Gagnante du concours de photo 2015 – Augochlora pura par Julie Cusson

Les jeux sont faits! Vous vous êtes prononcés quant à votre photo « coup de cœur » et c’est le cliché représentant un hyménoptère tout vert et pris par Mme Julie Cusson qui a reçu le plus grand nombre de votes. Félicitations à Mme Cusson et, comme promis, le reste de la présente chronique fera le portrait de l’insecte photographié!

Avant de me lancer, je souhaiterais commencer par remercier tous les participants au concours amical de cette année qui ont soumis de superbes clichés, souvent hauts en couleur! De nombreux lecteurs qui ont voté m’ont d’ailleurs indiqué que le choix s’avérait fort difficile. Bravo pour vos jolis clichés et pour avoir partagé votre passion des insectes et de la photographie!

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Photographie gagnante du concours amical de 2015 – Augochlora pura par Julie Cusson

Parlons maintenant de notre insecte-vedette. Je dois tout d’abord préciser que l’identité de l’insecte – Augochlora pura – a été fournie par la photographe. Comme je l’ai déjà mentionné, je suis une entomologiste amateur qui a tout à apprendre au sujet de nombreux groupes d’insectes. Les hyménoptères en font partie : cet ordre représente un groupe varié et je vous mentirais si je vous disais que je maîtrise l’identification des espèces qui y appartiennent.

Chez les hyménoptères, on retrouve quelques familles qui comprennent des individus de coloration vert ou bleu métallique, dont les Halictidae, les Megachilidae et les Chrysididae. Si je me fie à Borror et White (1970), ainsi qu’à Marshall (2009), l’examen attentif des motifs sur les ailes, ainsi que de leur forme est d’une grande importance dans la distinction de ces familles – ce qu’on ne voit pas toujours bien sur une photo individuelle! Dans notre cas, Augochlora pura est une jolie abeille appartenant à la famille Halictidae.

Ce petit halicte de 8 mm de long est bien réparti dans l’est de l’Amérique du Nord. Habituellement de couleur vert métallique, il peut toutefois prendre des teintes cuivrées, dorées et même bleutées. On peut l’observer butinant sur des fleurs de diverses variétés : amélanchier, hydrangée, asclépiade, rhododendron, aster, mauve (malva), rudbeckies et j’en passe! Il n’est donc pas surprenant de le voir en action sur de jolies fleurs, comme c’est le cas sur notre photo gagnante!

Ce petit pollinisateur vit sous l’écorce des arbres, souvent dans le bois mort ou pourri, ou encore dans des galeries taillées par des insectes xylophages. Une des sources consultées suggère qu’il vivrait aussi sous terre, en particulier lorsque celle-ci n’est pas compactée et permet la libre circulation.

Les femelles A. pura ramènent au nid le pollen qui servira à nourri leurs larves qui se développent dans des cellules habituellement situées tout au bout des galeries. Selon Borror et White (1970), il arrive que plusieurs individus établissent leur nid à proximité les uns des autres de sorte qu’ils utilisent les mêmes galeries pour circuler. Marshall (2009), quant à lui, indique que les halictes de façon générale (pas spécifiquement A. pura) nichent souvent en groupes et peuvent prodiguer des soins à l’ensemble des jeunes, qu’ils soient les leurs ou non. Il n’en demeure pas moins que le mode de vie solitaire semble aussi être fréquent, suggérant une variabilité dans le comportement social de cette famille.

Ces abeilles seraient parmi les premières à être observées au printemps, puisqu’elles seraient plus tolérantes au froid que plusieurs de leurs consœurs. Les premiers individus observés seraient généralement des femelles fécondées qui passent l’hiver à l’abri dans leurs galeries. Les larves survivent également à l’hiver en demeurant sous le bois et elles émergent un peu plus tard pendant la saison estivale.

Pour terminer, vous pourriez être tentés de manipuler ces sympathiques petites abeilles. Vous devrez cependant user de prudence, car il semblerait qu’elles soient en mesure de piquer! Sur ce, bonnes observations et bravo encore à Julie Cusson pour ce cliché coloré!

 

Pour en savoir plus

Le pastel vous va si bien!

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L’Anisote de l’érable
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Vue dorsale
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Forme pâle de l’Anisote de l’érable

La devinette de la semaine dernière mettait en vedette un insecte arborant avec style le rose et le jaune. Certains d’entre vous l’ont deviné : il s’agit d’un papillon de nuit. Plus précisément, notre joli insecte porte le nom d’Anisote de l’érable (Dryocampa rubicunda).

