié, si connu.
  • Apposer votre signature personnalisée à la photo si vous en avez déjà une. Sinon, je me chargerai d’ajouter votre nom sur ces dernières;
  • Transmettre vos photos à Docbebitte@outlook.fr d’ici le 17 septembre 2021. Un accusé de réception de vos photos vous sera transmis dans les jours qui suivent votre envoi.

Concernant les photographies soumises

Votre cliché a reçu le plus de votes? Je m’engage à publier une chronique consacrée à l’invertébré « croqué » sur le vif, incluant bien sûr la photographie gagnante en tête de chronique (et crédits photo associés). Bref, vous serez mis en vedette!

Pour les autres clichés soumis, ils se retrouveront dans la banque de photos DocBébitte et pourraient, qui sait, être utilisés dans le cadre de futures publications (accompagnés des crédits photo, bien sûr)!

Un appel aux votes sera effectué auprès des lecteurs DocBébitte après la date limite de soumission.

Allez, c’est le temps de sortir, beau temps mauvais temps, à la découverte de la faune invertébrée de votre quartier!

Gagnants des concours passés

Vous pouvez jeter un coup d’œil aux gagnants des années passées :

Sortez vos appareils, c’est le temps de faire de la macrophoto!

350e publication DocBébitte : Méli-méloé!

Une 350e publication. Rien de moins !

Pour célébrer ce jalon tout juste franchi, je vous ai offert, sur la page Facebook DocBébitte, de voter pour le sujet traité.

Et vous avez opté pour l’étrange méloé!

Outre le méloé noir (Epicauta pennsylvanica) et le méloé cendré (Epicauta murina), je n’avais pas eu la chance d’observer d’autres membres de la famille Meloidae, dont ceux du genre Meloe. J’avais pourtant vu beaucoup de photographies – peut-être même les vôtres! – des femelles dont l’abdomen est si gonflé qu’elles apparaissent énormes.

Jolie femelle du genre Meloe observée ce printemps

Ce printemps, lors d’une balade à la réserve du Marais Léon-Provancher, en banlieue de Québec, je fus enfin servie! L’individu, d’une teinte noire bleutée, déambulait devant nous dans le sentier. Il se laissa manipuler à souhait, uniquement soucieux d’aller toujours vers l’avant. Ce fût d’ailleurs tout un défi de le photographier : il n’arrêtait simplement pas de marcher!

J’aurais aimé être certaine de l’espèce en cause, mais les sources que j’ai consultées ne procuraient pas suffisamment de détails sur les critères à examiner pour confirmer l’identité de ma belle (c’était une femelle). D’ailleurs, si vous avez des astuces à partager sur le sujet, vos suggestions sont les bienvenues! Néanmoins, suivant Normandin (2020), je pus noter que trois espèces – appartenant toutes au genre Meloe – comportent des attributs similaires au spécimen photographié.

La famille des méloés est fascinante. Les larves, appelées triongulins, constituent, pour la plupart, des parasitoïdes d’abeilles sauvages (quoique quelques-uns soient des parasitoïdes d’orthoptères). Dans les sources consultées, j’ai noté plusieurs mécanismes de dispersion utilisés par les larves afin de se retrouver dans les nids d’abeilles. Premièrement, Normandin (2020) indique que les femelles méloés peuvent pondre leurs œufs directement dans les nids d’abeilles sauvages situés au sol. Dubuc (2007) et Marshall (2009) précisent de leur côté que les femelles pondent des œufs au sol, desquels surgissent les larves qui grimpent le haut de fleurs pour ensuite s’accrocher aux abeilles solitaires qui y butinent. Une fois parvenues au nid, ces larves lâchent prise et se retrouvent sur l’œuf pondu par l’abeille. Sur Wikipédia (2020), il est aussi indiqué que les triongulins peuvent attirer les mâles abeilles à l’aide de signaux chimiques. Ils s’accrochent aux mâles, puis sont éventuellement transférés vers des femelles, lorsqu’il y a contact.

Peu importe le moyen de transport privilégié, les larves qui atteignent leur destination finale s’avèrent voraces. Elles dévorent d’abord l’œuf de l’abeille, puis se nourrissent du pollen et du nectar entreposés sous l’œuf, qui étaient initialement destinés à nourrir la larve de l’abeille.

Les adultes, eux, optent pour un régime végétarien et se délectent de nectar, de pollen et ne dédaignent pas manger même les fleurs entières et les feuilles des plantes, selon l’espèce.

