À la même période, en 2020, je vous disais que nous avions vécu une année bien particulière sur laquelle nous allions enfin pouvoir tourner la page.
2021 aura aussi amené son lot de surprises!
Pour égayer l’atmosphère, je vous offre la chance de commencer l’année 2022 avec le seul et unique calendrier DocBébitte!
Comme DocBébitte est une initiative réalisée sur mon temps personnel, il s’agit d’un calendrier inédit que j’offre en cadeau seulement à quelques membres de mon entourage. Mais, comme chaque année, j’offre une version à un lecteur chanceux qui sera choisi par le hasard!
Voici comment participer :
Vous devez posséder une adresse postale au Canada, où je pourrai vous envoyer ledit calendrier*;
Pour vous inscrire, écrivez-moi à DocBebitte@Outlook.fr en indiquant que vous souhaitez participer au tirage du calendrier 2021;
Vous inscrire avant le mercredi 22 décembre 2021 à 23h59.
Le tirage (un seul calendrier est à tirer) aura lieu dans les jours qui suivront! D’ici là, bonne chance et je vous souhaite de très joyeuses fêtes!
Caroline, alias DocBébitte
*Veuillez noter que je me dégage de toute responsabilité liée à un bris lors du transport par Postes Canada. Merci pour votre compréhension.
Eh oui, j’ai bel et bien osé nommer cette chronique ainsi !
(Pour ceux qui s’y connaissent peu côté culture populaire, une pièce musicale franco-canadienne interprétée par Lisa LeBlanc et qui a remporté un franc succès porte ce titre.)
C’est que je veux vous parler d’un insecte dont le stade larvaire est fort étonnant et consiste… à s’enrober dans ses excréments pour échapper aux prédateurs ! Rien de moins !
Derrière ce superbe adulte se cache une enfance troublante !
Il s’agit du criocère du lis (Lilioceris lilii), un invertébré que vous connaissez sans aucun doute si vous avez des lis dans vos plates-bandes.
Le criocère du lis doit en effet sa renommée au fait qu’il cause d’impressionnants dommages aux lis, de jolies fleurs que beaucoup d’entre nous aiment voir trôner dans nos plates-bandes. Introduit d’Europe, la plus ancienne observation à nos latitudes serait au Québec, et plus spécifiquement dans la région de Montréal, en 1943.
J’avais déjà pris quelques photos et vidéos de ces insectes, mais je n’avais pas été aussi gâtée que cet été. Dans les plates-bandes de l’humble demeure où je suis récemment aménagée poussaient quelques plants de lis, plutôt chétifs. Néanmoins, je les ai laissés croître, espérant voir quelques jolies fleurs s’y épanouir. Ce fut le cas… bien que les plants aient été complètement assiégés par des larves et adultes du criocère du lis.
Le criocère du lis… dans mes lis!
Adhérant déjà à la philosophie du Jardinier paresseux (voir la section Pour en savoir plus), je savais que la meilleure option était de laisser aller les choses… et d’en profiter pour documenter le fascinant cycle de vie du criocère du lis.
À cet effet, quel cycle de vie particulier ! Les larves et les adultes rongent non seulement les feuilles des lis, ils peuvent aussi s’attaquer aux boutons floraux et manger les fleurs. Or, c’est la larve qui se démarque par sa façon d’échapper aux prédateurs… et de répugner les jardiniers qui chercheraient à s’en débarrasser !
Cette dernière s’enroule dans son mucus et ses excréments !
J’ai pu observer des larves de bonne envergure dans mes lis cet été. Nous avons pris des photos et des vidéos de ces larves… et je dois avouer que leur vue m’a plutôt dégoûtée, bien que je sois une amoureuse des insectes et autres invertébrés. La larve ressemble à une sorte de blob visqueux de couleur tout aussi ragoûtante variant entre le jaune, le kaki et le brun ! Même dépourvue de sa généreuse couche de mucus et d’excréments, la bête a une allure particulière : l’abdomen, renflé et jaune, est démesuré à côté de la petite tête et des pattes noires.
L’adulte, de son côté, est nettement plus charismatique. Faisant de 6,3 à 7,3 mm de long, sa tête, ses pattes et sa face ventrale sont noires, alors que ses élytres sont d’un rouge vibrant et brillant. J’en apercevais en grande quantité, souvent affairés à s’accoupler pour produire une autre génération d’étranges larves gluantes.
L’adulte est de taille moyenne
D’ailleurs, les recherches que j’ai effectuées pour écrire le présent billet m’ont permis d’apprendre qu’il y aurait d’une à trois générations (ce chiffre varie selon la source consultée) de ces insectes annuellement au Québec, dont une première génération d’adultes qui émergent tôt au printemps, vers le mois d’avril. De quoi à décourager les jardiniers qui les aiment nettement moins !
