Un plongeur aguerri!

Nombreuses sont les espèces d’invertébrés qui grouillent sous les roches et les sédiments des lacs et des rivières. Les adaptations qu’elles ont subies au fil de leur évolution font de plusieurs d’entre elles des maîtres plongeurs exceptionnels. Un groupe qui s’est particulièrement bien adapté à la vie sous-marine, tant au stade larvaire qu’à l’état adulte, est celui des dytiques.

Dytique adulte
Dytique adulte sous l’eau : on peut voir la bulle d’air à la base de son abdomen

Les dytiques sont des coléoptères de la famille des Dytiscidae. Les adultes ont toute l’allure d’un coléoptère terrestre : corps compact de forme ovale et carapace brunâtre formée par de solides élytres. Ils ont cependant la capacité de se déplacer sous l’eau, contrairement à plusieurs de leurs confrères qui se noient s’ils tombent à l’eau. D’ailleurs, l’origine grecque du mot Dytiscidae, dytikos, signifie « qui aime à plonger ».

Les dytiques possèdent maintes caractéristiques faisant d’eux d’excellents plongeurs. Tout d’abord, leurs pattes arrière sont bordées de longs poils. Elles servent de palmes, permettant aux dytiques de se propulser et de se mouvoir sous l’eau aisément. De plus, ils sont en mesure de capturer des bulles d’air à la base de leur abdomen, sous leurs élytres. Lorsqu’ils plongent, ils puisent leur oxygène dans cette bulle, qui se remplit progressivement de dioxyde de carbone. À un certain moment, ils doivent remonter à la surface afin de régénérer leurs réserves d’air. Bref, à l’instar d’un plongeur, les dytiques adultes traînent avec eux leur « bonbonne » d’oxygène lorsqu’ils plongent sous l’eau!

J’ai observé des dytiques adultes à de multiples reprises dans ma piscine, ainsi que dans mon étang à poissons. Je m’étais d’ailleurs retrouvée à deux reprises avec un écosystème complet incluant des larves et des adultes dytiques dans ma piscine (j’en parle dans cette chronique).

Dytique adulte 2_2013
Dytique adulte sur ma main

Au printemps dernier, alors que je nettoyais mon étang, j’ai eu le loisir de manipuler un dytique adulte. J’en avais déjà attrapé plusieurs mains nues, dans le passé, qui ne s’étaient pas laissés manipuler très longtemps. En outre, je peux vous dire que ceux-ci n’ont définitivement pas perdu leur capacité de mordre! Je me suis fait mordre à plusieurs reprises : cela est plutôt saisissant, mais sans conséquences! Bref, revenons à mon dytique du printemps 2013. Celui-ci me permit de l’observer allègrement – sans me mordre, cette fois! À un moment donné, il se mit littéralement à vibrer sur ma main, tel un moteur. Cela dura quelques minutes – assez longtemps pour que je me demande ce qu’il mijotait. C’est ensuite qu’il prit son envol! Je compris qu’il s’était probablement échauffé les ailes et le corps – qui étaient mouillés quelques instants auparavant. Une de mes sources suggère que les dytiques ne seraient pas capables de prendre leur envol immédiatement après être sortis de l’eau, notamment parce que le mode de respiration « aquatique » du dytique viendrait affecter certains organes utilisés au moment du vol. Un temps d’adaptation serait conséquemment nécessaire pour passer du milieu aquatique au milieu terrestre. Intrigant, n’est-ce pas?

Dytique adulte_2013
Dytique adulte sous l’eau

C’est cette capacité de voler qui permet aux dytiques de se déplacer d’un site à l’autre et de répandre leurs œufs. Les dytiques peuvent donc coloniser rapidement toutes sortes de milieux aquatiques – même de petits étangs ou des piscines fermées! En effet, alors que les adultes peuvent voler, les larves, elles, sont entièrement confinées aux milieux aquatiques où elles sont nées.

