Concours amical de photographie d’invertébrés 2013!

L’été tire à sa fin, mais les invertébrés sillonnent toujours nos parterres en grand nombre. C’est pourquoi il est encore temps de nous lancer dans un concours amical de photographie d’insectes et autres invertébrés!

Mon objectif : vous encourager à regarder les invertébrés autour de vous, où ils se cachent, comment ils vivent… et à quel point ils sont jolis et/ou spéciaux! Emparez-vous donc de votre caméra et sortez dehors pour prendre des clichés d’invertébrés de toutes sortes!

Vous avez jusqu’au 27 septembre pour me faire parvenir vos photographies. Ensuite, nous procéderons à un vote. Les photographies seront affichées sur le site de Docbébitte et tous les lecteurs seront alors invités à se prononcer sur leur coup de cœur!

Papillon Bleu-argent
Certains insectes aiment poser – comme ce papillon (Bleu-argenté).

 

Quel sera votre prix?

Votre photo a reçu le plus de votes? Je m’engage à publier une chronique entière consacrée à l’invertébré « croqué » sur le vif… avec bien sûr la photographie gagnante en vedette (et crédits photos associés).

Pour ce qui est des autres photos soumises, elles se retrouveront dans ma banque de photos et pourraient, qui sait, être utilisées dans le cadre de futures chroniques (également accompagnées des crédits photos)!

 

Comment participer?

1) Transmettre vos photographies (résolution originale) à info@docbebitte.com d’ici le 27 septembre 2013. Veuillez transmettre un maximum de trois (3) photos par personne. Si vous possédez déjà une signature personnalisée, l’apposer sur vos photos avant de me les transmettre. Sinon, je me chargerai d’ajouter votre nom sur les photos.

2) Me fournir, pour chaque photo transmise, les informations suivantes :

  • Prénom et nom de l’auteur de la photographie;
  • Endroit où la photo a été prise (exemple : Trois-Rivières, Québec);
  • Si vous connaissez déjà le nom de l’invertébré en question, l’indiquer.

Pour terminer, s’il y a des personnes que l’on peut reconnaître sur vos photos, assurez-vous d’avoir leur accord avant de me transmettre ces dernières!

À vos caméras, prêts, photographiez!

Une perle d’invertébré!

La semaine dernière, je vous proposais un petit jeu visant à deviner quel était l’invertébré aperçu dans l’œil de mon microscope. La réponse est la suivante : il s’agit d’une larve de perle (famille des perlidae), une sorte de plécoptère (ordre).

Perlidae larve
Larve de plécoptère (Perlidae)

Les perles ne sont pas les plus connus des invertébrés. Peut-être est-ce même la première fois que vous en entendez parler. J’ai fait la connaissance de cet ordre d’insecte lors de mes études, puisque les larves de perles sont très communes dans les rivières du Québec. Elles aiment les ruisseaux et les rivières bien oxygénés – faisant en sorte qu’on les retrouve typiquement dans des zones peu profondes à courant rapide, où les roches émergent de l’eau. Ces larves sont sensibles à la pollution d’origine humaine et s’avèrent, par conséquent, de bons indicateurs de la qualité des eaux courantes.

Les larves de perlidae sont munies de branchies à la base de leurs pattes (l’équivalent de nos aisselles). C’est ainsi qu’elles peuvent respirer sous l’eau. Leur corps est aplati et leurs pattes possèdent deux « griffes », faisant en sorte qu’elles peuvent se mouvoir aisément sans être emportées par les forts courants des milieux où elles vivent.

Perlidae patte
Patte d’une larve de perle

Les larves sont également de voraces prédateurs et j’en ai vu à quelques reprises se nourrir d’invertébrés alors que je les observais, sur une roche que je venais tout juste de sortir de l’eau. En revanche, elles sont des proies de choix pour les poissons et les autres invertébrés prédateurs. Même les canards les apprécient comme collation! Elles jouent donc un rôle important dans les écosystèmes aquatiques.

Les larves peuvent passer plus d’une année sous l’eau, avant d’émerger en tant qu’adulte ailé. Plus précisément, le cycle de vie total peut varier de une à trois années, selon la localisation géographique. Les individus peuvent subir un grand nombre de mues (plus d’une vingtaine, selon l’espèce), avant de parvenir au stade adulte final. C’est d’ailleurs un exosquelette (peau de mue, en d’autres termes!) d’une larve de plécoptère que j’ai prise en photo sous le microscope (voir la chronique de la semaine dernière).

