Plusieurs photographes en herbe ont répondu à l’appel en ce qui concerne ce tout premier concours de photographies d’invertébrés sur Docbebitte.com! Leurs chefs-d’œuvre sont affichés un peu plus bas dans la présente chronique, par ordre alphabétique d’invertébré impliqué.
Je souhaite personnellement remercier ces participants pour leurs contributions!
C’est maintenant à votre tour, chers lecteurs, de travailler un peu. Vous avez la difficile tâche de voter pour votre coup de cœur! Comment procéder? C’est simple! Vous avez deux options:
Vous connecter sur https://www.facebook.com/Docbebitte et me transmettre un message indiquant le numéro de la photographie pour laquelle vous votez, ainsi que le nom de l’auteur.
Me transmettre un courriel à info@docbebitte.com indiquant le numéro de la photographie pour laquelle vous votez et le nom de son auteur. Dans ce second cas, vous devez aussi m’indiquer votre nom. Cela est dû au fait que les adresses courriels n’indiquent pas toujours les noms réels et que je dois compiler qui vote afin d’éviter qu’une personne vote deux fois!
Tout le monde peut voter, même ceux qui m’ont transmis des photographies. En fait, je suis la seule qui n’a pas le droit de vote! Cela dit, vous n’avez le droit de voter qu’une seule fois!
Les votes sont possibles jusqu’au lundi 14 octobre inclusivement.
N’hésitez pas à inviter vos parents et amis à venir voir les photos et à voter pour leur coup de cœur!
Sur ce, je vous souhaite bonne chance (pour les participants) et bon visionnement (pour les juges)!
Photographies en nomination
Cliquez sur les photos si vous souhaitez les voir « plein écran »… mais n’oubliez pas d’appuyer sur la flèche de retour pour revenir sur le présent site!
Les relations prédateurs-proies s’inscrivent dans une course évolutive folle, où la proie développe toutes sortes de tactiques pour échapper aux prédateurs, alors que le prédateur développe toutes sortes de moyens pour les contourner!
C’est dans ce contexte que plusieurs chenilles, par exemple, en sont venues à ressembler à des objets anodins (branches, fientes d’oiseau), ou encore que certains organismes ont pris des allures plus menaçantes (syrphes ressemblant à des guêpes, papillons dont les ailes sont munies de « grands yeux », etc.).
Bruant Proyer, le bec plein d’invertébrés!
Vous pouvez compter sur moi pour vous parler de ces invertébrés lors de prochaines chroniques. Toutefois, la chronique d’aujourd’hui fait honneur à tous ces prédateurs à la base de la fantastique biodiversité de la faune invertébrée : les bébitivores!
Bien sûr, le terme correct n’est pas bébitivore! On emploie le terme insectivore ou invertivore (dernier terme que j’ai plus récemment vu employé dans la littérature scientifique – je ne croyais pas qu’il existait réellement), selon que l’on fasse référence plus précisément à des insectes ou à des invertébrés en général.
Qui sont les bébitivores? On en retrouve dans chaque grand groupe d’animal vertébré : amphibiens et reptiles, oiseaux, poissons et mammifères. Bien sûr, de nombreux invertébrés sont également eux-mêmes des prédateurs, mais je n’aborderai pas ce sujet dans la présente chronique (j’aurai bien d’autres occasions!).
La couleuvre rayée apprécie bien les invertébrés!
Parmi ces animaux, il semble que les oiseaux en particulier jouent un très grand rôle dans le contrôle et la régulation des populations d’invertébrés. Selon le livre Caterpillars of Eastern North America (Wagner 2005), les oiseaux sont à la base de l’évolution de toutes sortes de stratégies de camouflages de la part des chenilles. Ils le sont sans doute pour plusieurs autres espèces d’invertébrés également. Vous avez sûrement déjà aperçu un oiseau, en saison de nidification, se promener le bec plein à craquer de petits invertébrés. Il s’agit pour ces oiseaux – et leurs rejetons – d’une source inestimable de protéines.
