Criocère du lis : ma vie c’est d’la m… !

Eh oui, j’ai bel et bien osé nommer cette chronique ainsi !

(Pour ceux qui s’y connaissent peu côté culture populaire, une pièce musicale franco-canadienne interprétée par Lisa LeBlanc et qui a remporté un franc succès porte ce titre.)

C’est que je veux vous parler d’un insecte dont le stade larvaire est fort étonnant et consiste… à s’enrober dans ses excréments pour échapper aux prédateurs ! Rien de moins !

Derrière ce superbe adulte se cache une enfance troublante !

Il s’agit du criocère du lis (Lilioceris lilii), un invertébré que vous connaissez sans aucun doute si vous avez des lis dans vos plates-bandes.

Le criocère du lis doit en effet sa renommée au fait qu’il cause d’impressionnants dommages aux lis, de jolies fleurs que beaucoup d’entre nous aiment voir trôner dans nos plates-bandes. Introduit d’Europe, la plus ancienne observation à nos latitudes serait au Québec, et plus spécifiquement dans la région de Montréal, en 1943.

J’avais déjà pris quelques photos et vidéos de ces insectes, mais je n’avais pas été aussi gâtée que cet été. Dans les plates-bandes de l’humble demeure où je suis récemment aménagée poussaient quelques plants de lis, plutôt chétifs. Néanmoins, je les ai laissés croître, espérant voir quelques jolies fleurs s’y épanouir. Ce fut le cas… bien que les plants aient été complètement assiégés par des larves et adultes du criocère du lis.

Le criocère du lis… dans mes lis!

Adhérant déjà à la philosophie du Jardinier paresseux (voir la section Pour en savoir plus), je savais que la meilleure option était de laisser aller les choses… et d’en profiter pour documenter le fascinant cycle de vie du criocère du lis.

À cet effet, quel cycle de vie particulier ! Les larves et les adultes rongent non seulement les feuilles des lis, ils peuvent aussi s’attaquer aux boutons floraux et manger les fleurs. Or, c’est la larve qui se démarque par sa façon d’échapper aux prédateurs… et de répugner les jardiniers qui chercheraient à s’en débarrasser !

Cette dernière s’enroule dans son mucus et ses excréments !

J’ai pu observer des larves de bonne envergure dans mes lis cet été. Nous avons pris des photos et des vidéos de ces larves… et je dois avouer que leur vue m’a plutôt dégoûtée, bien que je sois une amoureuse des insectes et autres invertébrés. La larve ressemble à une sorte de blob visqueux de couleur tout aussi ragoûtante variant entre le jaune, le kaki et le brun ! Même dépourvue de sa généreuse couche de mucus et d’excréments, la bête a une allure particulière : l’abdomen, renflé et jaune, est démesuré à côté de la petite tête et des pattes noires.

L’adulte, de son côté, est nettement plus charismatique. Faisant de 6,3 à 7,3 mm de long, sa tête, ses pattes et sa face ventrale sont noires, alors que ses élytres sont d’un rouge vibrant et brillant. J’en apercevais en grande quantité, souvent affairés à s’accoupler pour produire une autre génération d’étranges larves gluantes.

L’adulte est de taille moyenne

D’ailleurs, les recherches que j’ai effectuées pour écrire le présent billet m’ont permis d’apprendre qu’il y aurait d’une à trois générations (ce chiffre varie selon la source consultée) de ces insectes annuellement au Québec, dont une première génération d’adultes qui émergent tôt au printemps, vers le mois d’avril. De quoi à décourager les jardiniers qui les aiment nettement moins !

Revenons justement aux dommages générés par les criocères du lis. Le Jardinier paresseux recommande vivement – et simplement – d’arracher tous les végétaux auxquels s’attaquent les criocères du lis : lis (Lilium), lis géants (Cardiocrinum) et fritillaires (Fritillaria). Selon Smeesters et coll. (2005), ces arthropodes aimeraient également croquer quelques autres espèces, lorsque leurs plantes favorites ne sont pas disponibles, dont les sceaux-de-Salomon (Polygonatum spp.), les streptopes et les smilacines.

Cette larve couverte de mucus et d’excréments est la larve du criocère du lis!

