Vous avez vu passer la publication sur la page Facebook DocBébitte au sujet de cartes de « faits amusants » que j’ai préparées pour l’Halloween et voulez en savoir plus ?
Vous êtes passés chez DocBébitte cette Halloween, avez entre les mains une telle carte et voudriez voir celles que vous avez ratées ?
Peut-être cherchez vous de l’inspiration pour préparer une surprise similaire pour une autre occasion ?
Qu’à cela ne tienne ! Je vous partage, dans une galerie photo ci-dessous, l’ensemble des petits faits amusants que j’ai concoctés cette année pour les « Halloweeneux » qui seront passés par chez moi !
Et j’en profite pour vous souhaiter une joyeuse Halloween… pleine de bêtes étranges ! Mouhahahaha !
La semaine dernière, je vous annonçais les deux gagnantes ex aequo du concours amical de photographie DocBébitte. Cette semaine, je vous entretiens au sujet de l’insecte représenté sur le premier des deux clichés gagnants : la périthème délicate.
Photo gagnante: la périthème délicate par Sylvie Benoit
Cette photo de Sylvie Benoit est une belle découverte pour moi. Lors de la soumission de sa photo, Sylvie me suggérait qu’il pourrait s’agir d’une espèce de sympétrum. En fouillant dans mes livres et sur le site des libellules du Québec, je demeurais cependant sceptique : les ailes ambrées et les pattes orangées ne cadraient pas avec les espèces de sympétrum retrouvées au Québec.
En cherchant davantage dans le guide de Paulson (2011), je trouvai qui était cette belle inconnue : la périthème délicate (Perithemis tenera). Reconnaissable justement par ses ailes ambrées et ses pattes orangées, il faut ajouter que cette libellule a peu fréquemment été observée au Québec, outre quelques occurrences tout au sud de la province (Entomofaune du Québec Inc. 2008-2021; Savard 2011). Cela concorde bien avec l’observation de Sylvie faite au Parc National de Plaisance, situé au sud du Québec et près des frontières ontariennes.
Les motifs de couleur sur l’abdomen constituent un autre indice qui aide à l’identification. Dans le cadre du concours de photographie, j’utilise les photos telles qu’elles m’ont été envoyées. Par contre, en effectuant un traitement « post-concours » sur le cliché (que je joins dans le présent billet, côte à côte avec la photo originale), on voit apparaître des motifs plus pâles le long de l’abdomen (voir aussi ce cliché de Bug Guide). Ces motifs, combinés à la couleur des ailes et des pattes, permettent d’identifier sans contredit que nous avons devant nous un mâle périthème délicate.
La femelle, de son côté, est assez distincte du mâle. Ses ailes, qui ne sont pas aussi ambrées, sont également flanquées de taches sombres (voir cette photo de Bug Guide).
Quelques ajustements dans la couleur de la photo font ressortir la teinte du visage et de légers motifs sur l’abdomen
Je n’avais pas réalisé la petite taille qu’avait cet insecte avant d’examiner des photos sur le site Bug Guide. La périthème délicate doit peut-être son nom au fait qu’elle semble en effet toute menue et frêle, du haut de ses 20 à 25 mm (ce qui est petit pour une libellule). Il s’agit d’ailleurs d’un autre critère utile à son identification.
La toute petite périthème n’est toutefois pas si douce : les mâles protègent farouchement leur territoire, d’un diamètre allant de 3 à 6 mètres. Il arrive même que Messieurs décident de « capturer » d’autres mâles en tandem afin de les empêcher de flirter avec les femelles du coin (le tandem est la position que prend le mâle et la femelle qui s’accouplent – j’en parle ici).
Les mâles qui parviennent à se trouver une compagne copulent brièvement : une moyenne de 17 secondes selon Paulson (2011). Eh oui, il faut croire que quelqu’un s’est amusé à chronométrer des libellules en pleine copulation !
Les œufs fécondés sont pondus sur des objets humides situés à l’interface entre l’air et l’eau, comme des herbiers flottants de plantes aquatiques ou des troncs partiellement submergés. Il s’agit d’habitats davantage lentiques, c’est-à-dire où le courant est faible : lacs, étangs et bras de rivières calmes. C’est dans ce milieu que vont évoluer les naïades qui, comme toute naïade de libellule qui se respecte, s’avèrent être de voraces prédateurs. À l’instar des adultes, les naïades sont petites et font 15 mm à maturité.
Fait intéressant, les sources que j’ai consultées indiquent que la périthème délicate est une bonne imitatrice. Les deux sexes, mais particulièrement les femelles, auraient développé une certaine expertise pour imiter les guêpes ! Avec leur corps un peu plus foncé et parsemé de lignes jaunes, elles hocheraient leur abdomen ou leurs ailes de sorte à ressembler aux guêpes : des insectes nettement moins désirables aux yeux des prédateurs ! Leur petite taille, approchant celle des guêpes, ajoute au subterfuge et elles sont même en mesure de confondre quelques entomologistes en herbe ! Gardez donc l’œil ouvert !
