Une semaine et demie de biodiversité aquatique ou le bonheur selon DocBébitte!

Asellidae observé dans le lac Croche à la Station de biologie des Laurentides
Asellidae observé dans le lac Croche à la Station de biologie des Laurentides
Larve d’Hydropsychidae, un trichoptère présent en grand nombre dans l’exutoire du lac Croche
Larve d’Hydropsychidae, un trichoptère présent en grand nombre dans l’exutoire du lac Croche

Cette année, mes vacances ont été fortement teintées par un thème qui me tient à cœur : la biodiversité en milieu aquatique. Étant limnologiste de formation, j’ai un faible tout particulier pour les organismes vivant sous la surface de l’eau. On peut donc dire que j’ai filé le parfait bonheur pendant mon congé estival… qui lui a simplement filé trop vite!

Le coup d’envoi a été donné par le 44e congrès de l’Association des entomologistes amateurs du Québec, dont le thème cette année était la biodiversité. Dans le cadre de cette activité annuelle, j’ai eu la chance d’effectuer une présentation sur l’importance des insectes aquatiques comme indicateurs de biodiversité et de santé des milieux d’eau douce. De plus, le congrès se déroulait sur le territoire de la Station de biologie des Laurentides de l’Université de Montréal, un site que je connaissais déjà bien puisque je l’avais fréquenté à maintes reprises lors de mes études. Le territoire de cette station est parsemé d’une vaste quantité de lacs et de ruisseaux et s’avère donc un terrain de jeu de rêve pour tout limnologiste.

Lors de notre séjour, j’ai pu y visiter trois lacs (Croche, Cromwell et Triton), ainsi qu’une tourbière (lac Geai). J’ai pataugé dans l’un des lacs, armée de mon nouvel appareil photo Olympus Tough TG-5, un appareil conçu pour prendre des photos et des vidéos sous l’eau. Ce n’est cependant pas dans ce lac que j’ai observé la plus grande diversité d’invertébrés. En effet, je n’y ai capturé que des mites d’eau (Hydracarina), ainsi que quelques isopodes aquatiques (Asellidae), des cousins de nos cloportes terrestres. Il faut dire toutefois que je m’étais restreinte à une petite bande le long du littoral et que je ne me suis pas aventurée très loin dans le lac.

Un coup de filet dans une tourbière (lac Geai) révèle une grande diversité et abondance
Un coup de filet dans une tourbière (lac Geai) révèle une grande diversité et abondance
Naïade de libellule observée au lac Geai
Naïade de libellule observée au lac Geai
Moule d’eau douce photographiée au lac Bonny
Moule d’eau douce photographiée au lac Bonny
Quatuor d’insectes capturés au lac Bonny
Quatuor d’insectes capturés au lac Bonny

L’exutoire du lac – un petit ruisseau – comportait une bien plus grande diversité d’organismes : écrevisses, trichoptères, éphémères, mégaloptères, odonates et plécoptères, notamment, étaient au rendez-vous. Il en fut de même pour les abords de la tourbière : en quelques coups de filet, nous fûmes en mesure d’observer une grande diversité et densité d’organismes tels que libellules (zygoptères et anisoptères), corises (Corixidae) et larves de dytiques.

Après cette sortie, je passai ensuite une semaine complète aux abords d’un petit lac dans les Laurentides (lac Bonny). J’avais également amené avec moi mon filet troubleau et plusieurs pièces d’équipement destinées à observer et manipuler les invertébrés aquatiques capturés. Naturellement, ces derniers furent tous relâchés après que les observations aient été complétées. En plus de cela, j’ai allégrement barboté dans le lac et pris des photos et vidéos sous-marines à l’aide de ma caméra. Au menu de la semaine figurèrent bon nombre d’insectes, ainsi que plusieurs invertébrés : moules d’eau douce, mites d’eau, ranatres, naïades de libellules et d’éphémères, etc.!

Dans les prochaines semaines, je compte vous parler plus en détail de plusieurs des organismes rencontrés pendant mes vacances… incluant quelques surprises dont je ne fais pas mention ici pour l’instant! D’ici là, je vous souhaite une bonne poursuite de la saison estivale… et peut-être des découvertes aquatiques pour vous aussi?

