Une mouche tout en peluche

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Bombylius major se réchauffant au soleil

Les invertébrés en général suscitent fréquemment la crainte et le dédain. Or, quelques individus défient cette tendance lourde et sont tout simplement mignons – même vus de l’œil d’un profane. C’est le cas de certains insectes appartenant à une famille de l’ordre des diptères : Les bombyles (Bombyliidae).

Plusieurs de ces mouches (en particulier le genre bombylius) ressemblent effectivement à des peluches : velues, peu menaçantes, elles revêtent un air fort sympathique! Elles sont munies d’un rostre dont elles se servent pour siroter le nectar des fleurs. Bien que l’appendice en question soit impressionnant (certains pourraient croire qu’ils s’en servent pour piquer, comme les maringouins), il n’en est rien! Ces jolies mouches sont inoffensives!

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On peut manipuler les bombyles sans crainte (ici sur ma main)
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Autre B. major profitant des rayons du soleil

La meilleure façon de les observer, c’est d’examiner vos plates-bandes lors de journées printanières ensoleillées. Comme les bombyles se délectent de nectar, les plates-bandes constituent en effet une destination de choix. Aussi, ils aiment se faire « dorer » au soleil, au repos sur la litière de feuille! Autre fait intéressant : ces derniers survolent souvent les fleurs de façon stationnaire, à l’instar des colibris. Il s’agit d’un bon indice pour les reconnaître, quoique les syrphes, une autre famille de mouches (voir cette chronique), soient également reconnus pour ce type de vol.

Étrangement, bien que l’adulte soit tout à fait inoffensif, les larves, elles, sont de dangereux parasitoïdes à craindre – du moins si vous êtes un autre insecte! En particulier, les larves du genre Bombylius se nourrissent des larves et des réserves alimentaires de certaines espèces d’abeilles. Dans Marshall 2009, on les compare à de petits vampires, qui sucent les fluides de leurs proies sans laisser de traces. Elles ne laissent derrière elles qu’une carcasse un peu dégonflée! Qui aurait cru que d’aussi sympathiques mouches avaient un passé si noir?

Afin que leurs rejetons aient à leur disposition une source adéquate de nourriture, les femelles du genre Bombylius suivent les abeilles vers leur nid – généralement un trou dans le sol. Une fois le repère identifié, les femelles pondent leurs œufs, tout juste à l’entrée. Les larves trouvent ensuite leur chemin vers un appétissant repas!

Ces dernières émergent au printemps ou au début de l’été. D’ailleurs, en préparant la présente chronique, j’ai réalisé que toutes mes photos de bombyles (prises pendant les années 2008 à 2014, à Québec) avaient été prises au même moment de l’année, presque dans l’intervalle d’un seul mois : du 28 avril au 6 juin. Quelle prévisibilité! C’est donc dire que, au prochain printemps (oui, nous avons un hiver à traverser avant de nous y rendre!), il faudra ouvrir l’œil à nouveau pour ces jolies petites mouches!

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Vue de profil, B. major

 

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Gagnants du concours de photo 2014 – Partie 2 : La mouche jaune de Sylvie Benoit

Faire un concours de photographie dans le cadre duquel on se commet à écrire une chronique sur l’espèce figurant sur le cliché gagnant peut parfois nous faire sortir de notre zone de confort. Ce n’est pas une mauvaise chose, puisque c’est à coup sûr une bonne façon d’apprendre.

C’est ce que la photographie de Sylvie Benoit a eu pour effet. Comme vous le savez, je suis une entomologiste amateur qui a beaucoup à apprendre du monde des invertébrés. La « mouche jaune » sur la photographie – l’une des trois photos gagnantes ex aequo du concours de 2014 – ne me fut pas évidente à identifier. D’autant plus que je devais le faire à partir d’une photographie, sans individu à regarder sous mon appareil binoculaire. Et que dire de l’ordre en question – des diptères – qui s’avère un ordre composé d’un grand nombre de familles! Merci pour le défi, Sylvie!

 

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L’étrange mouche jaune de Sylvie Benoit, photographie gagnante ex aequo du concours 2014

 

M’attelant à la tâche, je dus feuilleter plusieurs de mes livres d’identification, ainsi que fureter sur l’Internet (Bug Guide étant toujours une source prometteuse). Malgré toutes les informations disponibles, le défi fut difficile à relever. Je demeure avec un doute quant à l’identité de la mouche en question, mais je vous explique ci-dessous les indices pointant vers la famille Lauxaniidae.