En particulier, les merles d’Amérique sont bien connus pour leur « faible » pour les vers de terre. Comme ils semblent ravis, après une grosse pluie, de pouvoir sillonner nos pelouses à la recherche d’un gros ver bien juteux, ver qui rendrait jaloux tout pêcheur devant passer quelques heures à quatre pattes avant de se retrouver avec un aussi beau prix!
Les chauves-souris constituent un autre groupe animal qui est connu pour son appétit en matière d’insectes. Vous les avez sans doute vues survoler vos terrains lors de chaudes soirées d’été. Saviez-vous que ces dernières étaient en train de vous débarrasser de moustiques de toutes sortes? Plus précisément, les chauves-souris se délectent de moustiques, de mouches, de papillons de nuit, bref, tout ce qui se trouve dans leur chemin et qui est de la taille d’un repas!
Toujours chez les mammifères, nombreux sont ceux qui mangent des invertébrés – que ce soit occasionnellement ou fréquemment. Pensons aux ratons-laveurs ou aux moufettes, qui parcourent nos plates-bandes à la recherche de vers blancs ou de scarabées croquants! Même les petits rongeurs (souris et musaraignes, par exemple) ne dédaignent pas une bonne source de protéine « invertébrée »!
La diète de la grenouille verte est essentiellement composée d’invertébrés
S’ajoutent aussi les grenouilles et les couleuvres. L’an dernier, nous avions des grenouilles vertes qui étaient venues s’installer dans notre étang à poisson. J’ai pu les observer à l’œuvre. Elles demeuraient immobiles, sur le bord de l’étang, jusqu’à ce qu’une mouche assoiffée vienne s’y abreuver. Vite comme l’éclair, elles sautaient pour s’emparer de la mouche. L’essentiel de l’alimentation des grenouilles consiste en des insectes et autres invertébrés. Ce sont donc des bébitivores par excellence! Les couleuvres, de leur côté, ont une diète plus variée, mais cette dernière inclut tout de même plusieurs invertébrés, tels des vers de terre et des araignées. On m’a déjà dit qu’elles se nourrissaient aussi de limaces, mais mes recherches ne m’ont pas permis de le confirmer. J’en avais prise une en photo, alors qu’elle patrouillait mes plates-bandes, sans doute à la recherche d’un repas facile! Il faut dire que j’ai notamment beaucoup de limaces dans mes plates-bandes!
En milieu aquatique, ce sont bien sûr les poissons qui constituent des invertivores par excellence! Ils contribuent largement à modeler la forme et la taille des invertébrés aquatiques. Certains invertébrés aquatiques en sont même venus – par les faits de l’évolution – à arborer des pics et des épines décourageant tout poisson de les consommer. On peut penser au spiny water flea (Bythotrephes longimanus), une espèce de zooplancton introduite dans les Grands Lacs (voir cette photo), qui suscite maintes préoccupations chez les spécialistes des eaux douces.
Je réalise, comme je termine cette chronique, que je n’ai que survolé le sujet. Le monde animal – et son évolution – recèle d’anecdotes fascinantes, anecdotes qu’une seule chronique ne peut aborder à elle seule! Toutefois, je serai de retour les prochaines semaines pour notamment vous parler de d’autres bébitivores – cette fois-ci eux-mêmes invertébrés!
Pour en savoir plus
Desroches, J.-F. et D. Rodrigue. 2004. Amphibiens et reptiles du Québec et des maritimes. 288 p.
Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.
Si vous êtes amateur de films de science fiction, vous avez sûrement vu la trilogie du Seigneur des anneaux. Vous rappelez-vous quand Frodon lutte contre une immense araignée et que cette dernière le pique à l’aide d’un appendice venimeux situé à l’extrémité de son abdomen, le paralysant? Peut-être était-ce voulu pour mousser l’action, mais il y a une erreur dans ce portrait : les araignées ne piquent pas, elles mordent!
Les araignées possèdent des crocs
Dépendamment du type d’invertébré concerné, celui-ci aura le potentiel de piquer ou de mordre – bien que certains soient tout simplement inoffensifs! Dans la présente chronique, je vais tenter de vous démystifier les différents types de morsures et de piqûres, question également de vous aider à savoir comment manipuler les invertébrés sans vous faire pincer!
