Depuis que je prépare des vidéos avec montage, j’ai commencé à prendre beaucoup de photos et de vidéos de mes différentes escapades dans l’espoir de vous concocter des capsules « Série Voyages ».
J’ai jusqu’à maintenant amassé beaucoup plus de matériel que je n’ai eu de temps pour vous le partager!
Qu’à cela ne tienne, lentement, mais sûrement, vous verrez passer des capsules de voyages ou de petites escapades!
Place à l’une d’entre elles : ma première (ou presque!) expérience de canot-camping! Qui, de surcroit, a été réalisée dans un très bel endroit : le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, au Québec.
Vous y verrez les lieux de camping (camping de l’Équerre), nous suivrez, mes deux acolytes et moi, dans une randonnée en montagne (Chute du Ruisseau Blanc et Point de vue des Géants), puis ferez avec nous l’aller et le retour, de 8 km chacun, en canot et en kayak.
Bien sûr, vous pourrez y observer de nombreux animaux… dont mes préférés : des insectes d’origine aquatique!
Je tiens à remercier mon conjoint Alexandre, ainsi que Jean-Isaac Blais-Roy d’avoir accepté de figurer dans la capsule vidéo.
Merci également à Jean-François Desroches pour l’identification des poissons!
Suivez moi et mes deux acolytes dans cette escapade en canot-camping!
Les insectes aquatiques sont partout autour de nous. Pourtant, ils sont méconnus.
Si vous me connaissez, vous savez que j’adore ces bêtes !
C’est donc avec plaisir que je vous offre cette conférence, où je vous ferai découvrir toutes sortes de faits fascinants sur les insectes et autres invertébrés habitant nos lacs, rivières et étangs :
Sortez tambours et trompettes, nous avons un gagnant !
Vous aviez la lourde tâche cette année de choisir parmi 23 superbes clichés d’invertébrés. Et c’est l’un des clichés de monsieur Luc Pouliot – un candidat habitué du concours amical de photographie – qui a remporté la première place : la belle mouche vert métallique du genre Condylostylus !
Félicitations à Luc Pouliot qui a remporté le concours amical 2022 avec cette photo !
Mention honorable à Manon Tremblay pour cette belle argiope jaune et noire (Argiope aurantia).
Chose promise, chose due, ladite photo est mise en vedette dans la présente chronique et je m’affairerai à vous parler dans quelques instants de cet insecte coloré !
Or, avant de commencer, j’aimerais chaleureusement remercier tous les participants qui nous ont fait voir de beaux invertébrés que l’on peut retrouver au Québec.
En particulier, j’offre une mention honorable pour la photographie « Argiope aurantia » de Manon Tremblay, qui s’est hissée sur la seconde marche du podium. La belle et grosse araignée jaune et noire en aura charmé plus d’un !
La mouche du genre Condylostylus
Sur la photographie gagnante de Luc Pouliot, on peut apprécier de très près une sorte de mouche dont je n’ai pas encore eu la chance de vous parler. Ça tombe bien, moi qui aime apprendre sur de nouveaux organismes !
J’ai donc farfouillé dans mes ouvrages entomologiques et plusieurs sites Internet pour pourvoir en écrire davantage sur le sujet. Je vous partage mes apprentissages !
Tout d’abord, le spécimen croqué sur le vif appartient à la famille Dolichopodidae, une famille de mouches prédatrices. Appelées long-legged flies en anglais (mouches à grandes pattes), leur corps est en effet soutenu par des pattes plutôt longues et effilées, comme on le voit si bien sur la photo gagnante.
Cette famille est composée d’individus relativement petits, mesurant généralement moins de 5 mm, mais pouvant néanmoins atteindre jusqu’à 9 mm. En Amérique du Nord, au nord du Mexique, on retrouve environ 1300 espèces, dont quelque 35 qui appartiennent au genre Condylostylus.
Les espèces du genre Condylostylus sont celles qui sont les plus communément observées, probablement à cause de leur propension à se promener, lors de journées chaudes et ensoleillées, sur le feuillage des plantes de nos jardins ou des sentiers que l’on emprunte. On peut également les observer dans des milieux plus humides, comme les abords de plans d’eau et les boisés humides. D’ailleurs, les larves des dolichopodides évoluent dans ce type de milieu : sol humide, végétation en décomposition, sous l’écorce des arbres ou même en milieu aquatique.