Les larves de dytiques ont une allure particulière et facilement reconnaissable. Tout d’abord, elles sont munies d’une grosse tête – par rapport au reste du corps – surmontée de larges mandibules recourbées. Elles possèdent de longues pattes, adaptées pour la nage. Aussi, leur abdomen se termine de façon très pointue. De plus, beaucoup d’espèces possèdent deux filaments en forme de V au bout de leur abdomen. Ces deux filaments sont, en fait, des spiracles et servent à la respiration des individus. À cet égard, les larves de nombreuses espèces se tiennent la tête en bas, la pointe de leur abdomen frisant la surface de l’eau. C’est ainsi qu’elles respirent, en puisant l’oxygène à l’endroit où il est le plus abondant : à l’interface où l’air et l’eau se touchent.

Dytique et chironome 2
Larves de dytiques – une d’entre elles savoure une larve de chironome
Dytique et chironome
Larve de dytique et chironome partiellement digéré

Leurs larges mandibules servent à saisir des proies (voir cette photo). Effectivement, les larves de dytiques sont prédatrices. D’ailleurs, leur nom commun anglais est « water tigers » (tigres d’eau).  Lorsqu’elles attrapent une proie, elles lui injectent des enzymes digestifs qui liquéfient ses tissus internes. Il leur suffit ensuite d’aspirer les fluides, laissant derrière elles une coquille vide.

Les adultes constituent, eux aussi, de voraces prédateurs. Autant les adultes que les larves peuvent s’attaquer à une myriade de proies : vers, sangsues, crustacés, larves d’autres insectes aquatiques (petits et gros), têtards, salamandres et petits poissons. Aucune proie ne leur résiste si elle est de taille à être maîtrisée! Les adultes sont également des charognards et peuvent se délecter de carcasses de poissons morts ou d’autres animaux.

En somme, les dytiques sont passés maîtres dans l’art de plonger et de se mouvoir sous l’eau. Comme ils sont prédateurs d’autres insectes – incluant les larves de maringouins et de mouches susceptibles de nous piquer (lire cette précédente chronique) – ils s’avèrent des insectes bénéfiques. Ils sont également très communs et vous pouvez les manipuler sans danger – quoiqu’ils tendent à mordre à l’occasion!

Je termine cette chronique par une courte vidéo du dytique que j’ai observé et manipulé au printemps dernier. Vous pourrez voir comment il se déplace sous l’eau et à quel point il est un plongeur aguerri!

 

 

Pour en savoir plus

  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Merritt, R.W. et K.W. 1996. Cummins. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Thorp, J.H. et A.P. Covich. 2001. Ecology and classification of North American freshwater invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
  • Wikipédia. Dytique. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dytique

 

Oh, carabes! Comme vous avez de grandes dents!

La capsule de la semaine du 18 novembre présentait un insecte doté de fort larges mandibules. Aviez-vous deviné qu’il s’agissait d’une sorte de coléoptère?

Plus particulièrement, notre individu est un carabe bronzé et il fait partie de la famille des carabidés (sous-famille: carabinae). Comme le suggère la taille de ses mandibules, il s’agit d’un féroce prédateur. Il est d’ailleurs apparenté à un autre groupe de coléoptères aussi connu pour sa voracité : les cicindèles (voir cette précédente chronique).

Microscope - 18Nov
« Qui suis-je » de la semaine dernière! Il s’agit d’un carabe bronzé.

Cette sorte de carabe chasse habituellement au sol. Plusieurs des sources que j’ai consultées indiquent qu’il est surtout nocturne, bien que cette page française mentionne que certaines populations puissent également être diurnes. Bref, il n’en demeure pas moins qu’il lui arrive, au moins à l’occasion si ce n’est pas plus souvent, de sortir de sa cachette pendant le jour, ce qui nous permet de l’observer et d’apprécier sa taille. C’est d’ailleurs de cette façon que mes parents ont pu prendre deux superbes individus en photo (qui accompagnent la présente chronique!). Pour ma part, je n’ai pu observer que des individus qui s’étaient noyés dans ma piscine. C’est ainsi que j’ai mis la main sur le spécimen examiné de plus près sous la loupe de mon microscope!

