Gagnant du concours amical de photographie d’invertébrés 2020 : Punaise Euschistus servus par Marc Bergeron

Sortez tambours et trompettes! C’est l’heure du dévoilement de la photographie élue favorite dans le cadre du concours amical DocBébitte 2020!

Vous aviez à choisir parmi 25 jolis clichés d’invertébrés que l’on peut observer au Québec. Et c’est la charmante punaise de M. Marc Bergeron, posée sur une fleur aux doux et chauds contrastes, qui a séduit le plus grand nombre d’entre vous! Bravo, M. Bergeron, pour votre beau cliché!

La belle punaise euschistoïde de Marc Bergeron: photo gagnante du concours 2020

Chose promise, chose due, ladite photo est mise en vedette dans la présente chronique et je m’affairerai à vous parler de cette fantastique punaise dans quelques instants!

Mention honorable à Alexandre Roy pour la seconde place

Or, avant de commencer, j’aimerais chaleureusement remercier tous les participants qui nous ont fait voir de beaux invertébrés québécois, tantôt sur des fleurs et du feuillage, tantôt de plus près sur les murs de nos demeures… ou même sur une toile de chasse entomologique!

En particulier, j’offre une mention honorable pour la photographie « Couple de charançons » d’Alexandre Roy qui s’est hissée sur la seconde marche du podium. L’esthétisme de la photo et l’apparente complicité entre les deux bêtes auront sans doute charmé les électeurs.

La punaise euschistoïde

Malgré plus de 300 chroniques à mon actif, je n’avais pas encore eu l’occasion de vous parler de la punaise euschistoïde (sous-espèce Euschistus servus euschistoides). C’est donc avec plaisir que je vous brosse un portrait de ce sympathique arthropode que M. Bergeron a si bien su mettre en valeur.

Cette punaise ne m’était pas inconnue, puisqu’elle est très commune. J’avais d’ailleurs recueilli plusieurs individus, retrouvés morts dans des piscines, que j’avais identifiés dans mes débuts en entomologie vers 2013-2014. Il est fort probable que vous ayez vous-même déjà rencontré cet insecte.

Une des caractéristiques de la punaise euschistoïde (à combiner aux autres critères)

Plusieurs critères sont à examiner pour distinguer cette punaise de ces consœurs : la couleur globale de l’insecte, la forme du thorax, les segments et la couleur des antennes, de même que la disposition du rostre en sont des exemples (Canadian Journal of Arthropod Identification 2013a; Entomofaune 2020). De plus, l’extrémité de la tête est à regarder de près, car notre punaise a une tronche caractéristique : les joues dépassent le tylus (cela signifie qu’il y a une partie centrale plus courte logée entre deux segments un peu plus longs; voir ma photo ci-contre). Combinée aux autres caractéristiques, il devient assez aisé de la reconnaître, même à partir d’une photo!

La robe arborée par cet arthropode est d’un gris-beige sobre. Selon Entomofaune (2020), certaines variations dans la couleur peuvent être notées entre le début et la fin de l’été. Ces teintes peu criardes n’empêchent cependant pas l’œil averti de repérer notre jolie punaise sur les plants où elle s’alimente. En effet, cette dernière est munie de pièces buccales de type piqueur-suceur (qu’on appelle « rostre ») dont elle se sert pour siroter la sève de nombreuses plantes : « mauvaises herbes », cultures fruitières, maïs et soya peuvent y passer! Elle est donc considérée par certains comme une peste… et n’est pas toujours aimée des jardiniers!

Ce n’est certainement pas le cas de notre punaise qui a remporté le premier prix au concours amical 2020! Cette dernière semble en avoir charmé plus d’un!

Selon les sources consultées, la longueur des individus varierait de 10 à 15 mm. La croissance est importante, les œufs et les rejetons fraîchement éclos mesurant environ 1 mm! D’ailleurs, concernant le cycle de vie de cette punaise, vous apprécierez les photos et explications disponibles sur cette page d’Entomofaune.

Les adultes matures aperçus à la fin de l’été vont se chercher un abri pour traverser les rigueurs de l’hiver. Ainsi, la litière de feuilles et les débris végétaux laissés au sol leur serviront de protection. Plusieurs individus ne réussiront malheureusement pas à survivre jusqu’au printemps. C’est un fait que j’ai observé moult printemps alors que j’enlevais d’épaisses couches de feuilles de mes plates-bandes : je retrouvais beaucoup de carcasses de ces punaises, ainsi que de la punaise verte (Chinavia hilaris) dont je vous ai entretenus dans cette précédente chronique. Heureusement, il m’arrivait aussi de tomber sur des spécimens vivants qui, dès qu’un peu réchauffés par les rayons du soleil, prenaient leur envol.