Revenons justement aux dommages générés par les criocères du lis. Le Jardinier paresseux recommande vivement – et simplement – d’arracher tous les végétaux auxquels s’attaquent les criocères du lis : lis (Lilium), lis géants (Cardiocrinum) et fritillaires (Fritillaria). Selon Smeesters et coll. (2005), ces arthropodes aimeraient également croquer quelques autres espèces, lorsque leurs plantes favorites ne sont pas disponibles, dont les sceaux-de-Salomon (Polygonatum spp.), les streptopes et les smilacines.
Cette larve couverte de mucus et d’excréments est la larve du criocère du lis!
Si vous cherchez malgré tout à préserver vos lis et êtes prêts à y mettre beaucoup d’énergie, le Jardinier paresseux passe en revue (et critique) quelques méthodes populaires. En voici un résumé (allez sur le site du Jardinier paresseux pour les détails) :
Récolte manuelle. Implique d’ausculter les lis tôt tous les matins et d’enlever à la main les adultes et les larves, puis de les jeter dans l’eau savonneuse ou les écraser. Les œufs jaunes, rouges ou orangés, d’environ 1,5 mm de long, peuvent également être repérés ainsi et retirés des plants. À noter que j’ai lu que les criocères du lis peuvent striduler bruyamment s’ils sont perturbés; ne soyez donc pas surpris s’ils lancent un cri lorsque vous les manipulez !
Marc de café. Il s’agit de l’épandre au sol afin de cacher l’odeur du lis. Il semble cependant, selon le Jardinier paresseux, que cette stratégie ne fonctionne pas.
Plantes répulsives. Il serait véhiculé que le fait de planter certains végétaux près du lis repousse le criocère… Un mythe à nouveau déboulonné par le Jardinier paresseux.
Vaporisations. Il s’agit de vaporiser différents produits sur les lis ou directement sur les criocères, dont de l’huile de neem, des savons insecticides et du savon à vaisselle. Le traitement semble avoir du potentiel, mais nécessite des vaporisations fréquentes et risque d’affecter d’autres insectes plus désirables (comme les abeilles, par exemple).
Espace pour la vie ainsi que Smeesters et coll. (2005) suggèrent quelques astuces supplémentaires :
Couvrir les plants d’une fine toile au printemps pour empêcher les adultes de les atteindre;
Pour la récolte manuelle, utiliser un tissu ou contenant au-dessus duquel secouer les plants ou utiliser un aspirateur manuel;
Ramasser ou brûler les végétaux morts et les débris au sol à l’automne pour réduire les refuges hivernaux possibles (par contre, vous réduirez ces refuges pour les autres invertébrés qui peuvent s’avérer utiles);
Vaporiser les plants d’un extrait de tanaisie pour masquer leur odeur;
Biner le sol autour des lis au printemps et à l’automne afin d’exposer les criocères aux intempéries et aux prédateurs.
Larve du criocère du lis et ses dégâts sur le feuillage
Une autre option : plantez des hémérocalles, de jolies fleurs qui ressemblent à celles du lis et que j’adore personnellement. Elles sont de bon couvre-sol (peu d’herbes indésirables poussent à leur pied), demandent très peu d’entretien et fleurissent en une vaste gamme de couleurs ! Qui plus est, les criocères ne s’en nourrissent pas !
En ce qui concerne les lis de mes propres plates-bandes, j’ai laissé les adultes et les larves de criocères du lis vaquer à leurs occupations. Ces individus, bien nourris et engraissés, ont sans doute pour leur part été loin de penser qu’ils ont eu une vie de m… !
Cet été, j’ai eu la chance de réaliser mon tout premier élevage de chenilles.
L’activité m’a permis de prendre de multiples photos et vidéos, que je vous présente avec plaisir dans le cadre de cette première capsule décrivant les péripéties d’un élevage de chenilles à partir de zéro.
La vidéo se termine avec une question pour vous : combien croyez-vous que nous avons amené de chenilles en vacances avec nous autour du Québec ?
Vous avez vu passer la publication sur la page Facebook DocBébitte au sujet de cartes de « faits amusants » que j’ai préparées pour l’Halloween et voulez en savoir plus ?
Vous êtes passés chez DocBébitte cette Halloween, avez entre les mains une telle carte et voudriez voir celles que vous avez ratées ?
Peut-être cherchez vous de l’inspiration pour préparer une surprise similaire pour une autre occasion ?
Qu’à cela ne tienne ! Je vous partage, dans une galerie photo ci-dessous, l’ensemble des petits faits amusants que j’ai concoctés cette année pour les « Halloweeneux » qui seront passés par chez moi !
Et j’en profite pour vous souhaiter une joyeuse Halloween… pleine de bêtes étranges ! Mouhahahaha !