L’été s’amorce à peine, mais les invertébrés sont déjà nombreux à gigoter dans nos plates-bandes, champs et forêts. C’est donc le temps idéal pour lancer le concours amical de photographies d’invertébrés 2014!
Votre tâche : vous emparer de vos caméras et partir à la recherche de jolis invertébrés qui se laisseront prendre en photo!
Mon objectif : vous encourager à observer les invertébrés autour de vous, où ils se cachent, comment ils vivent… et à quel point ils sont fascinants!
Le fonctionnement est le même que pour le concours de 2013 : Vous me transmettez des photographies selon les conditions énumérées plus bas, les lecteurs votent ensuite pour leur coup de cœur (voir l’exemple de 2013 ici) et le gagnant se mérite ce qui suit!
Photographie gagnante en 2013: La mante religieuse d’Emmy Benoit
Quel sera votre prix?
Votre photo a reçu le plus de votes? Je m’engage à publier une chronique entière consacrée à l’invertébré « croqué » sur le vif, incluant bien sûr la photographie gagnante en tête de chronique (et crédits photos associés). Bref, vous serez mis en vedette!
Pour ce qui est des autres photos soumises, elles se retrouveront dans ma banque de photos et pourraient, qui sait, être utilisées dans le cadre de futures chroniques (également accompagnées des crédits photos)!
Comment participer?
1) Transmettre vos photographies (résolution originale) à info@docbebitte.com d’ici le 22 août 2014. Veuillez transmettre un maximum de trois (3) photos par personne. Si vous possédez déjà une signature personnalisée, l’apposer sur vos photos avant de me les transmettre. Sinon, je me chargerai d’ajouter votre nom sur les photos.
2) Me fournir, pour chaque photo soumise, les informations suivantes :
Prénom et nom de l’auteur de la photographie;
Endroit où la photo a été prise (exemple : Trois-Rivières, Québec);
Si vous connaissez déjà le nom de l’invertébré en question, l’indiquer.
Les photographies n’ont pas besoin d’avoir été prises à l’été 2014. Vous pouvez fouiller dans vos archives!
Enfin, s’il y a des personnes que l’on peut reconnaître sur vos photographies, assurez-vous d’avoir leur accord avant de me transmettre ces dernières, car elles se retrouveront sur Internet.
Il y a un mois, à la fête des Mères, je vous avais parlé des mères invertébrées et du soin qu’elles procuraient à leurs rejetons. Dans le monde des invertébrés, il semble que ce soient plus souvent les mères que les pères qui s’occupent de leur progéniture. Toutefois, l’on retrouve tout de même plusieurs cas de pères exemplaires.
Un premier est celui de la punaise d’eau géante de la famille Belostomatidae. Les femelles du genre Belostoma, par exemple, agglutinent plus d’une centaine d’œufs sur le dos des mâles. Par la suite, ce sont eux seuls qui s’occupent « d’élever » les petits. Ils s’assurent que les œufs sont humides, mais aussi bien oxygénés en permanence. Pour ce faire, ils font notamment des mouvements avec leurs pattes postérieures de sorte à faire circuler l’eau au-dessus de leur dos. De plus, ils doivent demeurer à proximité de la surface de l’eau. Une des sources que j’ai consultées indique même qu’ils feraient régulièrement des « push-ups »! Finalement, en portant les œufs en permanence, ils s’assurent que les jeunes larves en devenir sont protégées des prédateurs.
Chez un autre genre de Belostomatidae, Lethocerus, la femelle pond les œufs sur une tige située hors de l’eau. Le mâle, encore une fois responsable du sain développement des jeunes, plonge constamment dans l’eau, puis grimpe sur la tige de sorte à dégoutter sur les œufs. Tout un manège! Par la même occasion, il chasse également les prédateurs.
Je n’ai pas encore eu la chance de prendre des clichés de ces jolies bêtes, mais je vous conseille de visionner cette courte vidéo disponible sur YouTube.