De nombreuses sources indiquent que les membres de la famille Pentatomidae, dont fait partie la punaise euschistoïde, sont réputés pour l’odeur nauséabonde qu’ils dégagent. Il semble que ce soit là un mécanisme de défense bien utile contre les prédateurs. Pourtant, de toutes les fois où j’ai manipulé un pentatome, jamais je ne suis parvenue à sentir l’odeur si caractéristique. Se pourrait-il que certaines personnes ne parviennent pas à détecter cette odeur? Ou peut-être n’ai-je pas suffisamment malmené les spécimens que j’ai manipulés, qui sait? Avez-vous déjà senti leur odeur, de votre côté? Je serais curieuse d’en connaître la réponse!

Vous voulez en savoir plus sur cette jolie punaise croquée sur le vif par notre gagnant M. Marc Bergeron? Jetez un coup d’œil aux sources citées dans la section « Pour en savoir plus ».

Bravo encore à Marc Bergeron et merci à tous pour votre participation et votre intérêt!

Pour en savoir plus

L’insecte batelier

Partons, la mer est bel – le!

Nous sommes nombreux à apprécier une douce balade en bateau. Armés d’avirons, qui nous permettent de glisser paisiblement sur l’eau, nous ignorons souvent que les insectes ont inventé des outils similaires depuis belle lurette!

Les corises, nommées très justement en anglais water boatmen (bateliers), sont en effet munies de pattes articulées de sorte à « ramer » sous l’eau. Il s’agit d’hémiptères de la famille Corixidae.

D’autres insectes aquatiques usent de cet efficace mode de propulsion, notamment des coléoptères comme les dytiques et les haliples ou d’autres hémiptères comme les punaises d’eau géantes et les notonectes.

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Comparaison du rostre d’une corise (Corixidae), en haut, et d’une punaise d’eau géante (Belostomatidae), en bas. Vue latérale à gauche et vue ventrale à droite.

Les corises se distinguent des premiers par la présence d’un rostre (sorte de bec pointu) plutôt que de mandibules. Elles se différencient ensuite de tous les autres hémiptères aquatiques par le fait que le rostre est court et triangulaire, en forme de cône, plutôt qu’allongé. De surcroît, leur taille est petite (3 à 11 mm pour un individu mature) comparativement aux grosses punaises d’eau (famille Belostomatidae; 14 à 65 mm). Elles peuvent cependant être confondues avec les notonectes (Notonectidae; 4 à 17 mm) si on ne leur jette qu’un regard rapide (sans voir le rostre). Toutefois, lorsque plongées sous l’eau, les notonectes se tiennent la tête à l’envers, l’abdomen faisant face à la surface. Les corises quant à elles nagent tête vers le haut (dos pointant vers la surface). De plus, les corises sont sombres sur le dessus et pâles en dessous. C’est l’inverse chez les notonectes. Enfin, les corises sont dorso-ventralement aplaties, alors que les notonectes ont un dos plus arrondi.

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Corise, vue dorsale

La famille Corixidae constitue la plus vaste famille d’hétéroptères (sous-ordre chez les hémiptères) aquatiques. On retrouve les corises tant dans les milieux aquatiques permanents que dans ceux qui sont temporaires – notamment nos piscines! Lorsqu’elles ne peuplent pas nos lieux de baignade artificiels, on peut les observer dans la végétation ou le substrat mou des zones littorales de lacs ou en bordure de cours d’eau à courant plus ou moins rapide. J’ai fait plusieurs observations pour ma part dans des flaques d’eau délaissées à marée basse en bordure du fleuve Saint-Laurent.

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Corise, vue ventrale

Contrairement aux autres hétéroptères aquatiques qui sont prédateurs, les corises sont plutôt omnivores. Au menu figurent détritus, algues et minuscules animaux aquatiques comme les protozoaires. Néanmoins, il semblerait qu’elles soient aussi capables de s’attaquer à de plus gros insectes (relativement à leur taille) comme des larves de moustiques (Culicidae) et de chironomes (Chironomidae). Elles s’alimentent en brassant le substrat à l’aide de leurs pattes antérieures qui ont une allure particulière : ces dernières sont en effet très courtes et ressemblent à de petites cuillères. Parfait pour brasser les sédiments fins! Quelques individus seraient également en mesure de faire des ponctions dans les plantes aquatiques et s’en nourrir.

