Tirage d’un calendrier DocBébitte 2019

Calendrier 2019
Recto et verso du calendrier DocBébitte 2019

Le temps des fêtes approche et ce sera très vite le temps de célébrer la fin d’une année riche en apprentissages! Quoi de mieux pour démarrer 2019 qu’avoir en main l’unique calendrier DocBébitte?

Comme vous le savez sans doute déjà, DocBébitte est un blogue que j’alimente dans mes loisirs et je n’en retire aucun bénéfice autre que vos sympathiques commentaires qui me font avancer dans mes réflexions!

Loin de moi est donc l’idée de commercialiser mes calendriers et c’est pourquoi, comme l’année dernière, je tenais à offrir un calendrier inédit DocBébitte (je n’en produis annuellement que quelques-uns pour proches parents) à un lecteur chanceux qui sera choisi par le hasard!

Voici comment participer :

  • Vous devez posséder une adresse postale au Québec, où je pourrai vous envoyer ledit calendrier*;
  • Pour vous inscrire, écrivez-moi à DocBebitte@Outlook.fr en indiquant que vous souhaitez participer au tirage du calendrier 2019;
  • Vous inscrire avant le vendredi 21 décembre à 23h59.

Le tirage (un seul calendrier est à tirer) aura lieu dans les jours qui suivront! D’ici là, bonne chance et je vous souhaite de terminer l’année 2018 en beauté!

Caroline, alias DocBébitte

 

*SVP noter que je me dégage de toute responsabilité liée à un bris lors du transport par Postes Canada. Merci pour votre compréhension.

L’heure de la collation pour Monsieur agrion vertical

Ischnura verticalis 1
C’est l’heure de la collation pour cet agrion vertical!

Après avoir passé un mois sans rédiger de nouvelles chroniques DocBébitte – j’étais affairée à transférer mon blogue sur une nouvelle plate-forme et vers un nouvel hébergeur –, quoi de mieux pour reprendre mes activités que de vous parler d’une libellule?

Avez-vous déjà eu le loisir d’observer une libellule capturer et ingérer un insecte en direct? Ces bêtes gloutonnes constituent de voraces et efficaces prédateurs et il n’est donc pas rare de les surprendre proie en bouche!

Cet été, j’ai été en mesure de filmer un de ces arthropodes en train de mâchouiller une proie fraîchement débusquée. Fait intéressant, la seule autre fois où j’ai pu prendre quelques clichés de cette espèce, l’individu venait lui aussi de capturer son dîner.

Ischnura verticalis 2
On ne parle pas la bouche pleine!

L’espèce en question est l’agrion vertical (Ischnura verticalis). Appartenant à la famille Coenagrionidae, il s’agit d’une espèce commune et bien répartie sur tout le Québec méridional. Les mâles sont facilement reconnaissables et ne peuvent être confondus avec d’autres espèces de nos latitudes. C’est la combinaison du vert vif maculant les côtés du thorax et les deux premiers segments de l’abdomen (le second segment n’étant vert que sur les côtés), de même que la coloration bleu pâle dominante sur les huitième et neuvième segments de l’abdomen qui servent de critères d’identification. Comme chez plusieurs autres libellules, malheureusement, les femelles requièrent un examen plus détaillé, car elles peuvent être confondues avec quelques cousines. Paulson (2011) cite notamment l’agrion posé (I. posita) et l’agrion hasté (I. hastata), deux espèces qui semblent cependant moins largement réparties au Québec que l’agrion vertical (Savard, 2011).

Ischnura verticalis 3
Agrion vertical mâle, vu de profil

Au Québec, l’adulte de l’agrion vertical se rencontre du mois de mai jusqu’en septembre. Comme les naïades se développent dans les herbiers aquatiques qui jonchent les parties calmes des lacs, rivières et étangs, il n’est pas surprenant d’observer des adultes à proximité de ces habitats. Ainsi, mâles et femelles peuvent être aperçus perchés sur la végétation adjacente à divers milieux aquatiques, ou encore en vol, tentant de se dégoter un partenaire!

