La gloutonnerie des larves de coccinelles!

Lors de la précédente publication DocBébitte, je vous ai offert de choisir le sujet de ma prochaine chronique. Vous êtes plusieurs lecteurs à avoir opté pour les larves de coccinelles.

Il est vrai que les coccinelles ont la cote. Voyantes, sympathiques et charismatiques, il s’agit d’un des premiers insectes que l’on apprend à connaître quand on est enfant. Pourtant, les larves et leurs mœurs sont nettement moins connues.

Au courant du dernier mois, j’ai eu l’occasion de capturer sur photos et vidéos quelques larves en pleine action. Je savais déjà que ces dernières constituaient de voraces prédateurs : voir ce billet, où je parle du fait qu’elles peuvent engouffrer jusqu’à 600 petits arthropodes sur un cycle de 20 jours! Or, je n’avais pas eu l’occasion de faire des observations de leur gourmandise par moi-même.

Je fus bien servie à la fin du mois de juin et début du mois de juillet cette année. Ma première observation fut fortuite. J’étais en train de photographier une larve de coccinelle asiatique immobile. Je ne portais pas attention au fait qu’il y avait un autre insecte qui déambulait tranquillement vers cette dernière… avant la toute dernière minute. Je me suis rendu compte de la présence dudit insecte (un puceron), à peine une ou deux secondes avant que la larve de coccinelle ne l’engouffre. Le mouvement de la larve fut si rapide que le puceron n’eut aucune chance de s’échapper. Je continuai alors de prendre des clichés, de même qu’une vidéo qui agrémente la présente chronique.

On voit que la coccinelle semble progressivement vider le puceron de ses fluides (celui-ci se « dégonfle » peu à peu au fur et à mesure qu’avance le temps). D’ailleurs, sur mes photographies, on peut voir une exuvie (squelette externe vide) de puceron sise pratiquement aux pieds de la larve… s’agissait-il de la carcasse d’une précédente proie complètement vidée de ses fluides?

Vidéo 1. Larve de coccinelle qui dévore un puceron. Vers le milieu de la vidéo, il y a une brève interruption (un chien qui passait derrière moi m’a fait sursauter en aboyant), mais je reviens rapidement à mon observation principale!

 

Larve de coccinelle asiatique que je photographiais
Larve de coccinelle asiatique que je photographiais
J’étais si concentrée que je n’ai vu le puceron approcher qu’à la dernière minute
J’étais si concentrée que je n’ai vu le puceron approcher qu’à la dernière minute
La larve captura le puceron en un clin d’œil
La larve captura le puceron en un clin d’œil
Après quelques minutes tout au plus, il ne restait que l’exosquelette du puceron entre les mâchoires de la coccinelle
Après quelques minutes tout au plus, il ne restait que l’exosquelette du puceron entre les mâchoires de la coccinelle

 

Ma seconde observation fut celle d’une larve bien installée sur son garde-manger. Bien qu’elle n’était pas en train de s’alimenter, la larve en question était au repos sur le dessus d’une feuille… dont le dessous était infesté de jeunes pucerons. Sur la seconde vidéo ci-dessous, je manipule la feuille afin de vous montrer le nid grouillant de pucerons.

Vidéo 2. Coccinelle qui a bien choisi son petit coin de repos! Vidéo prise à l’aide de mon iPhone (désolée pour la qualité, mais l’observation est néanmoins intéressante). Je fais quelques commentaires oraux, si vous souhaitez élever le volume!

 

Enfin, ma dernière observation m’intrigua particulièrement. J’avais lu que les larves de coccinelles étaient de voraces prédateurs d’une myriade d’invertébrés, mais il semble qu’elles se délectent également du nectar de certaines fleurs. C’est ce que je constatai sur la troisième vidéo ci-dessous. De nombreuses larves étaient affairées à siroter le nectar produit par de petits arbustes poussant le long du trottoir où j’habite. Je les ai observées attentivement, question de m’assurer qu’elles ne cherchaient pas plutôt à s’emparer d’insectes butineurs… mais il était clair qu’elles s’alimentaient bel et bien du contenu des petites fleurs! À ce qu’il semble, les espèces prédatrices de Coccinellidae complèteraient leur alimentation en se nourrissant de pollen.

Vidéo 3. Plusieurs larves se nourrissaient du nectar de ces fleurs.