Afin de plonger, entre autres, à la recherche de leur nourriture, les corises forment une bulle d’air sous leurs élytres, tel un plongeur charriant sa bonbonne d’oxygène. Selon Voshell (2002), elles peuvent passer davantage de temps sous l’eau que les autres hémiptères. Cela est possible parce que la bulle d’air permet un certain échange de l’oxygène avec le milieu aquatique; elle parvient donc à régénérer une partie de l’oxygène utilisé. Aussi, les mouvements de pattes effectués par les corises lorsqu’elles nagent contribueraient à augmenter l’efficacité de ce transfert d’oxygène.

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Pattes antérieures d’une corise; elles ressemblent à des cuillères

Fait intéressant, les corises – les mâles, mais également les femelles de certaines espèces selon ce que j’en ai lu – peuvent produire des stridulations afin d’attirer un potentiel partenaire. En effectuant des recherches pour la présente chronique, j’ai notamment pu lire que les stridulations d’une espèce en particulier avaient été étudiées et que le nombre de décibels produits par les individus atteignait un surprenant 99,2 décibels. Pour un si petit arthropode, cet exploit est notable! Selon le site Wired (voir section Pour en savoir plus ci-dessous), le niveau sonore est comparable au fait d’assister à un concert d’un orchestre symphonique assis à la première rangée.

Les adultes volent fort bien et peuvent se retrouver à nos portes et fenêtres, car ils sont attirés par lumières. J’en avais justement observé sur les toiles de collègues entomologistes lors de chasses de nuit.

Habitat_Corixidae
Habitat où j’ai observé mes plus récentes corises : plus précisément dans le substrat submergé sur la berge à droite

Merritt et Cummins (1996) indiquent que la majorité des hétéroptères sont peu sujets à la prédation et que cela serait dû à la présence de glandes odorantes. Ils ajoutent que les corises font exception et qu’elles constituent des proies de choix pour plusieurs organismes. On sait qu’elles sont dévorées par des poissons, comme on le voit dans cette émission de pêche dont je parle dans la chronique « Les bébittes du pêcheur ». L’animateur inspecte en effet le contenu stomacal des truites qu’il capture pour constater qu’il est composé de corises.

Non seulement les poissons sauvages en raffolent, mais il semblerait que les corises servent de nourriture pour les animaux de compagnie comme les tortues – et, bien sûr, les poissons d’aquariums! Mieux encore, notre arthropode serait associé à un mets ancestral de choix chez les Mexicains nommé Ahuautle. Plus précisément, il semblerait que les œufs de corises et de notonectes soient à la base de ce repas dont la traduction serait un dérivé du terme aztèque Nahualt signifiant « graines de la joie » (traduit de l’anglais seeds of joy, de la source BBC Travel citée ci-dessous). Ces œufs auraient été considérés par les Aztèques comme la nourriture des Dieux, rien de moins. De nos jours, ils constitueraient plutôt ce que les Mexicains appellent « le caviar de Mexico ».

Des œufs de corises avec votre cerveza, en ces chaudes journées?

Vidéo 1. Corise juvénile capturée dans des flaques délaissées à marée basse, le long du fleuve Saint-Laurent.

Vidéo 2. Corise qui effectue des mouvements de pattes au-dessus de son abdomen. Serait-ce une façon de recharger ses réserves d’oxygène en augmentant la circulation de l’eau autour de la bulle d’air qu’elle charrie?

Pour en savoir plus

Les « bébittes » du pêcheur

Êtes-vous déjà allés à la pêche?

Avez-vous remarqué à quoi ressemblait l’appât que vous utilisiez?

Il s’agissait sans doute d’une imitation d’un poisson ou d’un invertébré.

En effet, un bon moyen pour capturer une prise digne d’un trophée est d’utiliser un leurre qui ressemble aux organismes dont elle se nourrit habituellement. Rien de plus alléchant!