J’ai souvent lu que, chez les libellules, ce sont les mâles qui sont particulièrement territoriaux. Toutefois, Paulson (2011) précise que Madame agrion vertical n’aime guère partager ses lieux de ponte. Cette dernière chasserait à la fois femelles et mâles de son territoire privilégié en adoptant une posture bien particulière : abdomen recourbé vers le bas et ailes battant incessamment. Tout intrus sera averti!

Ischnura verticalis 4
Autre mâle observé plus tôt, en 2014. Il venait lui aussi de capturer une proie.

Il semble également que les femelles I. verticalis soient plus enclines que les mâles à dévorer des membres de leur propre espèce. C’est qu’elles sont peu commodes, ces dames! De façon générale, cependant, à la fois les femelles et les mâles sont gourmands.

En début de chronique, je vous mentionnais que j’avais filmé un membre de cette espèce en train de déguster une proie. C’est alors que je photographiais quelques insectes éparpillés parmi une haie de rosiers que mon attention fut portée sur une délicate libellule voletant entre les branches. Elle se posa afin de commencer à savourer sa proie, qui semblait – de ce que je voyais des « restes » – être une sorte de diptère (mouches et compagnie). La vidéo et les photos que j’ai pu prendre à ce moment accompagnent la présente chronique… et témoignent de la gourmandise de ce délicat, mais vorace arthropode!

Vidéo 1. Mâle agrion vertical qui déguste sa proie. Crounch crounch crounch! Bon appétit!

Pour en savoir plus

 

Quelle forme, ce papillon!

Le joli polygone à taches vertes
Le joli polygone à taches vertes

Je ne pouvais résister à la tentation de faire référence à la fois à la forme particulière et au nom de l’insecte mis en vedette cette semaine : le polygone à taches vertes (Polygonia faunus)! Cet arthropode détient bien son nom, car il semble avoir été savamment ciselé sur mesure.

Il s’agit aussi de l’invertébré-mystère de la semaine dernière, paré pour l’Halloween avec sa somptueuse robe orange et noire. Certains ont deviné qu’il s’agissait bien d’un papillon!

Sortie en août 2017 qui me permit d’observer plusieurs individus
Sortie en août 2017 qui me permit d’observer plusieurs individus
Un des individus croqués sur le vif
Un des individus croqués sur le vif

Notre joli lépidoptère appartient plus précisément à l’illustre famille des Nymphalidae (voir cette chronique), qui regroupe bon nombre de papillons diurnes communs : croissants, morios, belles dames, vulcains, amirals et monarques, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le genre Polygonia se distingue des autres nymphalidés par ses ailes particulièrement dentelées. La face dorsale est vivement colorée d’orange et inclut des teintes de brun et de noir à des degrés variables, selon l’espèce. La face ventrale est flanquée d’un petit motif pâle ressemblant à une virgule. Ce motif, parfois plus apparent chez certaines espèces, a donné son nom au polygone virgule (Polygonia comma), de même qu’au polygone à queue violacée dont le nom scientifique latin réfère à la marque, qui ressemble à un point d’interrogation (Polygonia interrogationis).

Chez le polygone à taches vertes, ce motif est un peu moins arrondi, mais peut tout de même être confondu. Par contre, la zone submarginale (située près de l’extrémité) des ailes est caractérisée par des motifs et taches en forme de zigzag qui sont d’une teinte verdâtre. C’est ce critère qui permet l’identification… et qui a de toute évidence donné son nom au papillon! Cela dit, la face ventrale des ailes est aussi bariolée de brun et de beige, donnant à l’arthropode l’apparence d’une feuille morte. Il s’agit là d’un bon camouflage pour éviter tout prédateur.

Les taches verdâtres près de la bordure des ailes sont caractéristiques
Les taches verdâtres près de la bordure des ailes sont caractéristiques
Ce polygone s’affairait à me lécher les doigts
Ce polygone s’affairait à me lécher les doigts

Le polygone à taches vertes s’observe dans les milieux forestiers semi-ouverts et les clairières, en bordure des routes, de même que le long de sentiers et de cours d’eau. Il n’est donc pas surprenant que j’aie observé bon nombre d’individus lors d’une sortie en canot le long de la rivière Jacques-Cartier à l’été 2017 – il s’agit d’un cours d’eau s’écoulant en milieu forestier mixte. En fait, tous les spécimens pris en photo et en vidéo qui agrémentent la présente chronique ont été rencontrés lors de cette sortie. C’était à la fin du mois d’août et beaucoup de ces papillons voletaient le long des berges de la rivière.

