Quelle grosse araignée rayée! L’argiope à trois bandes!

Ma première argiope!

Enfin vue en septembre 2023! Hourra!

Vous ressentirez toute l’intensité de la joie que j’ai éprouvée en rencontrant cette remarquable araignée du Québec dans la vidéo ci-dessous.

D’ailleurs, vous aviez peut-être vu passer le tout premier segment de celle-ci, en version « short » sur YouTube, la journée même où je faisais ma découverte. Voici maintenant, en vidéo et en texte, l’histoire intégrale et les observations associées. Agrémentées de faits intéressants sur ce bel arachnide bien d’ici.

Une rencontre inattendue

Vous me connaissez : j’ai l’habitude d’arpenter les fourrés et les champs de « mauvaises herbes » à la recherche d’arthropodes variés. Habitant la région de Québec, j’étais envieuse de mes comparses habitant plus au sud, là où l’on retrouve notamment beaucoup d’argiopes – des araignées qui comptent parmi les plus grosses que l’on peut observer au Québec, comparables aux énormes dolomèdes.

Bel exercice de manipulation pour une ex-arachnophobe!

Quelle ne fut pas ma surprise, lors d’une balade de fin d’été, d’en observer une, puis deux, puis… huit, à l’intérieur d’un peu plus d’une dizaine de mètres carrés! Et ce, près de la ville de Québec. J’étais aux oiseaux!

Mon conjoint et moi avons pu mitrailler les araignées de clics de nos appareils photo, ce qui me permit de recueillir le matériel menant à la présente capsule.

Ces dernières étaient toutes des argiopes à trois bandes (ou argiopes à bandes, selon les sources). Incluant un individu que j’ai manipulé assez longuement; un bel exercice pour moi qui a longtemps souffert d’arachnophobie.

L’argiope à trois bandes

Deux espèces d’argiopes sont retrouvées au Québec : l’argiope à trois bandes (Argiope trifasciata), dont je vous entretiens ici, ainsi que l’argiope jaune et noire (Argiope aurantia). Elles font partie de la famille Araneidae, qui comprend des araignées communes comme l’épeire diadème.

Comme son nom le suggère, l’argiope à trois bandes est rayée de blanc argenté, de jaune et de noir sur sa face dorsale. Elle se reconnaît donc très facilement lorsqu’on la regarde de dos. La face ventrale est similaire à celle de l’argiope jaune et noire au premier coup d’œil et il est par conséquent plus facile de l’identifier en examinant sa face dorsale… Si vous êtes prêts à vous en approcher pour avoir le bon angle!

Face dorsale de l’argiope à trois bandes.
Face ventrale de l’argiope à trois bandes

Son céphalothorax – soit la première partie avant du corps qui inclut la tête, fusionnée au thorax –, est blanc-argenté. On voit sur les photographies que ce segment est très poilu et semble même lustré… presque comme une peluche! On remarque, de façon similaire, que l’abdomen est aussi plutôt velu.

Le céphalothorax et l’abdomen sont très poilus. On dirait presque une peluche!

De grande taille, la femelle fait 15 à 25 mm. Le mâle, quant à lui, est beaucoup plus petit et mesure entre 4 à 6 mm. On peut donc dire qu’il y a un important dimorphisme sexuel (différences morphologiques visibles entre les deux sexes) chez cette espèce.

Cette araignée est très bien répartie en Amérique. Elle se retrouve au sud du Canada, couvre tous les États-Unis et s’étend même en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Au Québec, elle est indigène, mais elle a malheureusement été introduite sur plusieurs continents autour du globe.

Les argiopes construisent des toiles orbiculaires pouvant faire 60 cm de largeur. C’est leur moyen de chasse : elles attendent qu’un insecte s’y prenne pour lui injecter leur venin et l’embobiner telle une momie. Il ne leur reste ensuite qu’à siroter les fluides des proies capturées!

Le stabilimentum est visible sur cette toile d’argiope jaune et noire.