C’est un lecteur de DocBébitte qui m’a donné envie d’explorer ce domaine. Ce dernier me demandait si j’avais quelques photos de larves de chironomes (voir cette chronique), mais également d’autres organismes d’origine aquatique retrouvés au Québec qui pouvaient lui servir d’inspiration dans la fabrication de leurres.

Aussi, je m’amusais dans la dernière chronique (ici) à vous faire deviner quelques imitations d’invertébrés que je retrouvais moi-même dans mon coffre à pêche. Bref, les échanges m’avaient vraisemblablement inspirée!

L’intérêt des invertébrés aquatiques pour la pêche

Les invertébrés aquatiques représentent un intérêt certain pour le pêcheur, puisqu’ils font partie du milieu où évoluent les poissons. Les adultes de ces mêmes espèces ont aussi un cycle de vie qui les amène près des milieux aquatiques. C’est le cas par exemple des éphémères, des trichoptères et des libellules : les adultes iront se reproduire et pondre près de la surface de l’eau… là où des poissons les attendent impatiemment! Si un individu a le malheur de s’aventurer trop près de la surface de l’eau ou encore d’y tomber, c’en est fini pour lui!

Bref, quand on parle de « pêche à la mouche », on fait référence au leurre qui ressemble à une mouche ou à un insecte ailé quelconque. Souvent, ledit leurre cherche à imiter les insectes rencontrés près de la surface de l’eau comme les éphémères et les trichoptères adultes.

D’autres appâts, sans doute moins connus, prennent l’apparence des invertébrés œuvrant sous l’eau. Dans le billet de la semaine dernière, je présentais une photographie de quelques leurres que j’avais gardés dans mon coffre à pêche et qui représentent de tels organismes. Y étaient inclus des insectes terrestres qui peuvent parfois s’aventurer trop près de la surface de l’eau. Aviez-vous reconnu certains d’entre eux? Notamment une écrevisse, un ver de terre, une naïade de libellule (vivant sous l’eau) et de multiples imitations d’insectes ailés, tels les trichoptères, éphémères et autres que je ne saurai identifier exactement!

Ma récente incursion dans ce domaine m’a également appris que plusieurs pêcheurs fabriquent eux-mêmes leurs leurres, dont certains imitent de toutes petites créatures aquatiques comme les larves de chironomes. C’est le cas du lecteur qui m’a écrit sur le sujet; vous pourrez voir certaines de ses photos (et propres chefs-d’œuvre) qui accompagnent la présente chronique. Fascinant, n’est-ce pas?

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Quelques leurres fabriqués à la main – qu’y reconnaissez-vous?

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Autres leurres fabriqués à la main

Chaque leurre en son temps!

Vous pensiez que la pêche nécessitait simplement de lancer n’importe quel appât à l’eau peu importe le moment? Détrompez-vous!

En effet, comme les invertébrés aquatiques ont un cycle de vie les amenant à être plus ou moins abondants à certaines périodes de l’année, il est d’intérêt pour le pêcheur d’utiliser le bon leurre à la bonne période. Il en est de même pour le stade de vie (larve/nymphe vivant sous l’eau contre l’adulte ailé), qui ne se rencontre pas en tout temps de l’année.

Dans les ressources citées ci-dessous, vous pourrez visionner des vidéos d’un pêcheur aguerri (Brian Chan), qui nous présente une vaste palette d’imitations d’invertébrés (cette vidéo), tout en nous indiquant les meilleurs moments de l’année pour utiliser un leurre plutôt qu’un autre.

On y retrouve aussi un épisode de pêche d’une durée de 24 minutes (Phil Rowley on fishing a new lake) où le spécialiste nous indique notamment comment collecter des invertébrés en rive, ainsi que dans l’estomac des poissons capturés pour mieux identifier les leurres à utiliser selon la période de l’année. Une émission de pêche fort instructive que plusieurs d’entre vous apprécieront sans aucun doute!

Quelques ressources pour les curieux!

Comme je n’ai pas la prétention d’être une experte pêcheuse, je souhaitais compléter la présente chronique avec quelques ressources pour ceux d’entre vous qui utilisent ou fabriquent des appâts à poisson… Ou pour les entomologistes curieux comme moi!

Dans les éléments présentés ci-dessous, j’ai choisi de me concentrer davantage sur les organismes pouvant être rencontrés dans les écosystèmes lacustres et d’eau plutôt stagnante (lacs, élargissements du fleuve et étangs), question de répondre aux interrogations récemment reçues.