Les individus aperçus appartenaient à la première génération de l’année. Ceux-ci s’activent de la mi-juillet jusqu’à la troisième semaine de septembre. Ils passent ensuite l’hiver sous forme adulte, pour s’envoler à nouveau entre le mois de mai et la mi-juin. La reproduction se déroule au printemps, donnant lieu à la nouvelle génération qui apparaît plus tard en été. Comme ils doivent passer au travers de l’hiver, les adultes ont une durée de vie assez longue qui s’étale sur dix mois.

Les adultes se nourrissent de sève, de miellée et de fruits fermentés. Ils ne viennent pas aux fleurs. Quant à la chenille, elle se retrouve sur plusieurs plantes forestières, dont le bouleau blanc, l’aulne, le saule, le gadellier et le groseillier.

Je n’ai pas eu le loisir de voir des chenilles de cette espèce. Ces dernières possèdent des poils épineux qui dissuadent les doigts curieux de leur toucher! Leur coloration varie du brun jaunâtre au rouge brique et, sur leur tête, on peut noter un W blanc caractéristique. En effectuant mes recherches, j’ai noté qu’il y avait peu de photographies des chenilles de ce papillon sur Bug Guide (ce lien), qui est pourtant habituellement bien garni en clichés. Si certains d’entre vous ont déjà capturé cette espèce de chenille en photo, venez partager vos observations sur la page Facebook DocBébitte. J’aimerais bien voir davantage les caractéristiques de cette belle chenille.

 

Vidéo 1. Ce polygone à taches vertes me lèche les doigts. Peut-être que l’eau de la rivière, mêlée à ma sueur (pas de tout repos, le canot de rivière!), me conférait un « bon goût »!

 

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. Species Polygonia faunus – Green Comma – Hodges#4423. https://bugguide.net/node/view/12875
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.
  • Leboeuf, M. et S. Le Tirant. 2012. Papillons et chenilles du Québec et des Maritimes. 391 p.

Devinette : on se prépare pour l’Halloween!

Le mois d’octobre est déjà bien entamé et petits et grands se préparent à fêter le premier événement marquant cette saison de plus en plus fraîche : l’Halloween!

Dans le monde des insectes, nombreux sont les individus qui arborent un mélange d’orange et de noir (ou brun foncé). Ils semblent tous bien parés pour l’Halloween! Cette semaine, je vous suggère une devinette mettant en vedette un de ces individus. Savez-vous de quel grand groupe d’insectes il s’agit?

Vous pouvez répondre à cette devinette en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte ou encore en inscrivant votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente chronique. L’invertébré-mystère vous sera dévoilé lors de la prochaine publication DocBébitte!

Paré pour l’Halloween… Mais qui est-ce?
Paré pour l’Halloween… Mais qui est-ce?

Plécoptère ou mégaloptère, là est la question!

Plécoptère adulte (famille Perlidae)
Plécoptère adulte (famille Perlidae)

Les photographes d’insectes, qu’ils soient amateurs ou aguerris, abondent et nombreux sont ceux qui aiment partager leurs découvertes, notamment sur la page Facebook Photos d’insectes du Québec.

À quelques reprises cet été, j’ai vu des photographes se demander s’ils avaient capturé sur le vif un adulte mégaloptère ou un plécoptère. Bien que certains mégaloptères se distinguent très bien par leur taille et leurs mandibules gigantesques (corydales cornues), d’autres groupes comme le genre Chauliodes, en particulier, peuvent ressembler à certains plécoptères.

Mégaloptère adulte (Chauliodes pectinicornis)
Mégaloptère adulte (Chauliodes pectinicornis)

Chez les larves et naïades, la distinction s’effectue assez simplement entre les mégaloptères et les plécoptères. J’avais donné quelques conseils d’identification d’insectes aquatiques dans cette chronique. Pour résumer, les naïades de plécoptères sont munies de fourreaux allaires, ont deux griffes par pattes et portent deux longs appendices effilés situés tout au bout de leur abdomen que l’on appelle « cerques ». Les larves de mégaloptères possèdent un corps mou bordé de longs filaments latéraux (des branchies) et leurs pattes comportent deux griffes. Leur abdomen se termine soit par un long filament unique soit par deux fausses pattes munies de deux crochets chacune. Bien qu’ils puissent être confondus avec d’autres groupes (ex. : coléoptères), les formes que prennent les stades aquatiques de mégaloptères et de plécoptères sont fort différentes.