Les adultes ressemblent beaucoup aux larves, comme on peut le voir sur les photographies. La différence principale se situe au niveau des ailes qui, bien sûr, ne seraient pas utiles pour la larve qui vit en milieu aquatique!

Plecoptère
Plécoptère adulte

Une fois émergés, les adultes s’abritent dans la végétation près des cours d’eau où ils ont grandi. Ils s’affairent alors à chercher un partenaire pour se reproduire. Pour la majorité des espèces de plécoptères, cette recherche se traduit par une chanson à répondre! Cette activité est appelée « drumming » en anglais. Plus particulièrement, les mâles frappent le sol avec leur abdomen et les femelles répondent à cette « bonne vibration ». Au milieu de ce concert de percussions, les femelles finissent par trouver des mâles et la reproduction a lieu!

Lorsque les œufs ont atteint un certain niveau de maturité, les femelles les joignent en une masse qu’elles maintiennent au bout de leur abdomen (voir cette image). Elles sillonnent alors la surface de l’eau afin de les libérer. Selon l’espèce de plécoptère concernée, les femelles peuvent même aller jusqu’à se glisser sous l’eau afin d’y laisser leurs œufs sur tout substrat disponible (roche, bois, débris, etc.).

Les perles sont identifiées comme étant des insectes bénéfiques. Elles ne se nourrissent pas de cultures ou de plantes appréciées des jardiniers, ne conduisent pas à des émergences massives, comme certaines espèces d’éphémères (voir cette chronique) et ne constituent pas de danger pour l’homme. Elles jouent un rôle-clé dans les écosystèmes aquatiques et sont de bons indicateurs de la qualité des cours d’eau.

Bref, elles gagnent à être connues!

 

Pour en savoir plus

  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Thorp, J.H. et A.P. Covich. 2001. Ecology and classification of North American freshwater invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
  • Bugguide (femelle tenant une masse d’oeufs): http://bugguide.net/node/view/195667/bgimage

 

Dans l’oeil de mon microscope: 1) L’extraterrestre

Je me suis nouvellement achetée un microscope et ai commencé à prendre des photographies de ce que je voyais dans mon objectif. Bien que ces photographies ne soient pas dignes d’une œuvre d’art, je trouvais tout de même intéressant de les partager avec vous.

Ainsi, je vous propose une nouvelle formule : de plus courtes capsules intercalées, à l’occasion, entre des chroniques régulières, dans le cadre desquelles je tenterai de vous faire deviner l’invertébré que l’on voit dans l’œil de mon microscope.

Cette semaine, je vous propose un premier invertébré dont la tête me fait penser à des extraterrestres retrouvés dans certains films de science fiction!

Je vous donnerai la réponse – ainsi qu’une description de l’organisme en question – lors de la prochaine chronique!

À vos marques, prêts, partez!

Microscope 1
Qui suis-je? Réponse dans une prochaine chronique!

Ça pique ou ça mord?

Si vous êtes amateur de films de science fiction, vous avez sûrement vu la trilogie du Seigneur des anneaux. Vous rappelez-vous quand Frodon lutte contre une immense araignée et que cette dernière le pique à l’aide d’un appendice venimeux situé à l’extrémité de son abdomen, le paralysant? Peut-être était-ce voulu pour mousser l’action, mais il y a une erreur dans ce portrait : les araignées ne piquent pas, elles mordent!

Araignée_Crocs
Les araignées possèdent des crocs

Dépendamment du type d’invertébré concerné, celui-ci aura le potentiel de piquer ou de mordre – bien que certains soient tout simplement inoffensifs! Dans la présente chronique, je vais tenter de vous démystifier les différents types de morsures et de piqûres, question également de vous aider à savoir comment manipuler les invertébrés sans vous faire pincer!

Commençons par les piqûres réalisées à l’aide de dards. Les membres de l’ordre des hyménoptères (guêpes, abeilles, bourdons) vous viennent sans doute déjà à l’esprit. En fait, les dards ne sont pas que l’apanage des hyménoptères, bien que ces derniers remportent la palme. Outre ceux-ci, seuls quelques autres organismes possèderaient des dards : scorpions, raies à aiguillon et ornithorynques. Selon le Petit Robert, un dard, c’est un organe pointu et creux qui sert à inoculer un venin. Ce n’est donc pas surprenant que la douleur soit aigüe et persistante.