Les carabes sont des « chasseurs actifs ». Ils tendent à se déplacer constamment à la recherche de proies, faisant en sorte qu’ils se retrouvent fréquemment dans des conteneurs expédiés vers d’autres pays. Ainsi, plusieurs espèces de carabes ont été introduites dans divers endroits du monde. C’est le cas du carabe bronzé, qui est indigène à l’Europe, mais qui constitue une espèce introduite en Amérique du Nord.

Carabe bronzé 1
Carabe bronzé

Les carabes se délectent de nombreux invertébrés retrouvés dans les plates-bandes. Ils ont d’ailleurs une préférence pour les invertébrés à corps mou tels que les chenilles et les limaces. Il s’agit donc, de toute évidence, d’un puissant allié du jardinier!

À cet effet, ils sont utilisés comme indicateurs de l’état de la biodiversité en milieu agricole. En effet, comme ils se nourrissent d’autres invertébrés, il est possible qu’ils accumulent les contaminants utilisés dans les champs de culture dite conventionnelle. Certaines espèces de carabes retrouvées en France, par exemple, sont plus souvent recensées dans les zones d’agriculture biologique que dans celles où l’agriculture intensive est pratiquée.

Carabe bronzé 2
On voit d’où le carabe bronzé tire son nom! Voyez les jolies couleurs miroiter!

Je termine avec une question qui vous brûle sans doute les lèvres: est-ce que les carabes sont susceptibles de mordre les humains avec ces larges mandibules? Cela est fort possible, quoique je n’aie jamais eu l’occasion de le tester! Si cette possibilité vous inquiète, rappelez-vous que les insectes préféreront habituellement fuir s’ils en ont la chance! En cas de doute, abstenez-vous de les manipuler à mains nues… et évitez de faire comme dans cette vidéo que j’ai trouvée sur YouTube!!!

 

Pour en savoir plus

Dans l’œil de mon microscope : 5) Comme vous avez de grandes dents!

L’insecte-mystère de cette semaine a de très, très grandes mandibules. S’en sert-il pour mordre les doigts trop inquisiteurs? S’agit-il, à l’instar du loup dans le petit chaperon rouge, d’un redoutable prédateur?

La réponse, dans une prochaine chronique!

Vous voulez tenter de deviner de quel insecte il s’agit? Joignez-vous à la page Facebook de Docbébitte: https://www.facebook.com/Docbebitte

Microscope - 18Nov
Saurez vous deviner à quel grand groupe appartient cet insecte?

Gagnante du concours amical de photographie 2013: La mante religieuse de Emmy Benoit!

Vous avez été plusieurs à me transmettre de superbes photos d’invertébrés pour cette première édition du concours de photographie d’invertébrés sur DocBebitte.com. Sachez que vos photographies ont été grandement appréciées des lecteurs. Or, comme tout concours ne peut avoir qu’un gagnant, voici la photo « coup de cœur » du public qui a remporté le plus grand nombre de votes: la mante religieuse. Bravo Emmy Benoit pour ce superbe cliché!

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Gagnante du concours de photographie 2013: Mante religieuse, par Emmy Benoit

Je souhaite également en profiter pour offrir une mention honorable à la photo de l’escargot, de Marie-Laure Tremblay, qui a donné une chaude lutte à notre mante religieuse! Vous avez été quelques uns à me préciser que vous appréciez tout particulièrement cette photo d’escargot, bien que vous n’aimiez pas les voir dans vos plates-bandes!

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Mention honorable: L’escargot de Marie-Laure Tremblay

Chose promise, chose due : je consacrerai la totalité de la présente chronique à l’invertébré représenté sur la photo gagnante : la mante religieuse. Il importe de noter que la photographie de Emmy ne sera pas accompagnée d’autres photos de mantes religieuses provenant de ma banque personnelle, puisque je n’ai pas encore eu la chance de capturer de clichés de cet insecte plutôt élusif. D’où également tout mon respect pour la photographie de Emmy… chanceuse!

Le fait que je n’aie pas l’occasion de voir souvent des mantes religieuses a peut-être quelque chose à voir avec ma situation géographique. Au Québec, les mantes religieuses sont surtout retrouvées à partir de la grande région de Montréal et en descendant vers le sud. Elles se font plus rares, semble-t-il, dans la région de Québec.

