Autopsie d’un nid de guêpes

Le nid de guêpes, coincé entre deux portes d’un bâtiment communautaire

L’automne dernier, lors d’une marche dans un parc urbain, j’aperçus une masse brunâtre un peu étrange, coincée entre deux portes d’un bâtiment communautaire, qui était sans doute demeuré fermé par inactivité à cause de la COVID.

Ledit nid avait dû être aspergé de liquide pour tuer les guêpes, puisqu’on pouvait observer des guêpes mortes jonchant le rebord de porte à proximité. Le nid – et la vie qu’il contenait jadis – était immobile, comme si le temps s’était arrêté.

Avec une branche et un peu de patience, je parvins à déloger le nid et le récupérer afin de pouvoir l’examiner davantage. Celui-ci fait maintenant partie de ma collection entomologique !

En examinant le nid de plus près, je pus distinguer que, ce qui me semblait être des débris brunâtres était, en fait, des larves de guêpe desséchées. Une pupe, sans doute sur le point d’émerger, était aussi visible.

Tête desséchée d’une larve visible au beau milieu des cellules

Les deux stades figurent parmi les photographies qui accompagnent la présente chronique. La pupe, qui ressemble à une petite momie, est particulièrement intéressante à regarder. On y voit aussi la tête d’une larve qui sort de l’une des cellules hexagonales du nid.

Je n’ai pu récupérer d’adultes avec le nid, mais les photographies que j’avais prises au parc permettent de détecter la présence d’un adulte mort à côté du nid. Bien que les couleurs de l’adulte aient été ternies par le temps qu’il a dû passer positionné ainsi, sujet aux intempéries, on reconnaît le motif des antennes caractéristique du poliste gaulois (Polistes dominula). J’avais parlé de cette guêpe, qui me semble la plus facile à identifier justement à cause de ses antennes, dans ce précédent billet.

Vue rapprochée de l’adulte mort près du nid

Les individus récemment observés ont eu moins de chance que ceux de ce billet, lesquels avaient été rescapés de la piscine de mes parents !

Cela dit, un nid plein de vie ressemblerait à cette photographie, tirée du site du Canadian Journal of Arthropod Identification (voir la section Pour en savoir plus ci-dessous).

Selon Normandin (2020), le nid des polistes (guêpes du genre Polistes) n’est pas couvert de couches superficielles, comme c’est le cas chez d’autres guêpes du genre Vespula (par exemple, la guêpe commune) ou Dolichovespula (notamment la guêpe à taches blanches). Ainsi, les rayons des nids de guêpes polistes sont exposés et visibles.

Larves desséchées dans le haut et pupe en bas à gauche

La taille du nid ne dépasserait pas, par ailleurs, la taille de la paume d’une main. De plus, les polistes gaulois sont reconnus pour leur propension à établir leur nid sur un support d’origine anthropique comme l’entretoit d’un bâtiment ou encore… le coin d’une porte ! Ces caractéristiques correspondent tout à fait au nid que j’ai recueilli.

Avez-vous déjà fait des observations similaires, de votre côté (larves et pupes d’hyménoptères) ? Peut-être avez-vous été plus chanceux que moi et pu voir les guêpes s’affairer dans un nid tout plein de vie ? Pourvu que vous n’ayez pas été piqués… mais que vous ayez néanmoins eu la piqûre pour ces bêtes !

Galerie photo

Le nid, plutôt petit, tient dans ma main
Pupe de guêpe
Autre vue sur le nid, où l’on peut voir également un adulte mort à proximité

Pour en savoir plus

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