Fait étonnant, il existe une échelle mesurant la pénibilité des piqûres d’insectes! C’est Justin O. Schmidt, un entomologiste américain qui a eu la joyeuse idée de se faire piquer par de nombreuses espèces d’hyménoptères, qui est à l’origine de cette échelle (que vous pouvez visionner ici).

Pour m’être faite piquer par une abeille, je peux vous confirmer que je n’ai absolument aucune envie de recommencer! Dans mon cas, j’avais eu l’infortune de mettre le pied à côté d’un nid, alors que je me déplaçais à pied le long d’une rivière que j’échantillonnais.

Côté manipulation, la meilleure façon d’éviter la piqûre d’un hyménoptère, c’est naturellement de le laisser tranquille. Cependant, il m’arrive à l’occasion d’en extirper de ma piscine, alors qu’ils se noient. Habituellement, je me sers d’un bout de bois ou d’une feuille pour ne pas les toucher directement. Il m’arrive cependant d’attraper les plus petits spécimens en les faisant monter sur mon ongle de pouce (s’ils décident de piquer, c’est moins risqué)!

Bourdon_Pollinisateur
Les hyménoptères, comme ce bourdon, possèdent des dards

La deuxième catégorie porte sur les « piqûres » effectuées à l’aide de rostres. On pourrait parler également de morsure – ce qui me semble d’ailleurs plus juste, car les rostres sont les pièces buccales de certains insectes. On retrouve dans cette catégorie les hémiptères, dont la punaise d’eau géante (Famille : Belostomatidae). Cette dernière a le potentiel d’infliger une morsure fort désagréable qui, semble-t-il, excéderait le dernier niveau de l’échelle de pénibilité de M. Schmidt. Toutefois, comme le rostre est situé à l’avant et que le corps est rigide (ne plie pas comme le corps d’une abeille, par exemple), la punaise d’eau géante peut être manipulée de sorte à éviter la pénible morsure. Vous pouvez d’ailleurs visionner ce film sur YouTube, dans lequel une punaise d’eau géante est manipulée (voir vers 4 minutes 25 secondes).

Un autre insecte que vous connaissez bien et qui est muni d’un rostre – bien qu’il ne fasse pas partie des hémiptères – est le maringouin (Famille: Culicidae). C’est la femelle qui est responsable des redoutables morsures. Bien que nous n’apprécions guère cette attention que nous portent les maringouins, la cause est noble : le sang procure aux œufs portés par les femelles les protéines nécessaires pour se développer! C’est ainsi que ces dernières assurent un futur à leurs rejetons!

Troisièmement, on retrouve les morsures réalisées à l’aide de crocs ou de mandibules. Ceci nous ramène à l’exemple de l’araignée dont je parlais en début de chronique. Les araignées sont dotées de deux crocs dont elles se servent pour mordre leurs proies et y injecter leur venin. On les perçoit bien sur cette illustration. Il n’y a pas vraiment de façon que je connaisse pour manipuler une araignée manuellement (sans outils) de sorte à éviter ses crocs. Or, jusqu’à maintenant, je n’ai pas été mordue par les araignées que j’ai manipulées. Si elles ne se sentent pas menacées, les chances qu’elles mordent sont faibles. De toute façon, la plupart des gens ne font pas particulièrement de détour pour prendre des araignées dans leurs mains!

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Les hémiptères, comme cette punaise assassine, peuvent se servir de leur rostre pour nous piquer

Certains insectes, dont quelques espèces présentées dans de précédentes chroniques (cicindèles et corydales, par exemple), sont munis de larges et puissantes mandibules qui peuvent causer de sérieux dommages – en particulier si on est un autre insecte! Bien sûr, ces mandibules peuvent aussi servir à mordre des doigts inquisiteurs, d’où l’intérêt de manipuler les organismes qui les arborent avec prudence! Encore une fois, si les insectes ne se sentent pas menacés, les probabilités qu’ils mordent sont faibles. Je peux d’ailleurs dire avec confiance que j’ai manipulé plus d’un insecte doté de large mandibules sans subir de fâcheuses conséquences!

