La période de soumission des photos pour le 10e concours amical a maintenant pris fin et c’est l’heure de passer au vote !
Cette année, nous avons une belle variété de bestioles : des prédateurs en action, des butineurs et même quelques insectes d’origine aquatique (perle et libellules) !
Les 23 clichés reçus se disputeront la première place sur le podium. Le prix : une chronique mettant en vedette la photographie gagnante !
Les photographies en lice sont classées par ordre alphabétique d’ordre d’invertébrés (de Araneae à Plecoptera) et sont numérotées en conséquence.
Retenez bien ce numéro, car c’est à vous, chers lecteurs, qu’incombe la tâche de trancher pour votre photo « coup de cœur » ! Que ce soit pour l’aspect artistique de la photographie, pour son caractère inusité ou encore parce que vous avez un faible pour l’invertébré mis en vedette, laissez libre cours à votre cœur !
Chaque personne a droit à un vote. Si vous avez soumis une photographie au concours, vous avez également droit de vote – pourquoi pas, puisqu’il s’agit d’un concours amical !
Comment voter ? Vous devez remplir le formulaire de vote situé tout au bas de la présente publication (sous les photographies candidates).
C’est maintenant à votre tour de jouer ! Il ne vous reste plus qu’à admirer les photographies ci-dessous et soumettre votre vote. Vous avez jusqu’au dimanche 16 octobre 2022 pour voter. Bonne chance à tous !
Cliquez sur une photographie pour accéder à la galerie et visionner les photos plein écran.
1. Argiope aurantia. Manon Tremblay, Carignan, Qc.2. Argiope aurantia. Sylvie Benoit, Rivière-Beaudette, Qc.3. Thomise variable et sa proie. Marielle Gauvin, Saint-Alphonse-de-Granby, Qc.4. Cicindèle à six points. Céline Benoit Anderson, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.5. Cicindèle à six points. Gabriel Felx, Shefford, Qc.6. Coccinelle asiatique. Luc Pouliot, Sainte-Thérèse, Qc.7. Larve de coccinelle dévorant des pucerons. Sylvie Benoit, Saint-Étienne-de-Beauharnois, Qc.8. Mouche du genre Condylostylus. Luc Pouliot, Sainte-Thérèse, Qc.9. Syrphe d’Amérique. Raymond Francoeur, Vaudreuil-Dorion, Qc.10. Tipule. Diane Godin, Gatineau, Qc.11. Bourdon. Raymond Francoeur, Vaudreuil-Dorion, Qc.12. Chenille de la saturnie cécropia. Anne Leith, Longueuil, Qc.13. Chenille de la saturnie cécropia. Anne Leith, Longueuil, Qc.14. Chenille de morio. Gabriel Felx, Shefford, Qc.15. Chenille du papillon tigré du Canada. Alexandre Roy, Parc Algonquin, On.16. Monarque. Manon Tremblay, Coteau-du-Lac, Qc.17. Papillon tigré du Canada. Nancy Caron, Saint-Calixte, Qc.18. Sphinx de Myron. Céline Benoit Anderson, Salaberry-de-Valleyfield, Qc.19. Hagénie (Hagenius brevistylus). François Gaudet, Saint-Alphonse-Rodriguez, Qc.20. Ponte d’une aeschne des pénombres. Alexandre Roy, Parc Dirftwood, On.21. Caloptéryx bistré. France St-Aubin, Franklin, Qc.22. Criquet birayé atteint d’érythrisme. Nancy Caron, Saint-Calixte, Qc.23. Perle – plécoptère de la famille Perlidae. François Gaudet, Saint-Alphonse-Rodriguez.
Le formulaire est maintenant fermé – le délai pour les votes a été atteint. Merci pour votre participation et à l’année prochaine !
Ce sont 215 clichés qui se sont succédé et entre lesquels vous avez eu à choisir votre coup de cœur !
Cette année ne fait pas exception : je lance donc à nouveau l’appel aux photos !
J’invite photographes néophytes ou aguerris à nous faire découvrir les petites bêtes invertébrées de leur environnement en les photographiant !
Le concours est amical parce que ce sont les lecteurs de DocBébitte qui seront invités à voter, à la fin de l’été, pour leur photo préférée.
Le « prix » en est un également fort simple : la photo élue favorite du public se verra mise en vedette dans le cadre d’une chronique qui portera sur l’invertébré croqué sur le vif.
Comment participer ?
