Moustiques et coronavirus : qu’avons-nous à craindre?

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Moustique qui se bourre la panse à mes dépens

Les insectes piqueurs transmettent-ils le coronavirus (COVID-19)?

Il s’agit d’une interrogation que vous avez sous doute entendue à de multiples reprises au courant des dernières semaines.

Qu’en est-il?

Le World Health Organization (WHO) a publié une page concernant les mythes préconçus au sujet du coronavirus. Au moment de la rédaction du présent billet, la page anglophone était plus complète que la page francophone et offrait une réponse à la question « le nouveau coronavirus peut-il être transmis par les moustiques? ».

La réponse? Non… et nous verrons pourquoi!

Tout d’abord, le WHO précise qu’il n’y a, à ce jour, aucune évidence qui suggère que le coronavirus peut être transmis par les moustiques. Il répète que le virus se répand par les gouttelettes produites lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue, par les gouttelettes de salive ou encore par le mucus nasal.

Je lisais aussi, parmi l’un des billets partagés sur la page Facebook du Scientifique en chef du Québec (voir cet article) que non seulement plusieurs études ont établi que la COVID-19 se transmet par les gouttelettes, mais que c’est le contact avec des surfaces touchées par les gens malades qui constitue la principale source de contagion.

Mais revenons à nos moustiques!

En farfouillant sur l’Internet à la recherche d’explications supplémentaires, je suis tombée sur cette publication de l’Entente interdépartementale de démoustication (EID Méditerranée), qui précise que, pour qu’un pathogène puisse être transmis par un moustique, il doit pouvoir résister au processus de digestion réalisé dans l’estomac de ce dernier. Le pathogène qui survit à ce transit a le potentiel d’infecter ensuite les cellules du moustique, d’atteindre ses glandes salivaires, puis d’être transmis par sa salive. Tout un cycle pour lequel le pathogène fructueux a dû prendre des milliers d’années pour s’adapter. L’EID indique qu’un tel succès est, en fait, extrêmement rare – et cite des maladies comme les hépatites et le VIH qui n’ont pas du tout su s’adapter.

Bref, notre coronavirus se retrouverait tout simplement digéré dans l’estomac des moustiques.

Conclusion? Il ne faut pas s’en faire au sujet des moustiques pour ce qui est du coronavirus (noter cependant que le moustique peut être vecteur d’autres maladies).

Il importe bien plus de se laver les mains régulièrement (l’eau et le savon sont privilégiés – voir ce billet du Pharmachien) et d’éviter de s’exposer inutilement dans des endroits publics que de craindre les insectes piqueurs.

Les moustiques, eux, sauront attendre le moment où nous sortirons de notre confinement pour aller prendre un peu d’air!

Pour en savoir plus

 

 

Les « bébittes » du pêcheur

Êtes-vous déjà allés à la pêche?

Avez-vous remarqué à quoi ressemblait l’appât que vous utilisiez?

Il s’agissait sans doute d’une imitation d’un poisson ou d’un invertébré.

En effet, un bon moyen pour capturer une prise digne d’un trophée est d’utiliser un leurre qui ressemble aux organismes dont elle se nourrit habituellement. Rien de plus alléchant!

C’est un lecteur de DocBébitte qui m’a donné envie d’explorer ce domaine. Ce dernier me demandait si j’avais quelques photos de larves de chironomes (voir cette chronique), mais également d’autres organismes d’origine aquatique retrouvés au Québec qui pouvaient lui servir d’inspiration dans la fabrication de leurres.

Aussi, je m’amusais dans la dernière chronique (ici) à vous faire deviner quelques imitations d’invertébrés que je retrouvais moi-même dans mon coffre à pêche. Bref, les échanges m’avaient vraisemblablement inspirée!

L’intérêt des invertébrés aquatiques pour la pêche

Les invertébrés aquatiques représentent un intérêt certain pour le pêcheur, puisqu’ils font partie du milieu où évoluent les poissons. Les adultes de ces mêmes espèces ont aussi un cycle de vie qui les amène près des milieux aquatiques. C’est le cas par exemple des éphémères, des trichoptères et des libellules : les adultes iront se reproduire et pondre près de la surface de l’eau… là où des poissons les attendent impatiemment! Si un individu a le malheur de s’aventurer trop près de la surface de l’eau ou encore d’y tomber, c’en est fini pour lui!