Commençons par les piqûres réalisées à l’aide de dards. Les membres de l’ordre des hyménoptères (guêpes, abeilles, bourdons) vous viennent sans doute déjà à l’esprit. En fait, les dards ne sont pas que l’apanage des hyménoptères, bien que ces derniers remportent la palme. Outre ceux-ci, seuls quelques autres organismes possèderaient des dards : scorpions, raies à aiguillon et ornithorynques. Selon le Petit Robert, un dard, c’est un organe pointu et creux qui sert à inoculer un venin. Ce n’est donc pas surprenant que la douleur soit aigüe et persistante.
Fait étonnant, il existe une échelle mesurant la pénibilité des piqûres d’insectes! C’est Justin O. Schmidt, un entomologiste américain qui a eu la joyeuse idée de se faire piquer par de nombreuses espèces d’hyménoptères, qui est à l’origine de cette échelle (que vous pouvez visionner ici).
Pour m’être faite piquer par une abeille, je peux vous confirmer que je n’ai absolument aucune envie de recommencer! Dans mon cas, j’avais eu l’infortune de mettre le pied à côté d’un nid, alors que je me déplaçais à pied le long d’une rivière que j’échantillonnais.
Côté manipulation, la meilleure façon d’éviter la piqûre d’un hyménoptère, c’est naturellement de le laisser tranquille. Cependant, il m’arrive à l’occasion d’en extirper de ma piscine, alors qu’ils se noient. Habituellement, je me sers d’un bout de bois ou d’une feuille pour ne pas les toucher directement. Il m’arrive cependant d’attraper les plus petits spécimens en les faisant monter sur mon ongle de pouce (s’ils décident de piquer, c’est moins risqué)!
Les hyménoptères, comme ce bourdon, possèdent des dards
La deuxième catégorie porte sur les « piqûres » effectuées à l’aide de rostres. On pourrait parler également de morsure – ce qui me semble d’ailleurs plus juste, car les rostres sont les pièces buccales de certains insectes. On retrouve dans cette catégorie les hémiptères, dont la punaise d’eau géante (Famille : Belostomatidae). Cette dernière a le potentiel d’infliger une morsure fort désagréable qui, semble-t-il, excéderait le dernier niveau de l’échelle de pénibilité de M. Schmidt. Toutefois, comme le rostre est situé à l’avant et que le corps est rigide (ne plie pas comme le corps d’une abeille, par exemple), la punaise d’eau géante peut être manipulée de sorte à éviter la pénible morsure. Vous pouvez d’ailleurs visionner ce film sur YouTube, dans lequel une punaise d’eau géante est manipulée (voir vers 4 minutes 25 secondes).
Un autre insecte que vous connaissez bien et qui est muni d’un rostre – bien qu’il ne fasse pas partie des hémiptères – est le maringouin (Famille: Culicidae). C’est la femelle qui est responsable des redoutables morsures. Bien que nous n’apprécions guère cette attention que nous portent les maringouins, la cause est noble : le sang procure aux œufs portés par les femelles les protéines nécessaires pour se développer! C’est ainsi que ces dernières assurent un futur à leurs rejetons!
Troisièmement, on retrouve les morsures réalisées à l’aide de crocs ou de mandibules. Ceci nous ramène à l’exemple de l’araignée dont je parlais en début de chronique. Les araignées sont dotées de deux crocs dont elles se servent pour mordre leurs proies et y injecter leur venin. On les perçoit bien sur cette illustration. Il n’y a pas vraiment de façon que je connaisse pour manipuler une araignée manuellement (sans outils) de sorte à éviter ses crocs. Or, jusqu’à maintenant, je n’ai pas été mordue par les araignées que j’ai manipulées. Si elles ne se sentent pas menacées, les chances qu’elles mordent sont faibles. De toute façon, la plupart des gens ne font pas particulièrement de détour pour prendre des araignées dans leurs mains!