Comme vous vous en doutez, les mantes religieuses sont des prédateurs hors pair. Aussitôt sorties de leur oothèque – un fourreau arrondi dont les parois sont durcies et dans lequel se développent simultanément plusieurs dizaines d’œufs de mantes (voir cette vidéo) – les larves commencent à se nourrir de petits invertébrés, tels que des pucerons. Les adultes, eux, ne font vraiment pas la fine bouche. Ils mangent pratiquement tout ce qui bouge : chenilles, papillons, mouches, abeilles, criquets, araignées, etc. Vous pouvez visionner de nombreuses vidéos sur Youtube où l’on voit des mantes à l’œuvre (notamment cette vidéo).

Les mantes religieuses peuvent présenter différentes colorations. Les individus verts sont habituellement ceux qui nous viennent à l’esprit. Toutefois, on retrouve aussi des individus de forme brune (voire brun grisé), comme celui qui est en vedette sur la photo de Emmy.

Fait intéressant, il ne s’agit pas d’une espèce indigène. Elle a été introduite en Amérique du Nord il y a de nombreuses années. Les sources que j’ai consultées ne concordent cependant pas en matière de date (varie entre le début des années 1600 et la fin des années 1800) et de raison pour laquelle elles auraient été introduites. À certains endroits, on mentionne qu’elles auraient été introduites intentionnellement pour des fins de lutte biologique, alors que d’autres sources indiquent que leur introduction aurait été accidentelle. Dans ce dernier cas, toutefois, l’intérêt des mantes pour contrôler certaines espèces d’insectes indésirables aurait été rapidement reconnu. En effet, leur appétit insatiable a fait d’elles de bonnes compagnes, fort appréciées des jardiniers!

Pour terminer cette chronique, j’aborde une dernière question qui vous brûle sans doute les lèvres. Mythe ou réalité : les femelles mantes religieuses mangent-elles les mâles? Et bien, chers Messieurs, sachez que Mesdames les mantes ne se gênent effectivement pas pour se nourrir de leurs compagnons. Que ce soit avant, pendant ou après la copulation, rien ne les arrête. Il arrive, justement, que la femelle se délecte de la tête de sa « douce moitié » en pleine séance de copulation. Dans ce cas, elle a la « délicatesse » de rompre un nerf faisant en sorte que l’abdomen du mâle poursuit ses « mouvements » de copulation, même s’il n’a plus de tête!

Une petite prière avant de manger?

 

Pour en savoir plus

Un piège mortel

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Épeire diadème et sa proie

Si je vous dis les mots « invertébré prédateur », à quoi pensez-vous? Le mot « araignée » vous est-il venu en tête?

Les araignées sont effectivement passées maîtres dans l’art de capturer diverses proies, parfois aussi grosses quelles-mêmes! Plusieurs d’entre elles disposent de l’arme parfaite du crime : la toile!

La capacité des araignées de tisser des toiles de toutes sortes est admirable. Elles utilisent, pour ce faire, une soie qu’elles produisent dans leur abdomen et qui est presque entièrement composée de protéines. Dans le corps des araignées, cette soie se retrouve sous forme liquide. Elle se solidifie toutefois rapidement aussitôt qu’elle est extraite de l’abdomen. Elle forme alors une fibre solide, mais élastique.

Je parle de soie « extraite » de l’abdomen, car cette dernière n’est effectivement pas « projetée » hors du corps de l’araignée. Celle-ci doit soit l’extraire elle-même de façon manuelle, avec ses pattes, ou encore attacher (ou coller) sa soie à un point donné et s’en éloigner. Soulignons toutefois que certaines araignées ont développé une tactique fort étonnante qui consiste à projeter leur soie, et ce, non pas par derrière, mais par leur bouche! Il n’en demeure pas moins que la majorité des araignées ont tout de même adopté la première méthode mentionnée!

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Toile orbiculaire verticale (Épeire diadème)
Orbiculaire
Toile orbiculaire horizontale (Tetragnatha sp.)

