Oh, carabes! Comme vous avez de grandes dents!

La capsule de la semaine du 18 novembre présentait un insecte doté de fort larges mandibules. Aviez-vous deviné qu’il s’agissait d’une sorte de coléoptère?

Plus particulièrement, notre individu est un carabe bronzé et il fait partie de la famille des carabidés (sous-famille: carabinae). Comme le suggère la taille de ses mandibules, il s’agit d’un féroce prédateur. Il est d’ailleurs apparenté à un autre groupe de coléoptères aussi connu pour sa voracité : les cicindèles (voir cette précédente chronique).

Microscope - 18Nov
« Qui suis-je » de la semaine dernière! Il s’agit d’un carabe bronzé.

Cette sorte de carabe chasse habituellement au sol. Plusieurs des sources que j’ai consultées indiquent qu’il est surtout nocturne, bien que cette page française mentionne que certaines populations puissent également être diurnes. Bref, il n’en demeure pas moins qu’il lui arrive, au moins à l’occasion si ce n’est pas plus souvent, de sortir de sa cachette pendant le jour, ce qui nous permet de l’observer et d’apprécier sa taille. C’est d’ailleurs de cette façon que mes parents ont pu prendre deux superbes individus en photo (qui accompagnent la présente chronique!). Pour ma part, je n’ai pu observer que des individus qui s’étaient noyés dans ma piscine. C’est ainsi que j’ai mis la main sur le spécimen examiné de plus près sous la loupe de mon microscope!

Les carabes sont des « chasseurs actifs ». Ils tendent à se déplacer constamment à la recherche de proies, faisant en sorte qu’ils se retrouvent fréquemment dans des conteneurs expédiés vers d’autres pays. Ainsi, plusieurs espèces de carabes ont été introduites dans divers endroits du monde. C’est le cas du carabe bronzé, qui est indigène à l’Europe, mais qui constitue une espèce introduite en Amérique du Nord.

Carabe bronzé 1
Carabe bronzé

Les carabes se délectent de nombreux invertébrés retrouvés dans les plates-bandes. Ils ont d’ailleurs une préférence pour les invertébrés à corps mou tels que les chenilles et les limaces. Il s’agit donc, de toute évidence, d’un puissant allié du jardinier!

À cet effet, ils sont utilisés comme indicateurs de l’état de la biodiversité en milieu agricole. En effet, comme ils se nourrissent d’autres invertébrés, il est possible qu’ils accumulent les contaminants utilisés dans les champs de culture dite conventionnelle. Certaines espèces de carabes retrouvées en France, par exemple, sont plus souvent recensées dans les zones d’agriculture biologique que dans celles où l’agriculture intensive est pratiquée.

Carabe bronzé 2
On voit d’où le carabe bronzé tire son nom! Voyez les jolies couleurs miroiter!

Je termine avec une question qui vous brûle sans doute les lèvres: est-ce que les carabes sont susceptibles de mordre les humains avec ces larges mandibules? Cela est fort possible, quoique je n’aie jamais eu l’occasion de le tester! Si cette possibilité vous inquiète, rappelez-vous que les insectes préféreront habituellement fuir s’ils en ont la chance! En cas de doute, abstenez-vous de les manipuler à mains nues… et évitez de faire comme dans cette vidéo que j’ai trouvée sur YouTube!!!

 

Pour en savoir plus

Dans l’œil de mon microscope : 5) Comme vous avez de grandes dents!

L’insecte-mystère de cette semaine a de très, très grandes mandibules. S’en sert-il pour mordre les doigts trop inquisiteurs? S’agit-il, à l’instar du loup dans le petit chaperon rouge, d’un redoutable prédateur?

La réponse, dans une prochaine chronique!

Vous voulez tenter de deviner de quel insecte il s’agit? Joignez-vous à la page Facebook de Docbébitte: https://www.facebook.com/Docbebitte

Microscope - 18Nov
Saurez vous deviner à quel grand groupe appartient cet insecte?

Gagnante du concours amical de photographie 2013: La mante religieuse de Emmy Benoit!

Vous avez été plusieurs à me transmettre de superbes photos d’invertébrés pour cette première édition du concours de photographie d’invertébrés sur DocBebitte.com. Sachez que vos photographies ont été grandement appréciées des lecteurs. Or, comme tout concours ne peut avoir qu’un gagnant, voici la photo « coup de cœur » du public qui a remporté le plus grand nombre de votes: la mante religieuse. Bravo Emmy Benoit pour ce superbe cliché!

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Gagnante du concours de photographie 2013: Mante religieuse, par Emmy Benoit

Je souhaite également en profiter pour offrir une mention honorable à la photo de l’escargot, de Marie-Laure Tremblay, qui a donné une chaude lutte à notre mante religieuse! Vous avez été quelques uns à me préciser que vous appréciez tout particulièrement cette photo d’escargot, bien que vous n’aimiez pas les voir dans vos plates-bandes!