Si vous cherchez malgré tout à préserver vos lis et êtes prêts à y mettre beaucoup d’énergie, le Jardinier paresseux passe en revue (et critique) quelques méthodes populaires. En voici un résumé (allez sur le site du Jardinier paresseux pour les détails) :

  • Récolte manuelle. Implique d’ausculter les lis tôt tous les matins et d’enlever à la main les adultes et les larves, puis de les jeter dans l’eau savonneuse ou les écraser. Les œufs jaunes, rouges ou orangés, d’environ 1,5 mm de long, peuvent également être repérés ainsi et retirés des plants. À noter que j’ai lu que les criocères du lis peuvent striduler bruyamment s’ils sont perturbés; ne soyez donc pas surpris s’ils lancent un cri lorsque vous les manipulez !
  • Marc de café. Il s’agit de l’épandre au sol afin de cacher l’odeur du lis. Il semble cependant, selon le Jardinier paresseux, que cette stratégie ne fonctionne pas.
  • Plantes répulsives. Il serait véhiculé que le fait de planter certains végétaux près du lis repousse le criocère… Un mythe à nouveau déboulonné par le Jardinier paresseux.
  • Vaporisations. Il s’agit de vaporiser différents produits sur les lis ou directement sur les criocères, dont de l’huile de neem, des savons insecticides et du savon à vaisselle. Le traitement semble avoir du potentiel, mais nécessite des vaporisations fréquentes et risque d’affecter d’autres insectes plus désirables (comme les abeilles, par exemple).

Espace pour la vie ainsi que Smeesters et coll. (2005) suggèrent quelques astuces supplémentaires :

  • Couvrir les plants d’une fine toile au printemps pour empêcher les adultes de les atteindre;
  • Pour la récolte manuelle, utiliser un tissu ou contenant au-dessus duquel secouer les plants ou utiliser un aspirateur manuel;
  • Ramasser ou brûler les végétaux morts et les débris au sol à l’automne pour réduire les refuges hivernaux possibles (par contre, vous réduirez ces refuges pour les autres invertébrés qui peuvent s’avérer utiles);
  • Vaporiser les plants d’un extrait de tanaisie pour masquer leur odeur;
  • Biner le sol autour des lis au printemps et à l’automne afin d’exposer les criocères aux intempéries et aux prédateurs.
Larve du criocère du lis et ses dégâts sur le feuillage

Une autre option : plantez des hémérocalles, de jolies fleurs qui ressemblent à celles du lis et que j’adore personnellement. Elles sont de bon couvre-sol (peu d’herbes indésirables poussent à leur pied), demandent très peu d’entretien et fleurissent en une vaste gamme de couleurs ! Qui plus est, les criocères ne s’en nourrissent pas !

En ce qui concerne les lis de mes propres plates-bandes, j’ai laissé les adultes et les larves de criocères du lis vaquer à leurs occupations. Ces individus, bien nourris et engraissés, ont sans doute pour leur part été loin de penser qu’ils ont eu une vie de m… !

Galerie photo

Pour en savoir plus

Joyeuse Halloween 2021 !

Vous avez vu passer la publication sur la page Facebook DocBébitte au sujet de cartes de « faits amusants » que j’ai préparées pour l’Halloween et voulez en savoir plus ?

Vous êtes passés chez DocBébitte cette Halloween, avez entre les mains une telle carte et voudriez voir celles que vous avez ratées ?

Peut-être cherchez vous de l’inspiration pour préparer une surprise similaire pour une autre occasion ?

Qu’à cela ne tienne ! Je vous partage, dans une galerie photo ci-dessous, l’ensemble des petits faits amusants que j’ai concoctés cette année pour les « Halloweeneux » qui seront passés par chez moi !

Et j’en profite pour vous souhaiter une joyeuse Halloween… pleine de bêtes étranges ! Mouhahahaha !

350e publication DocBébitte : Méli-méloé!

Une 350e publication. Rien de moins !

Pour célébrer ce jalon tout juste franchi, je vous ai offert, sur la page Facebook DocBébitte, de voter pour le sujet traité.

Et vous avez opté pour l’étrange méloé!

