Nématomorphes : Les voleurs de corps

En tant qu’entomologiste amateur qui s’exerce à l’identification de spécimens variés que je trouve déjà morts, je dois vous avouer être hantée par une pensée : celle de voir mon spécimen mort se mettre à bouger sous la loupe de mon stéréomicroscope… et voir un organisme étranger en sortir. Cette frissonnante vision n’est pas complètement impossible. De multiples invertébrés sont susceptibles d’être parasités par d’autres, à l’instar du célèbre film « Alien ».

Un exemple bien connu est celui de l’étrange et long ver qui s’extirpe du corps d’araignées et de mantes religieuses popularisé par quelques « perturbantes » vidéos YouTube qui sont devenues littéralement virales (cliquer ici pour la vidéo sur l’araignée et ici pour celle sur la mante religieuse). Noter la taille surprenante des vers par rapport à leur hôte.

Nematomorpha
Nématomorphe capturé au printemps 2015 dans la rivière du Cap-Rouge

Dans ces deux cas, il s’agissait plus précisément d’un nématomorphe (embranchement Nematomorpha), un invertébré non-arthropode. Ce dernier est communément appelé « ver gordien », nom qui lui vient de sa propension à former des nœuds avec son corps lorsqu’il se tortille. En anglais, on l’appelle « hairworm » ou « horsehair worm », car il ressemble à un crin de cheval. À l’instar des crins, les adultes sont en effet longs et minces et arborent des couleurs variant entre le jaune et le noir. Leur diamètre se chiffre entre 0,25 et 3 mm, alors que leur longueur peut s’étaler de quelques centimètres jusqu’à un mètre!

J’ai fait la connaissance de ce groupe d’invertébrés lors de mes études en limnologie (écologie des lacs et des rivières), puisque les nématomorphes ont un cycle de vie étroitement associé aux milieux aquatiques. C’est dans le cadre d’un cours d’écologie générale que j’en vis pour la première fois. À la suggestion du professeur, nous collectâmes des criquets à différentes distances d’un point d’eau. Ensuite, nous les mettions au réfrigérateur, dans des sacs individuels. Le lendemain, nous devions compter combien de ces orthoptères étaient parasités. L’hypothèse était que les orthoptères capturés plus près du point d’eau étaient davantage infectés que les autres. Comment pouvions-nous le voir? C’est en sortant les sacs du frigo que nous obtenions notre réponse : si le criquet n’était plus seul dans son sac – soit accompagné d’un très long ver –, nous savions qu’il était parasité. Plusieurs de nos individus s’avérèrent effectivement parasités et l’expérience fut fort instructive – bien que nous ne pûmes noter de différence significative dans le taux de parasitisme selon l’endroit de capture des criquets.

Lors de mes études sur les milieux aquatiques, je n’en ai pas observé, peut-être parce que ceux-ci se confondaient facilement aux débris des rivières que j’échantillonnais, ou encore parce que je n’échantillonnais pas aux moments de l’année où ils sont plus actifs. Selon Thorp et Covich (2001), c’est au printemps ou tard en été qu’on a le plus de chances d’observer les adultes. Je tombai toutefois sur un individu lors d’une sortie éducative sur le terrain au printemps dernier en compagnie d’un jeune collègue entomologiste; c’est d’ailleurs ce dernier qui remarqua en premier le ver bougeant lentement dans le tas de débris que nous venions de collecter. Cela me permit de prendre les vidéos et les photos qui agrémentent la présente chronique.

Bien que ce soit le long ver adulte émergeant d’invertébrés qui nous fasse frémir, c’est plutôt le stade larvaire qu’il faut craindre – si l’on est un invertébré, bien sûr! Le cycle de vie des nématomorphes se caractérise par quatre stades : l’œuf, la larve préparasitique, la larve parasite et l’adulte vivant en eau libre.