DocBébitte en bref : une araignée revenante!

Je voulais brièvement partager avec vous une drôle d’observation effectuée ce matin. En me préparant pour le congrès de l’Association des entomologistes amateurs du Québec (AEAQ) qui aura lieu cette fin de semaine, je m’affairais à défaire une boîte remplie d’échantillons d’araignées.

Surprise! Une araignée vivante parmi les flacons d’alcool!
Surprise! Une araignée vivante parmi les flacons d’alcool!

En juin, j’avais participé à un atelier d’identification d’araignées au cours duquel j’avais amené bon nombre d’échantillons d’araignées disposées dans l’alcool. Étant très occupée, je n’avais pas eu le temps de décharger le tout et avait donc laissé la boîte pleine au sol, dans mon bureau.

Étant donné que j’effectue une présentation sur les invertébrés aquatiques cette fin de semaine, j’avais besoin de troquer les échantillons d’araignées pour des invertébrés aquatiques. Alors que je mettais de côté tout un tas de flacons d’araignées mortes, je fus surprise de voir s’y faufiler une grosse araignée… bien vivante!

Même individu, autre angle!
Même individu, autre angle!

Eh non, aucun de mes flacons n’était dévissé et il ne s’agissait pas d’une araignée-zombie qui s’en serait extirpée! Simplement, les recoins de cette boîte en carton semblaient être devenus un habitat d’intérêt pour une sympathique bête à huit pattes!

Au moment d’écrire ces lignes, je manque un peu de temps pour identifier la créature – les préparatifs pour la fin de semaine sont nombreux! Voyant ses filières plutôt longues et sachant qu’il s’agit vraisemblablement d’une espèce vivant dans les demeures, ma présomption pour l’instant est qu’il s’agirait d’une tégénaire, un membre de la famille Agelenidae qui est connu pour vivre dans nos maisons. Malheureusement, les angles de mes photographies laissent planer un petit doute; j’aurais préféré mieux voir l’arrangement des yeux, critère qui aide souvent à l’identification. Or, ma jolie bête avait la bougeotte et je ne pus prendre tous les clichés désirés. Ne vous inquiétez point : je l’ai gentiment relâchée afin qu’elle continue de vaquer à ses activités… Et précision pour la parenté qui aime un peu moins les arachnides : je l’ai relâchée à l’extérieur!

La petite leucorrhine nordique

En sortant du travail en une fin d’après-midi du début du mois de juin, j’ai eu la chance de voir se poser devant moi une toute petite libellule, laquelle se laissa, à ma grande surprise, manipuler allègrement. Je pus la photographier de tous bords, tous côtés, ainsi qu’enregistrer une vidéo. J’étais tellement absorbée par la sympathique tâche que je dus me secouer afin de ne pas rater mon autobus.

Leucorrhine hudsonienne mâle
Leucorrhine hudsonienne mâle
Leucorrhine mâle, vue de face
Leucorrhine mâle, vue de face
Leucorrhine mâle, vue de côté
Leucorrhine mâle, vue de côté

En fouillant dans Paulson (2011), je pus trouver rapidement de quelle espèce il s’agissait. À la fois la coloration et la très petite taille de l’individu s’avéraient des critères facilitant l’identification. La belle créature s’avérait être une leucorrhine hudsonienne (Leucorrhinia hudsonica). Un premier indice pointant vers cet individu était la couleur de son visage : tout blanc. En effet, les membres du genre Leucorrhinia sont nommés, en anglais, Whiteface, ce qui signifie « face blanche ». En second lieu, la couleur orangée et les motifs parcourant l’abdomen pointaient vers une poignée limitée d’espèces, dont une qui était qualifiée de particulièrement petite : la leucorrhine hudsonienne.