Outre le méloé noir (Epicauta pennsylvanica) et le méloé cendré (Epicauta murina), je n’avais pas eu la chance d’observer d’autres membres de la famille Meloidae, dont ceux du genre Meloe. J’avais pourtant vu beaucoup de photographies – peut-être même les vôtres! – des femelles dont l’abdomen est si gonflé qu’elles apparaissent énormes.

Jolie femelle du genre Meloe observée ce printemps

Ce printemps, lors d’une balade à la réserve du Marais Léon-Provancher, en banlieue de Québec, je fus enfin servie! L’individu, d’une teinte noire bleutée, déambulait devant nous dans le sentier. Il se laissa manipuler à souhait, uniquement soucieux d’aller toujours vers l’avant. Ce fût d’ailleurs tout un défi de le photographier : il n’arrêtait simplement pas de marcher!

J’aurais aimé être certaine de l’espèce en cause, mais les sources que j’ai consultées ne procuraient pas suffisamment de détails sur les critères à examiner pour confirmer l’identité de ma belle (c’était une femelle). D’ailleurs, si vous avez des astuces à partager sur le sujet, vos suggestions sont les bienvenues! Néanmoins, suivant Normandin (2020), je pus noter que trois espèces – appartenant toutes au genre Meloe – comportent des attributs similaires au spécimen photographié.

La famille des méloés est fascinante. Les larves, appelées triongulins, constituent, pour la plupart, des parasitoïdes d’abeilles sauvages (quoique quelques-uns soient des parasitoïdes d’orthoptères). Dans les sources consultées, j’ai noté plusieurs mécanismes de dispersion utilisés par les larves afin de se retrouver dans les nids d’abeilles. Premièrement, Normandin (2020) indique que les femelles méloés peuvent pondre leurs œufs directement dans les nids d’abeilles sauvages situés au sol. Dubuc (2007) et Marshall (2009) précisent de leur côté que les femelles pondent des œufs au sol, desquels surgissent les larves qui grimpent le haut de fleurs pour ensuite s’accrocher aux abeilles solitaires qui y butinent. Une fois parvenues au nid, ces larves lâchent prise et se retrouvent sur l’œuf pondu par l’abeille. Sur Wikipédia (2020), il est aussi indiqué que les triongulins peuvent attirer les mâles abeilles à l’aide de signaux chimiques. Ils s’accrochent aux mâles, puis sont éventuellement transférés vers des femelles, lorsqu’il y a contact.

Peu importe le moyen de transport privilégié, les larves qui atteignent leur destination finale s’avèrent voraces. Elles dévorent d’abord l’œuf de l’abeille, puis se nourrissent du pollen et du nectar entreposés sous l’œuf, qui étaient initialement destinés à nourrir la larve de l’abeille.

Les adultes, eux, optent pour un régime végétarien et se délectent de nectar, de pollen et ne dédaignent pas manger même les fleurs entières et les feuilles des plantes, selon l’espèce.

L’abdomen est énorme et peu recouvert par les élytres

Les mâles du genre Meloe diffèrent des femelles : deux segments de leurs antennes sont organisés de sorte à former une courbe. Ils s’en servent pour lisser ou maintenir les antennes de Madame lorsque vient le temps de lui faire la cour. À cet effet, bien que le méloé noir ne possède pas de tels attributs, j’ai été fascinée de voir un mâle de cette espèce s’adonner à faire ce qui semblait être des « caresses » à une femelle. Il tambourinait sur l’arrière-train de cette dernière à l’aide de ses antennes. J’ai trouvé le comportement si intrigant que je vous l’avais partagé dans cette chronique de la Saint-Valentin.

Lors de mes recherches pour documenter la présente chronique, j’ai aussi été étonnée de lire que les Meloidae sont en mesure d’exsuder de l’hémolymphe (leur sang) lorsqu’ils sont perturbés. Leur hémolymphe contient une substance nommée cantharide qui est susceptible d’irriter la peau et d’entraîner la formation de phlyctènes. Le nom commun anglais des méloés traduit d’ailleurs cette aptitude : ils se prénomment « blister beetles », soit coléoptères à cloques… à ne pas confondre avec têtes à claques!