C’est le « Peterson Field Guides – Insects » qui me fut d’une plus grande utilité, les autres guides nécessitant que j’aie la bête sous les yeux en chair et en os. Ce guide, qui contient des clés d’identification, contient aussi des images des différentes familles d’invertébrés. Sur ces images sont pointées les caractéristiques-clés de l’espèce. Pour la famille Lauxaniidae, je reconnus plus particulièrement la forme générale du corps, la présence d’un poil distinct au bout du tibia, ainsi que la forme du visage qui semblait correspondre à l’individu photographié par Sylvie. D’autres caractéristiques, qui m’auraient permise de confirmer l’identification, n’étaient cependant pas clairement visibles sur la photographie, d’où mon incertitude.

Les mouches appartenant à la famille Lauxaniidae sont des mouches communes que l’on peut retrouver dans les zones boisées, ainsi qu’où la végétation est présente en bonne densité (haies et jardins denses). Leur taille demeure relativement petite, la plupart des individus atteignant un maximum de 6 à 7 millimètres. Selon l’espèce, leur coloration peut être grise, brune, noire, jaunâtre ou orangée. Les adultes peuvent être observés butinant dans les fleurs de nos plates-bandes. Selon Wikipedia, on peut aussi observer ces mouches au repos, tranquillement assises sur une feuille d’arbre – exactement comme sur la photographie en vedette cette semaine!

Diptères petits
Les petits diptères comme ceux-ci abondent et leur identification nécessite de multiples photographies détaillées

Les larves, quant à elles, croissent à l’abri dans la matière végétale en décomposition. Elles se nourrissent non seulement des feuilles, mais aussi de la communauté bactérienne qui y est associée. À ce qu’il semble, chaque espèce a sa préférence en matière d’essence, même lorsqu’il s’agit de feuilles en décomposition! D’autres milieux peuvent également s’avérer propices à l’évolution des larves, dont les nids d’oiseaux et les « balais de sorcières », ces excroissances que l’on retrouve sur certains arbres.

D’autres familles de mouches peuvent ressembler aux espèces appartenant à la famille Lauxaniidae. Ainsi, si vous voyez de petites mouches jaunâtres, vous pourriez non seulement être devant un Lauxaniidae, mais devant des Drosophilidae, des Sciomyzidae ou des Dryomyzidae. La meilleure façon de les distinguer est de les prendre en photo de tous angles, tous côtés, de sorte à obtenir le plus d’information possible sur la forme de leur visage, la présence de poils sur la tête, le visage et les pattes, ainsi que la texture des ailes. Dites-vous que nous n’avons jamais assez de photographies pour tenter d’identifier un individu! Le prochain défi d’identification n’est sans doute pas bien loin!

 

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Fille ou garçon?

C’est une fille! C’est un garçon! Sortez les cigares!

Chez les humains, il nous semble que la différence entre le genre masculin et féminin est bien évidente. Pourtant, chez plusieurs invertébrés, il est assez facile de distinguer en un simple coup d’œil les mâles des femelles.

Pédipalpes
Les males possèdent des pédipalpes, qui ressemblent à de petits gants en fourrure
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Détrompez-vous: cette forme qui ressemble à un organe masculin est une épigyne (cliquez sur la photo pour agrandir)

C’est en progressant tranquillement dans ma connaissance des invertébrés (et en tentant d’identifier certains d’entre eux) que j’ai réalisé à quel point il était parfois aisé de séparer mâles et femelles. Bien sûr, ma progression est loin d’être achevée, mais je jugeais bon, avec le retour imminent des invertébrés pour la période estivale, vous faire part de quelques astuces.

Commençons par les araignées. Vous serez heureux d’entendre que, pour plusieurs d’entre elles, vous n’aurez pas besoin de vous en approcher beaucoup pour distinguer s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Les mâles matures possèdent effectivement des pédipalpes (palpes de chaque côté de la tête que l’on pourrait prendre pour des antennes) protubérants. Une des sources consultées les compare à de petits gants de boxe. Les femelles – ou les mâles immatures – ont des palpes plus filiformes.