Échantillonnage Cap-Rouge 2015
Milieu où le nématomorphe a été capturé

La femelle dépose ses œufs en milieu aquatique, un à la fois ou en plus grand nombre, formant des filaments gélatineux. Les larves préparasitiques qui en sortent peuvent adopter – selon les espèces – différentes stratégies. Certaines se développent immédiatement dans l’hôte qui les consomme en milieu aquatique. D’autres, qui vivent dans des mares temporaires, vont s’associer aux détritus présents dans l’environnement et survivre à l’assèchement de leur milieu de sorte à être ingérées par des arthropodes terrestres détritivores lorsque l’eau se sera retirée. Toutefois, la grande majorité des espèces de nématomorphes optent pour une troisième stratégie : les larves préparasitiques vont d’abord pénétrer à l’intérieur d’un premier hôte – l’hôte intermédiaire –, où elles stoppent leur développement. Elles attendent ensuite que cet hôte se fasse dévorer par un prédateur ou encore par un omnivore avant de poursuivre leur développement.

L’hôte intermédiaire comprend diverses larves d’invertébrés aquatiques comme les maringouins et les éphémères, mais inclut aussi des poissons et des têtards. Ces hôtes intermédiaires peuvent être consommés par une myriade d’invertébrés – dytiques, libellules, mantes religieuses, carabes, araignées, criquets, grillons – qui deviennent ainsi l’hôte final.

Quand le développement larvaire au sein de l’hôte final est complété, le nématomorphe qui est prêt à émerger doit le faire près d’un milieu aquatique. Comme les invertébrés parasités ne sont pas toujours d’origine aquatique, notre ver gordien doit user de stratégie afin que ces premiers aient envie d’aller s’abreuver ou « se baigner »! Que ce soit par dessiccation des tissus internes ou par un signal chimique généré par le ver parasite qui modifie le comportement de l’hôte, le ver parvient à « guider » ce dernier vers un milieu aqueux. C’est d’ailleurs ce phénomène que nous tentions d’étudier en capturant des criquets à diverses distances d’un point d’eau : nous présumions que les criquets parasités étaient « programmés » pour vouloir se rapprocher de tout milieu aquatique. Intrigant, n’est-ce pas?

Cela dit, une fois dans l’eau, le ver adulte n’a qu’à s’extirper de son hôte afin de compléter son cycle de vie. L’adulte ne se nourrit pas et, comme bien des adultes invertébrés, s’affaire essentiellement à la reproduction.

Si les nématomorphes adultes ont besoin de milieux aquatiques pour poursuivre leur développement, pourquoi les voit-on émerger d’invertébrés terrestres dans les vidéos YouTube susmentionnées? Le fait que les hôtes finaux aient été tués dans les vidéos n’est pas étranger à cette observation : les vers ne font que s’expulser de leur hôte qui, une fois mort, ne leur est plus d’aucune utilité!

En outre, vous aurez compris que ces étonnantes créatures ne sont pas un danger pour les humains : les larves ont besoin d’invertébrés pour survivre et les adultes ne se nourrissent point. Néanmoins, quelques cas de vers gordiens présents dans les excréments ou les vomissures d’humains ont été recensés : il s’agirait probablement de circonstances accidentelles, comme le cas d’une Coréenne qui se serait nourrie de criquets infectés, libérant ainsi dans son estomac les adultes qui n’ont plus leur hôte. Si vous êtes inquiets, je vous suggère de lire cet intéressant article qui aura tôt fait de vous rassurer.

Malgré ces probabilités extrêmement faibles, il n’en demeure pas moins que la capacité de ces bêtes à parasiter, ainsi qu’à altérer le comportement d’un hôte est fascinante et touche notre imagination : celle-ci n’est-elle pas d’ailleurs source d’inspiration pour bien des films d’horreur? Dans le monde des invertébrés, la réalité rencontre visiblement la fiction!

Vidéo 1. Nématomorphe capturé dans la rivière du Cap-Rouge (Québec).


Vidéo 2. Même nématomorphe.

Pour en savoir plus

Chenille ou imposteur ?

Les chenilles font partie des premiers insectes que l’on apprend à identifier. Généralement d’assez bonne taille, colorées et d’allure sympathique, elles figurent couramment dans les livres de contes pour enfants.

Malgré le fait qu’on ait l’impression de bien les connaître, il nous arrive tout de même de faire erreur et d’identifier à tort une chenille qui n’en est pas une. En effet, plusieurs autres invertébrés prennent une forme ressemblant aux chenilles lors de leur stade larvaire… et confondent petits et grands!