N’oubliez pas de vous rendre au bout de la chronique : quelques photos et vidéos supplémentaires vous y attendent!

1) Produits DocBébitte déjà existants (invertébrés retrouvés au Québec) :

2) Quelques sites Internet pertinents :

3) Vidéos et émissions de pêche (ailleurs au Canada) :

  • Phil Rowley on Fishing A New lake. Émission vidéo présentant des astuces pour bien choisir son secteur de pêche ainsi que ses leurres (incluant l’échantillonnage d’invertébrés): https://youtu.be/sYhumUOD4M8
  • Brian Chan. Vidéo expliquant les leurres à utiliser en fonction d’une connaissance des moments d’émergences ou de prolifération d’invertébrés divers : https://youtu.be/pHVfoRdQGxQ
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation des chironomes comme leurres (incluant cycle de vie, locomotion, etc.) : https://www.youtube.com/watch?v=cXSEyvkqORQ
  • Brian Chan. Vidéo portant sur l’utilisation des sangsues comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=MKL17Tupn68
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation d’amphipodes (crustacés d’eau douce) comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=eDvt4SjYcIA
  • Brian Chan : plusieurs autres vidéos disponibles! Je vous conseille de faire davantage de recherches en utilisant le terme « Brian Chan » et « fly fishing » selon les invertébrés qui vous intéressent!

4) Guides et clés d’identification d’invertébrés aquatiques d’Amérique du Nord

  • Hutchinson, R. et B. Ménard. 2016. Naïades et exuvies des libellules du Québec: clé de détermination des genres. 71 pages.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.

Galerie photo et vidéo d’invertébrés aquatiques du Québec

Enfin, vous trouverez ci-dessous une galerie photo et vidéo en complément aux ouvrages préalablement cités, qui présente quelques spécimens couramment rencontrés au Québec!

Il importe de souligner que ces ressources – incluant mes propres chroniques et photographies – sont loin d’être exhaustives! En outre, j’aurai certainement l’occasion de vous parler de nouvelles espèces lors de prochaines chroniques!

Si entretemps vous avez d’autres sources à suggérer ou des propositions de sujets connexes, n’hésitez pas à me le signaler!

Galerie vidéo

Vidéo 1. Sangsue observée au lac Cromwell (Station de biologie des Laurentides, Saint-Hippolyte, Québec).

Vidéo 2. Chironomes rouges en déplacement dans un petit plat.

Vidéo 3. Corise (Corixidae). Cet hémiptère aquatique fait partie des espèces retrouvées dans le contenu stomacal de certains poissons, comme le témoigne l’émission de pêche susmentionnée de Phil Rowley.

Vidéo 4. Lors d’une partie de pêche avec mon père, nous avons observé cette dolomède (voir cet article) se mouvoir à la surface de l’eau. Mon père s’est amusé à lancer son appât à proximité. Peut-être existe-t-il des leurres en l’honneur de cette gigantesque araignée d’eau qui doit sans doute attirer des poissons gourmands?

 

Galerie photo (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Corise (Corixidae), vue dorsale

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Corise (Corixidae), vue ventrale

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Vélie (Veliidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Amphipode capturé dans une mare d’eau à marée basse dans le fleuve Saint-Laurent (Québec, Qc)

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Aselle (Asellidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Naïade d’éphémère, lac Bonny (Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Qc)

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Naïade de libellule, lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Naïade de gomphe (Gomphidae; libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Naïade de Macromiidae (libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

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Naïade de demoiselle, lac Geai (Saint-Hippolyte, Qc)

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Larve de chironome

 

Une punaise parée pour l’Halloween

Je vous ai déjà parlé de plusieurs insectes qui arborent une robe orange et noire dans cette chronique sur le peuple de l’asclépiade.

Il y a trois ou quatre années de cela, on m’avait demandé d’identifier un invertébré qui ne figurait pas au palmarès de ces organismes. Le demandeur s’inquiétait du fait que l’insecte en question était en train d’envahir sa demeure à l’automne. En fouillant dans mes livres et sur Internet, je pus identifier le coupable : la punaise de l’érable négondo (Boisea trivittata). Je n’avais pas encore fait la connaissance de cet arthropode en personne.