Si vous êtes toutefois prêts à vous approcher davantage, vous pourrez également examiner le dessous de l’abdomen des femelles. Pour bon nombre de familles, les femelles matures sont munies de plaques génitales visibles (l’épigyne). Vous pouvez jeter un coup d’œil au dessous de l’abdomen des épeires diadèmes, ces araignées communes et faciles à observer alors qu’elles se tiennent immobiles dans leur toile orbiculaire. Comme elles atteignent aussi une taille appréciable, il est d’autant plus facile d’observer leurs caractéristiques et de déterminer si une épigyne est présente. À noter aussi que les femelles de cette espèce prennent habituellement des proportions plus impressionnantes que les mâles. Une épeire diadème dodue risque fort bien d’être une femelle.

Scuddérie
Femelle scuddérie dont l’ovipositeur est apparent
Camelline mâle 2
Mâle camelline, ne possédant pas d’ovipositeur

L’ordre des orthoptères constitue un second groupe comprenant plusieurs familles pour lesquelles il est aisé de discriminer les mâles des femelles. Notamment, les femelles grillons, scuddéries et camellines (voir cette précédente chronique sur les orthoptères pour plus de détails) possèdent un long ovipositeur au bout de leur abdomen qui permet de les distinguer des mâles. Il ne s’agit donc pas d’un outil pouvant vous piquer le bout des doigts, mais bien d’un organe permettant aux femelles de pondre leurs œufs à l’abri des prédateurs (dans le sol, le bois, les crevasses, etc.).

Finalement, mesdames et messieurs mouches (je pense entre autres aux mouches domestiques, à fleur et à chevreuil) sont également suffisamment différents pour nous permettre de les identifier. C’est en les regardant dans les yeux que l’on peut voir la différence! En effet, les yeux des femelles sont plus espacés que ceux des mâles. Chez certaines familles, comme les tabanidés (mouches à chevreuil et à cheval), la différence est très évidente, les yeux des mâles étant complètement collés. Chez les mouches domestiques, il faut être plus attentif, car c’est la distance entre les deux yeux qui comptera (voir cette image). Cette différence peut s’avérer utile si vous faites face à une mouche à chevreuil ou à cheval, puisque ce sont les femelles qui sont susceptibles de nous piquer (voir cette chronique)… quoiqu’elles nous repèrent habituellement avant qu’on ait le temps de les identifier!

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Ces deux syrphes qui s’accouplent nous permettent de comparer les yeux du mâle (dessus) et de la femelle (dessous)
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Mâle tabanidé (possiblement atylotus sp.), les yeux collés
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Femelle tabanidé (tabanus atratus), avec des yeux séparés par une bande

Il y a une myriade d’autres façons de déterminer le genre des invertébrés, notamment en examinant les antennes (je pense aux lépidoptères) ou la couleur (certaines libellules), mais comme j’ai encore beaucoup à apprendre à ce sujet, je réserverai la suite pour une prochaine chronique. Ce n’est pas comme si le monde des invertébrés ne recelait pas de nouveautés à chaque jour!

 

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Des insectes propres propres

Parmi les tâches quotidiennes que nous exécutons, quoi de plus coutumier que de se laver? Plus ou moins chaque jour (selon nos critères de propreté!), nous prenons douches et bains, dans l’objectif louable de désincruster notre peau et nos cheveux des impuretés qu’ils ont recueillies pendant la journée. De façon similaire, nous voyons souvent nos chats, chiens ou oiseaux domestiques prendre le temps de se nettoyer.

Les insectes ne sont pas en reste! Eux aussi accordent beaucoup d’importance à leur hygiène corporelle. Le fait de se laver leur apporte en effet plusieurs bienfaits.

Mouche lave
Les mouches passent beaucoup de temps à se laver – Celle-ci se frotte les pattes l’une contre l’autre
Coccinelle asiatique lave
Coccinelle asiatique qui se lisse les antennes

Tout d’abord, les insectes sont munis d’organes sensoriels délicats qui, s’ils sont sales, n’opèrent pas convenablement. À titre d’exemple, leurs antennes peuvent servir à de multiples fins (odorat, goût, texture, température, etc.) et doivent par conséquent être dépourvues d’impuretés. Sans un nettoyage régulier des antennes, il devient difficile pour les insectes de trouver leur nourriture, éviter les prédateurs ou encore trouver un partenaire. De même, le nettoyage permet aux insectes volants de lisser leurs écailles de sorte à diminuer la friction lorsqu’ils sont en vol.