Chenille vs tenthrède
Ocelles (yeux simples) d’une chenille versus ocelles d’une larve de tenthrède
Chenille vs tenthrède_Pattes
Fausses pattes : chenille versus larve de tenthrède

Lors de la capsule de la semaine dernière, je vous soumettais plusieurs clichés sur lesquels on retrouvait divers insectes ressemblant à des chenilles. Êtes-vous parvenus à distinguer les « vraies » chenilles (qui sont des lépidoptères) des fausses? Avez-vous deviné à quels ordres d’insectes les autres individus appartenaient?

Il existe quelques trucs faciles qui nous permettent de savoir si l’on fait face à chenille – qui deviendra un papillon – ou à une larve d’un autre insecte. Le premier truc réside dans l’examen des yeux de la bête : les chenilles sont munies de plusieurs yeux simples latéraux (généralement six ocelles de chaque côté de la tête), ce qui n’est pas le cas des autres larves « sosies ». Il s’agit d’une bonne façon pour distinguer les chenilles de certaines larves d’hyménoptères appartenant au groupe des mouches à scie (sous-ordre Symphyta) comme les tenthrèdes, par exemple. Les larves des mouches à scie peuvent ressembler passablement aux chenilles, en arborant des couleurs vives et en étant munies de pseudopattes le long de leur abdomen. Toutefois, leur tête est flanquée de deux yeux simples bien distincts.

Le second truc est d’examiner la présence de fausses pattes. Il s’agit de protubérances retrouvées sous l’abdomen et qui aident à la locomotion; elles s’ajoutent aux trois paires de vraies pattes situées, quant à elles, à la hauteur du thorax. Selon Wagner (2005), la majorité des vraies chenilles possède quatre paires de fausses pattes ou moins situées le long des segments 3 à 6 de l’abdomen (sans compter les pseudopattes anales). Les mouches à scie, quant à elles, en auraient cinq ou plus (ou six ou plus, selon les sources consultées), qui sont visibles généralement dès le second segment (segment 2) de l’abdomen.

Asticot tête réduite
Tête réduite d’un asticot (larve de diptère)

De même, la base des fausses pattes des chenilles arbore des crochets qui sont absents des fausses pattes d’autres larves d’invertébrés, notamment les mouches à scie et divers diptères. Les fausses pattes des diptères qui ressemblent aux chenilles présentent aussi une disposition qui peut être différente : elles ne sont pas nécessairement situées tout le long de l’abdomen (voir la photo de la larve de chironome plus bas à cet effet). Cela inclut également l’absence totale de pseudopattes comme chez les larves de tipules. De plus, les larves de diptères ne portent pas de « vraies » pattes et, selon l’espèce concernée, la tête peut s’avérer être très réduite (comme une larve d’asticot, par exemple).

Finalement, certaines larves de coléoptères ou de neuroptères rampantes et de forme allongée pourraient faire penser à des chenilles, mais l’on peut habituellement voir assez rapidement par leur forme générale, ainsi que la présence d’autres attributs (des plaques thoraciques, des mandibules allongées, absence de pseudopattes, etc.), qu’il ne s’agit pas d’une chenille.

Seriez-vous maintenant prêts à distinguer une chenille d’un autre insecte aux allures similaires? Lors de la devinette du 25 octobre dernier, les participants ont réussi à bien identifier les quatre vraies chenilles qui faisaient partie du lot. Bien joué! Toutefois, ils ont aussi identifié un des imposteurs comme étant une chenille: la tenthrède de la photo #1. Ce dernier aura bien réussi son déguisement!

Vous pouvez voir les réponses à la devinette de la semaine dernière dans le tableau ci-dessous. Bon visionnement!

Qui est une chenille et qui ne l’est pas? Les réponses!
#1. Larve de tenthrède (Hyménoptère) Devinette 1_2015-10-24 #2. Larve de coccinelle (Coléoptère) Devinette 2_2015-10-24 #3. Chenille (Lépidoptère) Devinette 3_2015-10-24
#4. Larve de trichoptère Devinette 4_2015-10-24 #5. Larve de tenthrède (Hyménoptère) Devinette 5_2015-10-24 #6. Larve de tipule (Diptère) Devinette 6b_2015-10-24
#7. Chenille (Lépidoptère) Devinette 7_2015-10-24 #8. Larve de neuroptère Devinette 8_2015-10-24 #9. Chenille (Lépidoptère) Devinette 9_2015-10-24
#10. Larve de cimbicidé (Hyménoptère) Devinette 10_2015-10-24 #11. Larve de chironome (Diptère) Devinette 11_2015-10-24 #12. Chenille (Lépidoptère) Devinette 12_2015-10-24

 

Pour en savoir plus

 

Joyeuse Halloween 2015!