L’Anisote de l’érable fait partie de la famille Saturniidae, un groupe de papillons de nuit bien connu pour ses beaux spécimens comme le papillon lune (cette photo) et le Cécropia (cette photo). Selon Wagner (2005), l’Anisote de l’érable contribuerait, aux côtés de ces jolis lépidoptères, à la notoriété de cette famille d’insectes.

Ce papillon de taille moyenne (longueur de 26 mm) est commun dans l’est de l’Amérique du Nord. Ses couleurs le rendent particulièrement facile à identifier, quoiqu’on pourrait le méprendre pour une autre espèce de papillon de nuit de la famille Notodontidae, Hyparpax aurora (voir ici). Heureusement, cette seconde famille est moins commune et, selon Beadle et Leckie (2012), son aire de distribution n’atteint pas tout à fait le Québec. Bien qu’il soit toujours possible de tomber sur des individus qui se sont aventurés vers le nord, les probabilités sont que, si vous observez un joli papillon de nuit rose et jaune, il s’agit d’une Anisote de l’érable.

Il importe toutefois de noter que certains individus sont de forme plus pâle et nécessitent un examen plus attentif. Dans ces cas, les ailes sont majoritairement jaunâtres, mais on peut tout de même reconnaître l’espèce par l’épaisse « crinière » de poils jaunes qu’elle porte sur le thorax et l’abdomen.

Comme son nom l’indique, l’Anisote est associée aux érables. L’adulte ne se nourrit pas et ce sont donc les chenilles qui se délectent des feuilles de cette essence d’arbre. On peut également les retrouver sur quelques autres feuillus comme les chênes et les hêtres. On les observe dans des boisés où la lumière pénètre bien, ainsi que dans des forêts matures. Pour ma part, je suis tombée sur un spécimen alors que nous étions sur un terrain de camping dans le parc de la Yamaska. Naturellement, il y avait bonne quantité de feuillus surplombant ledit terrain. Les photos qui agrémentent la présente chronique ont d’ailleurs été prises à ce moment.

Les chenilles ont une allure distincte qui nous permet de les identifier assez aisément. Elles portent une robe verte agrémentée de lignes plus pâles dans les teintes de bleu-vert à blanchâtre. Leur tête est souvent orangée (parfois beige selon Wagner 2005) et le second segment de leur thorax est flanqué de deux grandes « cornes » noires. Leur corps est aussi parsemé de multiples épines noires. Ces chenilles sont d’une taille appréciable et peuvent atteindre une longueur de cinq centimètres.

La chenille de l’Anisote de l’érable est grégaire pendant les premiers stades de sa vie. Elle peut être abondante sur certains arbres au point de devenir une peste : elle décime alors son hôte. Par la suite, elle opte pour un mode de vie solitaire afin de compléter ses deux derniers stades de vie larvaire.

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Chenille de l’Anisote de l’érable
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Autre vue de la chenille

La forme larvaire s’étend de juillet à septembre. À la fin de cette période, la chenille descend au bas de son arbre-hôte et se transforme en pupe. Elle passera ainsi l’hiver à l’abri du froid, sous forme de chrysalide, dans de petites chambres souterraines situées à la base de l’arbre.

Une fois le printemps venu, les adultes émergeront de leur abri afin de recommencer un nouveau cycle. Ces derniers pourront être observés du mois de mai jusque vers la fin de l’été (août), au grand plaisir des entomologistes en quête de jolies couleurs!

 

Pour en savoir plus

Capsule : le pastel est à la mode!

Bien que beaucoup d’insectes se fondent au décor en arborant le brun, le beige ou le vert, certains optent pour des couleurs vives au grand bonheur de ceux qui souhaitent  les observer. C’est le cas de l’insecte-mystère de la semaine qui est fort remarquable avec ses tons de rose et de jaune.

Qui est-il?

Vous êtes invités à répondre à cette devinette sur la Page Facebook DocBébitte ou en inscrivant vos réponses dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse sera fournie lors de la prochaine chronique!

Devinette 2015-09-07
Quel insecte porte si bien le jaune et le rose?