Voilà qui complète cette première chronique de deux visant à mettre en vedette les taxons qui figurent sur les photos de nos deux gagnantes de cette année.
Félicitations à nouveau à Sylvie Benoit pour cette victoire ex aequo et merci encore à tous ceux qui ont voté !
Cette année, la période de vote pour le concours de photographies m’aura tenu en haleine jusqu’à la toute dernière journée.
En effet, ce sont six photos, de six photographes différents, qui se sont fait la course côte à côte jusqu’à la toute fin ! Je croyais bien devoir vous annoncer six gagnants… mais les votes du dimanche 3 octobre, dernière journée où je recevais vos votes, furent déterminants.
Aussi, je suis bien heureuse de laisser le public voter et de m’abstenir de tout vote, puisque ce sont deux membres de ma famille qui ont gagné. Il faut dire que la pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre et beaucoup de gens de mon entourage sont des amoureux de la nature et de la photographie; ils ont amplement participé au présent concours en transmettant plusieurs photos !
Vous avez également été bon nombre de lecteurs DocBébitte à soumettre de superbes clichés : tant qu’à moi, vous êtes tous gagnants et des dizaines d’amateurs auront vu passer vos magnifiques clichés ! On m’a même déjà parlé de certaines de vos photos sur lesquelles figurent tantôt des insectes moins connus, tantôt des invertébrés qui étaient fort abondants cet été ! Bravo et merci pour votre participation !
Comme promis, je m’affairerai à vous concocter non pas une, mais deux chroniques pour vous parler davantage des organismes qui figurent sur les deux photos gagnantes de cette année, soit :
La périthème délicate par Sylvie Benoit;
L’araignée-loup par Céline Benoit Anderson.
Avez-vous hâte d’en savoir plus sur ces bêtes pour lesquelles vous avez voté ?
La suite viendra sous peu !
Merci encore pour votre grande participation, tant par la soumission de photos que par vos votes ! Pour les clichés qui n’ont pas remporté la victoire, ce n’est que partie remise ! On se revoit l’an prochain ?
La périthème délicate de Sylvie Benoit a séduit plusieurs voteurs!
Est-ce l’apparence en peluche de cette araignée-loup qui a fait fondre les coeurs?
Ce mois de septembre, à l’Aquarium du Québec, à Québec, avait lieu le fameux Festival des insectes.
Un retour à une certaine normalité, enfin !
Les insectes – et autres invertébrés – s’étaient parés de leurs plus belles couleurs pour nous étonner.
Comme lors des précédentes moutures, beaucoup d’invertébrés naturalisés nous attendaient. Plus intéressant encore – et ce qui est sans doute l’activité chouchou des visiteurs –, il était également possible de manipuler plusieurs spécimens vivants.
Je vous offre un retour sur cette belle journée sous forme de galerie photo ci-dessous.
Je remercie mon conjoint et son frère d’avoir bien voulu « prêter » leurs mains pour certaines des photos, ainsi que d’avoir pris quelques clichés d’une DocBébitte excitée de pouvoir manipuler de jolis arthropodes !
Pour un retour sur le Festival des insectes des années passées, jetez un coup d’œil à cette chronique!
Ces papillons tigrés s’y prenaient à trois sur ce poisson mort
Ah, les papillons !
Ces charismatiques organismes qui réconcilient bon nombre d’humains au monde des arthropodes.
On les imagine butinant de jolies fleurs colorées… mais moins souvent se nourrissant de fientes et de cadavres !
C’est pourtant bien le cas de plusieurs espèces de lépidoptères, dont le papillon tigré du Canada (Papilio canadensis).
Lors d’un périple autour d’un lac, plus tôt cet été, je pus en observer trois en plein délit de gourmandise… sur un petit poisson mort ! Ils étaient tellement affairés à se goinfrer que j’eus le temps de prendre de multiples photos et vidéos de très près. Je vous invite d’ailleurs à visionner le court montage vidéo que je vous ai concocté à la fin de la présente chronique.
Deux des papillons, vus de plus près
Il y a quelques années, j’avais documenté des individus s’alimentant de fientes de canards (cette chronique). Je savais donc déjà que le doux nectar des fleurs ne constituait pas le seul aliment à leur menu.
Quel est l’intérêt, me direz-vous, de manger les restes d’animaux morts et les fientes ? La réponse réside dans leur contenu : des éléments nutritifs essentiels à la survie !
D’ailleurs, Handfield (2011) fait état, dans son ouvrage, d’observations de nombreux papillons tigrés du Canada massés autour de mares d’eau pour en tirer du sodium, ou encore se nourrissant de fumier, d’excréments de chiens et d’animaux en décomposition.
Bref, quand il est question de survivre, nos beaux papillons sont loin de faire la fine bouche. Un peu de sushi avec ça ?
Pour en savoir plus
Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.