La majorité des soins paternels exclusifs (sans présence de la mère) est donnée par des espèces d’hémiptères (punaises). Seuls quelques autres groupes d’insectes seraient caractérisés par la présence d’un père dévoué à 100% à la tâche. C’est le cas de la guêpe fouisseuse Trypoxylon superbum (Sphecidae), où le mâle demeure seul dans le nid avec les œufs afin de les protéger de parasitisme ou de prédation.
Il existe cependant un plus grand nombre de situations où le père et la mère forment un duo afin d’élever et de protéger plus efficacement les enfants. C’est le cas de plusieurs sortes de coléoptères qui se nourrissent de sources éphémères comme les cadavres et les excréments. Quelques espèces de coquerelles et d’hyménoptères auraient aussi adopté cette stratégie. Chez certains groupes taxonomiques, les femelles se chargent de nourrir les larves, alors que les mâles s’assurent de la sécurité de la famille en chassant tout individu indésirable. Dans d’autres cas, les mâles parcourent les carcasses ramenées au nid pour nourrir les petits et les débarrassent des champignons. Finalement, il arrive que les deux parents soient tous deux responsables de l’alimentation des rejetons – que ce soit en leur rapportant de la nourriture ou en leur offrant de délicieux fluides corporels (ce qui inclut régurgitation et fèces… bon appétit!).
Fait intrigant, chez certains insectes, être un père exemplaire est considéré comme étant sexy! En particulier, chez une punaise assassine du genre Rhinocoris, les mâles se battent pour protéger des masses d’œufs déjà pondus. Les femelles jugent qu’un mâle en train de protéger des œufs est un valeureux individu qui protégera tous les œufs qu’il a conçus. Bref, elles le considèrent comme un bon père de famille et le choisissent donc comme partenaire!
Je ne pourrais terminer cette chronique sans souhaiter une belle fête des Pères à mon propre papa, qui, il faut le dire, a largement contribué à mon appréciation des petites bébittes de ce monde!
Un papa qui a encouragé sa fille à aimer les bébittes de toutes sortes!
Pour en savoir plus
Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
Suzuki, S. 2013. Biparental care in insects: Paternal care, life history, and the function of the nest. Journal of Insect Science 13, Article 131: 1-16. Disponible en ligne: http://www.insectscience.org/13.131/i1536-2442-13-131.pdf
Chose promise, chose due. J’avais indiqué à plusieurs d’entre vous que je vous parlerais de la faune invertébrée que je retrouve dans mon étang chaque année. Le sujet est vaste, car beaucoup d’invertébrés aquatiques ou semi-aquatiques peuvent coloniser un étang à poisson. Je comptais donc vous brosser un portrait relativement bref (vous me connaissez : quand je commence, j’ai de la difficulté à m’arrêter!) de ces différents organismes, en procédant par mode de dispersion.
Une Docbébitte enthousiaste lors du moment du nettoyage de son étang! Que de découvertes en perspective!
Il importe en effet de mentionner que la provenance des invertébrés aquatiques peuplant un point d’eau donné peut être variable. Ainsi, certains invertébrés strictement aquatiques ont probablement été transportés dans mon étang lors de l’achat des poissons ou encore lors de l’achat annuel de plantes servant à filtrer ou oxygéner l’eau. Les canards qui sont de passage dans ma cour au printemps pourraient constituer une seconde source de colonisation. De nombreux organismes (végétaux ou animaux) peuvent effectivement rester agrippés aux plumes de ces sympathiques volatiles. D’un autre côté, plusieurs invertébrés observés en eaux douces sont, en fait, des larves d’insectes. Ces individus proviennent d’œufs pondus par des adultes terrestres susceptibles de se déplacer d’un plan d’eau à l’autre. Pour terminer, certaines espèces sont des adultes capables de se déplacer dans l’air ou sur terre, mais ayant une préférence pour la vie sous l’eau.