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Mention honorable: L’escargot de Marie-Laure Tremblay

Chose promise, chose due : je consacrerai la totalité de la présente chronique à l’invertébré représenté sur la photo gagnante : la mante religieuse. Il importe de noter que la photographie de Emmy ne sera pas accompagnée d’autres photos de mantes religieuses provenant de ma banque personnelle, puisque je n’ai pas encore eu la chance de capturer de clichés de cet insecte plutôt élusif. D’où également tout mon respect pour la photographie de Emmy… chanceuse!

Le fait que je n’aie pas l’occasion de voir souvent des mantes religieuses a peut-être quelque chose à voir avec ma situation géographique. Au Québec, les mantes religieuses sont surtout retrouvées à partir de la grande région de Montréal et en descendant vers le sud. Elles se font plus rares, semble-t-il, dans la région de Québec.

Comme vous vous en doutez, les mantes religieuses sont des prédateurs hors pair. Aussitôt sorties de leur oothèque – un fourreau arrondi dont les parois sont durcies et dans lequel se développent simultanément plusieurs dizaines d’œufs de mantes (voir cette vidéo) – les larves commencent à se nourrir de petits invertébrés, tels que des pucerons. Les adultes, eux, ne font vraiment pas la fine bouche. Ils mangent pratiquement tout ce qui bouge : chenilles, papillons, mouches, abeilles, criquets, araignées, etc. Vous pouvez visionner de nombreuses vidéos sur Youtube où l’on voit des mantes à l’œuvre (notamment cette vidéo).

Les mantes religieuses peuvent présenter différentes colorations. Les individus verts sont habituellement ceux qui nous viennent à l’esprit. Toutefois, on retrouve aussi des individus de forme brune (voire brun grisé), comme celui qui est en vedette sur la photo de Emmy.

Fait intéressant, il ne s’agit pas d’une espèce indigène. Elle a été introduite en Amérique du Nord il y a de nombreuses années. Les sources que j’ai consultées ne concordent cependant pas en matière de date (varie entre le début des années 1600 et la fin des années 1800) et de raison pour laquelle elles auraient été introduites. À certains endroits, on mentionne qu’elles auraient été introduites intentionnellement pour des fins de lutte biologique, alors que d’autres sources indiquent que leur introduction aurait été accidentelle. Dans ce dernier cas, toutefois, l’intérêt des mantes pour contrôler certaines espèces d’insectes indésirables aurait été rapidement reconnu. En effet, leur appétit insatiable a fait d’elles de bonnes compagnes, fort appréciées des jardiniers!

Pour terminer cette chronique, j’aborde une dernière question qui vous brûle sans doute les lèvres. Mythe ou réalité : les femelles mantes religieuses mangent-elles les mâles? Et bien, chers Messieurs, sachez que Mesdames les mantes ne se gênent effectivement pas pour se nourrir de leurs compagnons. Que ce soit avant, pendant ou après la copulation, rien ne les arrête. Il arrive, justement, que la femelle se délecte de la tête de sa « douce moitié » en pleine séance de copulation. Dans ce cas, elle a la « délicatesse » de rompre un nerf faisant en sorte que l’abdomen du mâle poursuit ses « mouvements » de copulation, même s’il n’a plus de tête!

Une petite prière avant de manger?

 

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Un piège mortel

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Épeire diadème et sa proie

Si je vous dis les mots « invertébré prédateur », à quoi pensez-vous? Le mot « araignée » vous est-il venu en tête?

Les araignées sont effectivement passées maîtres dans l’art de capturer diverses proies, parfois aussi grosses quelles-mêmes! Plusieurs d’entre elles disposent de l’arme parfaite du crime : la toile!

La capacité des araignées de tisser des toiles de toutes sortes est admirable. Elles utilisent, pour ce faire, une soie qu’elles produisent dans leur abdomen et qui est presque entièrement composée de protéines. Dans le corps des araignées, cette soie se retrouve sous forme liquide. Elle se solidifie toutefois rapidement aussitôt qu’elle est extraite de l’abdomen. Elle forme alors une fibre solide, mais élastique.

Je parle de soie « extraite » de l’abdomen, car cette dernière n’est effectivement pas « projetée » hors du corps de l’araignée. Celle-ci doit soit l’extraire elle-même de façon manuelle, avec ses pattes, ou encore attacher (ou coller) sa soie à un point donné et s’en éloigner. Soulignons toutefois que certaines araignées ont développé une tactique fort étonnante qui consiste à projeter leur soie, et ce, non pas par derrière, mais par leur bouche! Il n’en demeure pas moins que la majorité des araignées ont tout de même adopté la première méthode mentionnée!

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Toile orbiculaire verticale (Épeire diadème)
Orbiculaire
Toile orbiculaire horizontale (Tetragnatha sp.)