Bref, quand on parle de « pêche à la mouche », on fait référence au leurre qui ressemble à une mouche ou à un insecte ailé quelconque. Souvent, ledit leurre cherche à imiter les insectes rencontrés près de la surface de l’eau comme les éphémères et les trichoptères adultes.

D’autres appâts, sans doute moins connus, prennent l’apparence des invertébrés œuvrant sous l’eau. Dans le billet de la semaine dernière, je présentais une photographie de quelques leurres que j’avais gardés dans mon coffre à pêche et qui représentent de tels organismes. Y étaient inclus des insectes terrestres qui peuvent parfois s’aventurer trop près de la surface de l’eau. Aviez-vous reconnu certains d’entre eux? Notamment une écrevisse, un ver de terre, une naïade de libellule (vivant sous l’eau) et de multiples imitations d’insectes ailés, tels les trichoptères, éphémères et autres que je ne saurai identifier exactement!

Ma récente incursion dans ce domaine m’a également appris que plusieurs pêcheurs fabriquent eux-mêmes leurs leurres, dont certains imitent de toutes petites créatures aquatiques comme les larves de chironomes. C’est le cas du lecteur qui m’a écrit sur le sujet; vous pourrez voir certaines de ses photos (et propres chefs-d’œuvre) qui accompagnent la présente chronique. Fascinant, n’est-ce pas?

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Quelques leurres fabriqués à la main – qu’y reconnaissez-vous?
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Autres leurres fabriqués à la main

Chaque leurre en son temps!

Vous pensiez que la pêche nécessitait simplement de lancer n’importe quel appât à l’eau peu importe le moment? Détrompez-vous!

En effet, comme les invertébrés aquatiques ont un cycle de vie les amenant à être plus ou moins abondants à certaines périodes de l’année, il est d’intérêt pour le pêcheur d’utiliser le bon leurre à la bonne période. Il en est de même pour le stade de vie (larve/nymphe vivant sous l’eau contre l’adulte ailé), qui ne se rencontre pas en tout temps de l’année.

Dans les ressources citées ci-dessous, vous pourrez visionner des vidéos d’un pêcheur aguerri (Brian Chan), qui nous présente une vaste palette d’imitations d’invertébrés (cette vidéo), tout en nous indiquant les meilleurs moments de l’année pour utiliser un leurre plutôt qu’un autre.

On y retrouve aussi un épisode de pêche d’une durée de 24 minutes (Phil Rowley on fishing a new lake) où le spécialiste nous indique notamment comment collecter des invertébrés en rive, ainsi que dans l’estomac des poissons capturés pour mieux identifier les leurres à utiliser selon la période de l’année. Une émission de pêche fort instructive que plusieurs d’entre vous apprécieront sans aucun doute!

Quelques ressources pour les curieux!

Comme je n’ai pas la prétention d’être une experte pêcheuse, je souhaitais compléter la présente chronique avec quelques ressources pour ceux d’entre vous qui utilisent ou fabriquent des appâts à poisson… Ou pour les entomologistes curieux comme moi!

Dans les éléments présentés ci-dessous, j’ai choisi de me concentrer davantage sur les organismes pouvant être rencontrés dans les écosystèmes lacustres et d’eau plutôt stagnante (lacs, élargissements du fleuve et étangs), question de répondre aux interrogations récemment reçues.

N’oubliez pas de vous rendre au bout de la chronique : quelques photos et vidéos supplémentaires vous y attendent!

1) Produits DocBébitte déjà existants (invertébrés retrouvés au Québec) :

2) Quelques sites Internet pertinents :

3) Vidéos et émissions de pêche (ailleurs au Canada) :

  • Phil Rowley on Fishing A New lake. Émission vidéo présentant des astuces pour bien choisir son secteur de pêche ainsi que ses leurres (incluant l’échantillonnage d’invertébrés): https://youtu.be/sYhumUOD4M8
  • Brian Chan. Vidéo expliquant les leurres à utiliser en fonction d’une connaissance des moments d’émergences ou de prolifération d’invertébrés divers : https://youtu.be/pHVfoRdQGxQ
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation des chironomes comme leurres (incluant cycle de vie, locomotion, etc.) : https://www.youtube.com/watch?v=cXSEyvkqORQ
  • Brian Chan. Vidéo portant sur l’utilisation des sangsues comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=MKL17Tupn68
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation d’amphipodes (crustacés d’eau douce) comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=eDvt4SjYcIA
  • Brian Chan : plusieurs autres vidéos disponibles! Je vous conseille de faire davantage de recherches en utilisant le terme « Brian Chan » et « fly fishing » selon les invertébrés qui vous intéressent!