Premièrement, suivez ces règles:
Les invertébrés doivent avoir été photographiés au Québec ou pouvoir y être retrouvés (aire de répartition incluant le Québec);
S’il y a des personnes que l’on peut reconnaître sur vos photographies, assurez-vous d’avoir leur consentement avant de me transmettre ces dernières, car elles se retrouveront sur Internet (blogue DocBebitte.com);
Les photographies n’ont pas besoin d’avoir été prises pendant l’année 2022. Vous pouvez fouiller dans vos archives!
Ensuite, transmettez vos clichés en suivant ces instructions :
Soumettre un maximum de deux (2) photos par personne;
Avoir une résolution minimale suffisante (1200 pixels ou plus sur le bord le plus long);
Fournir, pour chaque photo soumise, les informations suivantes :
Prénom et nom de l’auteur de la photographie;
Endroit où la photo a été prise (exemple : Trois-Rivières, Québec);
Le nom de l’invertébré photographié, si connu.
Apposer votre signature personnalisée à la photo si vous en avez déjà une. Sinon, je me chargerai d’ajouter votre nom sur ces dernières;
Transmettre vos photos à Docbebitte@outlook.fr d’ici le 16 septembre 2022. Un accusé de réception de vos photos vous sera transmis dans les jours qui suivent votre envoi.
Concernant les photographies soumises
Votre cliché a reçu le plus de votes ? Je m’engage à publier une chronique consacrée à l’invertébré qui y figure, incluant bien sûr la photographie gagnante en tête de chronique (et crédits photo associés). Bref, vous serez mis en vedette !
Pour les autres clichés soumis, ils se retrouveront dans la banque de photos DocBébitte et pourraient, qui sait, être utilisés dans le cadre de futures chroniques ou vidéos (accompagnés des crédits photo, bien sûr) !
Un appel aux votes sera effectué auprès des lecteurs DocBébitte après la date limite de soumission. À vos marques, prêts, cliquez !
Accompagnez DocBébitte dans la découverte des invertébrés de la province !
À la même période, en 2020, je vous disais que nous avions vécu une année bien particulière sur laquelle nous allions enfin pouvoir tourner la page.
2021 aura aussi amené son lot de surprises!
Pour égayer l’atmosphère, je vous offre la chance de commencer l’année 2022 avec le seul et unique calendrier DocBébitte!
Comme DocBébitte est une initiative réalisée sur mon temps personnel, il s’agit d’un calendrier inédit que j’offre en cadeau seulement à quelques membres de mon entourage. Mais, comme chaque année, j’offre une version à un lecteur chanceux qui sera choisi par le hasard!
Voici comment participer :
Vous devez posséder une adresse postale au Canada, où je pourrai vous envoyer ledit calendrier*;
Pour vous inscrire, écrivez-moi à DocBebitte@Outlook.fr en indiquant que vous souhaitez participer au tirage du calendrier 2021;
Vous inscrire avant le mercredi 22 décembre 2021 à 23h59.
Le tirage (un seul calendrier est à tirer) aura lieu dans les jours qui suivront! D’ici là, bonne chance et je vous souhaite de très joyeuses fêtes!
Caroline, alias DocBébitte
*Veuillez noter que je me dégage de toute responsabilité liée à un bris lors du transport par Postes Canada. Merci pour votre compréhension.
Comme vous l’avez sans doute lu les semaines dernières, nous avons eu deux gagnantes ex aequo dans le cadre du concours amical de photo de cette année.
Cette semaine, je vous présente la seconde des photos gagnantes : l’araignée-loup par Céline Benoit Anderson.
Photo gagnante: l’araignée-loup par Céline Benoit Anderson
Sur le cliché de Céline, on voit une jolie araignée-loup (famille Lycosidae) femelle, qui trimbale son cocon rempli d’œufs. Je vous avais déjà dit que c’est parfois difficile d’identifier un spécimen à partir d’une photo, car nous n’avons pas toujours un bon aperçu des éléments qui permettent l’identification.
Comment alors savons-nous qu’il s’agit d’un lycosidé ? Il y a deux trucs !
La disposition des yeux aide à l’identification
Tout d’abord, la disposition des yeux est le principal critère à retenir pour distinguer les membres de la famille Lycosidae. Chez les araignées-loup, les quatre yeux antérieurs forment pratiquement une ligne droite. Aussi, les yeux postérieurs sont nettement plus gros que les yeux antérieurs et forment un rectangle ou un trapèze (selon les sources !) s’étalant vers le dessus de la tête (le céphalothorax). Cela fait en sorte que l’on voit souvent la paire d’yeux postérieurs latéraux lorsque l’on regarde l’araignée du dessus. C’est d’ailleurs ce que l’on peut voir sur la photo de Céline. Cet agencement est si propre aux lycosidés qu’il s’agit de la deuxième famille à pouvoir être discriminée lorsque l’on utilise la clé d’identification du guide de Paquin et Dupérré (2003).