Différents types de soie, présentant des propriétés variées, peuvent être produits par les araignées, selon le besoin visé (voir cet article). Ainsi, certaines araignées tissent un fil unique qui les suit partout. Il s’agit en quelque sorte d’une corde de sécurité qui leur permet de se ressaisir si elles perdent pied! Elles peuvent s’en servir aussi si elles sont perturbées : il leur suffit de se jeter en bas de leur promontoire pour échapper à tout danger. Leur corde de sécurité les retiendra! Les araignées se servent également de leur soie pour produire des cocons, soit pour s’y cacher ou encore pour protéger leurs œufs.

Les toiles, quant à elles, correspondent à l’usage le plus spectaculaire que font les araignées de leur soie. Quatre grandes catégories de toiles peuvent être distinguées et chacune est caractéristique d’un ou de quelques groupes d’araignées : toile orbiculaire, toile en entonnoir, toile en hamac et toile-échafaudage.

La toile orbiculaire est la classique toile ronde, composée de rayons, de cercles concentriques et d’une partie centrale où repose l’araignée. Alors que les rayons et la partie centrale sont composés de soie non collante, les cercles, eux, sont humides et collants. Ce sont donc ces derniers qui jouent le rôle principal dans la capture des proies. Comme leur efficacité diminue lorsqu’ils sèchent, les araignées vont détruire et recommencer leur toile sur une base régulière. Cependant, afin d’éviter de perdre toutes ces précieuses protéines, les araignées vont manger leur toile et recycler les protéines qu’elle contient. Même les araignées ont compris que le recyclage était une bonne idée!

Entonnoir
Toile en entonnoir
Toile hamac
Toile en hamac

La toile en entonnoir est également facilement reconnaissable. Pour ceux qui ont des haies de thuyas (je pense à mes parents en particulier!), vous n’êtes pas sans connaître ce type d’araignée! Ces toiles sont généralement composées d’une partie plate horizontale qui conduit à une cachette en forme d’entonnoir. Lorsqu’une proie se retrouve coincée dans la toile, l’araignée sort de sa cachette en un clin d’œil pour s’en emparer.

La toile en hamac peut ressembler à la première partie de la toile en entonnoir, sauf qu’elle ne conduit pas à une cachette. Elle peut se présenter sous différentes formes : plate, en forme de cuvette ou en forme de dôme. L’araignée se tient habituellement sous la toile, tête en bas, prête à saisir toute proie qui s’y collera.

Finalement, la toile-échafaudage ressemble à un amas de fils qui auraient été tissés au hasard. Malgré leur apparence peu soignée, ces toiles sont, en fait, minutieusement construites. Elles constituent un labyrinthe qui est généralement fatal pour toute proie qui s’y aventure. L’araignée profite du fait que les proies sont désorientées pour s’en emparer.

Les toiles d’araignées font l’envie des ingénieurs. Elles sont élastiques et très résistantes – 5 fois plus que l’acier. Imaginez si l’on pouvait concevoir un produit de ce genre à l’échelle humaine!

Malgré leur extraordinaire résistance, elles ne sont toutefois pas à l’abri des différents perturbateurs environnementaux. Certaines études en laboratoire visaient à exposer les araignées à différents composés chimiques. Il en est ressorti que les araignées se mettaient à tisser des toiles anarchiques lorsqu’elles étaient sous l’influence de la caféine, de la marijuana, ainsi que d’autres composés (voir cet article). Cela a de quoi à nous faire réfléchir sur nos propres habitudes de consommation!

 

Galerie vidéo

Épeire diadème en train de « momifier » un bourdon. Notez la largeur de la soie, qui ressemble à un ruban.

 

Autre Épeire diadème qui accroche un bourdon au bout de son abdomen pour le ramener vers sa cachette.

 

Troisième Épeire diadème (oui, ce sont des araignées très communes!), cette fois-ci en train de tisser les rayons composant sa toile.

 

Araignées tisseuses de toile en entonnoir le long de ma maison.

 

 

Pour en savoir plus

 

Les bébitivores!

Les relations prédateurs-proies s’inscrivent dans une course évolutive folle, où la proie développe toutes sortes de tactiques pour échapper aux prédateurs, alors que le prédateur développe toutes sortes de moyens pour les contourner!

C’est dans ce contexte que plusieurs chenilles, par exemple, en sont venues à ressembler à des objets anodins (branches, fientes d’oiseau), ou encore que certains organismes ont pris des allures plus menaçantes (syrphes ressemblant à des guêpes, papillons dont les ailes sont munies de « grands yeux », etc.).

Bruant Proyer
Bruant Proyer, le bec plein d’invertébrés!

