Vous êtes plusieurs à me parler de mes nouvelles bandes dessinées et cela me fait très plaisir!
Je suis donc ravie de vous présenter une troisième série, cette fois consacrée aux interactions cocasses de la vie de couple : Coin couple!
Parce qu’aimer les insectes, ça se fait encore mieux à deux!
Aujourd’hui, place à une histoire vraie!
Lors d’une de mes premières rencontres avec mon conjoint, Alexandre, nous avons opté pour une randonnée dans le Parc national de la Vallée de la Jacques-Cartier. Une magnifique journée estivale ensoleillée… et peuplée de mouches noires particulièrement enthousiastes!
Apparemment, j’étais, ce jour-là, un buffet fort apprécié. Morsures, démangeaisons et enflures étaient au rendez-vous, comme le témoigne cette chronique immortalisant ce fameux moment :
On entend beaucoup parler des crustacés en milieu marin. Pourtant, saviez-vous qu’on en rencontre également en bon nombre dans les milieux d’eau douce?
Beaucoup des amphipodes rencontrés sont communément appelés « gammares », sans doute parce que l’une des familles les plus populaires de cet ordre d’invertébrés s’appelle Gammaridae. Dans les eaux douces de surface (rivières, lacs et fleuve) du Québec, on retrouve en réalité trois familles : Gammaridae, Crangonyctidae et Hyalellidae.
J’ai fait leur connaissance lors de mes études portant sur les macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec – soit les organismes sans vertèbres retrouvés au fond des lacs et des rivières, tels les sangsues, crustacés et insectes. Pas besoin d’aller dans les Maritimes pour les croiser, donc, contrairement à beaucoup de macroinvertébrés marins.
Les gammares ressemblent grossièrement à de petites crevettes aplaties latéralement. Ils mesurent entre 5 mm et 20 mm et sont généralement de couleur crème, brune ou verdâtre.
Ils possèdent deux antennes et de nombreuses paires de pattes. Lorsque je me suis renseignée sur leur morphologie, j’ai remarqué que Voshell (2002) identifiait sept paires de pattes, alors que Thorp et Covich (2001) en considéraient cinq. Cette confusion semble liée à la multiplicité des pattes dont la forme et la fonction sont variées. En réalité, on dénombre encore plus d’appendices, qui ont chacun leur utilité : ils servent à saisir (gnathopodes), à marcher (périopodes), à nager (pléopodes) et à manœuvrer, tels des gouvernails (uropodes).
On voit bien les différents types de pattes.
Ils sont munis de branchies, alimentées en eau oxygénée par le mouvement constant des pléopodes, et de mandibules pour se nourrir (et mordre, comme nous le verrons plus tard!).
Ce sont des omnivores opportunistes et ils se délectent de matières végétales et animales, mortes ou vives. Ils broutent aussi les algues qui poussent, par exemple, à la périphérie des roches et sur les plantes aquatiques, de même que les champignons microscopiques et les bactéries qui s’y développent. Même le cannibalisme serait relativement commun chez ces organismes, selon Thorp et Covich (2001).
Ce gammare tourne autour d’un escargot: il aimerait bien le dévorer!
J’ai fait l’expérience de leur gloutonnerie lors d’un périple au parc du Bic, alors que j’en observais dans les mares délaissées par le retrait de la marée. Ils semblaient affamés. La marée ne se rendait plus à leur niveau depuis quelques jours et ils étaient prisonniers de leur mare.
C’est en plongeant mes mains dans leur habitat, pour les filmer sous l’eau, que j’ai fait la découverte de leur voracité. Ils se sont rapidement attaqués à mes doigts, tentant de les croquer! Ouch, ça pince!
Visionnez la vidéo associée à la présente chronique pour voir le tout!
En examinant mes vidéos par la suite, j’ai aussi constaté que bon nombre d’entre eux étaient actifs, grugeant les algues le long des roches ou s’attaquant aux escargots avec lesquels ils partageaient leur « prison ».
Autre observation : nous avons remarqué, mon conjoint et moi, que les gammares étaient particulièrement actifs le soir. Ils formaient littéralement des amas d’individus qui se dispersaient sous les faisceaux de nos lampes frontales. Ce comportement est connu et se nomme phototaxie négative : les gammares n’aiment pas la lumière vive et tendent à la fuir. Cela explique entre autres pourquoi que, lorsqu’on soulève des roches pour dénicher des gammares, ceux-ci se précipitent avec hâte sous une autre roche adjacente.