 

Voilà qui termine ma petite incursion dans le fabuleux monde des larves de coccinelles! On dirait bien qu’elles sont toujours en train de manger, les gloutonnes!

Aviez-vous déjà effectué de telles observations?

 

Pour en savoir plus

Une coccinelle en harmonie?

La fameuse coccinelle asiatique
La fameuse coccinelle asiatique
Coccinelle asiatique en train de se faire belle
Coccinelle asiatique en train de se faire belle
Photographie d’une coccinelle asiatique soumise lors du concours de photo DocBébitte 2015 par Yohann Chiu
Photographie d’une coccinelle asiatique soumise lors du concours de photo DocBébitte 2015 par Yohann Chiu

Vous êtes nombreux à avoir répondu à la devinette de la semaine dernière… et à avoir trouvé l’identité de l’insecte-mystère, dont je parle aujourd’hui. Bravo!

Il y a quelques semaines de cela, un collègue de travail venait me poser des questions au sujet d’une bête qui s’était introduite par centaines dans son chalet. Il s’agissait de coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis). En particulier, mon collègue se demandait si ces dernières se reproduisaient en période hivernale et s’il allait continuer d’en collecter en grandes quantités pendant encore longtemps.

Il ne m’en fallait pas plus pour amorcer quelques recherches sur cette espèce qui est considérée comme introduite et envahissante. En effet, notre joli coléoptère a été introduit en Amérique du Nord aux fins de lutte biologique et un premier foyer d’invasion aurait été identifié en 1988 dans l’est du continent, puis en 1991 dans l’ouest. À noter que des introductions accidentelles peuvent aussi être à la base de certaines des populations envahissantes, selon les sources consultées.

Comme je l’ai déjà mentionné pour la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) dans cette chronique, les coccinelles – adultes et larves – s’avèrent de voraces prédateurs d’une myriade de petits invertébrés nuisibles comme les thrips et les pucerons. Elles sont donc des créatures bien appréciées des jardiniers, d’où leur introduction initiale dans de nouvelles contrées.

Malheureusement, la coccinelle asiatique s’est avérée être une compétitrice hors pair des autres coccinelles retrouvées à nos latitudes et s’est par conséquent accaparée la niche écologique disponible. En outre, vous avez peut-être vu cet épisode de l’émission Découverte où des chercheurs expliquent que la coccinelle asiatique possède des parasites internes faisant en sorte que ses œufs et larves sont « toxiques » pour les autres espèces de Coccinellidae. Ainsi, les coccinelles autochtones qui se nourrissent des larves de la coccinelle asiatique meurent. En revanche, la coccinelle asiatique se nourrit des œufs et larves des coccinelles indigènes sans problème, ce qui contribue à décimer davantage leurs populations… Vous aurez compris que tout cela n’est pas de bon augure!

Très prolifique, la coccinelle asiatique a envahi nos plates-bandes en grand nombre. Or, lorsque les temps froids s’amènent, cette espèce opte pour un comportement différent des autres espèces. Alors que la commune coccinelle à sept points, par exemple, s’enfouit sous la litière de feuilles, la coccinelle asiatique, elle, tente de fuir les rigueurs de l’hiver en se trouvant un nid douillet… dans nos demeures! C’est qu’elle est frileuse, la dame! Il n’est donc pas surprenant que les témoignages de gens envahis par des centaines de coccinelles asiatiques abondent dans les sources que j’ai consultées.

Mais qu’est-ce qui fait que de vastes congrégations de ces coléoptères envahissent certaines maisons ou certains chalets plutôt que d’autres? Lors des chaudes journées d’automne, les coccinelles asiatiques s’activent effectivement – avez-vous vu les nuées de ces individus en septembre et en octobre? – et pénètrent dans toute fissure ou ouverture donnant accès à un abri plus chaud. Les demeures moins bien isolées risquent par conséquent d’être plus affectées. Aussi, il semblerait que les bâtiments situés près de champs et de zones boisées soient plus touchés. De même, si des murs sont exposés aux chauds rayons du soleil, le bâtiment en question deviendra encore plus attrayant.