Pourquoi étais-je si surprise de lire cette information? Si vous jetez un coup d’œil aux photos qui agrémentent la présente chronique, vous noterez que j’ai allègrement manipulé l’individu observé. Heureusement, je n’ai pas dû déranger suffisamment la bête et mes doigts sont demeurés indemnes! Soit cela, soit que la femelle manipulée n’avait pas encore été fécondée. En effet, fait intéressant : les femelles non fécondées acquièrent leur cantharide à la suite de la copulation avec le mâle. C’est en offrant un spermatophore (un « paquet de sperme ») enduit de cantharide que l’échange s’effectue. Une bonne façon pour le mâle de s’assurer que les œufs – et la femelle – qu’il féconde survivent !  

Même au sol, on peut apprécier la taille de cet insecte!

D’autres organismes profitent de la capacité des méloés à générer de la cantharide. Plusieurs insectes, dont les coléoptères de la famille Anthicidae, seraient attirés par les cadavres de méloés, desquels ils assimileraient la toxine. D’autres préfèrent leur repas bien chaud : certaines mouches piqueuses mordraient les jointures plus tendres des méloés vivants afin de siroter leur hémolymphe. Il est présumé que ces mouches assimileraient le cocktail toxique, un peu à l’instar des chenilles de monarques qui assimilent la cardénolide des asclépiades, afin de mieux se protéger des prédateurs.

Fille qui ne savait pas qu’il y a des risques à manipuler les méloés!

La cantharide n’intéresse pas que les invertébrés. Une espèce bien précise de méloé, la Spanish Fly (espèce Lytta vesicatoria), a fait l’objet d’un vif intérêt de la part des humains pour la cantharide qu’elle contient. L’espèce est élevée, moulue et vendue pour usages médicinaux… mais a aussi servi à la production d’aphrodisiaques. Il est cependant vivement déconseillé de concocter et consommer la cantharide par soi-même, puisque, même à petite dose, elle peut s’avérer fatale ou, du moins, générer de sérieux dommages aux reins. N’essayez pas à la maison!

Si j’avais su tout cela lorsque j’ai manipulé mon premier méloé ce printemps, j’aurais peut-être pris quelques précautions supplémentaires! Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un groupe fascinant à voir de près!

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. 2003-2021. Family Meloidae – Blister Beetles. https://bugguide.net/node/view/181 (page consultée le 27 juin 2021).
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Normandin, E. 2020. Les insectes du Québec et autres arthropodes terrestres. 610 p.
  • Wikipédia.2020. Meloe. https://fr.wikipedia.org/wiki/Meloe (page consultée le 27 juin 2021).
  • Wikipédia.2020. Meloidae. https://fr.wikipedia.org/wiki/Meloidae (page consultée le 27 juin 2021).

Capsule vidéo: Incursion au marais!

Comme vous le savez, j’ai récemment ajouté à l’offre DocBébitte la réalisation de capsules vidéo.

La semaine dernière, je lançais la plus récente d’entre elles: une incursion au marais.

Tournée au marais Léon-Provancher, vous y verrez une DocBébitte qui vous présente quelques invertébrés aquatiques: naïades de libellules et d’éphémères, gyrins, escargots et autres!

En sus, une petite surprise d’un organisme non invertébré qui aura su distraire quelques instants mon caméraman (mon conjoint, que je remercie d’ailleurs)!

Bon visionnement!

Les « bébittes » du pêcheur

Êtes-vous déjà allés à la pêche?

Avez-vous remarqué à quoi ressemblait l’appât que vous utilisiez?

Il s’agissait sans doute d’une imitation d’un poisson ou d’un invertébré.

En effet, un bon moyen pour capturer une prise digne d’un trophée est d’utiliser un leurre qui ressemble aux organismes dont elle se nourrit habituellement. Rien de plus alléchant!

C’est un lecteur de DocBébitte qui m’a donné envie d’explorer ce domaine. Ce dernier me demandait si j’avais quelques photos de larves de chironomes (voir cette chronique), mais également d’autres organismes d’origine aquatique retrouvés au Québec qui pouvaient lui servir d’inspiration dans la fabrication de leurres.