Les mâles s’agrippent aux femelles jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à se reproduire.
Malgré leur humeur parfois mordante, les gammares constituent des organismes utiles. Ils se nourrissent notamment de matière en décomposition et contribuent ainsi à son recyclage dans l’environnement.
Ils figurent aussi au menu d’autres organismes, dont les poissons, les grenouilles et les oiseaux de rivage. Ils contribuent donc à soutenir les chaînes alimentaires aquatiques et terrestres.
De plus, ils sont utilisés comme bioindicateurs en cours d’eau. Leur niveau de tolérance à la pollution varie, selon la famille, de moyennement à très tolérant (MDDEFP 2013).
Vous voulez aller à leur découverte? Inspectez les mares le long du fleuve Saint-Laurent et de son estuaire à marée basse : ils sont omniprésents! Vous pouvez aussi faire comme moi et revirer des roches dans les rivières ou en bordure de lacs. Ils y habitent également.
Faites seulement attention à vos doigts : ils pourraient être victimes de leur gloutonnerie!
Desroches, J.-F. et Tanguay, M. 2025. Les invertébrés du Québec et leurs noms français. En collaboration avec l’Office québécois de la langue française. Québec. 518 p. Disponible en ligne: https://www.eliso.ca/invertebresduquebec
Hauer, F.R., et G.A. Lamberti. 2007. Methods in stream ecology. 877 p.
En cette période de festivités, je tenais à vous remercier d’être là, curieux et enthousiastes face au monde minuscule qui nous entoure.
Chaque insecte, chaque invertébré a une histoire fascinante… et vous me donnez le plaisir de les partager.
Que votre temps des Fêtes soit rempli de joie, d’étonnement et, pourquoi pas, d’une petite rencontre inattendue avec une créature à six (ou huit) pattes!
À très bientôt pour d’autres découvertes!
Joyeuses fêtes!
– DocBébitte… et son conjoint Alexandre, à qui tout le crédit revient pour la création de la BD de Noël qui accompagne ce billet!
Le conjoint de DocBébitte était inspiré: quel beau cadeau pour terminer 2025!
Vous cherchez une idée de cadeau à saveur entomologique à offrir… ou vous avez simplement envie de vous gâter?
J’ai ce qu’il vous faut!
Je vous présente ma toute nouvelle vidéo où je propose six livres coup de cœur : certains pour apprendre, d’autres pour s’émerveiller et se divertir. Tous parfaits pour nourrir notre passion des petites bêtes!
Envie d’encore plus d’idées?
J’ai puisé dans mes archives pour vous rassembler davantage de chroniques et de capsules vidéo qui regorgent de suggestions captivantes sur les insectes et autres invertébrés, dont les araignées :
Le temps des Fêtes approche, et avec lui revient une petite tradition de DocBébitte : le tirage du calendrier annuel 2026!
Chaque mois y met en vedette un invertébré différent, pour garder un brin de nature et de curiosité tout au long de l’année. Et, comme par le passé, mon calendrier est inédit et n’est pas en vente : je le réserve à quelques privilégiés… dont peut-être vous!
Vous voulez gagner votre exemplaire de ce calendrier beau en bébitte?
Voici comment participer :
Vous devez posséder une adresse postale au Québec, où je pourrai vous envoyer ledit calendrier*;
Pour vous inscrire, écrivez-moi à DocBebitte@Outlook.fr en indiquant que vous souhaitez participer au tirage du calendrier 2026;
Veuillez vous inscrire avant le vendredi 12 décembre 2025 à 23h59.
Le tirage aura lieu dans les jours suivant la date limite d’inscription.
Cette petite tradition de fin d’année est pour moi une façon de vous dire merci d’être là, de lire, de partager et de nourrir avec moi cette passion pour les petites bêtes de ce monde.
Je vous souhaite un merveilleux temps des Fêtes rempli de petites découvertes naturelles!
Caroline, alias DocBébitte
*Veuillez noter que je me dégage de toute responsabilité liée à un bris lors du transport par Postes Canada. Merci pour votre compréhension.
Recto et verso du calendrier DocBébitte 2026. Une tradition qui se répète!