La vorace larve
La vorace larve
La larve s’est attachée à une feuille et a amorcé sa métamorphose
La larve s’est attachée à une feuille et a amorcé sa métamorphose
Nymphe de la coccinelle
Nymphe de la coccinelle

J’avais déjà entendu dire qu’il était déconseillé de ramasser ces coccinelles à l’aide d’aspirateurs, puisqu’elles peuvent dégager des composantes irritantes pour les humains. Cependant, mes récentes recherches n’appuient pas ces dires et suggèrent qu’elles peuvent se recueillir à l’aide d’aspirateurs, pourvu que le sac soit vidé rapidement, de sorte à éviter des réintroductions (voir plusieurs des sources citées dans la section Pour en savoir plus). Par ailleurs, les nombreux individus qui ont trouvé une voie vers l’intérieur de la demeure peuvent rester inactifs et hiberner dans les zones plus fraîches comme les vides des murs ou les greniers. C’est lors de périodes plus clémentes qu’ils tendent à émerger, par vagues. Cela explique le fait que les gens envahis peuvent observer des émergences de coccinelles à plusieurs moments, et ce, tout au long de l’hiver!

Vous voulez savoir si les organismes qui envahissent vos demeures sont bel et bien des coccinelles asiatiques? Sachez que les motifs et colorations de la coccinelle asiatique sont très variés. Cette image tirée de Wikipédia en fait une bonne démonstration. Le nombre de points observé mais aussi la couleur globale peuvent changer d’un individu à l’autre, rendant l’identification de cette espèce un peu plus complexe. La forme la plus couramment observée au Québec est la forme orangée ponctuée de 19 points noirs. Mais ne concluez pas rapidement sur l’identité de l’individu si celui-ci est jaune ou noir et est orné de 0 à 20 points, dont certains sont rouges. Il pourrait également s’agir de Harmonia axyridis.

La larve est noire et orange. Elle est munie d’épines et de tubercules bien visibles. De forme rampante et allongée, on tend à la comparer à un crocodile miniature. Cependant, l’étonnante voracité des larves de coccinelles ferait sans doute rougir de gêne tout carnassier reptilien! Celles-ci sont en effet capables de se nourrir de plusieurs dizaines de pucerons par jour!

Lorsque vient le temps de se métamorphoser, la larve s’accroche à un substrat (souvent des feuilles d’arbre) par le bout de son abdomen et se transforme en nymphe. Je croyais ces dernières immobiles, mais je fus surprise de voir ces nymphes bouger alors que je tentais de les prendre en photo, comme en témoigne une des vidéos jointes à la présente chronique.

Les adultes ne se reproduisent toutefois pas dans nos demeures en hiver – c’était une des interrogations de mon collègue de travail. Selon les sources consultées, ces derniers ne survivraient que quelques jours. S’ils parvenaient à se reproduire, les larves extrêmement goinfres n’arriveraient pas à s’alimenter et ne pourraient, elles non plus, subsister.

Malgré leur tendance envahissante, les coccinelles asiatiques ont fait leur place parmi la communauté invertébrée du Québec. Espérons que leur prolifération effrénée connaîtra un ralentissement et que les autres espèces similaires sauront rebondir. Peut-être vivront-elles même en harmonie – sans vouloir faire de mauvais jeux de mots avec le nom du genre « Harmonia »! Entre temps, nous ne pouvons que les admirer… envahissantes ou pas, elles demeurent jolies, non?

 

Vidéo 1. Nymphe de coccinelle asiatique qui bouge. Je fus surprise de faire ce constat… et vous?

 

Vidéo 2. Coccinelle asiatique que j’avais examinée sous mon stéréomicroscope il y a de cela quelques années. Je l’avais recueillie dans une toile d’araignée et l’avait prise pour morte… jusqu’à ce qu’elle se mette à bouger sous ma lentille!

 

Vidéo 3. Coccinelles asiatiques qui cherchent un abri pour l’hiver (octobre 2014).

 

Vidéo 4. Lors de chaudes journées automnales, les coccinelles asiatiques se déplacent en grand nombre afin de trouver un abri. On en voit beaucoup ici, en vol (octobre 2014).

 

Pour en savoir plus

 

La vie de mon jardin – Partie 1 : les alliés

Zelus luridus_2016
Punaise assassine qui était cachée sous la litière de feuilles
Zelus luridus_Automne 2015
Des feuilles enroulées inspectées l’automne dernier cachaient plusieurs invertébrés

Chaque printemps, je me fais un grand plaisir à « nettoyer » mes plates-bandes. Naturellement, vous aurez deviné que j’effectue cette « corvée » munie d’un appareil photo à mes côtés. Je finis habituellement par passer autant de temps à manipuler et photographier des invertébrés qu’à ramasser des feuilles. J’ai la chance – ou la malchance selon l’angle avec lequel on regarde la situation – d’avoir une forêt dans ma cour, faisant en sorte que mes plates-bandes sont recouvertes d’une épaisse couche de feuilles. Cette importante litière cache de nombreuses bêtes que je découvre une à une le printemps venu. Chaque nouvelle saison offre son lot de surprises : les espèces qui étaient dominantes l’année d’avant ne sont pas nécessairement les mêmes l’année suivante.