Un autre bon indice est la façon dont les femelles portent leur sac d’œufs. Le cliché de Céline le représente très bien : les mamans transportent ce sac dans leurs filières, à l’arrière de leur corps. Il s’agit d’un comportement typique chez les araignées-loup.
Les lycosidés peuvent être d’assez grande taille (plus de 20 à 30 mm pour certaines espèces). Par conséquent, il arrive assez souvent qu’elles soient confondues avec les dolomèdes (famille Pisauridae), les plus grosses araignées que l’on peut trouver au Québec (j’ai écrit sur le sujet dans ce billet). L’agencement des yeux des dolomèdes se distingue toutefois des araignées-loup : la bande d’yeux postérieurs n’est pas alignée (sur mes photos et celles consultées sur Bug Guide, je constate que cette bande est généralement arquée vers l’arrière) et les yeux antérieurs ne forment pas de rectangle ou de trapèze. De plus, les femelles dolomèdes trimbalent leur sac d’œufs à l’avant, dans leurs chélicères.
On distingue les dolomèdes (à gauche) des lycosidés (à droite) en les regardant bien dans les yeux!
Il est peu probable que vous n’ayez jamais vu une araignée-loup. Il s’agit d’une araignée très commune, retrouvée dans une vaste gamme d’habitats. La plupart de ces arthropodes chassent au sol et ne tissent pas de toiles à l’instar des agélénidés ou des épeires. La disposition de leurs yeux fait qu’elles ont une très bonne vision. Elles ne poursuivent pas des proies activement, mais vont plutôt rester immobiles jusqu’à ce qu’un insecte (ou une autre araignée) passe à proximité. Lorsque le moment est propice, elles se jettent sur leur proie !
La vie au sol fait en sorte que ces arachnides constituent souvent une grande proportion des captures réalisées à l’aide de pièges-fosses. Justement, j’en retrouvais en grand nombre dans la piscine creusée que j’avais dans la cour de ma précédente demeure. C’est ainsi que j’appris à manipuler beaucoup d’araignées: je rescapais à la main les belles araignées-loup (et aussi passablement d’agélénidés) flottant encore à la surface. C’était un bon exercice pour moi qui, je l’avoue, souffrais d’arachnophobie (et je ne peux dire que j’en suis encore parfaitement guérie !). Les individus moins chanceux qui avaient eu le temps de se noyer se retrouvaient quant à eux dans ma collection faite de spécimens trouvés morts.
Cette femelle en a « plein le dos » avec la famille!
Comme vous l’avez constaté à la photographie gagnante, les lycosidés sont de bonnes mères. La femelle prend grand soin à transporter son sac d’œufs, ce qui inclut parfois de se promener entre les zones ensoleillées et ombragées pour s’assurer que les rejetons en devenir se développent à la bonne température. Une fois les petits sortis du cocon, la femelle continue de trimbaler sa précieuse cargaison pendant une à deux semaines. Cela offre la possibilité à des amateurs comme moi de prendre des clichés de femelles araignées dont le dos est bondé de rejetons. Des dizaines de petits araignons ! Une vue qui ferait hérisser le poil des bras d’arachnophobes, sans aucun doute !
Fait intéressant, en effectuant les recherches pour écrire le présent billet, je suis tombée sur une explication du nom « araignée-loup » qui a été donné à ce groupe d’arachnides. Paquin et Dupérré (2003) indiquent en effet que ce serait à la fois leur présence en grand nombre au sol, lors de journées ensoleillées, telle une meute de loups, mais également leur aspect velu, qui aurait inspiré le nom vernaculaire.
Et que dire de cet aspect velu ! La jolie araignée photographiée par Céline semble en effet faite en peluche ! Est-ce cette apparence qui lui a valu le coup de cœur du public ?
Qu’à cela ne tienne ! Félicitations à nouveau à Céline Benoit Anderson pour cette victoire ex aequo !
Et merci à nouveau à toutes les personnes qui ont soumis de superbes photos (que vous pouvez encore visionner ici) et à tous ceux qui ont pris le temps de voter pour leur photo préférée !
On se revoit l’année prochaine pour la dixième édition ?
La jolie araignée-loup est bien velue!