Le nettoyage quotidien permet aussi de se débarrasser des organismes pathogènes et des parasites qui pourraient autrement devenir trop abondants et altérer la qualité de vie de l’insecte qui en est porteur. De plus, certains insectes profitent des séances de nettoyage pour se badigeonner le corps de sécrétions corporelles. Ces dernières sont souvent utiles pour s’identifier entre espèces et dénicher un partenaire intéressant.

Fait étonnant, une des sources que j’ai consultées suggère que, tout comme chez plusieurs mammifères et oiseaux, le comportement conduisant les insectes à se « nettoyer » peut être induit par le stress. Qui aurait cru qu’un insecte stressé puisse développer la manie de se laver?

Les tactiques de nettoyage sont nombreuses et variées. Afin d’atteindre les différentes parties de leur corps, les insectes se frottent avec leurs pattes, se grattent ou se lèchent avec leurs pièces buccales, s’étirent et se secouent les ailes et « gigotent » dans tous les sens. Certains insectes pratiquent également le « nettoyage communautaire ». Par exemple, les abeilles et les termites se servent de leurs pièces buccales afin d’enlever tout débris ou parasite du corps de leurs consœurs. Chez les fourmis, une étude récente a permis d’observer que la fourmi noire des jardins nettoie ses larves afin de les débarrasser de spores nocives pour la communauté. Elle prélève ces spores avec sa bouche, puis les recrache ensuite plus loin sous forme de boulettes.

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Cette scuddérie utilise sa bouche pour se nettoyer les pattes

Quoi de mieux pour illustrer certaines tactiques utilisées par les insectes que des vidéos que j’ai prises l’été dernier? Une image vaut mille mots, dit-on! Ces vidéos, que vous pourrez visionner ci-dessous, présentent en un premier temps une cicindèle à six points. J’avais rescapé cette dernière de ma piscine. On la voit se frotter frénétiquement les pattes et les ailes. La seconde vidéo présente un autre insecte que j’avais également retrouvé dans ma piscine. Il s’agit d’un petit hyménoptère bleu que je n’ai malheureusement pas encore identifié. Il utilise notamment ses pattes afin de lisser et de nettoyer ses antennes. Pour terminer, on voit un syrphe (mouche à fleurs) qui se nettoie les yeux à l’aide de ses pattes, pour ensuite les ramener vers ses pièces buccales.

Voilà ce qui vous prouvera que les insectes, quoiqu’on en pense, accordent beaucoup d’importance à la propreté! Selon une de mes sources, ils seraient même pires que des adolescents imbus d’eux-mêmes, tellement ils passent de temps à se nettoyer!

Bon visionnement!

 

1 – Vidéo de la cicindèle à six points

 

2- Vidéo de l’hyménoptère bleu

 

3- Vidéo du syrphe

 

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La fête des amoureux, même chez les invertébrés!

Les oiseaux le font, les abeilles le font…Vous avez sans doute déjà entendu cette expression qui sert de préambule pour expliquer aux enfants « d’où viennent les bébés ». Bien que de nombreux invertébrés « le fassent » de façon traditionnelle, d’autres ont opté pour des stratégies quelque peu moins orthodoxes!

En cette semaine de la Saint-Valentin, j’ai donc pensé bon vous parler de différentes stratégies de reproduction chez les invertébrés.

Syrphes accouplement
Syrphes (diptères) s’accouplant

Comme je vous l’ai mentionné d’entrée de jeu, beaucoup d’invertébrés ont recours à la reproduction sexuée. L’avantage de cette forme de reproduction est qu’elle favorise un patrimoine génétique plus varié et, par conséquent, l’évolution des espèces par la sélection des individus les mieux adaptés.

Qui dit reproduction sexuée dit toutefois nécessité de trouver un partenaire. Afin d’attirer le sexe opposé, les invertébrés déploient donc une myriade de stratégies. Aucun sens n’est laissé pour compte : ouïe, goût, odorat, vue, toucher, toutes les techniques sont bonnes!

Ainsi, plusieurs orthoptères (grillons, scuddéries) sont des virtuoses de la chanson. Les stridulations des mâles attirent les femelles, qui choisissent leur chanteur préféré! De même, les « mouches à feu » maîtrisent à merveille la production de lumière. Le but est le même : se faire remarquer par un partenaire potentiel!