Débutons par les invertébrés strictement aquatiques. Mon étang est habité par une espèce de zooplancton, ainsi que par des sangsues. Le terme zooplancton désigne les tout petits animaux formant le plancton en milieu aquatique. Ils vivent essentiellement dans la colonne d’eau. Dans mon étang, je retrouvais plus particulièrement un groupe : les copépodes. Il s’agit de petits crustacés à peine plus gros qu’un grain de poivre. J’avais pour plan, cette année, de prendre des photographies de ces derniers, vus de près dans l’objectif de mon appareil binoculaire. Pour une raison que j’ignore, je n’en ai observé aucun. Pourtant, j’en retrouvais en grande quantité les années précédentes. Néanmoins, lorsque j’avais filmé un dytique l’année dernière, j’avais aussi capturé le mouvement de ces petits copépodes. Vous pourrez visionner la vidéo à la fin de la présente chronique à cet effet.
Le zooplancton est fascinant, comme en témoigne notamment cette photographie d’une espèce de copépode au corps transparent. Comme vous pouvez vous l’imaginer, le zooplancton se nourrit du phytoplancton (algues microscopiques en suspension) et alimente, à son tour, les invertébrés plus gros et les poissons. Par conséquent, il constitue un maillon très important de la chaîne alimentaire de moult milieux d’eau douce à courant lent (lacs et étangs).
Je n’ai sans doute pas besoin de vous donner des précisions sur ce que sont les sangsues. Elles ont une réputation qui génère habituellement un certain dégoût, particulièrement chez les baigneurs. Bien que certaines espèces de sangsues soient effectivement des parasites qui ne daignent pas, à l’occasion, sucer un peu de sang humain, beaucoup sont des prédateurs. Elles se nourrissent d’autres invertébrés, soit en sirotant leurs fluides internes, soit en les avalant au complet! Fait intéressant, les sangsues appartiennent à l’embranchement des annélides, qui comprend également les vers de terre. Le terme « annélides » réfère plus spécifiquement aux multiples anneaux que l’on peut apercevoir tant sur le corps des sangsues que sur celui des vers.
Larve d’aeshnidae (libellule)
Mon étang abrite aussi des larves de plusieurs insectes dont les adultes sont terrestres ou semi-aquatiques. Outre les larves de libellules et de dytiques, la majorité des larves observées appartient à l’ordre des diptères (mouches et maringouins). En ce qui concerne les libellules, je tombe à peu près chaque année sur une larve ou deux appartenant à la famille Aeshnidae. Ces dernières sont de voraces prédateurs (voir cette chronique si le sujet vous intéresse) et elles profitent sans aucun doute de la présence des nombreux diptères. Il en est de même pour les larves de dytiques. J’avais aussi parlé plus en détail de cette famille dans ce précédent billet.
Du côté des diptères, ce sont des larves de chironomes (Chironomidae) qui dominent. Je vous avais déjà entretenu sur cette famille de diptères très abondante dans les milieux aquatiques (cette chronique). Les larves de chironomes sont résistantes aux conditions difficiles (manque d’oxygène, notamment) et il n’est donc pas surprenant que j’en retrouve dans mon étang au printemps. À ces chironomes s’ajoutent des larves de maringouins (Culicidae), de syrphes (Syrphidae; mouches à fleurs), de mouches noires (Simuliidae), ainsi que de dixidae (je n’ai pas trouvé de nom commun français). Il s’agit d’organismes relativement petits (5 à 10 millimètres en moyenne) qui sont de taille idéale pour nourrir les insectes prédateurs – larves ou adultes.
Gerridé
Parlant d’insectes prédateurs, deux insectes adultes que je retrouve régulièrement dans mon étang sont des prédateurs : les dytiques et les gerridés. Les dytiques font partie de l’ordre des coléoptères et ils sont adaptés à la vie sous l’eau. Ils sont en mesure d’emmagasiner de l’air sous leurs élytres, puis de plonger sous l’eau, comme un plongeur le ferait avec une bonbonne d’oxygène. De plus, ils sont munis de longues pattes postérieures adaptées à la nage. Les gerridés sont communément appelés « patineurs » ou « araignées d’eau ». Ce ne sont pas des araignées, mais bien des hémiptères (ordre des punaises). Les gerridés sont aussi des prédateurs, mais ils demeurent hors de l’eau, contrairement aux dytiques. Leur tactique : attendre qu’un invertébré tombe à l’eau, puis se précipiter sur ce dernier. Ils se fient aux ondes transmises par les invertébrés se débattant dans l’eau afin de les localiser. Comme les larves de diptères effleurent la surface, en particulier lors du moment de leur émergence, il est fort à parier que les gerridés profitent également de cette source de protéines!