Aussi, je m’amusais dans la dernière chronique (ici) à vous faire deviner quelques imitations d’invertébrés que je retrouvais moi-même dans mon coffre à pêche. Bref, les échanges m’avaient vraisemblablement inspirée!

L’intérêt des invertébrés aquatiques pour la pêche

Les invertébrés aquatiques représentent un intérêt certain pour le pêcheur, puisqu’ils font partie du milieu où évoluent les poissons. Les adultes de ces mêmes espèces ont aussi un cycle de vie qui les amène près des milieux aquatiques. C’est le cas par exemple des éphémères, des trichoptères et des libellules : les adultes iront se reproduire et pondre près de la surface de l’eau… là où des poissons les attendent impatiemment! Si un individu a le malheur de s’aventurer trop près de la surface de l’eau ou encore d’y tomber, c’en est fini pour lui!

Bref, quand on parle de « pêche à la mouche », on fait référence au leurre qui ressemble à une mouche ou à un insecte ailé quelconque. Souvent, ledit leurre cherche à imiter les insectes rencontrés près de la surface de l’eau comme les éphémères et les trichoptères adultes.

D’autres appâts, sans doute moins connus, prennent l’apparence des invertébrés œuvrant sous l’eau. Dans le billet de la semaine dernière, je présentais une photographie de quelques leurres que j’avais gardés dans mon coffre à pêche et qui représentent de tels organismes. Y étaient inclus des insectes terrestres qui peuvent parfois s’aventurer trop près de la surface de l’eau. Aviez-vous reconnu certains d’entre eux? Notamment une écrevisse, un ver de terre, une naïade de libellule (vivant sous l’eau) et de multiples imitations d’insectes ailés, tels les trichoptères, éphémères et autres que je ne saurai identifier exactement!

Ma récente incursion dans ce domaine m’a également appris que plusieurs pêcheurs fabriquent eux-mêmes leurs leurres, dont certains imitent de toutes petites créatures aquatiques comme les larves de chironomes. C’est le cas du lecteur qui m’a écrit sur le sujet; vous pourrez voir certaines de ses photos (et propres chefs-d’œuvre) qui accompagnent la présente chronique. Fascinant, n’est-ce pas?

Leurres_JeanDecary_2
Quelques leurres fabriqués à la main – qu’y reconnaissez-vous?

Leurres_JeanDecary_1
Autres leurres fabriqués à la main

Chaque leurre en son temps!

Vous pensiez que la pêche nécessitait simplement de lancer n’importe quel appât à l’eau peu importe le moment? Détrompez-vous!

En effet, comme les invertébrés aquatiques ont un cycle de vie les amenant à être plus ou moins abondants à certaines périodes de l’année, il est d’intérêt pour le pêcheur d’utiliser le bon leurre à la bonne période. Il en est de même pour le stade de vie (larve/nymphe vivant sous l’eau contre l’adulte ailé), qui ne se rencontre pas en tout temps de l’année.

Dans les ressources citées ci-dessous, vous pourrez visionner des vidéos d’un pêcheur aguerri (Brian Chan), qui nous présente une vaste palette d’imitations d’invertébrés (cette vidéo), tout en nous indiquant les meilleurs moments de l’année pour utiliser un leurre plutôt qu’un autre.

On y retrouve aussi un épisode de pêche d’une durée de 24 minutes (Phil Rowley on fishing a new lake) où le spécialiste nous indique notamment comment collecter des invertébrés en rive, ainsi que dans l’estomac des poissons capturés pour mieux identifier les leurres à utiliser selon la période de l’année. Une émission de pêche fort instructive que plusieurs d’entre vous apprécieront sans aucun doute!

Quelques ressources pour les curieux!

Comme je n’ai pas la prétention d’être une experte pêcheuse, je souhaitais compléter la présente chronique avec quelques ressources pour ceux d’entre vous qui utilisent ou fabriquent des appâts à poisson… Ou pour les entomologistes curieux comme moi!

Dans les éléments présentés ci-dessous, j’ai choisi de me concentrer davantage sur les organismes pouvant être rencontrés dans les écosystèmes lacustres et d’eau plutôt stagnante (lacs, élargissements du fleuve et étangs), question de répondre aux interrogations récemment reçues.