Un maître chanteur nocturne

S. septentrionalis 1
Mâle Scudderia septentrionalis
S. septentrionalis 2
Même mâle, vue dorsale

Au début du mois d’août cette année, j’eus le plaisir d’avoir la visite répétée d’un maître chanteur nocturne. Ledit visiteur daigna se présenter à ma vue deux soirs d’affilée, exactement de la même façon, me laissant croire qu’il s’agissait du même individu. J’entendis d’abord son chant provenant d’un bosquet d’hostas situé le long de ma maison. Puis, je le vis se poser tout près de moi, là où luisait une forte lumière (un « spot », en bon français!) éclairant ma cour.

De qui s’agissait-il?

À la fois le chant et les caractéristiques morphologiques du joli mâle qui me faisait la sérénade me permirent de l’identifier : Scudderia septentrionalis, la sauterelle septentrionale. Cette espèce de scuddérie fait partie de la famille Tettigoniidae, les « vraies » sauterelles (voir cette chronique sur les différents groupes d’orthoptères).

Le mâle de cette espèce émet un chant bien distinct, que Himmelman (2009) évalue comme étant complexe pour les membres du genre Scudderia. Il s’agit d’une série de « clicks » sonores, suivis de ce que je qualifierais de plusieurs « tsréé, tsréé, tsréé » (Himmelman parle de « Dsee ») – pour ma part, j’en comptai six de suite chez « mon » mâle chanteur. Vous pouvez entendre un extrait de ce chant en suivant ce lien.

La sauterelle septentrionale mâle se distingue aussi des autres scuddéries par une plaque supra-anale réduite (voir cet exemple), caractéristique que je pus confirmer sur mes photographies. Chez les autres espèces de scuddéries, la plaque supra-anale est dotée d’une structure plus élaborée (comme dans cet exemple d’un mâle Scudderia furcata).

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C’est la forme de la plaque supra-anale située tout au bout de l’abdomen qui aide à distinguer les espèces de scuddéries
S. septentrionalis 4
Plan rapproché sur la plaque supra-anale

Ce joli insecte d’un vert vif se rencontre au sud du Canada, ainsi qu’aux États-Unis, jusqu’en Caroline du Sud. Il affectionne les buissons bordant les boisés, ainsi que les arbres matures des forêts décidues. Nous avons un boisé dans notre cour qui est majoritairement constitué d’espèces feuillues (érables, chênes, bouleaux et frênes), ce qui correspond bel et bien à un habitat approprié pour la sauterelle septentrionale. Après ma découverte initiale, j’entendis d’ailleurs d’autres individus chanter à la brunante dans le quartier.

Mon mâle scuddérie était visiblement attiré par les lumières extérieures et ne s’avérait pas particulièrement farouche. Cela me permit de prendre plusieurs photos et vidéos, ainsi que de le manipuler allègrement.

Bref, si vous voyez de belles grosses sauterelles très vertes la nuit tombant, soyez attentifs au chant émis. Si vous êtes munis d’une caméra, tentez de photographier – entre autres – l’arrière-train de la bête. Ces observations vous seront très aidantes pour confirmer l’espèce que vous avez entre les mains! Vous pouvez par ailleurs manipuler – avec soin bien sûr! – les individus qui sont somme toute assez dociles. Finalement, si vous êtes de nature contemplative, vous pouvez simplement vous installer à l’extérieur et vous laisser bercer par leurs mélodies nocturnes!

 

Vidéo 1. Mon visiteur qui se fait coquet.

 

Vidéo 2. Même mâle scuddérie. Il n’est pas très nerveux et se laisse filmer aisément.

 

Pour en savoir plus

 

Concours amical de photographie 2015 : Votez pour votre coup de cœur!

Pour une troisième année consécutive, vous êtes plusieurs à avoir participé au concours amical de photographie d’invertébrés. Quelques anciens participants récidivent, alors que de nouveaux se sont ajoutés. De plus, nous avons beaucoup d’invertébrés québécois, mais aussi quelques-uns provenant d’ailleurs autour du globe. Une chose est certaine, nos candidats prennent plaisir à photographier les petites bêtes de toutes sortes qui peuplent leurs cours et les divers endroits qu’ils fréquentent!

Comme chaque année, je vous mets à contribution pour le choix de la photographie « coup de cœur ». Bref, c’est à vous que je délègue la tâche ingrate de choisir votre « préférée » parmi les belles photos qui m’ont été transmises!

La façon de procéder est simple : il vous suffit de me transmettre le numéro de la photographie pour laquelle vous votez. Aussi, chaque personne a droit à un vote. Si vous avez soumis une photographie au concours, vous avez également droit de vote (évitez cependant de voter pour votre propre photo)!