Finalement, certains escargots ont élu demeure dans mon étang. Ceux-ci sont peut-être arrivés accrochés aux plantes aquatiques achetées en magasin, ou encore en rampant. Plusieurs espèces sont effectivement susceptibles de se promener à la fois hors de l’eau et dans l’eau. Si vous voulez en savoir plus sur les escargots de façon générale, vous pouvez jeter un coup d’œil à la chronique de la semaine dernière.
Comme plusieurs groupes d’organismes étaient visés cette semaine, je termine la chronique avec une galerie photo et vidéo. Il est tout de même étonnant de voir à quel point la vie foisonne, et ce, même dans un petit étang à poisson d’au plus trois mètres cubes!
Pour en savoir plus
Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
Thorp, J.H. et A.P. Covich. 2001. Ecology and classification of North American freshwater invertebrates. 1056 p.
Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
Jolie photographie d’un escargot soumise lors du concours de photographie 2013
Avec un tel titre, vous vous demandez sans doute de quelle sorte de bestiole je compte vous entretenir cette semaine. Non, il ne s’agit pas du légendaire glouton qui, de toute façon, n’est pas un invertébré! Il s’agit plutôt des gastéropodes.
Le terme gastéropode (classe Gastropoda) signifie littéralement « estomac sur pied ». Ce groupe comprend notamment les escargots et les limaces – tous des mollusques. Il prend son sens lorsque l’on observe de plus près les individus qui en font partie : leur corps est essentiellement composé d’un gros pied plat musculaire et d’une tête munie de longs yeux. Plus précisément, une partie du système digestif prendrait naissance dans ce protubérant pied, d’où le nom de cette classe d’invertébrés.
Afin de se déplacer, le pied des gastéropodes sécrète un mucus sur lequel ils glissent. Pour avoir manipulé à main nue quelques gastéropodes, je peux vous confirmer que cette substance en question a une viscosité variable selon l’espèce. Par exemple, ayant manipulé quelques escargots qui laissaient peu de traces, je décidai de prendre une limace dans mes mains. Quelle erreur! Je dus me laver les mains au moins quatre ou cinq fois avec du savon pour parvenir à me décoller les doigts! Visiblement, donc, le mucus de certains individus contient plus de « colle » que d’autres!
Les escargots, par opposition aux limaces, portent une coquille. Il existe quelques cas confondants (limaces portant une coquille rudimentaire et escargots possédant une coquille incomplète), mais cette règle semble en général assez aidante. On retrouve les escargots tant en milieu terrestre qu’en milieu aquatique. Dans les deux cas, les individus sont souvent phytophages, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de végétaux. Ils ne sont donc pas toujours appréciés des jardiniers, car ils peuvent s’attaquer à certaines plantes bien-aimées. Toutefois, selon le livre Solutions écologiques en horticulture, les escargots du Québec ne seraient pas une grande menace pour nos jardins comparativement aux limaces. Dans les milieux aquatiques d’eau douce, les escargots sont vus comme étant bénéfiques, puisqu’ils broutent notamment les algues jugées indésirables qui poussent sur les roches en bordure des lacs (on appelle ces algues « périphyton »).
EscargotGigantesque limace observée lors d’un voyage aux Pays-Bas
Les escargots qui vivent sous l’eau optent pour l’une ou l’autre de deux tactiques afin de « respirer ». Certains sont munis d’une branchie cachée à l’intérieur de leur coquille. Elle leur permet de prélever l’oxygène dissous dans l’eau. D’autres possèdent des poumons. Ils respirent sous l’eau en emprisonnant de l’oxygène dans une cavité de leur coquille, tel un plongeur traînant sa bonbonne d’oxygène. Ils doivent conséquemment faire des allers-retours vers la surface de l’eau afin de renouveler leurs réserves d’air. Certains escargots munis de poumons seraient toutefois capables de respirer sous l’eau, en puisant l’oxygène directement de l’eau à l’aide de poumons… remplis d’eau! Étrange!