N’oubliez pas de vous rendre au bout de la chronique : quelques photos et vidéos supplémentaires vous y attendent!

1) Produits DocBébitte déjà existants (invertébrés retrouvés au Québec) :

2) Quelques sites Internet pertinents :

3) Vidéos et émissions de pêche (ailleurs au Canada) :

  • Phil Rowley on Fishing A New lake. Émission vidéo présentant des astuces pour bien choisir son secteur de pêche ainsi que ses leurres (incluant l’échantillonnage d’invertébrés): https://youtu.be/sYhumUOD4M8
  • Brian Chan. Vidéo expliquant les leurres à utiliser en fonction d’une connaissance des moments d’émergences ou de prolifération d’invertébrés divers : https://youtu.be/pHVfoRdQGxQ
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation des chironomes comme leurres (incluant cycle de vie, locomotion, etc.) : https://www.youtube.com/watch?v=cXSEyvkqORQ
  • Brian Chan. Vidéo portant sur l’utilisation des sangsues comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=MKL17Tupn68
  • Brian Chan. Vidéo au sujet de l’utilisation d’amphipodes (crustacés d’eau douce) comme leurres : https://www.youtube.com/watch?v=eDvt4SjYcIA
  • Brian Chan : plusieurs autres vidéos disponibles! Je vous conseille de faire davantage de recherches en utilisant le terme « Brian Chan » et « fly fishing » selon les invertébrés qui vous intéressent!

4) Guides et clés d’identification d’invertébrés aquatiques d’Amérique du Nord

  • Hutchinson, R. et B. Ménard. 2016. Naïades et exuvies des libellules du Québec: clé de détermination des genres. 71 pages.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.

Galerie photo et vidéo d’invertébrés aquatiques du Québec

Enfin, vous trouverez ci-dessous une galerie photo et vidéo en complément aux ouvrages préalablement cités, qui présente quelques spécimens couramment rencontrés au Québec!

Il importe de souligner que ces ressources – incluant mes propres chroniques et photographies – sont loin d’être exhaustives! En outre, j’aurai certainement l’occasion de vous parler de nouvelles espèces lors de prochaines chroniques!

Si entretemps vous avez d’autres sources à suggérer ou des propositions de sujets connexes, n’hésitez pas à me le signaler!

Galerie vidéo

Vidéo 1. Sangsue observée au lac Cromwell (Station de biologie des Laurentides, Saint-Hippolyte, Québec).

Vidéo 2. Chironomes rouges en déplacement dans un petit plat.

Vidéo 3. Corise (Corixidae). Cet hémiptère aquatique fait partie des espèces retrouvées dans le contenu stomacal de certains poissons, comme le témoigne l’émission de pêche susmentionnée de Phil Rowley.

Vidéo 4. Lors d’une partie de pêche avec mon père, nous avons observé cette dolomède (voir cet article) se mouvoir à la surface de l’eau. Mon père s’est amusé à lancer son appât à proximité. Peut-être existe-t-il des leurres en l’honneur de cette gigantesque araignée d’eau qui doit sans doute attirer des poissons gourmands?

 

Galerie photo (cliquez sur les photos pour les agrandir)

Corixidae1_AR
Corise (Corixidae), vue dorsale

Corixidae2_AR
Corise (Corixidae), vue ventrale

Veliidae_LacDesPlages
Vélie (Veliidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Gammar1
Amphipode capturé dans une mare d’eau à marée basse dans le fleuve Saint-Laurent (Québec, Qc)

Asellidae_LacDesPlages2
Aselle (Asellidae), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Naïade_Ephemere_LacBonny
Naïade d’éphémère, lac Bonny (Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Qc)

Naïade_Anisoptera_LacDesPlages
Naïade de libellule, lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Gomphidae_LacDesPlages
Naïade de gomphe (Gomphidae; libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Macromiidae_Larve_LacDesPlages
Naïade de Macromiidae (libellule), lac des Plages (Lac-des-Plages, Qc)

Naïade_demoiselle_LacGeai
Naïade de demoiselle, lac Geai (Saint-Hippolyte, Qc)

Chironomidae_Larve_AR
Larve de chironome