Vous pouvez me faire parvenir vos votes de deux façons :

  • 1) Transmettez-moi un courriel à info@docbebitte.com. Dans ce cas, comme les adresses courriel n’indiquent pas toujours le nom, SVP m’indiquer votre prénom et votre nom, afin de je compile qui a voté (simplement pour éviter qu’une même personne vote deux fois);
  • 2) Écrivez-moi un message privé sur Facebook, à partir de la page DocBébitte.

Voilà, c’est maintenant à vous de jouer! Il ne vous reste plus qu’à admirer les photographies ci-dessous et à me transmettre votre vote. Vous avez jusqu’au vendredi 11 septembre pour voter. Que le meilleur gagne!

PS – Les photographies sont affichées en ordre alphabétique d’ordre d’invertébrés (de Araneida à Trichoptera). De plus, il faut cliquer sur ces dernières pour les afficher en version « plein écran ». N’oubliez pas de peser sur la flèche « retour arrière » pour revenir sur le site DocBébitte.

 

Photographies en candidature
#1. Yohann Chiu. Agélénidé (Agelenopsis sp.), Québec, Qc.YChiu_DSC_2780_Fin #2. Sylvie Benoit. Araignée-crabe (Thomisidae), Salaberry-de-Valleyfield, Qc.SBenoit_Araignée_Fin #3. Julie Cusson. Araignée-crabe (Thomisidae), Sorel-Tracy, Qc.JCusson_araignée-4_Fin
#4. Ludovic Leclerc. Accouplement de balanins, Québec, Qc.LLeclerc_Balanins accouplement_Fin #5. Yohann Chiu. Coccinelle asiatique, Québec, Qc.YChiu_DSC_7959_Fin #6. Céline Benoit Anderson. Scarabées japonais, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.CéAnderson_Scarabéesjaponais_Fin
#7. Maud Regnier. Trichode des ruches, Champfleur, Fr.MRegnier_TRICHODES ALVEARIUS_Fin #8. Carole-Anne Gillis, Larve de chironome (Chironomidae), Rimouski, Qc.CAGillis_chironomide_Fin #9. Céline Benoit Anderson. Tipule, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.CéAnderson_Tipule_Fin
#10. Sylvie Benoit. Cigale caniculaire, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.SBenoit_Cigale_Fin #11. Maud Regnier. Pentatome (Eysarcoris venustissimus), Boitron, Fr.MRegnier_EYSARCORIS VENUSTISSIMUS_Fin #12. Christian Anderson. Abeille sur rudbeckies, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.ChAnderson_Hyménoptère_Fin
#13. Ève Boulanger-Grondin. Abeille sur marguerite, Montréal, Qc.EBG_Abeille_Fin #14. Julie Cusson. Halicte (Augochlora pura), Sorel-Tracy, Qc.JCusson_augochlora pura-1Corr_Fin #15. Yohann Chiu. Bourdon, Québec, Qc.YChiu_DSC_0840_Fin
#16. Ludovic Leclerc. Boloria à taches argentées, Saint-Raymond, Qc.LLeclerc_Boloria à taches argentées_Fin #17. Sylvie Benoit. Chenille du papillon du céleri, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.SBenoit_chenille céleri_Fin #18. Ève Boulanger-Grondin. Monarque, Montréal, Qc.EBG_Monarque_Fin
#19. Ève Boulanger-Grondin. Petit monarque, Montréal, Qc.EBG_PetitMonarque_Fin #20. Julie Cusson. Saturnie cécropia, Sorel-Tracy, Qc.JCusson_saturnie ceěcropia_Fin #21. Christian Anderson. Triphène fiancée, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.ChAnderson_Papillon_Fin
#22. Christian Anderson. Agrion des scirpes, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.ChAnderson_Zygoptera_Fin #23. Céline Benoit Anderson. Libellule quadrimaculée, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.CéAnderson_Libellule_Fin #24. Ludovic Leclerc. Sympétrum éclaireur, Québec, Qc.LLeclerc_Sympétrum éclaireur accouplement_Fin
#25. Maud Regnier. Sympétrum rouge sang, Biaches, Fr.MRegnier_SYMPETRUM SANGUINEUM_Fin #26. Carole-Anne Gillis. Naïade de plécoptère (Perlidae), Rimouski, Qc.CAGillis_Perlidae_Fin #27. Carole-Anne Gillis. Larve de trichoptère (Hydropsychidae), Rimouski, Qc.CAGillis_Hydropsychidae_Fin