La coquille des escargots, qui est composée de carbonate de calcium, est sécrétée par ces derniers. Cela fait en sorte que les escargots ont besoin d’une alimentation riche en calcium. Lorsque j’étudiais des rivières au Québec, j’avais pu observer que l’on retrouvait peu d’escargots et de moules dans certaines rivières du Bouclier canadien, où les concentrations en calcium étaient moins élevées. La coquille des escargots varie en taille, forme et épaisseur, trois facteurs qui permettent de distinguer les différentes familles. Fait intéressant, certaines familles sont gauchères, alors que d’autres sont droitières! En effet, lorsque l’on examine la coquille, pointe dirigée vers le haut, le fait que l’ouverture soit à gauche ou à droite nous donne une information supplémentaire sur l’identité de l’individu.
Les limaces sont également des bêtes bien connues, en particulier des jardiniers. Souvent phytophages, ces dernières se délecteront de vos hostas, ou pire, de vos choux et salades! Chez moi, j’en retrouve beaucoup dans mon compost. Il faut croire qu’elles apprécient donc aussi les fruits et légumes moins frais! Bien qu’elles ne possèdent pas de coquille comme les escargots, leurs caractéristiques sont fort similaires : puissant pied, tête munie de grands yeux tentaculaires et… sécrétion de mucus pour se déplacer! À ce qu’il semble, les limaces sont susceptibles de produire un surplus de mucus lorsque soumises à une agression… de quoi à les rendre difficilement manipulables par tout prédateur, humain inclus!
Coquille d’un escargotEscargot entre deux eaux : il peut tirer l’air de l’atmosphère, tout en se nourrissant des algues nutritives
En matière de sexualité, les gastéropodes se sont donné le choix : alors que certains ont des sexes séparés (mâle ou femelle, respectivement), nombreux sont hermaphrodites. Ils peuvent s’interféconder ou même s’autoféconder. Les œufs des escargots terrestres et des limaces ressemblent à de petites boules blanchâtres ou semi-transparentes (voir cette photographie). Les œufs des escargots d’eau douce, quant à eux, ressemblent à une masse gélatineuse, que l’on retrouve régulièrement collée sous les roches.
Plusieurs prédateurs se nourrissent d’escargots et de limaces : écrevisses, carabes, poissons, oiseaux, crapauds et grenouilles, petits rongeurs, etc.! Je n’ai pas de difficulté à croire que les carabes puissent être de voraces prédateurs de gastéropodes (voir cette chronique). D’ailleurs, cette fin de semaine, je suis allée aider ma belle-sœur à amorcer le nettoyage de ses plates-bandes. Ces dernières étaient envahies par un très grand nombre d’escargots. Quelle ne fut pas ma joie de découvrir, en creusant, trois carabes bronzés, ainsi qu’un crapaud d’Amérique en peu de temps! Buffet ouvert pour tous!
Pour terminer, certains d’entre vous sont peut-être aussi prédateurs de gastéropodes. Je pense à certains parents qui se délectent d’escargots à l’ail. Pour ma part, ce mets me fait un peu trop penser aux bêtes que je disséquais en laboratoire. Je préfère passer mon tour! Néanmoins, bon appétit pour les autres!
Vidéo d’escargot se promenant sur mon gant de jardinage.
Pour en savoir plus
Smeesters, E. et al. 2005. Solutions écologiques en horticulture. 198 p.
Thorp, J.H. et A.P. Covich. 2001. Ecology and classification of North American freshwater invertebrates. 1056 p.
Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
Le printemps est enfin de retour! La neige a fondu et c’est le temps de jouer dans nos plates-bandes. Nous ne sommes pas les seuls à « reprendre vie » après ce long hiver! Les insectes aussi attendaient le dégel avec impatience!