Les hémiptères, comme cette punaise assassine, peuvent se servir de leur rostre pour nous piquer
Certains insectes, dont quelques espèces présentées dans de précédentes chroniques (cicindèles et corydales, par exemple), sont munis de larges et puissantes mandibules qui peuvent causer de sérieux dommages – en particulier si on est un autre insecte! Bien sûr, ces mandibules peuvent aussi servir à mordre des doigts inquisiteurs, d’où l’intérêt de manipuler les organismes qui les arborent avec prudence! Encore une fois, si les insectes ne se sentent pas menacés, les probabilités qu’ils mordent sont faibles. Je peux d’ailleurs dire avec confiance que j’ai manipulé plus d’un insecte doté de large mandibules sans subir de fâcheuses conséquences!
En somme, il est facile d’éviter la piqûre ou la morsure de plusieurs invertébrés lorsqu’on prend soin de les manipuler avec prudence. En cas de doute, on porte des gants, on utilise des « outils » (branches, etc.) ou on fait de notre mieux pour les éviter!
Pour en savoir plus
Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
L’été approche à grands pas. Comme moi, vous avez sans doute déjà commencé à « jouer » dans vos plates-bandes. Lorsque vous vous êtes affairés à les nettoyer et que vous avez enlevé la (parfois imposante) couche de feuille automnale laissée en guise de protection, avez-vous remarqué la vaste quantité d’invertébrés qui prenait refuge sous ce couvert feuillu?
MillipèdeCentipède
Il s’agit en grande partie de décomposeurs. Ce sont des invertébrés qui se nourrissent de matière en décomposition et qui passent la majorité de leur vie cachés sous la litière, les souches de bois ou dans d’autres cachettes sombres et humides. Vous en avez d’ailleurs sûrement déjà vu en déplaçant des panneaux, briques ou roches qui étaient restés longtemps au sol.
De nombreuses espèces de décomposeurs habitent dans nos plates-bandes. Ces organismes jouent un rôle considérable dans les écosystèmes terrestres, puisqu’ils contribuent à décomposer la matière organique et l’intégrer au sol. Sans eux, nos sols seraient appauvris et la matière organique ne cesserait de s’accumuler. Dans le cadre de la présente chronique, je vais vous parler plus particulièrement de trois groupes de décomposeurs, parmi les plus connus : les myriapodes, les cloportes et les vers de terre.
Le terme « myriapode » signifie « une myriade de pattes ». Ce sont, vous l’aurez deviné, ce qu’on appelle communément des mille-pattes! Ce groupe comprend les centipèdes et les millipèdes. Les centipèdes ne possèdent qu’une paire de pattes par segment thoracique, alors que les millipèdes en possèdent deux. Cela peut expliquer la différence dans le nom (cent-pattes ou mille-pattes), bien que, en réalité, aucun des deux groupes ne possède jusqu’à mille pattes. Les millipèdes ont un aspect rond et compact et on les retrouve souvent immobiles, roulés en boule. Les espèces les plus communes possèdent entre 36 et 400 pattes. Ce sont essentiellement des décomposeurs. En revanche, les centipèdes, bien qu’ils se cachent sous la litière, sont plutôt des prédateurs. Leur alimentation se compose de petits invertébrés, incluant diverses larves qui se nourrissent de bois mort. Ils ont une forme davantage aplatie et ceux de nos régions présentent une teinte plus vive (rougeâtre). Ils sont capables d’immobiliser leurs victimes grâce à des appendices venimeux situés à l’avant du corps. D’ailleurs, certains centipèdes géants retrouvés dans les tropiques peuvent constituer un danger pour l’être humain, justement à cause de cette caractéristique. Les centipèdes possèdent, tout comme les millipèdes, un nombre fort variable de pattes, allant de 20 à 300 pattes.