Vous pouvez compter sur moi pour vous parler de ces invertébrés lors de prochaines chroniques. Toutefois, la chronique d’aujourd’hui fait honneur à tous ces prédateurs à la base de la fantastique biodiversité de la faune invertébrée : les bébitivores!

Bien sûr, le terme correct n’est pas bébitivore! On emploie le terme insectivore ou invertivore (dernier terme que j’ai plus récemment vu employé dans la littérature scientifique – je ne croyais pas qu’il existait réellement), selon que l’on fasse référence plus précisément à des insectes ou à des invertébrés en général.

Qui sont les bébitivores? On en retrouve dans chaque grand groupe d’animal vertébré : amphibiens et reptiles, oiseaux, poissons et mammifères. Bien sûr, de nombreux invertébrés sont également eux-mêmes des prédateurs, mais je n’aborderai pas ce sujet dans la présente chronique (j’aurai bien d’autres occasions!).

Couleuvre
La couleuvre rayée apprécie bien les invertébrés!

Parmi ces animaux, il semble que les oiseaux en particulier jouent un très grand rôle dans le contrôle et la régulation des populations d’invertébrés. Selon le livre Caterpillars of Eastern North America (Wagner 2005), les oiseaux sont à la base de l’évolution de toutes sortes de stratégies de camouflages de la part des chenilles. Ils le sont sans doute pour plusieurs autres espèces d’invertébrés également. Vous avez sûrement déjà aperçu un oiseau, en saison de nidification, se promener le bec plein à craquer de petits invertébrés. Il s’agit pour ces oiseaux – et leurs rejetons – d’une source inestimable de protéines.

En particulier, les merles d’Amérique sont bien connus pour leur « faible » pour les vers de terre. Comme ils semblent ravis, après une grosse pluie, de pouvoir sillonner nos pelouses à la recherche d’un gros ver bien juteux, ver qui rendrait jaloux tout pêcheur devant passer quelques heures à quatre pattes avant de se retrouver avec un aussi beau prix!

Les chauves-souris constituent un autre groupe animal qui est connu pour son appétit en matière d’insectes. Vous les avez sans doute vues survoler vos terrains lors de chaudes soirées d’été. Saviez-vous que ces dernières étaient en train de vous débarrasser de moustiques de toutes sortes? Plus précisément, les chauves-souris se délectent de moustiques, de mouches, de papillons de nuit, bref, tout ce qui se trouve dans leur chemin et qui est de la taille d’un repas!

Toujours chez les mammifères, nombreux sont ceux qui mangent des invertébrés – que ce soit occasionnellement ou fréquemment. Pensons aux ratons-laveurs ou aux moufettes, qui parcourent nos plates-bandes à la recherche de vers blancs ou de scarabées croquants! Même les petits rongeurs (souris et musaraignes, par exemple) ne dédaignent pas une bonne source de protéine « invertébrée »!

Grenouille verte
La diète de la grenouille verte est essentiellement composée d’invertébrés

S’ajoutent aussi les grenouilles et les couleuvres. L’an dernier, nous avions des grenouilles vertes qui étaient venues s’installer dans notre étang à poisson. J’ai pu les observer à l’œuvre. Elles demeuraient immobiles, sur le bord de l’étang, jusqu’à ce qu’une mouche assoiffée vienne s’y abreuver. Vite comme l’éclair, elles sautaient pour s’emparer de la mouche. L’essentiel de l’alimentation des grenouilles consiste en des insectes et autres invertébrés. Ce sont donc des bébitivores par excellence! Les couleuvres, de leur côté, ont une diète plus variée, mais cette dernière inclut tout de même plusieurs invertébrés, tels des vers de terre et des araignées. On m’a déjà dit qu’elles se nourrissaient aussi de limaces, mais mes recherches ne m’ont pas permis de le confirmer. J’en avais prise une en photo, alors qu’elle patrouillait mes plates-bandes, sans doute à la recherche d’un repas facile! Il faut dire que j’ai notamment beaucoup de limaces dans mes plates-bandes!

En milieu aquatique, ce sont bien sûr les poissons qui constituent des invertivores par excellence! Ils contribuent largement à modeler la forme et la taille des invertébrés aquatiques. Certains invertébrés aquatiques en sont même venus – par les faits de l’évolution – à arborer des pics et des épines décourageant tout poisson de les consommer. On peut penser au spiny water flea (Bythotrephes longimanus), une espèce de zooplancton introduite dans les Grands Lacs (voir cette photo), qui suscite maintes préoccupations chez les spécialistes des eaux douces.

Je réalise, comme je termine cette chronique, que je n’ai que survolé le sujet. Le monde animal –  et son évolution – recèle d’anecdotes fascinantes, anecdotes qu’une seule chronique ne peut aborder à elle seule! Toutefois, je serai de retour les prochaines semaines pour notamment vous parler de d’autres bébitivores – cette fois-ci eux-mêmes invertébrés!

 

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