Plusieurs insectes se sont parés de couleurs dignes de l’Halloween. Les laisseriez-vous entrer dans votre demeure s’ils cognaient à votre porte pour obtenir des friandises?

Peu importe! Ces charmantes bêtes dotées de pics et de poils, ainsi que moi-même, vous souhaitons Joyeuse Halloween 2015!

Coccinelle asiatique larve 3
Larve de coccinelle asiatique
Arctiide asclépiade
Arctiide de l’asclépiade
Sympetrum femelle
Sympetrum vicinum femelle

 

Capsule : Chenille ou pas?

Depuis quelques années, il m’est arrivée à plusieurs reprises de voir des amateurs de photographie demander de l’aide afin d’identifier une chenille… qui n’en était pas une! Il faut dire que plusieurs larves appartenant à d’autres ordres d’insectes ressemblent en effet à nos jeunes papillons en devenir.

Dans le cadre de la prochaine chronique, je compte vous parler de quelques insectes qui ressemblent à des chenilles et vous donner des conseils d’identification. Comme vous êtes très bons dans les devinettes, j’en profite pour vous soumettre plusieurs photographies d’insectes. Sur certaines d’entre elles figurent de « vraies » chenilles, alors que les autres présentent des « sosies » qui n’en sont pas!

Votre tâche : identifier qui est une chenille (un lépidoptère) et qui ne l’est pas! Simple, n’est-ce pas?

Pour ce faire, vous êtes invités à répondre à cette devinette en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte ou en inscrivant vos réponses dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse sera fournie lors de la prochaine publication DocBébitte!

PS – Cliquer sur les images pour les agrandir!

 

Qui est une chenille et qui ne l’est pas?
#1.Devinette 1_2015-10-24 #2.Devinette 2_2015-10-24 #3.Devinette 3_2015-10-24
#4.Devinette 4_2015-10-24 #5.Devinette 5_2015-10-24 #6.Devinette 6b_2015-10-24
#7.Devinette 7_2015-10-24 #8.Devinette 8_2015-10-24 #9.Devinette 9_2015-10-24
#10.Devinette 10_2015-10-24 #11.Devinette 11_2015-10-24 #12.Devinette 12_2015-10-24

Lisse ou rugueux, ton osmoderme?

Il y a quelques étés, j’eus la chance d’observer de près un fort joli coléoptère déambulant nonchalamment sur le pavé de ma cour. Ladite bête était d’une taille appréciable, ce qui attisa ma curiosité. Pensant faire affaire à un carabe (voir cette chronique),  je m’approchai de l’individu pour l’examiner et fus surprise de voir qu’il s’agissait d’un nouvel insecte que je ne connaissais pas encore.

Osmoderme rugueux
Joli osmoderme rugueux dont j’ai fait la connaissance il y a trois étés
Osmoderma eremicola
Osmoderme ermite dans ma main : il fait 30 mm de long

L’insecte en question était loin d’être farouche et me laissa le photographier allègrement sous tous ses angles. Je pris également quelques vidéos, dont une que vous pourrez visionner à la fin de la présente chronique. Photos en main, je commençai à feuilleter le livre Les insectes du Québec (Dubuc, 2007) et trouvai rapidement une correspondance : mon mignon coléoptère était en fait un osmoderme rugueux (Osmoderma scabra).

Dans la chronique de la semaine dernière, je vous faisais deviner quelle était l’identité d’un autre gros coléoptère de ce genre : il s’agissait d’un osmoderme ermite (Osmoderma eremicola). J’avais trouvé ce dernier mort dans un sentier et l’avais ramené à la maison afin de l’identifier et de l’épingler (ajout à ma collection « écorespectueuse » faite d’invertébrés déjà retrouvés morts).

À eux deux, les individus précités constituent les représentants du genre osmoderme retrouvés au Québec. En effet, selon Hardy (2014), deux espèces ont été récoltées à ce jour au Québec : O. scabra et O. eremicola.