Une autre espèce que vous connaissez sûrement est le cloporte. Le cloporte fait partie de l’ordre des isopodes. Il s’agit, croyez-le ou non, d’un crustacé – comme les crevettes et les écrevisses! Il est reconnaissable par sa forme ronde, sa robe sobre dans les teintes de gris-brun, ainsi que par un assez grand nombre de pattes. Si vous n’avez pas peur de les manipuler, vous pourrez d’ailleurs observer que les cloportes possèdent douze pattes. Ils sont inoffensifs et constituent une espèce bénéfique, puisqu’ils contribuent eux aussi à la dégradation et au recyclage de la matière organique laissée au sol. Fait intéressant, certaines espèces de cloportes sont sensibles à la pollution et sont ainsi utilisées en tant qu’indicatrices de la qualité des sols dans le cadre d’études d’impacts environnementaux.
Ver de terreCloporte
On retrouve finalement les vers de terre (lombrics). Saviez-vous que cet organisme, bien connu de tous, a en fait été introduit d’Europe? En fait, la quasi-totalité des espèces de nos régions sont des espèces introduites! Difficile à croire, compte tenu de leur omniprésence, mais aussi de leur rôle crucial dans la fertilisation naturelle des sols. En effet, le ver de terre ingurgite une vaste gamme d’aliments – généralement de la matière en décomposition, mais aussi des végétaux et des petits animaux – pour en extirper les éléments nutritifs essentiels à sa croissance. Il excrète ensuite les éléments non utilisés, qui incluent des agrégats de matière organique riche en sucres et en nutriments. Ces éléments contribuent à enrichir les sols et augmenter leur fertilité. De plus, les vers brassent incessamment la terre en se déplaçant et contribuent ainsi à mélanger les différentes couches de sol. Cela a pour effet de disperser les nutriments dans le sol, mais également d’aérer ce dernier. Sans les vers, nos sols seraient donc nettement plus pauvres et beaucoup moins fertiles. Si vous pouvez jardiner ou faire pousser des fleurs sans trop de difficulté, vous pouvez en remercier les vers de terre!
Tout comme les cloportes, les vers de terre sont utilisés comme indicateurs de la pollution des sols. Ces derniers sont considérés comme de bons indicateurs de plusieurs types de polluants ou de contaminants. Des études démontrent notamment que la densité de vers de terre est affectée par l’agriculture intensive et que, en particulier, leur cycle de vie serait altéré par l’utilisation des pesticides. Or, compte tenu de leur apport considérable dans le maintien d’un sol riche, on se retrouve de toute évidence devant un cercle vicieux. Plus on ajoute d’engrais et de pesticides pour améliorer les cultures, moins l’on a de vers de terres. Moins la densité de vers de terre est élevée, plus on a besoin d’ajouter des suppléments…
En conclusion, une myriade d’invertébrés se cache dans nos plates-bandes. Je n’ai qu’effleuré le sujet dans la chronique de cette semaine. Toutefois, on comprend rapidement qu’ils sont nombreux à nous rendre des services écologiques d’une grande valeur en mélangeant et aérant la terre, ainsi qu’en y intégrant des nutriments essentiels à la croissance des plantes. Sans leur présence, nous aurions beaucoup plus de travail à faire! Merci les amis jardiniers!
Vidéo 1: Ce qui se passe lorsque l’on soulève une tuile de béton.
Vidéo 2: Course de millipèdes! Sur qui misez-vous?
Pour en savoir plus
Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
Ils sont nombreux et diversifiés. Ils se cachent dans les moindres recoins de votre maison. Non, il ne s’agit pas du scénario d’un nouveau film d’horreur. Ni d’envahisseurs extra-terrestres. Ce sont tout simplement les invertébrés qui habitent avec nous, dans nos humbles demeures!
Bien que certains d’entre eux ne coexistent que de façon temporaire avec nous, question de fuir l’hiver, d’autres demeurent avec nous tout au long de l’année. C’est le cas, par exemple, des lépismes, que vous connaissez sans doute sous le nom de « poissons d’argent ». Les lépismes sont discrets et se tiennent dans les coins plus sombres et humides de nos maisons. Ils sortent de leur cachette la nuit pour se nourrir d’une panoplie de nos « restes » alimentaires et organiques (poussière, cheveux) laissés au sol, ainsi que d’autres produits incluant la colle à tapisserie et les reliures de livres. Ils sont inoffensifs et contribuent même à « nettoyer » certains recoins inatteignables!