Les deux espèces d’argiopes du Québec sont reconnues pour incorporer, à leur toile, un stabilimentum, soit une structure de soie en zigzag rejoignant le centre de la toile. Selon les sources consultées, cependant, le stabilimentum des argiopes à trois bandes serait moins fortement apparent que celui des argiopes jaunes et noires. Justement, les toiles des argiopes à trois bandes que nous avons rencontrées n’affichaient pas cette structure. En revanche, vous pouvez bien voir le stabilimentum de l’argiope jaune et noire sur la photo transmise par Manon Tremblay lors du concours de photo DocBébitte 2022.

L’utilité de cette structure demeure énigmatique, mais Paquin et Dupérré (2003) offrent quelques hypothèses. En premier lieu, il pourrait s’agir d’un signal visuel destiné à dissuader les oiseaux de s’engouffrer dans les toiles, évitant ainsi leur destruction. En deuxième lieu, comme le stabilimentum réfléchit les rayons ultra-violets, qui attirent les insectes, il pourrait servir de moyen d’attraction pour augmenter les chances de captures de proies. Une stratégie pour garantir des repas tout fraîchement livrés, quoi!

Bien que plusieurs membres connus chez les Araneidae sont nocturnes, les argiopes sont actives durant le jour. C’est ce que nous avons constaté : les femelles photographiées et filmées se nourrissaient activement lors de notre passage. Elles réagissaient également à notre présence lorsque nous nous en approchions.

D’ailleurs, différents insectes étaient accrochés à leurs toiles, dont un gros criquet et des coléoptères (possiblement des scarabées japonais). Les argiopes, comme toute araignée qui se respecte, sont des prédateurs aguerris! On peut donc dire qu’elles sont utiles et contribuent à réduire les populations d’autres insectes, dont ceux qui peuvent être des ennemis du jardinier!

On retrouve les argiopes à trois bandes dans les milieux ouverts, incluant les champs en friche et les jardins. Les femelles sont très visibles, bien installées au centre de leur toile, alors que les mâles se font plus discrets, parfois localisés autour des toiles des femelles.

Ouvrez donc l’œil : en plein jour, dans les champs et les herbes, cherchez-les! Vous pouvez même tenter, comme je l’ai fait, de les manipuler. Vous verrez, dans ma vidéo, que je ne suis pas si brave que cela : je tressaillis même lorsque je crois qu’elle tente de me mordre – alors que ce n’était pas le cas. Qu’à cela ne tienne, j’ai tout de même relevé le défi!

Et si mon exploit n’est pas suffisant, jetez un coup d’œil à cette vidéo de Folles Bestioles. Vous verrez que nos impressionnantes argiopes ne sont pas si redoutables que cela! Et qu’elles méritent notre admiration, belles et colorées comme elles le sont!

Pour en savoir plus

  • Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
  • Bug Guide. 2022. Species Argiope trifasciata – Banded Argiope. https://bugguide.net/node/view/2015 (page consultée le 24 décembre 2023).
  • Eiseman, C. et N. Charney. 2010. Tracks and Signs of Insects and Other Invertebrates. 582 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Folles Bestioles. 2022. Les argiopes : morsure et autres faits. https://youtu.be/7J0OdSDt1g0?si=a2doxGlrDjk_nZ0q (page consultée le 27 décembre 2023).
  • iNaturalist. 2023. Argiope à trois bandes (Argiope trifasciata). https://inaturalist.ca/taxa/67708-Argiope-trifasciata (page consultée le 24 décembre 2023).
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Normandin, E. 2020. Les insectes du Québec. 620 p.
  • Paquin, P. et N. Dupérré. 2003. Guide d’identification des araignées (Araneae) du Québec. 251 p.

La tisseuse d’entonnoirs

A. potteri mâle 1
Agelenopsis potteri mâle

Pédipalpes
La toile en entonnoir caractéristique des Agelenidae

C’est avec enthousiasme que je vous entretiens cette semaine au sujet d’une famille d’araignées que j’ai bien à cœur : les Agelenidae. J’avais envie de vous parler de ce groupe d’arachnides depuis déjà belle lurette et l’occasion se présente enfin!

