Reconnaître les macroinvertébrés aquatiques d’eau douce – Partie 1

Hirudinea_micro
Vue dorsale d’une sangsue en phase d’étirement; on voit les yeux à droite
Gastropoda marée basse
Escargot rampant à marée basse

J’ai eu le plaisir, lors du dernier congrès de l’Association des entomologistes amateurs du Québec (AEAQ) tenu à Waterville, d’animer un atelier d’introduction aux macroinvertébrés d’eau douce. Il ne m’en fallait pas plus pour juger bon de vous faire part de quelques trucs et astuces qui s’avèreront utiles pour identifier des individus pris en clichés ou capturés (selon vos champs d’intérêts, bien sûr!). Étant donné que les invertébrés d’eau douce (lacs, rivières, étangs) sont relativement méconnus, j’espère que ce premier contact vous sera instructif!

Avant de démarrer, je souhaite souligner que, dans la présente chronique, je n’aborderai que les principales catégories d’invertébrés qui se voient à l’œil nu (dits « macroinvertébrés »). Il y aurait matière à écrire beaucoup plus pour tout ce qui est approximativement de la taille d’un grain de sable en descendant, ce que je ne ferai pas dans le présent cas! Par ailleurs, je ne serai pas complètement exhaustive et miserai sur les invertébrés les plus communément observés dans nos lacs et rivières du Québec méridional – avec un petit penchant pour les rivières compte tenu de mon expérience passée à cet effet.

En un premier temps, il importe de mentionner que l’on retrouve trois grandes catégories d’invertébrés dans les milieux aquatiques d’eau douce: 1) les invertébrés non-arthropodes, 2) les arthropodes non-insectes et 3) les insectes proprement dits.

Les non-arthropodes se distinguent des arthropodes par les caractéristiques suivantes : ils ne possèdent ni pattes, ni capsule céphalique (tête) munie de rostre, mandibules ou crochets – à noter cependant que cette dernière peut parfois être dissimulée chez certains insectes. C’est l’absence combinée de ces deux critères qui importent, certaines larves d’insectes n’ayant pas de pattes, mais une tête développée – j’en parlerai ultérieurement.

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Critères d’identification des invertébrés d’eau douce, adapté de Voshell (2002)

Le groupe des non-arthropodes inclut des organismes au corps mou et allongé comme les sangsues, les vers de terre aquatiques, les vers ronds (Nématodes et nématomorphes) et les vers plats. Il comprend également des mollusques, organismes au corps mou mais dotés d’une carapace, comme les moules et les escargots. Les sangsues et les vers de terre sont des annélides (Embranchement Annelida). Cela signifie que leur corps est couvert de petits sillons, tels des anneaux. C’est une bonne façon de les distinguer d’autres invertébrés qui ont une forme de ver, comme les nématodes (Nematoda) et les nématomorphes (Nematomorpha), mais qui ne possèdent pas d’anneaux. Les sangsues possèdent de petits yeux sur les premiers segments situés à l’avant (vue dorsale), ainsi que deux disques localisés à chaque extrémité et destinés à la « succion » (vue ventrale) qui leur permettent de demeurer accrochées au substrat (ou à une proie). Les vers de terre aquatiques (sous-classe Oligochaeta), quant à eux, ne présentent pas ces caractéristiques et sont relativement uniformes, ce qui permet de les différencier des sangsues. Selon l’espèce en cause, ils peuvent être aussi fins qu’un cheveu ou encore atteindre la taille des vers de terre « terrestres » que nous connaissons bien.

Nematomorpha
Nématomorphe recueilli dans la rivière du Cap-Rouge, Québec

Fait intéressant, vous connaissez sans doute les nématomorphes (aussi nommés vers gordiens) à cause de leur propension à parasiter des invertébrés… et à s’en extirper si l’invertébré en question est tué. Vous avez probablement vu sur Internet, comme moi, quelques vidéos de très longs « vers » qui sortent du corps d’invertébrés, un peu à l’instar du monstre « Alien » qui sort du corps d’un humain (cette vidéo, par exemple, qui est devenue très populaire sur YouTube). Il s’agissait de nématomorphes!

Les vers plats, de leur côté, font partie d’un tout autre embranchement : Platyhelminthes (Classe : Turbellaria). Leur corps n’est pas segmenté et a une forme plutôt aplatie (voir cette image). De plus, on peut apercevoir deux yeux à l’avant du corps. Les vers plats d’eau douce sont largement méconnus, notamment parce qu’ils sont généralement petits et qu’ils se dissimulent très bien dans l’environnement. Ils ressemblent à de petits débris mous, arborant des couleurs sobres comme le brun, le gris et le noir. J’en ai rarement vu en rivières, ceux-ci affectionnant davantage les milieux à courant lent selon Voshell (2002).