Punaise verte se réchauffant au soleilIsia Isabelle, qui se cachait sous les feuilles
En relevant l’épaisse couche de feuilles qui recouvrait mes plates-bandes, j’ai eu la chance cette année d’observer plusieurs invertébrés qui y étaient encore tapis. Visiblement, certains d’entre eux venaient à peine d’émerger de leur torpeur hivernale.
C’est le cas de plusieurs punaises – des hémiptères de la famille des Pentatomidae. Alors que je les découvrais, plusieurs de celles-ci étaient rigides, d’apparence morte. Toutefois, les chauds rayons du soleil avaient tôt fait de les réanimer. Malheureusement, plusieurs d’entre elles ne bougeaient plus et, parfois, étaient fort abîmées : leur carapace dure dépourvue de membres était la seule trace de leur présence passée. Ces dernières n’avaient pas été en mesure de passer au travers du rude hiver.
Au total, ce sont six carcasses de punaises vertes (Acrosternum hilare) que je récupérai pour ma collection, alors qu’une quantité équivalente s’envolait ou se laissait dorer au soleil le temps de quelques clichés. Je mis également la main sur quatre autres punaises vivantes, soit trois punaises euschistoïdes (Euschistus servus euschistoides) et une punaise diminuée (Banasa dimidiata), toutes aussi pressées de se délier les ailes. Vous pouvez en témoigner en visionnant une des vidéos que j’ai prises (insérée à la fin de la présente chronique).
Également, quelques chenilles furent dérangées par mon ménage printanier. C’est le cas de deux spécimens d’Isia Isabelle et de nombreux autres individus que je n’ai pu encore identifier. La litière de feuilles leur aura visiblement servi d’abri hivernal.
Arrière-train d’une larve de tipuleAraignée-loup
Que dire des très nombreux détritivores découverts – dont beaucoup étaient déjà actifs? J’ai parlé de plusieurs d’entre eux l’an dernier (voir cette chronique). À cette liste s’ajoutent deux larves de tipules. J’avais antérieurement parlé de cette famille de diptères (cet article), mais n’avais pas de photographies des larves à l’appui. C’est maintenant chose faite! Les larves de tipules, bien qu’elles ressemblent à des chenilles, sont faciles à identifier. Si vous en voyez, vous les reconnaîtrez par leur étrange arrière-train en forme d’étoile. Elles sont aussi dépourvues de pattes, contrairement aux chenilles, et leur tête est rétractable (voir une des vidéos à la fin de la chronique).
À toutes ces sympathiques bêtes s’ajoutaient quelques araignées. En particulier, plusieurs araignées-loup (Lycosidae) sillonnaient mes plates-bandes, sans doute en quête d’un repas. Ces dernières sont faciles à reconnaître si vous daignez les regarder de près. Elles sont munies d’une paire d’yeux assez haut perchés et situés de chaque côté de leur tête. Ce sont également très souvent celles-ci que l’on voit courir rapidement au sol, car elles y chassent! Une autre sorte d’araignée que j’ai retrouvée sous les tas de feuilles jonchant mes plates-bandes est l’araignée-crabe (Thomisidae). Ce groupe aussi est facile à reconnaître, puisque les pattes d’avant sont plus larges que les pattes d’arrière, l’abdomen est plus trapu et la silhouette ainsi créée fait penser à un crabe (voir la troisième vidéo à la fin de la chronique). Ce qui est étonnant à propos de cette famille d’araignées est que certaines d’entre elles sont susceptibles de se fondre dans leur environnement en changeant tout simplement de couleur, à l’instar d’un caméléon (voir ce précédent billet). Très pratique pour demeurer immobile à l’affût d’une proie, n’est-ce pas?
Bien que le ménage du printemps – version « extérieur de la maison » – tire à sa fin, je sais que l’été recèlera d’autres fascinantes découvertes de ce type. Que de plaisirs en perspective!
Et vous, que cachent vos plates-bandes?
Vidéo 1. Punaise Euschistoide se déliant les ailes
Vidéo 2. Larve de tipule – on peut voir sa tête rétractable
Vidéo 3. Araignée-crabe se déplaçant au sol
Pour en savoir plus
Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.