Punaise! Une invitée inattendue dans nos maisons!

Chaque automne, je vois passer des photos d’une belle grosse punaise qui se faufile dans les maisons. Suivies des questions : « Quel est cet insecte? », « Que fait-il dans ma maison? » et « Pique-t-il? »

Une invitée dans ma moustiquaire…

Et chaque fois, je me dis que c’est dommage que je ne puisse diriger les gens vers l’une de mes chroniques. Parce que je n’avais pas encore observé cet arthropode.

Quelle ne fut pas ma joie, donc, d’apercevoir cette grosse punaise sur ma moustiquaire!

Je me suis emparée de mon appareil photo et j’ai pris des clichés et des vidéos de la bête. Puis, j’ai lu à son sujet pour répondre à vos questions!

C’est la punaise occidentale des cônes (Leptoglossus occidentalis), aussi nommée punaise américaine selon plusieurs sources consultées.

Comme son premier nom le suggère, cette grosse punaise est étroitement liée aux conifères. Elle se nourrit notamment des graines qui se développent à l’intérieur de leurs cônes, mais aussi des aiguilles, des bourgeons et des tissus des jeunes cônes. On la retrouve sur plusieurs espèces de pins, ainsi que sur d’autres conifères, comme les épinettes et les pruches.

Originaire de l’ouest de l’Amérique du Nord, elle s’est répandue vers l’est et est maintenant bien établie au Québec. Elle a également conquis d’autres continents, dont l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud – où elle est considérée comme une espèce introduite envahissante.

Elle a des caractéristiques qui permettent de la distinguer d’autres punaises. En plus d’être plutôt grosse (15 à 20 mm), elle possède de longues antennes dont le premier segment, à la base, est élargi. Mais ce sont surtout ses pattes arrière qui attirent l’attention : leurs tibias sont aplatis et de forme ovale. On qualifie d’ailleurs cette punaise et quelques-unes de ses semblables (genres Acanthocephala et Leptoglossus) de punaises à jambières!

Sa robe à dominance brune présente des motifs roux accompagnés d’un peu de blanc crème et de noir. On peut aussi distinguer un fin motif blanchâtre en zigzag sur ses ailes.

Les motifs sur les ailes et les tibias aplatis sont reconnaissables.
Les côtés sont bariolés de noir et de crème.

Une fois l’automne entamé, la punaise occidentale des cônes cherche activement un abri plus chaud pour traverser les rigueurs de l’hiver. Et cet abri se retrouve souvent à être… nos demeures! Elle peut se faufiler par les fissures, le pourtour des portes et des fenêtres ou les ouvertures de ventilation.

Une autre façon de l’introduire à l’intérieur est de rentrer du bois de chauffage. Elle peut en effet se réfugier dans nos cordes de bois et, une fois à la chaleur, recommencer à bouger.

Pour s’en débarrasser, il est possible de capturer les individus dans un contenant et de les déplacer dehors. J’ai également lu que certains les ramassent… avec leur aspirateur!

Vous voulez prévenir plutôt que guérir? Le site d’Abat Extermination propose quelques gestes simples : colmater les fissures et les autres ouvertures autour des portes, des fenêtres et des fondations, réparer les moustiquaires brisées et installer des coupe-froid là où c’est nécessaire. Bref, on tente de lui fermer la porte avant son arrivée!

La punaise occidentale des cônes n’a pas de dard pour « piquer » comme celui des guêpes, par exemple. Elle possède toutefois un rostre — un appendice buccal de type piqueur-suceur — qui lui permet de percer les tissus des végétaux pour en aspirer les liquides, un peu comme on le ferait avec une paille. Ce rostre lui permet d’atteindre les graines cachées sous les écailles des cônes.

On devine le rostre, sous la tête.

Elle ne se nourrit pas de sang et ne cherche donc pas spécifiquement à « piquer » (dans le sens de poinçonner avec son rostre) les humains. De très rares cas de piqûres chez l’humain ont néanmoins été rapportés. Cela reste exceptionnel et ne fait pas partie de son alimentation habituelle.

Si elle se sent menacée, elle peut dégager une odeur que certains qualifient de fruitée ou de résineuse. Si c’est comme pour ses autres cousines punaises (dont la punaise verte commune), il pourrait s’agir d’une odeur que je ne suis pas capable de percevoir. Allez savoir pourquoi : je ne sens pas ces choses!

Généralement inoffensive, notre punaise vedette peut tout de même causer des dégâts dans les plantations destinées à produire des semences de conifères. En se nourrissant des graines en développement, elle affecte leur capacité à germer. Il faut toutefois distinguer ces pertes de semences des dommages aux arbres eux-mêmes : l’alimentation de cet hémiptère ne compromet habituellement pas la santé des conifères adultes. Fait intéressant : l’espèce est munie de récepteurs à infrarouge, ce qui lui permet de s’orienter en fonction du rayonnement émis par les cônes, plus chauds que les aiguilles.

Bref, si vous croisez cette visiteuse automnale, ne vous en faites pas! Elle cherche simplement un endroit où passer l’hiver. Quant à moi, je suis bien contente qu’elle se soit enfin pointé le bout des antennes! Elle a réussi à se faufiler dans ma chronique… mais pas dans ma demeure pour l’instant!

Vidéo originale DocBébitte en bonus:

Pour en savoir plus

2 réflexions sur “Punaise! Une invitée inattendue dans nos maisons!”

  1. Merci pour ces fort intéressantes informations. Une fois la surprise passée lors de sa découverte (elle est bien grosse et impressionante pour une punaise), on peut effectivement prendre le temps de l’observer et d’apprécier son anatomie. Une note concernant tous ces squatters automnales (coccinelles, punaise, araignées, etc…): souvent les invertébrés sont sensibles aux variations de température. Lorsque l’air chaud de la maison s’échappe par les fissures d’une porte ou lorsque le seuil métallique ou de bois est légèrement réchauffé par l’intérieur, cela crée un courant d’air chaud ou une différence de température perceptible. Attirés par cette source de chaleur, ces animaux attendent que la porte s’ouvre pour pénétrer au chaud…. J’ai déjà trouvé sur ma table de chevet une Épeire diadème femelle qui avait élu domicile dans un arbuste près de la porte patio… Donc à l’automne, mieux vaut ne pas laisser ses portes ouvertes trop longtemps 😉

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    1. Merci beaucoup pour votre gentil mot, ainsi que pour le complément d’information fort instructif! En effet, avec les allées et venues dans la maison lors du « ménage d’automne » (rentrer le matériel de piscine, etc.), j’avais remarqué qu’on se retrouve avec un peu plus de compagnie à l’intérieur. Pour ma part, c’est généralement davantage un plaisir de faire leur connaissance, hi hi!

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