Différents types de soie, présentant des propriétés variées, peuvent être produits par les araignées, selon le besoin visé (voir cet article). Ainsi, certaines araignées tissent un fil unique qui les suit partout. Il s’agit en quelque sorte d’une corde de sécurité qui leur permet de se ressaisir si elles perdent pied! Elles peuvent s’en servir aussi si elles sont perturbées : il leur suffit de se jeter en bas de leur promontoire pour échapper à tout danger. Leur corde de sécurité les retiendra! Les araignées se servent également de leur soie pour produire des cocons, soit pour s’y cacher ou encore pour protéger leurs œufs.

Les toiles, quant à elles, correspondent à l’usage le plus spectaculaire que font les araignées de leur soie. Quatre grandes catégories de toiles peuvent être distinguées et chacune est caractéristique d’un ou de quelques groupes d’araignées : toile orbiculaire, toile en entonnoir, toile en hamac et toile-échafaudage.

La toile orbiculaire est la classique toile ronde, composée de rayons, de cercles concentriques et d’une partie centrale où repose l’araignée. Alors que les rayons et la partie centrale sont composés de soie non collante, les cercles, eux, sont humides et collants. Ce sont donc ces derniers qui jouent le rôle principal dans la capture des proies. Comme leur efficacité diminue lorsqu’ils sèchent, les araignées vont détruire et recommencer leur toile sur une base régulière. Cependant, afin d’éviter de perdre toutes ces précieuses protéines, les araignées vont manger leur toile et recycler les protéines qu’elle contient. Même les araignées ont compris que le recyclage était une bonne idée!

Entonnoir
Toile en entonnoir
Toile hamac
Toile en hamac

La toile en entonnoir est également facilement reconnaissable. Pour ceux qui ont des haies de thuyas (je pense à mes parents en particulier!), vous n’êtes pas sans connaître ce type d’araignée! Ces toiles sont généralement composées d’une partie plate horizontale qui conduit à une cachette en forme d’entonnoir. Lorsqu’une proie se retrouve coincée dans la toile, l’araignée sort de sa cachette en un clin d’œil pour s’en emparer.

La toile en hamac peut ressembler à la première partie de la toile en entonnoir, sauf qu’elle ne conduit pas à une cachette. Elle peut se présenter sous différentes formes : plate, en forme de cuvette ou en forme de dôme. L’araignée se tient habituellement sous la toile, tête en bas, prête à saisir toute proie qui s’y collera.

Finalement, la toile-échafaudage ressemble à un amas de fils qui auraient été tissés au hasard. Malgré leur apparence peu soignée, ces toiles sont, en fait, minutieusement construites. Elles constituent un labyrinthe qui est généralement fatal pour toute proie qui s’y aventure. L’araignée profite du fait que les proies sont désorientées pour s’en emparer.

Les toiles d’araignées font l’envie des ingénieurs. Elles sont élastiques et très résistantes – 5 fois plus que l’acier. Imaginez si l’on pouvait concevoir un produit de ce genre à l’échelle humaine!

Malgré leur extraordinaire résistance, elles ne sont toutefois pas à l’abri des différents perturbateurs environnementaux. Certaines études en laboratoire visaient à exposer les araignées à différents composés chimiques. Il en est ressorti que les araignées se mettaient à tisser des toiles anarchiques lorsqu’elles étaient sous l’influence de la caféine, de la marijuana, ainsi que d’autres composés (voir cet article). Cela a de quoi à nous faire réfléchir sur nos propres habitudes de consommation!

 

Galerie vidéo

Épeire diadème en train de « momifier » un bourdon. Notez la largeur de la soie, qui ressemble à un ruban.

 

Autre Épeire diadème qui accroche un bourdon au bout de son abdomen pour le ramener vers sa cachette.

 

Troisième Épeire diadème (oui, ce sont des araignées très communes!), cette fois-ci en train de tisser les rayons composant sa toile.

 

Araignées tisseuses de toile en entonnoir le long de ma maison.

 

 

Pour en savoir plus