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La punaise de l’érable négondo (Boisea trivittata)

Il me fallut quelques années supplémentaires avant de rencontrer de cette punaise. Au milieu du mois d’octobre cette année, alors que j’étais en visite dans le sud-ouest du Québec, je vis plusieurs de ces punaises voleter le long d’un sentier pédestre. C’était une journée ensoleillée et les divers insectes profitaient de ces quelques dernières journées plus chaudes, qui se pointent le bout du nez juste avant l’hiver plus rude, pour trouver refuge.

Comme l’avait remarqué le lecteur qui m’a interpellée, les punaises de l’érable négondo ont la propension de se réunir, à l’automne, sur les pans d’édifices chauffés par le soleil et de tenter de s’y infiltrer pour passer l’hiver. Elles sont connues pour hiverner dans des milieux secs et protégés du froid comme les greniers et les murs des bâtiments. Il arrive, lors de journées hivernales plus douces, que ces dernières sortent de leur cachette, croyant le printemps revenu… pour se retrouver à l’intérieur des demeures au grand désespoir des humains qui y habitent! Qui plus est, leurs fientes ont le potentiel de tacher les meubles et tapis… rien qui puisse les faire aimer davantage!

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Lors de mon observation, plusieurs punaises cherchaient à s’attrouper

C’est principalement ce comportement qui lui valut l’attribution de « peste ». En effet, bien que notre punaise de l’érable s’attaque aux érables et à quelques autres feuillus (notamment frênes, chênes et ailantes), ses dommages demeurent minimes. À cet effet, les larves et les adultes se délectent de la sève des feuilles, des fleurs et des graines de leurs arbres-hôtes favoris, qu’elles sucent à l’aide de leur rostre. Leur alimentation peut entre autres engendrer une déformation des feuilles et des fruits ainsi que l’apparition de petites taches sur le feuillage.

Au premier coup d’œil, on pourrait confondre la punaise de l’érable négondo avec d’autres punaises colorées comme la petite punaise de l’asclépiade (voir cette chronique). De taille similaire (dans les environs de 11 à 14 mm), les deux punaises sont néanmoins faciles à distinguer. La punaise de l’érable négondo est globalement plus sombre (brun foncé à noir). Le pourtour des ailes est teinté de rouge-orangé et le centre du thorax est marqué par une ligne droite suivie de deux lignes formant un « V ». J’ai remarqué en furetant sur Internet que ce « V » est plus ou moins discret selon les spécimens photographiés. En revanche, la petite punaise de l’asclépiade (Lygaeus kalmii) possède plus d’orange, formant notamment un large « X » sur les ailes antérieures. Une autre façon de reconnaître cette dernière est qu’une des taches noires – celle située dans le haut de l’abdomen/début du thorax – ressemble à un cœur (voir ce cliché).

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Punaise de l’érable négondo (gauche) et petite punaise de l’asclépiade (droite)

La punaise de l’érable négondo appartient à la famille Rhopalidae, désignée en anglais comme la famille des « scentless plant bugs ». Contrairement aux pentatomes (famille Pentatomidae; « stink bugs »), les Rhopalidae n’émettraient pas d’odeur nauséabonde. Toutefois, une des sources consultées indique que la punaise de l’érable négondo déroge à cette affirmation, générant une odeur peu agréable lorsque perturbée. Elle aurait également mauvais goût, ce qui a pour effet de dissuader tout prédateur!

Plusieurs moyens de lutte contre l’invasion hivernale de cette punaise sont offerts sur Internet. Sans être exhaustive, je vous en cite quelques-uns ci-dessous. Pour plus de détails, voir notamment le site d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Lutte contre la punaise de l’érable négondo :

  • Décourager les regroupements en enlevant les feuilles, pierres et débris autour de votre habitation;
  • Appliquer du savon insecticide ou autres produits de ce type autour de la maison;
  • Réparer les fissures dans les murs de fondations, autour des fenêtres et des portes;
  • Recueillir les individus qui se sont infiltrés à l’aide d’un aspirateur et s’en départir.

Naturellement, le meilleur moyen reste de prévenir leur introduction dans vos demeures. En plus de se regrouper sur les murs des maisons chauffés par le soleil, cette jolie punaise peut s’observer en attroupement sur les arbres et les roches où plombe le soleil lors de belles journées automnales. C’est ce qui m’a permis de faire sa connaissance cet automne. Gardez donc l’œil ouvert! Peut-être viendra-t-elle frapper à votre porte en cette semaine d’Halloween!