Toutefois, dans Paulson (2011), les motifs de l’abdomen des mâles présentés sont nettement rouges alors que ceux des femelles sont jaunes. J’étais embêtée par la coloration plutôt orangée de mon spécimen mâle – ni rouge ni jaune –, jusqu’à ce que je lise sur Bug Guide que cette coloration est typique des mâles immatures. Je faisais donc affaire à la bonne espèce; simplement, l’individu était immature. Par ailleurs, juste pour nous mêler davantage, les sources que j’ai consultées indiquent que certaines femelles préfèrent porter le rouge! Pour distinguer les mâles des femelles hors de tout doute, il faut par conséquent jeter un coup d’œil aux appendices situés au bout de l’abdomen des libellules. Ceux-ci sont différents entre les mâles et les femelles, ceux des mâles étant destinés à agripper les femelles par la tête.

Comble du bonheur! Dans la semaine qui suivit, je pus observer, non loin du lieu de ma première rencontre, une femelle de la même espèce. Cette dernière était fort moins coopérative et je ne pus prendre que trois ou quatre clichés de la dame au sol avant qu’elle ne s’envole. Les photographies prises – dont une qui agrémente la présente chronique – permettent tout de même de comparer les motifs et les couleurs avec le jeune mâle.

Une question réside : que faisaient donc ces deux insectes tout près de mon travail, en pleine ville à Québec? Il faut dire que mon travail se situe entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Charles, deux cours d’eau bordés par endroits de marais, des habitats propices pour cette espèce d’odonate. Il n’y a toutefois pas de milieux aquatiques très près du travail. Or, Paulson (2011) précise que les femelles L. hudsonica sont retrouvées assez loin de l’eau, où l’on peut les observer au sol ou encore perchées sur des branches et troncs des clairières. Cela pourrait expliquer pourquoi la femelle que j’ai observée était bien installée sur le trottoir asphalté; d’autres espèces d’odonates ne se seraient jamais permis un perchoir aussi bas! D’ailleurs, une passante me voyant prendre des photographies au sol s’arrêta pour me demander ce qui se passait. En voyant la libellule, elle s’exclama « Oh, je me demandais au juste ce que vous faisiez à photographier une craque du trottoir »!

Femelle observée quelques jours plus tard
Femelle observée quelques jours plus tard
Appendices terminaux de la femelle (gauche) et du mâle (droite)
Appendices terminaux de la femelle (gauche) et du mâle (droite)

Étant donné que les femelles s’éloignent des milieux aquatiques, je présume que cela explique également la présence du mâle que j’avais aperçu quelques jours plus tôt. L’accouplement des leucorrhines hudsoniennes se ferait d’ailleurs loin de l’eau. Toutefois, après l’accouplement, la femelle revient vers les milieux aquatiques afin de pondre ses œufs en frappant la surface de l’eau du bout de son abdomen. Le mâle demeure souvent à proximité et veille à ce qu’aucun autre mâle ne tente de se reproduire avec sa douce.

Comme tout odonate qui se respecte, les naïades des leucorrhines hudsoniennes grandissent et vivent sous l’eau. En particulier, les membres de cette espèce auraient un faible pour les marais et les étangs tourbeux et elles préféreraient vivement les milieux où la végétation aquatique est dense. Il s’agit de prédateurs hors pair qui sont très utiles, se nourrissant notamment de larves d’insectes indésirables comme les maringouins. Il en est de même pour les adultes, qui se délectent de maringouins et de mouche adultes, ainsi que d’une vaste palette d’invertébrés.

Sans grande surprise, la leucorrhine hudsonienne est une libellule nordique dont l’aire de répartition inclut la baie d’Hudson. Celle-ci est globalement observée, d’ouest en est, de l’Alaska jusqu’au Labrador. Elle couvre presqu’entièrement le Québec. Vers le sud, elle s’étend jusqu’en Virginie. Les adultes émergent à partir de la fin du mois de mai et on peut les rencontrer jusqu’à la fin août. Robert (1963) parle du début juin à la fin juillet au Québec; cette référence datant quelque peu, je ne suis cependant pas certaine du degré de précision actuel! Qu’à cela ne tienne, il est encore temps pour vous de partir à la recherche de cette sympathique libellule qui n’a pas peur du froid!

 

Vidéo 1. Ma toute première leucorrhine hudsonienne, observée à Québec le 9 juin 2017.