Cette année, je notai jusqu’à maintenant une dominance d’invertébrés dits bénéfiques – du moins du point de vue du jardinier. En effet, mes premières observations de l’année portaient toutes sur des invertébrés prédateurs : coccinelles à sept points, araignées-crabes et punaises assassines. Il ne m’en fallut pas plus pour décider de vous pondre une petite chronique faisant le portrait de ces individus… et de quelques autres insectes qui s’avèrent être de précieux alliés!

Première observation : la punaise assassine! J’avais fait la rencontre de ce sympathique insecte pour la toute première fois au printemps 2013 et j’en avais alors fait l’objet d’une chronique (celle-ci). Encore une fois cette année, ce sont des nymphes de l’espèce Zelus luridus que je découvris blotties sous les feuilles. J’avais également observé plusieurs nymphes l’automne dernier qui présentaient toutes le même comportement : elles se cachaient à l’intérieur de feuilles dont le bout avait été enroulé par un précédent insecte (possiblement une sorte de chenille). En inspectant les feuilles « enroulées » des arbres d’un secteur près de chez moi, je réalisai que bon nombre d’entre elles étaient peuplées par des nymphes de punaises assassines. J’ai pu prendre quelques photographies du phénomène, dont une en appui diffusée dans la présente chronique. Les punaises assassines sont considérées des alliées parce qu’elles sont des prédateurs : elles se nourrissent notamment d’insectes indésirables susceptibles d’endommager les plantes ornementales et les arbustes tels les chenilles, les asticots et les punaises phytophages.

Coccinelle à sept points 3
Coccinelle à sept points, qui venait elle aussi d’être délogée de sa cachette hivernale
Carabe bronzé_Mai 2014
Le carabe bronzé s’attaque notamment aux limaces

Deuxième cas : les coccinelles! En « jouant » dans mes plates-bandes, je dérangeai plusieurs coccinelles à sept points (Coccinella septempunctata) qui s’y étaient installées pour passer l’hiver. Tant les larves que les adultes de ce sympathique arthropode sont en mesure d’engloutir bon nombre de pucerons et autres insectes qui s’attaquent habituellement à nos plantes préférées. Je vous avais d’ailleurs parlé récemment de la coccinelle à sept points, dont l’adulte est en mesure de manger plusieurs dizaines de pucerons par jour. La larve n’en est pas moins efficace, ingérant quelque 200 à 600 pucerons tout au long de son développement qui prend une vingtaine de jours. Bref, en plus d’être jolis à regarder, ces petits bouts de coléoptères nous sont d’une grande aide pour préserver un jardin en santé!

Il n’y a pas que les coccinelles chez les coléoptères qui sont de redoutables prédateurs : les carabes bronzés (Carabus nemoralis) sillonnent aussi nos plates-bandes à l’affut d’une délicieuse collation invertébrée. Ces jolis et gros coléoptères sont notamment friands d’organismes à corps mou comme les limaces, les escargots et les chenilles, des bêtes qui transforment typiquement nos plantes en gruyère suisse tellement elles y font de trous! J’avais observé une quantité impressionnante de carabes bronzés chez ma belle-sœur dont les plates-bandes étaient également envahies par un nombre effarant d’escargots. J’ai présumé qu’il y avait un lien entre l’abondance des proies et des prédateurs respectivement. Avez-vous déjà fait une telle observation?

Lorsque j’enlève l’épaisse couche de feuilles recouvrant mes plates-bandes, j’ai aussi le plaisir de découvrir bon nombre de jolies araignées-crabes (Thomisidae). Elles sont à peine visibles, car elles se fondent bien au décor avec leurs couleurs beige et brun. Je retrouve en particulier plusieurs individus que j’avais identifiés dans le passé comme étant de l’espèce Xysticus elegans (voir cette chronique), une araignée dont le mâle arbore de jolis motifs sur son abdomen. Les araignées-crabe chassent à vue, sans l’aide d’une toile. Elles attendent patiemment, au sol ou sur la végétation, le passage d’une proie à laquelle elles s’agrippent le temps venu! Comme elles sont des prédateurs hors pair, elles contribuent à la régulation des populations d’espèces d’insectes qui pourraient autrement s’avérer néfastes. C’est d’ailleurs le cas de nombreux autres arachnides qui foulent nos plates-bandes ou qui y tissent leur toile : opilions, araignées-loup (Lycosidae), Agelenidae et j’en passe!