En somme, il est facile d’éviter la piqûre ou la morsure de plusieurs invertébrés lorsqu’on prend soin de les manipuler avec prudence. En cas de doute, on porte des gants, on utilise des « outils » (branches, etc.) ou on fait de notre mieux pour les éviter!

 

Pour en savoir plus

 

Une armée de pucerons

Pucerons fourmis
Pucerons envahissant mon aubépine et fourmis associées

Que vous soyez fin jardinier ou que vous appréciez tout simplement avoir un peu de verdure autour de votre maison, vous n’êtes pas sans connaître les pucerons!

Comme tout hémiptère qui se respecte, les pucerons sont dotés d’un rostre dont ils se servent pour drainer la sève des plantes. Leur arme secrète? Ils s’attaquent à vos plantes par centaines!

C’est à la suite du constat que mon aubépine arbustive était envahie de pucerons – et quand je parle d’envahie, c’est que je ne trouve pas un pouce carré de l’arbuste qui n’est pas affecté – que j’ai décidé de vous parler de ce groupe d’insecte. Mon aubépine est effectivement en état de siège non seulement par des pucerons, mais par une armée de fourmis qui les protège. J’ai d’ailleurs pu prendre plusieurs photographies qui témoignent de ce fascinant partenariat.

Pucerons fourmis 2
Autre branche, même histoire!

Mais pourquoi donc les fourmis protègent-elles de simples pucerons? La réponse réside dans ce que les pucerons éjectent de leur arrière-train : le miellat. Le miellat est un liquide sucré sécrété par les pucerons dont les fourmis raffolent. Ces dernières font d’ailleurs, en quelque sorte, l’élevage des pucerons, afin de pouvoir profiter au maximum de cette denrée.

Et gare aux intrus! Les fourmis les mordront et les attaqueront sans hésiter! C’est d’ailleurs parce que je me suis fait mordre par des fourmis, alors que je nettoyais la plate-bande située à côté de mon aubépine, que j’ai découvert le pot aux roses!

Revenons à nos pucerons! Sur les photographies où l’on voit les pucerons et les fourmis, on ne voit que des pucerons aptères (ne possédant pas d’ailes). Toutefois, certains individus sont dotés d’ailes et peuvent se déplacer, assurant ainsi la dissémination de l’espèce. Un fait étonnant que j’ai appris en faisant des recherches pour la présente chronique, c’est que les femelles ne sont fécondées qu’une seule fois à l’automne. Elles pondent des œufs et donnent ainsi naissance à des femelles dites vivipares, c’est-à-dire qui produisent des individus sans fécondation, un peu comme des clones. Ce sont ces femelles qui produiront des rejetons tout l’été suivant, jusqu’à une nouvelle fécondation à l’automne. Étrangement, alors que ces « clones » sont encore à l’intérieur du ventre de leur mère, ils commencent déjà à former leurs propres clones. Bref, chaque femelle peut se retrouver à porter plusieurs générations à la fois! Pas difficile de croire qu’elles peuvent coloniser rapidement toute plante!

Puceron ailé
Puceron ailé tenant sur le bout de mes doigts

Comme je l’ai mentionné en début de chronique, les pucerons ont pour principale occupation de s’agglomérer en colonies afin d’aspirer la sève des plantes. Herbacées, arbustes, arbres, rien de les arrête… ou presque! En effet, nous avons heureusement quelques alliés dans le monde animal qui se nourrissent de pucerons, entre autres les chrysopes, les coccinelles et leurs larves, ainsi que les larves de syrphes (voir cette précédente chronique).

Outre la lutte biologique, plusieurs solutions dites écologiques existent pour faire face à une armée de pucerons. Plusieurs concoctions à base de savons doux, vinaigre ou autres peuvent être trouvés sur Internet ou dans les livres d’horticulture. Quant à leur efficacité ou encore leur impact sur les plantes-hôtes et les autres espèces d’invertébrés, je ne pourrais vous en dire plus. La meilleure solution est d’y aller avec parcimonie et, comme le suggère le jardinier paresseux, si une plante est trop problématique, c’est peut-être signe qu’elle n’est pas la bonne pour vous ou pour sa localisation géographique!

 

Pour en savoir plus