4) Guides et clés d’identification d’invertébrés aquatiques d’Amérique du Nord

  • Hutchinson, R. et B. Ménard. 2016. Naïades et exuvies des libellules du Québec: clé de détermination des genres. 71 pages.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.

Galerie photo et vidéo d’invertébrés aquatiques du Québec

Enfin, vous trouverez ci-dessous une galerie photo et vidéo en complément aux ouvrages préalablement cités, qui présente quelques spécimens couramment rencontrés au Québec!

Il importe de souligner que ces ressources – incluant mes propres chroniques et photographies – sont loin d’être exhaustives! En outre, j’aurai certainement l’occasion de vous parler de nouvelles espèces lors de prochaines chroniques!

Si entretemps vous avez d’autres sources à suggérer ou des propositions de sujets connexes, n’hésitez pas à me le signaler!

Galerie vidéo

Vidéo 1. Sangsue observée au lac Cromwell (Station de biologie des Laurentides, Saint-Hippolyte, Québec).

Vidéo 2. Chironomes rouges en déplacement dans un petit plat.

Vidéo 3. Corise (Corixidae). Cet hémiptère aquatique fait partie des espèces retrouvées dans le contenu stomacal de certains poissons, comme le témoigne l’émission de pêche susmentionnée de Phil Rowley.

Vidéo 4. Lors d’une partie de pêche avec mon père, nous avons observé cette dolomède (voir cet article) se mouvoir à la surface de l’eau. Mon père s’est amusé à lancer son appât à proximité. Peut-être existe-t-il des leurres en l’honneur de cette gigantesque araignée d’eau qui doit sans doute attirer des poissons gourmands?

 

Galerie photo (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Corise (Corixidae), vue dorsale
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Corise (Corixidae), vue ventrale
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Vélie (Veliidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)
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Amphipode capturé dans une mare d’eau à marée basse dans le fleuve Saint-Laurent (Québec, Qc)
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Aselle (Asellidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)
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Naïade d’éphémère, lac Bonny (Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Qc)
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Naïade de libellule, lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)
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Naïade de gomphe (Gomphidae; libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)
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Naïade de Macromiidae (libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)
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Naïade de demoiselle, lac Geai (Saint-Hippolyte, Qc)
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Larve de chironome

 

Des insectes dans ma bouffe : du déjà vu!

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Qui se cache dans ma framboise?

Je vous ai parlé à quelques reprises de ces arthropodes que nous mangeons par inadvertance chaque année :

Il semble en effet que ces petites bêtes que nous aimons tant se retrouvent fréquemment dans nos assiettes. C’est donc sans surprise que je me retrouve avec une autre anecdote « entomoculinaire » à vous relater!

Pendant les fêtes, je me suis amusée à cuisiner un dessert qui contenait bonne quantité de framboises. N’ayant pas utilisé tous les fruits achetés dans ma recette, je décidai de les partager lors d’un goûter en bonne compagnie. En jetant un regard à une framboise, je notai une irrégularité en son centre, comme s’il y avait un objet qui s’y cachait. En regardant de plus près, je vis ce qui ressemblait à une chenille. Eurêka! Une bête en hiver, juste pour moi!

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Vue sur la larve de diptère

En manipulant davantage le fruit, la bête se réveilla et s’activa… pour me faire réaliser qu’il ne s’agissait pas d’une chenille, mais plutôt d’une larve de diptère (ordre Diptera, comprenant les mouches, moustiques et autres arthropodes de ce type).

J’ai mis la main sur une clé qui me permettra – j’espère bien – d’identifier la larve à un niveau plus précis que l’ordre. Entre temps, je vous partage ma trouvaille que vous pourrez apprécier dans les vidéos ci-dessous.

Une autre observation qui donne envie de jeter un coup d’œil à ses fruits avant de les gober tout rond! Bon appétit!

Vidéo 1. Larve de diptère qui se cachait au centre d’une framboise achetée à l’épicerie.

Vidéo 2. Larve observée de plus près alors qu’elle se déplace.

DocBébitte en bref : voraces mouches noires!

Avant de publier le prochain billet DocBébitte déjà prévu à la programmation, je voulais vous relater un événement qui vient de se produire!

Lorsque je travaille sur mon blogue, je suis toujours curieuse de voir quelles sont les chroniques qui s’avèrent les plus consultées. Depuis quelques semaines, la chronique « Petites mouches, grosses piqûres » figure en tête de palmarès. Il faut croire que les attaques répétées de mouches piqueuses à ce temps-ci de l’année font bien des victimes!