Les mégaloptères et plécoptères adultes, quant à eux, possèdent quelques attributs qui les distinguent. Mais leur silhouette générale se ressemble. Il s’agit dans les deux cas d’organismes d’assez grande taille qui peuvent mesurer quelques centimètres de longueur. Leur corps est souvent brunâtre, alors que leurs ailes sont longues, nervurées et repliées par-dessus l’abdomen.

Lorsque leurs ailes sont refermées, les deux groupes se ressemblent : plécoptère Pteronarcys à gauche et mégaloptère Chauliodes à droite
Lorsque leurs ailes sont refermées, les deux groupes se ressemblent : plécoptère Pteronarcys à gauche et mégaloptère Chauliodes à droite
Plécoptère (genre Pteronarcys) en haut, mégaloptère (chauliode parchemin) en bas
Plécoptère (genre Pteronarcys) en haut, mégaloptère (chauliode parchemin) en bas
Cerques du plécoptère qui se cachent sous les ailes : vue ventrale
Cerques du plécoptère qui se cachent sous les ailes : vue ventrale
Tarse du plécoptère
Tarse du plécoptère

L’adulte plécoptère est, tout comme la naïade, muni de deux cerques logés au bout de son abdomen. Malheureusement, ses longues ailes cachent souvent ces appendices qui servent de critère d’identification. Si vous ne pouvez voir les cerques, tâchez de vous concentrer sur les pattes (conseil aux photographes!). En effet, les tarses des plécoptères adultes comportent 2 à 3 segments, alors que ceux des mégaloptères en comptent 5. Il s’agit ici d’un des critères utilisés par Merritt et Cummins (1996) afin de discriminer les insectes d’origine aquatique.

Un autre critère que j’ai retrouvé dans mes guides porte sur les ailes. Lorsqu’ouvertes, il est facile de voir que les ailes postérieures des plécoptères sont plus larges que leurs ailes antérieures. Cette différence marquée n’existe pas chez les mégaloptères.

Outre ces critères que je pourrais qualifier « d’officiels » (tirés de guides), on peut noter, à l’œil, d’autres différences aidantes. Par exemple, si vous jetez un coup d’œil à mes photos comparatives, vous remarquerez que le thorax (partie située immédiatement après la tête) de notre plécoptère (ici un individu du genre Pteronarcys) est aussi large que la tête. En revanche, le thorax du chauliode parchemin (Chauliodes pectinicornis) est plus étroit que la tête et de forme légèrement plus allongée. Je ne vous dirai pas que ce critère fonctionne de façon absolue pour toutes les familles de plécoptères et de mégaloptères, mais il donne un petit coup de pouce pour les groupes qui se ressemblent beaucoup (plécoptères Perlidae/Pteronarcyidae versus mégaloptères Chauliodes). En cas de doute, recherchez les cerques ou regardez les tarses et les ailes!

Tarse du mégaloptère
Tarse du mégaloptère

J’aimerais vous dire « à vos appareils photo », mais la saison des insectes tire à sa fin. J’espère néanmoins que ces quelques conseils vous seront utiles lors de la prochaine saison estivale. Vous saurez alors quels angles utiliser et quels organes photographier pour vous permettre d’identifier vos spécimens. Si vous êtes comme moi, ce ne sont pas les angles et le nombre de clichés qui manqueront!

 

PS – Pour ceux d’entre vous qui cherchent des conseils supplémentaires pour distinguer les deux espèces de chauliodes que nous avons au Québec, vous pouvez aussi consulter cette chronique.

 

Pour en savoir plus

  • Borror, D.J. et R.E. White. 1970. Peterson Field Guides – Insects. 404 p.
  • Bug Guide. Order Megaloptera – Alderflies, Dobsonflies, and Fishflies. https://bugguide.net/node/view/233428
  • Bug Guide. Order Plecoptera – Stoneflies. https://bugguide.net/node/view/76
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.