Une myriade d’espèces d’araignées est également retrouvée de façon régulière dans nos demeures. C’est le cas de Cheiracanthium inclusum (agrarian sac spider), une araignée jaunâtre d’assez grande envergure (environ 1 cm) qui, bien que normalement retrouvée dans le feuillage des arbres ou des herbacées, à l’affut d’une proie, se faufile aisément dans nos maisons. Ces araignées laissent souvent derrière elles un fil unique, en guise de « corde de sécurité » si elles tombent. Si vous observez de ces fils chez vous (à ne pas confondre avec des fils de poussière!), il est bien possible que vous hébergiez quelques araignées de ce groupe! Selon le livre Common spiders of North America, il s’agit effectivement d’une des araignées les plus communément retrouvées à l’intérieur de nos bâtiments. Toutefois, d’autres espèces, souvent toutes petites (quelques millimètres d’envergure), nous tiennent également compagnie.
Cheiracanthium inclusum, araignée commune dans nos maisons
Ces araignées ne représentent aucun danger pour l’être humain. Elles peuvent tout de même mordre pour se défendre, mais aucune d’entre elles n’est venimeuse… si nous demeurons au Québec, bien sûr! Elles contribuent même à nous débarrasser d’autres envahisseurs qui, eux, pourraient s’avérer bien plus néfastes.
Et justement, certains invertébrés « envahisseurs » sont nettement moins bienvenus. Je vous avais parlé, dans un article précédent, de plusieurs charançons qui causaient des dommages aux plantes d’intérieur de mes parents. D’autres envahisseurs s’en prennent directement à nous. Je pense en particulier aux punaises de lit. Ces hémiptères dépourvus d’ailes sont des parasites d’animaux, incluant… les humains. En fait, les punaises de lit nous auraient suivis depuis les cavernes de la préhistoire jusque dans nos demeures des temps modernes. Elles auraient été moins abondantes à partir du milieu du XXe siècle, mais présentent une remontée spectaculaire depuis les années 1990, possiblement attribuable à la mondialisation (accroissement du commerce international, du nombre de voyages internationaux, etc.). Les punaises se nourrissent la nuit, en repérant leurs hôtes par la chaleur qu’ils dégagent. Elles génèrent des morsures qui démangent (et qui dérangent!). Les références que j’ai consultées indiquent qu’il n’est pas démontré que les punaises de lit soient d’importants vecteurs de maladies. Toutefois, une étude a démontré que le VIH pouvait survivre pendant une heure dans l’estomac d’une punaise. Il a aussi été observé que des morsures fréquentes peuvent conduire à une carence en fer, voire à une anémie (comme dans les histoires de vampires!). Nous ne sommes plus bien loin d’un film d’horreur, ici… Et au moment de terminer l’écriture de cette section, j’ai drôlement envie de me gratter!
Un autre envahisseur indésirable est la mite des vêtements (lépidoptère de la famille des Tineidae). J’ai pris des photos de ces mites dans ma maison, ce printemps. Nous retrouvons un adulte par semaine, depuis quelques semaines déjà. L’invasion ne semble pas massive, mais je m’interroge tout de même sur leur provenance. Retrouverais-je éventuellement un vieux chandail de laine rongé? En plus de s’attaquer aux vêtements, les larves de mites peuvent se satisfaire d’autres substrats, tels le tissu d’un tapis, ou encore un amas de poussière localisé sous un meuble. Bref, difficile de trouver la « source d’émanation » dans une grande maison!
Mite des vêtements
Des espèces d’invertébrés que nous abritons, certaines sont totalement inoffensives, alors que d’autres sont plus dérangeantes. Mieux les connaître aide à mieux orienter nos actions. Et, bonne nouvelle, la plupart ne nécessitent, en fait, aucune intervention… en autant qu’on soit prêt à ce qu’elles nous tiennent compagnie!
Pour en savoir plus
Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
McGavin, G. 2000. Insectes – Araignées et autres arthropodes terrestres. 255p.