Cela dit, j’ai eu le plaisir hier d’aller faire une sympathique randonnée à la Vallée du parc de la Jacques-Cartier. Bien que l’événement en tant que tel fut fort agréable, nous fûmes néanmoins assaillis par des hordes d’insectes piqueurs : mouches noires (Simuliidae), maringouins (Culicidae) et mouches à chevreuil (Tabanidae). Le verdict final? Mouches noires : 1, DocBébitte : 0!

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Piqûres de simulie près de l’œil, hier et aujourd’hui

Dans la chronique susmentionnée, j’avais parlé de ma réaction allergique assez forte à la piqûre de ces bêtes – surtout les mouches noires. Lors de ma randonnée d’hier, je fus piquée au visage, notamment au-dessus d’un œil. L’intensité de ma réaction – d’ailleurs toujours très présente aujourd’hui – me donne envie de vous partager cette dernière à l’aide de quelques photographies. Le contour supérieur de mon œil situé près de la piqûre est en effet très enflé. On dirait presque un œil au beurre noir!

Une piqûre sur le bras que j’ai documentée hier, alors que la mouche était en train de se gaver de mon sang, et quelques autres au cou et aux oreilles s’avèrent presque aussi spectaculaires!

Ce ne sont pas tous les gens qui réagissent de façon égale aux insectes piqueurs. Si le cœur vous en dit, je vous invite à partager vos expériences en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte (vous pourrez même y ajouter vos photos!) ou encore en écrivant dans la section « Commentaires » de la présente chronique.

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Piqûre de simulie sur le bras, hier et aujourd’hui

Incursion chez les invertébrés de nos lacs

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Naïade de demoiselle Coenagrionidae

C’est déjà bien établi : j’ai un faible pour les invertébrés aquatiques. Je vous ai souvent parlé d’invertébrés collectés dans des rivières et ruisseaux ou encore ceux retrouvés dans l’étang à poissons que je possédais. Un milieu que j’avais moins exploré en matière de faune invertébrée est celui des lacs. Cependant, au courant des dernières années, j’ai eu la chance de séjourner à quelques reprises sur le bord de jolis lacs québécois. Comme vous pouvez vous en douter, j’en profitai pour recenser la faune locale!

Sur la page Facebook DocBébitte, je vous avais diffusé il y a un peu plus d’une semaine une vidéo d’organismes collectés en donnant quelques coups de filet en zone littorale d’un lac (voir la vidéo 1 ci-dessous). Je vous suggérais de garder l’œil ouvert pour identifier tout ce que vous pouviez y voir, que ce soit furtivement ou en premier plan. Dans cette vidéo, on retrouvait plusieurs bons représentants de la vie sur le littoral d’un lac. Qui sont-ils?

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Asellidae, un isopode aquatique

Commençons par les deux taxons les plus visibles : un isopode aquatique (famille Asellidae) et une naïade de demoiselle (sous-ordre Zygoptera).

Les aselles sont des cousins de nos cloportes terrestres qui sont tous des isopodes (ordre Isopoda). Saviez-vous qu’il s’agit de crustacés? Faciles à reconnaitre, ils sont de forme aplatie et munis de sept paires de pattes. Ils arborent des teintes de brun, gris ou noirâtre. Leur taille varie de 5 à 20 mm; ils sont assez gros pour les remarquer à l’œil nu. On les retrouve dans une vaste palette d’habitats aquatiques, incluant les zones peu profondes des lacs. Si le substrat est composé de petites cachettes où se planquer, ils y seront! C’est d’ailleurs le cas de la zone du lac que j’ai échantillonnée : elle était constituée de touffes abondantes de plantes submergées offrant un habitat à plus d’une espèce d’invertébrés!

C’est aussi dans cet habitat que je retrouvai la plupart des autres individus, y compris des naïades de libellules zygoptères appartenant à la famille Coenagrionidae. Une très vaste partie des demoiselles bleues adultes que l’on peut apercevoir près des points d’eau ou dans nos jardins font partie de cette grande famille d’odonates. Voshell (2002) indique qu’il s’agit d’un groupe très souvent recueilli lors de collectes d’invertébrés en bordure de lacs, marais et étangs, en particulier là où les plantes et débris sont abondants.