L’abdomen est énorme et peu recouvert par les élytres

Les mâles du genre Meloe diffèrent des femelles : deux segments de leurs antennes sont organisés de sorte à former une courbe. Ils s’en servent pour lisser ou maintenir les antennes de Madame lorsque vient le temps de lui faire la cour. À cet effet, bien que le méloé noir ne possède pas de tels attributs, j’ai été fascinée de voir un mâle de cette espèce s’adonner à faire ce qui semblait être des « caresses » à une femelle. Il tambourinait sur l’arrière-train de cette dernière à l’aide de ses antennes. J’ai trouvé le comportement si intrigant que je vous l’avais partagé dans cette chronique de la Saint-Valentin.

Lors de mes recherches pour documenter la présente chronique, j’ai aussi été étonnée de lire que les Meloidae sont en mesure d’exsuder de l’hémolymphe (leur sang) lorsqu’ils sont perturbés. Leur hémolymphe contient une substance nommée cantharide qui est susceptible d’irriter la peau et d’entraîner la formation de phlyctènes. Le nom commun anglais des méloés traduit d’ailleurs cette aptitude : ils se prénomment « blister beetles », soit coléoptères à cloques… à ne pas confondre avec têtes à claques!

Pourquoi étais-je si surprise de lire cette information? Si vous jetez un coup d’œil aux photos qui agrémentent la présente chronique, vous noterez que j’ai allègrement manipulé l’individu observé. Heureusement, je n’ai pas dû déranger suffisamment la bête et mes doigts sont demeurés indemnes! Soit cela, soit que la femelle manipulée n’avait pas encore été fécondée. En effet, fait intéressant : les femelles non fécondées acquièrent leur cantharide à la suite de la copulation avec le mâle. C’est en offrant un spermatophore (un « paquet de sperme ») enduit de cantharide que l’échange s’effectue. Une bonne façon pour le mâle de s’assurer que les œufs – et la femelle – qu’il féconde survivent !  

Même au sol, on peut apprécier la taille de cet insecte!

D’autres organismes profitent de la capacité des méloés à générer de la cantharide. Plusieurs insectes, dont les coléoptères de la famille Anthicidae, seraient attirés par les cadavres de méloés, desquels ils assimileraient la toxine. D’autres préfèrent leur repas bien chaud : certaines mouches piqueuses mordraient les jointures plus tendres des méloés vivants afin de siroter leur hémolymphe. Il est présumé que ces mouches assimileraient le cocktail toxique, un peu à l’instar des chenilles de monarques qui assimilent la cardénolide des asclépiades, afin de mieux se protéger des prédateurs.

Fille qui ne savait pas qu’il y a des risques à manipuler les méloés!

La cantharide n’intéresse pas que les invertébrés. Une espèce bien précise de méloé, la Spanish Fly (espèce Lytta vesicatoria), a fait l’objet d’un vif intérêt de la part des humains pour la cantharide qu’elle contient. L’espèce est élevée, moulue et vendue pour usages médicinaux… mais a aussi servi à la production d’aphrodisiaques. Il est cependant vivement déconseillé de concocter et consommer la cantharide par soi-même, puisque, même à petite dose, elle peut s’avérer fatale ou, du moins, générer de sérieux dommages aux reins. N’essayez pas à la maison!

Si j’avais su tout cela lorsque j’ai manipulé mon premier méloé ce printemps, j’aurais peut-être pris quelques précautions supplémentaires! Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un groupe fascinant à voir de près!

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. 2003-2021. Family Meloidae – Blister Beetles. https://bugguide.net/node/view/181 (page consultée le 27 juin 2021).
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Normandin, E. 2020. Les insectes du Québec et autres arthropodes terrestres. 610 p.
  • Wikipédia.2020. Meloe. https://fr.wikipedia.org/wiki/Meloe (page consultée le 27 juin 2021).
  • Wikipédia.2020. Meloidae. https://fr.wikipedia.org/wiki/Meloidae (page consultée le 27 juin 2021).

DocBébitte en bref – Prédateur contre prédateur: un combat avorté !

À force d’observer les insectes et autres invertébrés, on devient souvent le témoin de scènes surprenantes.

C’est ainsi que, lors d’une marche récente, je pus observer plusieurs interactions entre une araignée sauteuse et une punaise assassine. L’araignée déambulait paisiblement sur une main courante en bois, d’un côté, alors que, de l’autre, la punaise semblait être en mode embuscade.

Les deux individus, des prédateurs voraces, se sont fait face pour quelques instants. Je retins même mon souffle à quelques reprises, me demandant lequel des deux gagnerait si le combat était engagé.

Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse être transportés dans l’arène où le combat araignée contre punaise s’amorce dans ma plus récente capsule vidéo « DocBébitte en bref »!

Ding! Ding! Première ronde lancée!