Les osmodermes sont des scarabées (famille : Scarabaeidae) et, plus particulièrement, des cétoines (sous-famille Cetoniinae). Leur aire de distribution couvre la côte est de l’Amérique du Nord. Au Québec, on les retrouve dans tout le sud de la province.

O. scabra côté
Osmoderme rugueux, vu de côté

Les deux familles observées au Québec sont étroitement associées à des habitats forestiers : les larves se développent dans le bois pourri et les troncs creux des arbres. Les adultes, de leur côté, s’observent également sous ou sur le bois et peuvent notamment être attirés par des écoulements de sève dont ils se nourrissent. À ce qu’il semble, ils ne causeraient pas de dommage aux arbres sains. Plus spécifiquement, l’osmoderme rugueux est associé aux forêts décidues comprenant de vieux érables et des peupliers faux-trembles, alors que l’osmoderme ermite vivrait davantage dans les forêts peuplées de chênes.

D’autres caractéristiques permettent de différencier ces deux espèces. Par exemple, comme son nom l’indique, les élytres (ailes postérieures durcies) de l’osmoderme rugueux sont striés, alors que la tête et le pronotum (segment situé entre la tête et les élytres) sont ponctués. Bref, le corps de cette espèce est plutôt… rugueux! En revanche, le corps de l’osmoderme ermite est plus luisant. Son pronotum est peu ponctué et ses élytres sont faiblement striés de sorte qu’ils semblent lisses.

Un autre attribut qui m’a rassurée quant à l’identification de l’osmoderme que j’avais trouvé mort cet été est l’apparence du pronotum : celui de l’osmoderme ermite est formé d’une dépression en son centre. Ce n’est pas le cas chez les osmodermes rugueux, quoique les mâles soient munis de deux à quatre carènes (arêtes) faisait en sorte qu’il faut les regarder attentivement pour ne pas prendre le creux entre ces dernières pour une dépression. Vous pouvez voir une photographie d’un mâle osmoderme rugueux dont les carènes sont apparentes sur Bug Guide en cliquant sur ce lien. J’affiche aussi, dans la présente chronique, des photos côte à côte de nos deux espèces pour vous permettre de les comparer.

Osmodermes comparaison_Détails
Comparaison entre l’osmoderme rugueux (O. scabra) et l’osmoderme ermite (O. eremicola); cliquer sur la photo pour l’agrandir

De plus, l’osmoderme ermite atteint une taille supérieure (environ 21 à 32 centimètres) à celle de l’osmoderme rugueux (environ 15 à 26 centimètres); les très gros individus risquent donc d’appartenir davantage à la première espèce qu’à la seconde. Néanmoins, dans les deux cas, il s’agit tout de même de gros insectes, comme en témoignent mes photographies. Malgré leur grande taille, ces scarabées sont pacifiques et ne semblent pas portés à mordre. Vous pouvez vous laisser aller à les manipuler!

Bien que la documentation consultée indique que ces coléoptères sont plus actifs la nuit, les quelques individus vivants que j’ai croisés jusqu’à maintenant étaient actifs pendant la journée. Cela dit, il semblerait qu’ils soient attirés par les lumières le soir, faisant en sorte que vous pourriez les apercevoir lors de soirées d’été près de vos demeures (si des boisés sont situés à proximité, bien sûr)!

Pour terminer, un fait intriguant que j’ai appris en effectuant mes recherches pour la présente chronique est que nos deux espèces d’osmodermes québécoises émettraient une odeur de cuir lorsqu’elles sont manipulées. Étrangement, cela cadre bien avec leur apparence cuirassée!

 

Vidéo. Sympathique osmoderme rugueux se promenant sur ma main.

 

Pour en savoir plus

  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Hardy, M. 2014. Guide d’identification des Scarabées du Québec (Coleoptera: Scarabaeoidae). Entomofaune du Québec (EQ) inc., Saguenay. 166 pages.
  • Bug Guide. Genus Osmoderma. http://bugguide.net/node/view/9890
  • Bug Guide. Species Osmoderma eremicola. http://bugguide.net/node/view/9891
  • Bug Guide. Species Osmoderma scabra. http://bugguide.net/node/view/15974