La deuxième catégorie d’invertébrés d’eau douce dont je veux vous entretenir porte sur les arthropodes non-insectes. Comme mentionné plus haut, les arthropodes sont habituellement dotés d’une capsule céphalique assez développée (ou minimalement d’appendices buccaux visibles comme des crochets) et, la plupart du temps, de pattes segmentées. Les arthropodes non-insectes sont munis de 4 à 7 paires de pattes, alors que les insectes en possèdent 3 ou aucune.

Décapoda
Les écrevisses n’ont pas besoin de description!
Amphipoda Port-au-Saumon
Exemple d’amphipode (celui-ci a toutefois été collecté en milieu marin)

Ils comprennent tout d’abord les mites d’eau (photo), membres de la classe des arachnides. Ces dernières, généralement appelées Hydracarina ou Hydrachnidia, ont huit pattes et sont de petite taille – presque microscopique (1 à 3 millimètres). Elles sont abondantes en eaux douces et j’en ai souvent retrouvé dans mes échantillons pris en rivières au Québec. Elles sont faciles à reconnaître, puisqu’elles ressemblent à de petits acariens (elles font d’ailleurs partie de l’ordre Acariformes).

Les arthropodes non-insectes incluent aussi les écrevisses, les amphipodes – de petites crevettes d’eau douce – et les asellidés, des isopodes aquatiques apparentés aux cloportes. Il s’agit dans les trois cas de crustacés (sous-embranchement Crustacea). Ils se distinguent aisément : les écrevisses sont munies de pinces et ressemblent à de petits homards. Ils ont cinq paires de pattes au total. Les asellidés (Asellidae) sont aplatis sur le plan horizontal et portent sept paires de pattes (voir cette photo). Les amphipodes sont couramment appelés gammares bien que ce ne soient en réalité pas tous les individus observés en eaux douces qui fassent partie de la famille Gammaridae. Ceux-ci possèdent également sept paires de pattes comme les isopodes, mais ils sont aplatis sur le plan latéral. D’autres espèces de crustacés sont retrouvées en eaux douces, mais on les observe habituellement surtout en lacs (quoique présentes dans les rivières élargies ou dans les tronçons situés en aval de barrages), alors que j’ai fréquemment collecté des écrevisses, des gammares et des asellidés dans les rivières du Québec. Ces autres groupes pourront sans doute faire l’objet de futures chroniques!

Pour ce qui est de la troisième grande catégorie, les arthropodes qui sont des insectes, celle-ci comprend de nombreux ordres. J’aborderai les principaux ordres d’insectes retrouvés en eaux douces québécoises dans le cadre de la prochaine chronique.

Bonne identification d’ici là!

 

Vidéo 1. Sangsues sous une roche soulevée à marée basse (Cap-Rouge, Québec)

 

Vidéo 2. Ver gordien (Nématomorphe) recueilli dans la rivière du Cap-Rouge, Québec

 

Pour en savoir plus

Un scorpion se cache dans nos demeures?

Il existe bien des endroits autour de la planète où le fait de retrouver un scorpion dans la maison n’est pas un fait inusité. Au Québec, à part bien sûr s’il s’agit d’un scorpion domestiqué, on ne s’attend pas à observer de telles bêtes.

Pseudoscorpion Dos
Vue dorsale du pseudoscorpion trouvé par ma collègue de travail

Pour dire vrai, nous n’avons pas de scorpions en tant que tels au Québec, mais plutôt des pseudoscorpions. Bien que tout petits, ils peuvent, à première vue, nous faire croire qu’il y a un danger imminent! N’ayez crainte! Ces petits invertébrés ne possèdent pas d’aiguillon venimeux comme les scorpions et sont inoffensifs… du moins pour nous humains.

Comme leurs confrères scorpions, les pseudoscorpions font partie de la classe des arachnides. Ils se distinguent cependant au niveau de l’ordre : Pseudoscorpiones (ou Pseudoscorpionida selon les sources) versus Scorpiones.

Je n’avais pas encore eu l’occasion d’observer cet invertébré lorsque, un matin, une collègue de travail vint me montrer sa trouvaille : une toute petite bête retrouvée chez elle et qui s’avérait être un pseudoscorpion! J’eus la chance d’amener l’invertébré à la maison afin de l’examiner de plus près sous la loupe de mon stéréomicroscope. Les photographies présentées dans cette chronique en témoignent! Pour voir un spécimen vivant, vous pouvez vous référer aux références citées ci-dessous et, entre autres, à cette photographie.