Thomisidae Printemps 2016
Araignée-crabe qui se cachait sous les feuilles ce printemps
Pélécinide 3
Pélécinide adulte qui nous aide dans la lutte aux « vers blancs »!

Les pélécinides (Pelecinus polyturator) constituent un dernier groupe – mais non le moindre – dont je voulais vous parler. Contrairement aux espèces citées plus haut qui sont davantage printanières, je retrouve les pélécinides adultes dans mes plates-bandes un peu plus tard en été. Ce qu’il faut dire, c’est que ce sont les larves qui jouent un rôle plus actif dans le contrôle d’une espèce indésirable en particulier : le fameux ver blanc (larve du hanneton). La femelle pélécinide est munie d’un très long ovipositeur dont elle se sert pour atteindre les larves de hanneton enfouies sous terre. C’est ce long appendice qui fait généralement peur aux observateurs, car l’on tend à penser qu’il sert à piquer! Une fois qu’elle a déniché des larves de hanneton, la femelle y pond ses œufs. Les larves du pélécinide font le reste du travail, dévorant les pauvres hannetons en devenir. Étant donné que les larves de hanneton sont reconnues pour les dommages qu’elles effectuent aux pelouses et à certains plants, le travail des pélécinides s’avère fort bénéfique.

Il existe bon nombre d’autres invertébrés qui sont nos alliés. Avant de chercher à vous débarrasser d’un insecte ou d’une araignée que vous trouvez dégoûtants, il pourrait valoir la peine de vous poser la question suivante : « cet invertébré est-il en train de m’aider »? Vous pourriez être surpris par la réponse! Si vous voulez en savoir plus sur les arthropodes bénéfiques, vous pouvez notamment consulter les sources citées dans la section « Pour en savoir plus ». Bon jardinage!

 

Vidéo 1. Punaise assassine trouvée ce printemps dans mes plates-bandes.

Vidéo 2. Carabe bronzé rescapé de ma piscine. On voit bien ses larges mandibules.

Pour en savoir plus

  • Brisson, J.D. et al. 1992. Les insectes prédateurs : des alliés dans nos jardins. Fleurs Plantes et Jardins : Collection no. 1. 44 p.
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Smeesters, E. et al. 2005. Solutions écologiques en horticulture. 198 p.

Un amour de coccinelle

Vous avez sans doute reconnu que j’avais emprunté le titre de la présente chronique à un film qui date déjà de quelques années (encore plus vieux que la personne qui écrit la présente chronique, je l’avoue!) et qui portait sur une coccinelle… motorisée! Il s’agissait de Herbie (Choupette pour la version française, de ce que j’ai appris en lisant sur Internet), la Volkswagen Coccinelle qui n’en faisait qu’à sa tête.

Coccinelle à sept points
La jolie coccinelle à sept points a la cote!
Coccinelle à sept points 2
L’on peut bien observer les trois points de chaque côté, ainsi que le point commun à la jonction des élytres

Qu’elles soient en métal ou animales, les coccinelles ont la cote, tant auprès des entomologistes aguerris que des néophytes. Jolies et colorées, les coccinelles « insectes » ne sont généralement pas considérées comme étant répugnantes contrairement à leurs consœurs araignées ou coquerelles – pour n’en nommer que quelques-unes!

Plusieurs espèces de coccinelles habitent nos plates-bandes. Outre la coccinelle asiatique multicolore (Harmonia axyridis), une espèce introduite qui est connue pour sa propension à entrer par dizaines dans les demeures à l’automne, la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) est sans doute l’une des plus communes. Fait intéressant que je ne connaissais pas : la coccinelle à sept points a elle aussi été introduite en Amérique du Nord en tant qu’outil de lutte biologique. Elle est maintenant si bien répandue qu’elle est devenue l’insecte-emblème de cinq états américains!