Pourquoi un tel enthousiasme pour des araignées qui, il faut le dire, ne figurent habituellement pas au top 10 des invertébrés les plus appréciés? D’une part, il s’agit du premier groupe d’araignées que j’ai appris à identifier à l’espèce. D’autre part, c’est une famille qui est omniprésente et pour laquelle j’ai moult anecdotes à raconter – incluant un retour en enfance lorsque j’habitais chez mes parents!

Commençons donc!

Que vous soyez spécialiste ou profane, vous connaissez sans aucun doute les agélénidés, et ce, pour deux raisons. Tout d’abord, les individus appartenant au genre Tegenaria – que l’on nomme communément « tégénaires » – sont associés aux habitations humaines. Ils s’abritent dans nos maisons où ils sont actifs pendant la majorité de l’année. Les tégénaires sont cosmopolites et sont retrouvées dans de nombreux pays autour du globe; elles sont donc bien connues des humains, qu’elles ont suivi dans leurs déplacements. Deuxièmement, les membres du genre Agelenopsis sont très communs autour de nos maisons. Leurs toiles en forme d’entonnoir sont caractéristiques et tapissent nos haies, clôtures et murs extérieurs. Bref, les Agelenidae nous côtoient de près.

C’est surtout ce second genre – Agelenopsis – que je connais davantage. Lorsque j’étais petite, les haies de thuyas entourant la maison familiale étaient parsemées de petites toiles en forme d’entonnoir. Je m’amusais alors à jeter de petits bouts de gomme sur la plate-forme bordant le creux de l’entonnoir afin de voir sortir, à grande vitesse, une araignée croyant attraper une proie. L’araignée déçue avait vite fait de décrocher mon bout de gomme et de le jeter par terre, puis de retourner dans son antre en attendant patiemment une vraie proie!

A. potteri mâle 2
A. potteri mâle – bien que rapides, les agélénidés peuvent être manipulés!

Agelenidae toile
Tout support est bon pour une toile d’Agelenidae

Fait que je ne savais pas à ce moment, la soie tissée par les Agelenidae n’est pas collante. Plutôt que de baser leur tactique de chasse sur une toile collante où leur proie reste coincée, ces araignées se fient à leur vitesse d’exécution. Ainsi, elles attendent patiemment, tapies dans leur retraite en forme d’entonnoir, qu’un insecte tombe dans leur toile. Vites comme l’éclair, elles bondissent sur l’individu en question. Il faut dire que leurs pattes sont munies de fins poils qui sont très sensibles aux vibrations – ce qui leur permet de réagir rapidement à tout stimulus! Cela inclut, bien sûr, des bouts de gomme jetés sur la toile!

Les Agelenopsis sont de taille moyenne et peuvent atteindre une longueur frôlant les 2 centimètres. Ces araignées se reconnaissent non seulement par les toiles en forme d’entonnoir qu’elles tissent, mais aussi par leur morphologie distincte : corps plutôt allongé, longues filières et, chez les mâles, longue spirale visible à l’œil nu ornant la partie ventrale des pédipalpes. Bien que d’autres familles d’araignées comprennent des individus tissant des toiles en forme d’entonnoir, ce seraient les agélénidés qui seraient les plus communs selon Bradley (2013). Si vous êtes attentifs aux différentes caractéristiques citées ci-dessus, vous devriez être en mesure de confirmer que les espèces observées sont ou non des Agelenidae.

La retraite en forme d’entonnoir est munie d’une seconde issue située à l’arrière de la toile. Cela permet à l’araignée de fuir de potentiels prédateurs. J’ai d’ailleurs pu observer un individu du genre Agelenopsis fuir une guêpe parasitoïde de cette façon. J’ai tout juste eu le temps de prendre une courte vidéo de la situation, que vous pouvez visionner à la fin de la présente chronique.

A. potteri mâle 3_Détails
Quelques trucs pour identifier un Agelenopsis

A. potteri versus A. utahana
A. potteri versus A. utahana

Les deux genres d’Agelenopsis présents au Québec sont Agelenopsis potteri et Agelenopsis utahana. Ces deux genres se côtoient dans la portion méridionale et sud de la province. A. utahana est cependant un peu plus nordique que A. potteri et se retrouverait jusqu’à la forêt boréale. À noter que, selon Paquin et Dupérré (2003), deux autres espèces pourraient aussi être retrouvées à l’extrême sud de la province : A. actuosa et A. emertoni. Avec les changements climatiques et l’extension d’aire vers le nord observée pour de nombreuses espèces animales et végétales, peut-être seront-elles de plus en plus remarquées dans le futur.