Pseudoscorpion Ventral
Vue ventrale du même pseudoscorpion – sans doute Chelifer cancroides

Comme tout arachnide qui se respecte, les pseudoscorpions sont munis de huit pattes. Les individus sont petits, leur envergure variant entre 2 à 8 millimètres. Le bout de leur abdomen est arrondi et ils possèdent de longs appendices qui ressemblent à des pinces. Plus précisément, pour répondre à la devinette de la semaine dernière, ces appendices sont en fait des pédipalpes dont le dernier segment est modifié. Celui-ci se caractérise par une partie mobile qui contient une glande à venin servant à immobiliser les proies. Il prend aussi la forme d’une pince afin d’aider à saisir les proies. Comme les pseudoscorpions ne possèdent pas de mandibules pour mâcher, ils dévorent leurs proies en liquéfiant leurs tissus à l’aide d’enzymes digestifs, puis en aspirant les fluides ainsi formés.

Vous aurez compris que les pseudoscorpions sont des prédateurs. L’espèce que l’on retrouve habituellement dans les maisons – Chelifer cancroides – est considérée comme bénéfique. Elle se nourrit des invertébrés indésirables comme les larves d’acariens et les mites des vêtements. Comme cette espèce est toute petite, elle n’est pas observée fréquemment, mais ne serait pas rare pour autant! De plus, malgré leur petitesse, ces organismes peuvent vivre jusqu’à quatre ans! Dire que j’ai peut-être un pseudoscorpion qui me pend au bout du nez dans ma maison sans ne jamais l’avoir vu! Cela dit, l’espèce Chelifer cancroides affectionne les milieux humides. Si vous êtes à la recherche de cet individu, fouillez dans les recoins humides de vos demeures comme les salles de bains.

D’autres espèces – il y en aurait au moins 26 au Canada – peuvent aussi être retrouvées, mais, cette fois, à l’extérieur de la maison. Elles se cachent notamment sous la litière, les roches, les troncs d’arbres, ainsi que dans les nids de certains animaux. Certaines d’entre elles peuvent être observées sur d’autres insectes, entre autres sous les élytres de certains coléoptères. Elles s’affairent à dévorer les mites qui parasitent ces derniers… Ou se paient un transport gratuit vers de nouveaux milieux à coloniser (voir également cette photo d’une mouche qui transporte un pseudoscorpion).

Pseudoscorpion Taille
Pseudoscorpion au fond d’un pilulier – oui, il s’agit d’une toute petite bête!

Les pseudoscorpions sont munis de glandes leur permettant de tisser des cocons dont ils se servent pour muer, hiverner et élever les jeunes. Une fois éclos, ces derniers vivent d’ailleurs sur le dos de leur mère pendant une courte période. Selon les sources, une portée peut comprendre environ de 20 à 50 jeunes. Fait étonnant que j’ai lu tout récemment : certaines mères pseudoscorpions peuvent aller jusqu’à se sacrifier pour nourrir leur progéniture. Des chercheurs ont effectivement étudié une espèce de pseudoscorpion au Brésil où la mère se donnait littéralement en pâté à ses rejetons lors de pénurie de nourriture. C’est en donnant un signal particulier à ses jeunes qu’elle leur indique qu’ils peuvent se nourrir d’elle. Ils s’exécutent en perçant l’exosquelette de leur mère (souvent dans les joints des pattes), puis en sirotant ses fluides (lire cet article pour plus de détails). Tout un sacrifice!

Pour terminer, il semble que les pseudoscorpions parcourent notre planète depuis très longtemps. Le plus vieux fossile connu daterait d’il y a 380 millions d’années. Déjà à cette époque, l’invertébré présentait toutes les caractéristiques des individus observés aujourd’hui. À croire que notre pseudoscorpion a trouvé une formule gagnante depuis belle lurette!

PS – Merci à Lyne d’avoir partagé sa découverte!

 

Pour en savoir plus

Une araignée qui revient à la vie

Je l’ai mentionné dans de précédentes chroniques : j’ai commencé à collectionner les invertébrés, mais je ne recueille que les individus que je trouve déjà morts. Une importante source en cette matière est ma piscine creusée, qui constitue en quelque sorte un gigantesque piège-fosse. La quantité d’araignées que j’y recueille – mortes ou vives – est d’ailleurs considérable.