Généralement de couleur métallique, nos mouches Condylostylus arborent fièrement le vert, le bronze ou le bleuté. Normandin (2020) précise que les individus de ce genre se distinguent légèrement d’autres espèces de dolichopodides justement par leur iridescence métallique plus prononcée. Ça leur donne un charme certain, si on se fie à la photographie mise en vedette cette semaine !
Fait intéressant, les adultes se nourrissent de petits invertébrés, nommément des collemboles, des acariens, des pucerons et divers petits insectes. Pour ce faire, ils sont munis de pièces buccales qui percent la chair de leurs proies – une sorte de courte trompe (proboscis). Les larves aussi sont prédatrices et se nourrissent d’autres petits invertébrés. Ce comportement alimentaire fait que les individus du genre Condylostylus peuvent être considérés comme des alliés dans nos jardins !
Si vous n’avez pas encore rencontré cet arthropode, examinez le feuillage des plantes vers la fin du printemps et au travers de l’été. La mouche Condylostylus est très largement répandue en Amérique du Nord et considérée, dans les sources que j’ai consultées, comme ubiquiste.
Quoique très communes, ces mouches demeurent assez furtives pour le photographe en herbe. Agiles et rapides, il est difficile de les croquer sur le vif… On s’apprête à cliquer et… pouf ! Elles sont déjà disparues ! J’ai d’ailleurs beaucoup de photos floues de cette famille, hélas! Chapeau à Luc Pouliot qui a sans doute usé de patience pour réussir son cliché !
Bravo encore à Luc Pouliot et merci à tous pour votre participation et votre intérêt ! On se revoit l’an prochain !
Pour en savoir plus
Borror, D.J. et R.E. White. 1970. Peterson Field Guides – Insects. 404 p.
Plus tôt cet été, une lectrice m’a écrit au sujet d’une observation singulière : des chenilles qui réagissent à l’unisson face à des cris et des sons soudains. Elle s’interrogeait sur la nature de cette réaction et son but.
Cette observation, soutenue par des vidéos disponibles sur YouTube, dont celle-cimettant en vedette lalivrée des forêts, a en effet de quoi à surprendre.
Mais pourquoi donc ces chenilles gigotaient-elles de la sorte ?
La livrée des forêts a fait l’objet de la vidéo YouTube mentionnée en début de chronique
J’ai feuilleté mes livres d’entomologie sans trouver de réponse claire…
Pourtant, j’ai découvert en fouillant sur Internet, en particulier dans des articles de périodiques scientifiques, qu’il s’agissait d’une réaction bien connue des chercheurs.
Effectivement, plusieurs articles scientifiques, dont quelques-uns cités dans la section « Pour en savoir plus » ci-dessous, rapportent des réactions de différentes espèces de chenilles – dont la très connue chenille du monarque – à diverses fréquences sonores. Les réactions sont déclenchées par une vaste gamme de sons incluant la voix humaine, la toux, les claquements de main, le trafic autoroutier et les avions.
Les réactions des chenilles à ces sons sont également variées. En plus des chenilles qui « dansent » et se tortillent, certaines peuvent entre autres figer, se laisser tomber au sol, contracter leur corps ou agiter des appendices d’apparence tentaculaires (exemple de l’espèce Furcula borealis).
Mais pourquoi donc afficher de telles réactions ?
Il semble que la réaction des chenilles aux sons subits ne soit rien de moins… qu’une stratégie de défense !
En effet, selon les sources consultées, les fréquences mises en cause concordent à celles produites par des prédateurs et des parasitoïdes aériens, plus particulièrement au son généré par le battement de leurs ailes.
La chenille du monarque peut, elle aussi, réagir aux sons soudains
Si l’on revient aux mouvements brusques mentionnés au début du présent billet, ils auraient donc pour effet de dérouter ou de secouer les invertébrés prédateurs ou parasitoïdes, qui ne seraient pas en mesure de compléter leur besogne. Par exemple, un insecte parasitoïde aura de la difficulté à pondre son œuf sur une proie qui se secoue. Et, fait intéressant, les études semblent démontrer que les fréquences auxquelles les chenilles sont les plus sensibles correspondent à celles émises par bon nombre de diptères et d’hyménoptères – des groupes qui comprennent plusieurs prédateurs et parasitoïdes de lépidoptères.
Vraisemblablement, la fréquence sonore générée par les cris d’un humain correspond à celle émise par ces prédateurs et parasitoïdes… et déclencherait donc le « déhanchement » noté chez les chenilles.