Le fait que les coccinelles adorent se mettre des pucerons sous la dent n’est pas étranger à leur introduction. Selon les sources consultées, nos petits coléoptères adultes seraient en mesure d’ingérer entre 40 à 100 pucerons par jour en moyenne. Brisson et al. (1992) précisent qu’une larve, quant à elle, se nourrirait de 200 à 600 pucerons pendant la vingtaine de jours qu’elle prend pour se développer. Efficace pour nettoyer une plate-bande infestée de pucerons, n’est-ce pas? En plus des pucerons, d’autres insectes comme les thrips, les cochenilles et les acariens figurent à leur menu.

La coccinelle à sept points se reconnaît facilement par le fait que ses élytres sont munis… d’un total de sept points! Avouez que vous n’êtes pas surpris! En fait, les élytres sont ponctués chacun de trois points distincts, auxquels s’ajoute une septième tache située au début de la jonction entre les deux élytres. En cas de doute – ou si vous ne savez pas compter! –, vous pouvez aussi baser votre identification sur le fait que cette septième tache est bordée de deux zones blanches triangulaires. De plus, la tête toute noire est munie de deux points blancs bien distincts. Le pronotum (premier segment dorsal situé immédiatement après la tête) est, lui aussi, majoritairement noir et entouré de deux taches blanches de forme plutôt carrée.

Coccinelle à sept points 4
Je retrouve souvent des coccinelles à sept points au printemps, sous la litière de feuilles
Coccinelle à sept points 3
Cet autre individu, encore terreux, a été perturbé alors que je ramassais les feuilles de mes plates-bandes

Je retrouve beaucoup d’individus de C. septempunctata dans mes plates-bandes au printemps, lorsque je ramasse les feuilles qui y étaient tombées l’automne précédent. Ceux-ci semblent avoir trouvé refuge sous l’épaisse litière de feuilles pendant la période hivernale. C’est donc un plaisir d’effectuer le nettoyage des plates-bandes chaque printemps, appareil photo à la main. Une des photographies qui accompagne la présente chronique présente d’ailleurs un individu encore couvert de particules de terre, dont je venais tout juste de découvrir l’abri!

Cette jolie coccinelle introduite en Amérique du Nord a fait couler beaucoup d’encre en Europe, où elle est connue depuis plusieurs siècles. Il semblerait que les nombreuses légendes européennes touchant les coccinelles ont en commun qu’elles seraient associées à la coccinelle à sept points. Cette dernière porte souvent des surnoms à connotation religieuse, incluant « bête à bon Dieu ». Pourquoi donc, me direz-vous?

La légende veut que ce sympathique coléoptère ait sauvé, au Moyen Âge, un homme qui allait être décapité pour un crime qu’il n’avait pas commis. Alors qu’il allait se faire couper la tête, une coccinelle vint se poser sur son coup et ne s’y laissa point déloger. Cet « incident » fut perçu comme une intervention divine et le pauvre homme fut épargné!

La coccinelle à sept points fut dès lors considérée comme un porte-bonheur par les humains – ce qui semble encore vrai de nos jours. Elle ne constitue peut-être pas un symbole de chance, cependant, pour moult coccinelles indigènes d’Amérique du Nord, dont les populations furent décimées par son arrivée. Néanmoins, la coccinelle à sept points semble maintenant ancrée dans nos terres et dans nos cœurs, jolie comme elle est! En cette journée de la Saint-Valentin, on peut se permettre de dire qu’elle est un amour de coccinelle!

 

Pour en savoir plus

Parés pour l’Halloween – Les réponses!

Lundi dernier, vous aviez pour défi d’identifier huit individus parés pour l’Halloween. Avez-vous réussi à reconnaître plusieurs des organismes photographiés?

Les réponses vous sont présentées ci-dessous!

Joyeuse Halloween!

Réponses à la devinette de lundi dernier : Parés pour l’Halloween
#1. Coccinelle asiatique Coccinelle asiatique_Microscope(Coléoptère) #2. Arctiide de l’asclépiade Arctiide asclépiade(Lépidoptère)
#3. Croissant nordique Croissant nordique_2(Lépidoptère) #4. Isia Isabelle Isia Isabella_Printemps(Lépidoptère)
#5. Lycosidae ou araignée-loup Lycosidae yeux(Arachnide) #6.Sympetrum vicinum (Odonate) Sympetrum femelle
#7. Lepture au thorax orangé – longicorne (Coléoptère) Coléptère Orange-Noir #8. Diacrisie de virginie (Lépidoptère) Diacrisie chenille