Pour ma part, je retrouve des membres de A. potteri et A. utahana régulièrement autour de ma demeure (à la hauteur de la ville de Québec). Ce sont d’ailleurs ces deux espèces d’araignées que j’ai appris à identifier en premier. En effet, j’ai commencé à recueillir les invertébrés qui tombaient dans ma piscine à la fin de l’été 2013. J’ai vite réalisé que les mois d’août et de septembre étaient des mois où les Agelenopsis – en particulier les mâles – se promenaient beaucoup au sol. En se déplaçant, ces derniers tombaient dans ma piscine qui est située à la hauteur du sol et s’y noyaient.

Comme mentionné plus tôt, les mâles arborent des structures en forme de spirale sous leurs pédipalpes qui s’avèrent représentatives du genre Agelenopsis. Chez A. potteri, la spirale est plus épaisse et se termine par une pointe recourbée qui fait penser à un petit crochet. On peut même apercevoir cette courbure sur les photographies d’individus vivants si l’on est attentifs. J’ai également remarqué que les individus A. utahana étaient généralement plus jaunâtres et n’arboraient pas de lignes brunes aussi distinctes que  A. potteri sur le céphalothorax. Il n’en demeure pas moins que Paquin et Dupérré (2003) précisent que la coloration peut être variable chez ces individus… La meilleure façon de les identifier à l’espèce sans avoir de doute est par conséquent d’examiner les pédipalpes. Pour ce qui est des femelles, la tâche est plus complexe et il faut préférablement les examiner sous une loupe stéréoscopique!

Si vous apercevez des araignées dans des toiles en forme d’entonnoir, vous saurez maintenant quelles caractéristiques examiner afin de savoir à quel individu vous faites face! Si le fait d’approcher ces araignées vous fait un peu peur, je peux vous rassurer : bien qu’ils soient rapides et plutôt voraces, toutes les sources que j’ai consultées s’entendent pour dire que les Agelenidae sont inoffensifs. Ils préféreront prendre la fuite avant d’attaquer! Comme l’adage le veut : les petites bêtes ne mangent pas les grosses!

 

Vidéo 1. Agelenopsis qui a fui par l’issue arrière de sa retraite alors qu’une guêpe parasitoïde tente de l’attraper en entrant par la partie avant. Échappée belle!

Pour en savoir plus

Un piège mortel

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Épeire diadème et sa proie

Si je vous dis les mots « invertébré prédateur », à quoi pensez-vous? Le mot « araignée » vous est-il venu en tête?

Les araignées sont effectivement passées maîtres dans l’art de capturer diverses proies, parfois aussi grosses quelles-mêmes! Plusieurs d’entre elles disposent de l’arme parfaite du crime : la toile!

La capacité des araignées de tisser des toiles de toutes sortes est admirable. Elles utilisent, pour ce faire, une soie qu’elles produisent dans leur abdomen et qui est presque entièrement composée de protéines. Dans le corps des araignées, cette soie se retrouve sous forme liquide. Elle se solidifie toutefois rapidement aussitôt qu’elle est extraite de l’abdomen. Elle forme alors une fibre solide, mais élastique.

Je parle de soie « extraite » de l’abdomen, car cette dernière n’est effectivement pas « projetée » hors du corps de l’araignée. Celle-ci doit soit l’extraire elle-même de façon manuelle, avec ses pattes, ou encore attacher (ou coller) sa soie à un point donné et s’en éloigner. Soulignons toutefois que certaines araignées ont développé une tactique fort étonnante qui consiste à projeter leur soie, et ce, non pas par derrière, mais par leur bouche! Il n’en demeure pas moins que la majorité des araignées ont tout de même adopté la première méthode mentionnée!