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Végétation aquatique dans laquelle j’ai échantillonné

Outre ces deux groupes, avez-vous été capables d’observer les autres organismes, plus furtifs, dans la vidéo 1? On y aperçoit des mites d’eau (Hydracarina; voir cette chronique) qui dévalent rapidement telles de grosses boules brun-rougeâtre, de même qu’un tout petit zooplancton que je ne parviens pas à identifier tellement il passe vite en arrière-plan (copépode ou cladocère, là est la question!). Un gammare (ordre Amphipoda), sorte de crustacé latéralement aplati, passe, tel un éclair, et disparaît dans les débris. Plus en avant plan, en regardant en ligne droite sous la naïade de zygoptère, on peut voir à plusieurs reprises une larve de chironome qui se fraie un chemin à travers les débris (gardez l’œil ouvert sur ce qui ressemble à une toute petite chenille de couleur pâle).

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Trio de coléoptères aquatiques : haliple, dytique et gyrin (de gauche à droite)

Les autres coups de filet que je donnai me permirent d’observer d’autres individus représentatifs du littoral d’un lac. À titre d’exemple, je mis la main sur plusieurs petits coléoptères aquatiques : dytiques (Dytiscidae), gyrins (Gyrinidae) et haliples (Haliplidae).

Les haliples sont connus sous le nom de « aquatic crawling beetles »; contrairement aux dytiques et gyrins, leur mode de locomotion par prédilection implique de grimper et de ramper sur la végétation aquatique, plutôt que de nager dans ou sur l’eau. Voshell (2002) ajoute que les adultes ne sont pas de très bons nageurs. Ce n’est donc pas surprenant que j’aie mis la main sur un individu en arpentant les touffes de végétation parsemées en bordure de lac.

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Petite écrevisse

En revanche, les dytiques et les gyrins se déplacent beaucoup plus aisément dans l’eau. Je vous ai déjà parlé des prouesses des dytiques dans cette précédente chronique. Ces derniers constituent presque la moitié des espèces de coléoptères que l’on recense en milieu aquatique. Il s’agit d’un groupe très diversifié et omniprésent. Pas étonnant que j’en ai observé!

Les gyrins sont, eux aussi, très présents dans nos milieux d’eau douce. Comme ils se tiennent principalement en grands groupes à la surface d’eaux calmes, ils sont faciles à observer. En anglais, on les appelle « Whirling beetles », ce qui fait référence à leur mode de locomotion : ils tourbillonnent à droite, puis à gauche… De quoi à donner le mal des transports, quoi!

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Escargot aquatique

Je pus également mettre la main sur un insecte fouisseur en donnant des coups de filet dans le sable. Une naïade d’éphémère m’y attendait! Contrairement à la majorité des autres organismes que j’ai capturé dans les plantes et débris, cet éphémère se creuse des tunnels dans le substrat mou et vit à l’abri des regards. D’ailleurs, la morphologie de ces éphémères diffère de leurs confrères : leur corps est cylindrique, alors que leur tête et leurs pattes sont modifiées de sorte à faciliter le creusage du sol. De plus, ils sont munis de défenses! Les individus se construisent un tunnel en forme de U qui peut s’enfoncer jusqu’à 13 cm de profondeur. Ces naïades sont connues de certains pêcheurs qui fabriquent des leurres à poisson à leur effigie.

En plus de tous ces fabuleux spécimens, quelques organismes – souvent mieux connus de la population en général – étaient présents : écrevisses, sangsues, escargots et moules d’eau douce!

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L’étrange vers planaire

Enfin, un groupe d’invertébrés nettement plus obscur était aussi compris dans mes échantillons : il s’agit des vers plats ou vers planaires (Classe Turbellaria). Beaucoup de membres de ce groupe peuvent être observés en zones peu profondes de milieux calmes, préférentiellement sur des substrats solides comme des cailloux et roches. Certaines espèces peuvent également se retrouver sur des plantes et détritus variés. Il s’agit d’un taxon particulier et peu connu qui, comme plusieurs des organismes présentés dans le présent billet, m’inspireront sans aucun doute d’autres chroniques!

Histoire à suivre!

Vidéo 1. La naïade de demoiselle et l’aselle sont bien évidents en avant-plan, mais saurez-vous trouver les autres invertébrés qui se cachent dans cette vidéo?

Vidéo 2. Naïade d’éphémère fouisseur de la famille Ephemeridae.

Vidéo 3. Étrange vers planaire, accompagné de quelques mites d’eau en déplacement.

Vidéo 4. Autre naïade de demoiselle Coenagrionidae se déplaçant au fond du lac, après que je l’y ai remise.

Pour en savoir plus

  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.