Pour en savoir plus
Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
La semaine dernière, je vous annonçais les deux gagnantes ex aequo du concours amical de photographie DocBébitte. Cette semaine, je vous entretiens au sujet de l’insecte représenté sur le premier des deux clichés gagnants : la périthème délicate.
Photo gagnante: la périthème délicate par Sylvie Benoit
Cette photo de Sylvie Benoit est une belle découverte pour moi. Lors de la soumission de sa photo, Sylvie me suggérait qu’il pourrait s’agir d’une espèce de sympétrum. En fouillant dans mes livres et sur le site des libellules du Québec, je demeurais cependant sceptique : les ailes ambrées et les pattes orangées ne cadraient pas avec les espèces de sympétrum retrouvées au Québec.
En cherchant davantage dans le guide de Paulson (2011), je trouvai qui était cette belle inconnue : la périthème délicate (Perithemis tenera). Reconnaissable justement par ses ailes ambrées et ses pattes orangées, il faut ajouter que cette libellule a peu fréquemment été observée au Québec, outre quelques occurrences tout au sud de la province (Entomofaune du Québec Inc. 2008-2021; Savard 2011). Cela concorde bien avec l’observation de Sylvie faite au Parc National de Plaisance, situé au sud du Québec et près des frontières ontariennes.
Les motifs de couleur sur l’abdomen constituent un autre indice qui aide à l’identification. Dans le cadre du concours de photographie, j’utilise les photos telles qu’elles m’ont été envoyées. Par contre, en effectuant un traitement « post-concours » sur le cliché (que je joins dans le présent billet, côte à côte avec la photo originale), on voit apparaître des motifs plus pâles le long de l’abdomen (voir aussi ce cliché de Bug Guide). Ces motifs, combinés à la couleur des ailes et des pattes, permettent d’identifier sans contredit que nous avons devant nous un mâle périthème délicate.
La femelle, de son côté, est assez distincte du mâle. Ses ailes, qui ne sont pas aussi ambrées, sont également flanquées de taches sombres (voir cette photo de Bug Guide).
Quelques ajustements dans la couleur de la photo font ressortir la teinte du visage et de légers motifs sur l’abdomen
Je n’avais pas réalisé la petite taille qu’avait cet insecte avant d’examiner des photos sur le site Bug Guide. La périthème délicate doit peut-être son nom au fait qu’elle semble en effet toute menue et frêle, du haut de ses 20 à 25 mm (ce qui est petit pour une libellule). Il s’agit d’ailleurs d’un autre critère utile à son identification.
La toute petite périthème n’est toutefois pas si douce : les mâles protègent farouchement leur territoire, d’un diamètre allant de 3 à 6 mètres. Il arrive même que Messieurs décident de « capturer » d’autres mâles en tandem afin de les empêcher de flirter avec les femelles du coin (le tandem est la position que prend le mâle et la femelle qui s’accouplent – j’en parle ici).
Les mâles qui parviennent à se trouver une compagne copulent brièvement : une moyenne de 17 secondes selon Paulson (2011). Eh oui, il faut croire que quelqu’un s’est amusé à chronométrer des libellules en pleine copulation !
Les œufs fécondés sont pondus sur des objets humides situés à l’interface entre l’air et l’eau, comme des herbiers flottants de plantes aquatiques ou des troncs partiellement submergés. Il s’agit d’habitats davantage lentiques, c’est-à-dire où le courant est faible : lacs, étangs et bras de rivières calmes. C’est dans ce milieu que vont évoluer les naïades qui, comme toute naïade de libellule qui se respecte, s’avèrent être de voraces prédateurs. À l’instar des adultes, les naïades sont petites et font 15 mm à maturité.
Fait intéressant, les sources que j’ai consultées indiquent que la périthème délicate est une bonne imitatrice. Les deux sexes, mais particulièrement les femelles, auraient développé une certaine expertise pour imiter les guêpes ! Avec leur corps un peu plus foncé et parsemé de lignes jaunes, elles hocheraient leur abdomen ou leurs ailes de sorte à ressembler aux guêpes : des insectes nettement moins désirables aux yeux des prédateurs ! Leur petite taille, approchant celle des guêpes, ajoute au subterfuge et elles sont même en mesure de confondre quelques entomologistes en herbe ! Gardez donc l’œil ouvert !
Voilà qui complète cette première chronique de deux visant à mettre en vedette les taxons qui figurent sur les photos de nos deux gagnantes de cette année.
Félicitations à nouveau à Sylvie Benoit pour cette victoire ex aequo et merci encore à tous ceux qui ont voté !