Lors d’une belle journée chaude de juin 2014, j’y ramassai une jolie araignée-crabe mâle de la famille Thomisidae, que je décidai immédiatement d’examiner sous la loupe de mon stéréomicroscope. Alors que j’examinais la face ventrale de ses pédipalpes – c’est la façon d’identifier un mâle araignée à l’espèce –, je remarquai quelques subtils mouvements… qui se firent de plus en plus insistants. L’araignée en question revenait à la vie!

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X. elegans qui s’est remis à bouger alors que je l’examinais
Xysticus elegans
Même araignée-crabe, après qu’elle ait commencé à bouger

L’examen des photographies que je pus prendre avant « l’éveil », combiné à l’étude de deux autres spécimens collectés dans les journées qui suivirent, me permirent d’identifier la bête : Xysticus elegans (araignée-crabe élégante, si je traduis de l’anglais). Il s’agit d’une araignée commune de la forêt boréale, selon Paquin et Dupérré (2003). Il importe de mentionner que j’ai eu l’aide de deux collègues entomologistes pour l’identification à l’espèce des araignées-crabes que j’avais collectées, car je croyais initialement avoir affaire à X. chippewa, autre araignée du genre Xysticus. Il faut dire que les membres appartenant à ce genre se ressemblent beaucoup!

Bref, mon joli Xysticus se mettant progressivement en mouvement, je choisis de le ramener dehors, dans son habitat! J’en profitai toutefois pour prendre quelques photos et vidéos de la bête sous toutes ses coutures. Autant en profiter lorsque l’on a un modèle aussi docile à portée de main (moins difficile à photographier que mon conjoint, ça, c’est certain!).

Comme vous pouvez l’observer sur les photos, les mâles du genre Xysticus arborent de jolis motifs sur leur abdomen de couleur noire. Les femelles, quant à elles, sont plus sobres et portent le brun beige. Dans les deux cas, cependant, les individus se confondent avec la litière au sol et l’écorce des arbres, ce qui leur permet d’embusquer des proies. Ce sont d’ailleurs des prédateurs visuels qui chassent à vue, sans l’aide d’une toile.

Ces araignées-crabes sont d’envergure petite à moyenne et présentent un dimorphisme sexuel au niveau de la taille : les femelles sont plus grosses que les mâles (de 8 à 10 mm pour les femelles contre 6 à 7 mm pour les mâles). La différence n’est toutefois pas aussi marquée que chez d’autres araignées-crabes, où la femelle peut être de trois à quatre fois plus grosse que le mâle!

Xysticus sp.
Autre araignée-crabe photographiée au même temps de l’année – seul un examen de près permettrait de confirmer s’il s’agit aussi de X. elegans

Le fait que ces araignées soient des prédateurs qui se déplacent fréquemment au sol explique sans doute en partie pourquoi j’en retrouve dans ma piscine. Par ailleurs, mes observations à ce jour pointent vers une plus grande présence de mâles et, en particulier, pendant le mois de juin. Je vois peu d’individus le reste de l’été, alors que j’observe également très peu de femelles au total. Mon hypothèse est que les mâles se déplaceraient davantage au mois de juin en quête d’une partenaire, faisant en sorte qu’ils tombent dans ma piscine, située au beau milieu de leur chemin. Si vous avez des suggestions à cet effet, je serais curieuse de vous entendre!

Pour ceux d’entre vous qui sont curieux, il est relativement aisé de reconnaître un Thomisidae. En effet, les pattes antérieures des membres de cette famille ont une forme qui rappelle les crabes – d’où le nom commun d’araignées-crabes. Elles sont plus longues et plus robustes et les fémurs, en particulier, sont élargis. Pour ce qui est du genre, quelques autres groupes ressemblent à Xysticus en termes de coloration, notamment les genres Bassaniana et Ozyptila. De plus, il y aurait au-delà d’une vingtaine d’espèces de Xysticus au Québec. Bref, si vous tombez sur des spécimens qui ressemblent à ceux sur mes photographies, vous aurez à les examiner d’un peu plus près avant d’affirmer qu’il s’agit de X. elegans! Quoi qu’il en soit, amusez-vous tout de même à observer leurs jolis motifs! Élégante, cette araignée!

 

Vidéo 1. Mon mâle X. elegans qui revient à la vie.

 

Vidéo 2. Même mâle, un peu plus tard alors que je le ramenais à l’extérieur.

 

Pour en savoir plus

J’ai huit yeux, tant mieux!

Lycosidae yeux
Les lycosidés possèdent huit yeux, dont deux sont situés plus loin vers l’arrière de la tête

De tous les invertébrés, ce sont sans doute les araignées qui suscitent le plus la peur et le dégoût chez nous, les humains. Pourtant, il s’agit d’êtres hors du commun caractérisés par des attributs morphologiques fort intrigants!