Une autre façon de se faire remarquer est par l’odorat. Plusieurs insectes, dont les papillons de nuit, produisent des phéromones. Elles permettent aux mâles et aux femelles de se repérer, malgré les grandes distances qui peuvent parfois les séparer. Et que dire du goût? Tout comme les humains qui invitent leur douce moitié pour un souper gastronomique au restaurant ou encore qui leur achètent des chocolats, certains invertébrés mâles offrent un repas à leur partenaire. C’est le cas par exemple des Empididés mâles (famille des Empididae), une sorte de mouche, qui offrent des insectes morts à leur petite amie comme amuse-gueule avant la copulation. Aussi, les mâles scuddéries (sauterelles) produisent une sécrétion gélatineuse comestible nommée spermatophylax destinée à leur compagne. Les femelles en raffolent! En fait, ils enrobent leur sperme de cette sécrétion, puis attachent le tout à l’abdomen de la femelle, à proximité de ses organes génitaux (voir cette photo). À ce qu’il paraît, ce « cadeau » aurait pour effet de détourner l’attention de la femelle du sperme tel quel, de sorte à garantir la fécondation! Rusé, le Monsieur!

Odonates tandem
Libellules en tandem

Côté toucher, certains papillons s’adonneraient notamment à des « attouchements antennaires » afin de se stimuler. Chez les odonates (libellules et demoiselles), les mâles retiennent carrément les femelles en captivité! Ils resserrent leur appendice terminal, situé tout au bout de leur abdomen, autour du cou de la femelle, qui n’a d’autre choix que de les suivre. Le mâle s’assure ainsi que la femelle ne copule pas avec d’autres rivaux. Les deux individus se retrouvent donc physiquement liés jusqu’à ce que l’accouplement ait eu lieu.

La reproduction sexuée ne compte pas que des avantages. Chez certaines espèces, être un mâle et vouloir se reproduire peut s’avérer tout un défi… dans le cadre duquel le conquérant prend le risque de sa vie. C’est le cas notamment des mantes religieuses et des veuves noires. Dans les deux cas – et ce n’est pas un mythe – il arrive que le mâle serve de dîner à la femelle, qu’il ait eu le temps de copuler avec elle ou non! Si « Madame » est dispose, le mâle peut s’en sortir indemne. Autrement, il deviendra une source de protéine supplémentaire pour la femelle et ses œufs à venir!

En revanche, certaines femelles invertébrés ont décidé qu’elles pouvaient se passer complètement des mâles. C’est ce qu’on appelle la reproduction asexuée. La forme la plus connue est la parthénogenèse. J’ai déjà parlé de ce type de reproduction dans une précédente chronique sur les pucerons. La parthénogenèse correspond au développement d’un ovule non fécondé et elle consiste essentiellement à produire des « clones ». Dans le cas des pucerons, la femelle peut donc produire une vaste quantité de filles identiques, sans aucune intervention d’un mâle. Chez les abeilles, la reine peut produire des rejetons par parthénogenèse ou non. Si elle produit des œufs fécondés par un mâle, ceux-ci donneront des femelles ouvrières ou d’autres reines. Toutefois, la reine peut choisir de pondre des œufs non fécondés. Ceux-ci donneront des mâles! Ainsi, selon les besoins de la ruche, la reine peut « choisir » son mode de reproduction!

La reproduction asexuée semble être facultative dans bien des cas. Son avantage est de permettre à l’espèce de survivre et de se reproduire dans les moments plus difficiles, où les mâles, par exemple, sont peu abondants.

Asilides
Asilides (diptères) en train de copuler

Pour terminer, certains invertébrés ont trouvé une solution pour contourner de potentielles pénuries en mâles ou en femelles: ils sont hermaphrodites! C’est le cas d’invertébrés comme les escargots, les limaces, les sangsues et les vers de terre. Lors d’une rencontre romantique entre deux individus de ces espèces, l’un des deux partenaires joue le rôle du mâle, alors que le second joue le rôle de la femelle. Parfois, ils jouent les deux rôles en même temps! Ainsi, une rencontre entre deux individus peut toujours aboutir à une fécondation!

Comme vous pouvez le constater, les invertébrés ont développé de multiples stratégies pour assurer la survie de leur espèce. Il  n’en demeure pas moins que, dans la majorité des cas, la reproduction doit être issue d’une « rencontre romantique » entre deux individus, tout comme pour nous, les humains. Par conséquent, pour mes amis invertébrés, ainsi que pour vous tous, chers lecteurs, je vous souhaite une très belle Saint-Valentin!

 

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