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Toile orbiculaire verticale (Épeire diadème)

Orbiculaire
Toile orbiculaire horizontale (Tetragnatha sp.)

Différents types de soie, présentant des propriétés variées, peuvent être produits par les araignées, selon le besoin visé (voir cet article). Ainsi, certaines araignées tissent un fil unique qui les suit partout. Il s’agit en quelque sorte d’une corde de sécurité qui leur permet de se ressaisir si elles perdent pied! Elles peuvent s’en servir aussi si elles sont perturbées : il leur suffit de se jeter en bas de leur promontoire pour échapper à tout danger. Leur corde de sécurité les retiendra! Les araignées se servent également de leur soie pour produire des cocons, soit pour s’y cacher ou encore pour protéger leurs œufs.

Les toiles, quant à elles, correspondent à l’usage le plus spectaculaire que font les araignées de leur soie. Quatre grandes catégories de toiles peuvent être distinguées et chacune est caractéristique d’un ou de quelques groupes d’araignées : toile orbiculaire, toile en entonnoir, toile en hamac et toile-échafaudage.

La toile orbiculaire est la classique toile ronde, composée de rayons, de cercles concentriques et d’une partie centrale où repose l’araignée. Alors que les rayons et la partie centrale sont composés de soie non collante, les cercles, eux, sont humides et collants. Ce sont donc ces derniers qui jouent le rôle principal dans la capture des proies. Comme leur efficacité diminue lorsqu’ils sèchent, les araignées vont détruire et recommencer leur toile sur une base régulière. Cependant, afin d’éviter de perdre toutes ces précieuses protéines, les araignées vont manger leur toile et recycler les protéines qu’elle contient. Même les araignées ont compris que le recyclage était une bonne idée!

Entonnoir
Toile en entonnoir

Toile hamac
Toile en hamac

La toile en entonnoir est également facilement reconnaissable. Pour ceux qui ont des haies de thuyas (je pense à mes parents en particulier!), vous n’êtes pas sans connaître ce type d’araignée! Ces toiles sont généralement composées d’une partie plate horizontale qui conduit à une cachette en forme d’entonnoir. Lorsqu’une proie se retrouve coincée dans la toile, l’araignée sort de sa cachette en un clin d’œil pour s’en emparer.

La toile en hamac peut ressembler à la première partie de la toile en entonnoir, sauf qu’elle ne conduit pas à une cachette. Elle peut se présenter sous différentes formes : plate, en forme de cuvette ou en forme de dôme. L’araignée se tient habituellement sous la toile, tête en bas, prête à saisir toute proie qui s’y collera.

Finalement, la toile-échafaudage ressemble à un amas de fils qui auraient été tissés au hasard. Malgré leur apparence peu soignée, ces toiles sont, en fait, minutieusement construites. Elles constituent un labyrinthe qui est généralement fatal pour toute proie qui s’y aventure. L’araignée profite du fait que les proies sont désorientées pour s’en emparer.

Les toiles d’araignées font l’envie des ingénieurs. Elles sont élastiques et très résistantes – 5 fois plus que l’acier. Imaginez si l’on pouvait concevoir un produit de ce genre à l’échelle humaine!

Malgré leur extraordinaire résistance, elles ne sont toutefois pas à l’abri des différents perturbateurs environnementaux. Certaines études en laboratoire visaient à exposer les araignées à différents composés chimiques. Il en est ressorti que les araignées se mettaient à tisser des toiles anarchiques lorsqu’elles étaient sous l’influence de la caféine, de la marijuana, ainsi que d’autres composés (voir cet article). Cela a de quoi à nous faire réfléchir sur nos propres habitudes de consommation!

 

Galerie vidéo

Épeire diadème en train de « momifier » un bourdon. Notez la largeur de la soie, qui ressemble à un ruban.

 

Autre Épeire diadème qui accroche un bourdon au bout de son abdomen pour le ramener vers sa cachette.

 

Troisième Épeire diadème (oui, ce sont des araignées très communes!), cette fois-ci en train de tisser les rayons composant sa toile.

 

Araignées tisseuses de toile en entonnoir le long de ma maison.

 

 

Pour en savoir plus