Dans la capsule de la semaine dernière, vous deviez deviner qui était l’individu photographié et, plus précisément, quels étaient les membres en forme de spirale situés en avant-plan. Il s’agissait, bien sûr, d’une sorte d’araignée – agelenopsis potteri, de la famille agelenidae. Les spirales, quant à elles, faisaient partie du pédipalpe, un organe situé à l’avant de la capsule céphalique (tête) et de chaque côté des chélicères (pièces buccales). Chez les mâles, le dernier segment des pédipalpes est renflé et sa face ventrale comprend le bulbe génital. Il s’agit donc de son organe reproducteur. En d’autres mots, les mâles araignées portent leurs parties génitales de chaque côté de leur tête!

Épygine Épeire
Malgré les apparences, il s’agit d’un organe reproducteur femelle (épeire diadème)
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Le bulbe génital de ce mâle (agelenopsis potteri) comporte des organes en forme de spirale – ce n’est pas le cas de toutes les espèces

Les pédipalpes des femelles ressemblent, de leur côté, à de petites pattes. Ils ne sont pas renflés et ne contiennent pas de pièces vouées à la reproduction. Les organes génitaux des femelles sont plutôt situés là où l’on pourrait s’y attendre : sur la face ventrale et antérieure de l’abdomen. Toutefois, ces organes – que l’on nomme épigyne – prennent à l’occasion une apparence comparable aux parties génitales mâles des mammifères. Par conséquent, si vous apercevez une forme qui ressemble à une plaque sur l’abdomen d’une araignée ou même à un petit pénis, sachez qu’il ne s’agit pas d’un mâle!

Les araignées se démarquent non seulement par leur anatomie sexuelle, mais aussi par leurs pièces buccales. Contrairement aux insectes qui sont typiquement munis de mandibules ou de rostres, les araignées possèdent des chélicères. Les chélicères comportent deux parties : le segment basal, auquel est rattaché le crochet. C’est par ce crochet – qui sert à percer les tissus – que les araignées injectent leur fameux venin.

Que dire des huit yeux (certaines en ont cependant six) qui servent sans aucun doute à percevoir les proies? Leur disposition varie selon les familles et elle est par conséquent utilisée comme critère d’identification. À titre d’exemple, une des paires d’yeux des araignées-loup (lycosidae) est située plus loin vers l’arrière de la tête et de chaque côté de cette dernière. Les araignées sauteuses (salticidae), quant à elles, possèdent une paire de très grands yeux sur le devant de la tête (voir cette image).

Les araignées semblent aimer le nombre « 8 », puisqu’elles arborent également huit pattes. Ces pattes, grandement articulées, se terminent par deux ou trois griffes permettant aux individus d’adhérer à toutes sortes de surfaces – et expliquant pourquoi elles se promènent si aisément sur nos plafonds! Plusieurs types de soies et de poils recouvrent les pattes des araignées. Certains, très fins, servent à percevoir les vibrations de l’air. Cela est très utile pour l’araignée immobile, à l’affut d’une proie.

Finalement, on ne pourrait passer sous silence les caractéristiques faisant en sorte que plusieurs espèces sont en mesure de tisser de robustes toiles, qui suscitent l’envie de maints ingénieurs de race humaine! Cette fascinante capacité a fait l’objet de cette précédente chronique – si le sujet vous intéresse!

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Huit pattes, huit yeux, chélicères apparents : les araignées sont bel et bien spéciales!

Vous ne cesserez peut-être pas de craindre les araignées du jour au lendemain, mais j’espère que ce billet vous aura aidé à mieux apprécier leurs étonnantes caractéristiques!

 

Pour en savoir plus

  • Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
  • Paquin, P. et N. Dupérré. 2003. Guide d’identification des araignées (Araneae) du Québec. 251 p.

 

Dans l’œil de mon microscope : La spirale!

Nous l’avions déjà vu dans une précédente chronique, certains organes que possèdent les invertébrés ne sont pas toujours à l’endroit où l’on s’y attendrait.

C’est le cas de cet individu, qui porte des spirales sur le dessus de la tête. De quoi s’agit-il? Et quel est l’invertébré en question?

Les paris sont ouverts! La réponse… lors de la prochaine chronique!

Comme à l’habitude, vous êtes invités à inscrire vos réponses sur le site Facebook de Docbébitte. Pour ceux qui ne possèdent pas de compte Facebook, vous pouvez aussi répondre dans la section commentaire de la présente page Internet!

Spirale-2014-07-14
Ces spirales servent à quelque chose de bien particulier… De quoi peut-il bien s’agir?