Pour en savoir plus

Une punaise qui ne fait pas dans la dentelle!

Punaise réticulée, vue dorsale
Punaise réticulée, vue dorsale

Il y a quelques semaines de cela, j’explorais mon quartier armée d’un appareil photo, à la recherche de sympathiques insectes à photographier. Mon œil d’entomologiste amateur étant plutôt aiguisé, je fus intriguée par une petite irrégularité à l’endos d’une feuille… qui s’avéra bel et bien être un arthropode que je n’avais pas encore eu le loisir d’observer.

La bête en question faisait partie de l’ordre des hémiptères et, plus particulièrement, du genre Corythucha (famille Tingidae). En anglais, on surnomme ce groupe de punaises « Lace bugs », (punaises à dentelle), appellation attribuable à l’apparence de leur prothorax et de leurs ailes antérieures. Ces derniers sont en effet recouverts d’un vaste réseau de lignes sombres entrecroisées, donnant l’impression que les punaises ont été fabriquées par une savante tisserande.

La punaise est plate et la tête est cachée sous une section du prothorax nommée « ampoule »
La punaise est plate et la tête est cachée sous une section du prothorax nommée « ampoule »

On dirait qu’elle porte un casque trop grand pour elle!
On dirait qu’elle porte un casque trop grand pour elle!

Je m’attendais à voir apparaître le terme « punaise à dentelle » immédiatement lors de mes recherches sur les sites en français, mais c’est plutôt le surnom « tigre » qui s’imposa… à ma grande surprise! On en est loin de la dentelle! En particulier, je trouvai plusieurs références au « tigre du platane », un Tingidae qui semble faire passablement de ravages sur ce végétal. Par ailleurs, je vis également passer le nom « punaise réticulée », nom qui semble mieux convenir que « tigre ». Qu’en dites-vous?

Ce qu’il importe de savoir, c’est que les punaises réticulées se nourrissent essentiellement de la sève des plantes (arbres, arbustes et plantes herbacées). Cela est vrai tant pour les adultes que pour les nymphes. Elles tendent à s’agglutiner à l’endos des feuilles des arbres-hôtes qu’elles affectionnent afin d’en siroter les fluides à l’aide de leur rostre (appendice buccal ayant en quelque sorte l’apparence d’une paille). On les observe souvent en groupe, s’affairant à dévorer les feuilles, comme en témoignent les photographies affichées sur le site d’Entomofaune, cité dans la section Pour en savoir plus. Les feuilles attaquées finissent par prendre une teinte blanchâtre, jaunâtre ou même brune, puis tomber. Il semble que ces attaques répétées affaiblissent les végétaux touchés, les rendant par le même fait sensibles à d’autres maladies.

Aussi, mes recherches m’ont appris que ces insectes peuvent parfois tomber de leur support, atterrir sur des passants… et finir par les mordre! Mordre les gens, détruire certaines plantations… C’est dire que, bien que très jolies, nos punaises en dentelle sont loin d’être des soies! Cela dit, vous n’avez point à craindre les morsures de ces hémiptères… à moins que vous ne soyez une plante verte!

Notre punaise tout en dentelle est indigène à l’Amérique du Nord. Au Québec, Hébert et al. (2017) précise qu’on retrouve quatorze espèces de punaises réticulées, incluant la punaise réticulée de l’orme, du chêne et du noyer. Ce groupe a été introduit en Europe dans les années 1960 et il semble y être envahissant, n’y ayant pas d’ennemis naturels, si je me fie aux sources consultées (il était cependant surtout question du tigre du platane).

Les ailes translucides laissent passer la lumière du soleil!
Les ailes translucides laissent passer la lumière du soleil!

Certaines espèces retrouvées en Amérique du Nord semblent également être considérées comme des pestes et ne sont sans doute pas appréciées des jardiniers! Néanmoins, les dommages peuvent être limités pour les arbres matures, généralement assez résistants aux attaques de ces insectes. Pour ce qui est des arbustes et plantes ornementales, il est suggéré d’asperger les feuilles de savon insecticide commercial ou encore d’eau savonneuse. Personnellement, je ne suis pas du type à m’acharner sur des insectes phytophages : je m’amuse simplement à les observer et à les laisser faire leur œuvre. Bref, les punaises réticulées, même si elles ne font pas dans la dentelle, demeurent de sympathiques insectes à examiner! Qu’en pensez-vous?

 

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