 

Pour en savoir plus

Élégant et commun, le papillon tigré!

Chaque année, quand l’été revient, j’ai tellement de sujets possibles sur lesquels rédiger mes chroniques que je ne sais plus où donner de la tête. Au courant des deux dernières semaines, j’ai pu observer un très grand nombre de papillons dans ma cour et dans mon quartier, à Québec, qui appartenaient tous à la même espèce. Je m’étais faite à l’idée qu’il s’agirait d’un bon sujet… idée qui fut cristallisée pas plus tard qu’hier, lors d’une promenade en kayak dans le secteur du Marais du Nord. La quantité de ces papillons voletant le long de la rivière que nous avions empruntée était en effet si grande qu’on les comptait par dizaines.

De qui s’agit-il? Je vous présente notre insecte-vedette : le très joli papillon tigré du Canada (Papilio canadensis)!

Papillon tigré du Canada qui butine dans mes lilas
Papillon tigré du Canada qui butine dans mes lilas
Même individu, autre prise de vue
Même individu, autre prise de vue

Ce sympathique et flamboyant lépidoptère de la famille Nymphalidae arbore une robe à dominance jaune rayée de noir. Il mesure, selon les sources, de 5,3 à 9 cm d’envergure et a un vol qualifié par Handfield (2011) de lent et élégant. À cause de ces attributs, mais aussi parce qu’il aime bien se délecter du nectar de fleurs communes, incluant les lilas, épervières, trèfles et marguerites, il est fréquemment observé. Dans le Québec méridional, il s’agit d’un papillon très commun.

Selon Leboeuf et Le Tirant (2012), la seule espèce semblable avec laquelle on pourrait confondre le papillon tigré du Canada est le Machaon de la baie d’Hudson. Ce dernier porte également fièrement le jaune et le noir. Toutefois, ses ailes sont plus trapues, ses queues plus courtes et son aire de répartition est située nettement plus au nord et à l’ouest que celle de P. canadensis. Ainsi, si vous observez un grand papillon diurne jaune et noir à la hauteur du Québec méridional, il s’agit fort probablement d’un papillon tigré du Canada. Néanmoins, prudence est de mise : selon Handfield (2011), Papilio glaucus, un très proche parent américain dont les caractéristiques sont très similaires, pourrait s’observer au sud du Québec. Sa présence pourrait se faire de plus en plus sentir dans les années à venir, en particulier si le climat de nos latitudes se réchauffe.

Second spécimen – on voit une encoche dans son aile droite
Second spécimen – on voit une encoche dans son aile droite
Vue ventrale
Face ventrale des ailes
Miam miam, des excréments de canard!
Miam miam, des excréments de canard!

Les chenilles sont également remarquables. Le thorax bombé des chenilles matures est muni de deux ocelles qui imitent à merveille les yeux d’un prédateur – probablement ceux d’une couleuvre (voir cette photographie tirée de Bug Guide). Elles possèdent aussi un organe nommé osmeterium qui est situé derrière la tête. Si elles se sentent menacées, elles gonflent cet organe orangé en forme de fourche qui dégage une odeur nauséabonde. Une photographie de la chenille du papillon du céleri, un proche parent appartenant aussi au genre Papilio, exhibant cet organe, avait d’ailleurs été soumise dans un précédent concours amical de photographie DocBébitte (voir cette photographie de Sylvie Benoit).

Les chenilles immatures, de leur côté, ressemblent plutôt à une déjection d’oiseau : elles sont brunes et blanches. En revanche, lors du dernier stade larvaire, tout juste avant la métamorphose en chrysalide, la chenille prend une teinte brun beige ou brun rosé. La chrysalide qui sera formée, quant à elle, s’attachera solidement à une tige ou à une branche. Elle traversera les rigueurs de l’hiver sous cette forme, avant d’en émerger au printemps suivant.

Il est à noter que les plantes-hôtes privilégiées par les chenilles sont le peuplier faux-tremble, ainsi que le bouleau blanc. Peu difficiles, nos larves peuvent également coloniser une myriade d’arbres et d’arbustes tels que les frênes, lilas, autres peupliers et bouleaux, sorbiers et j’en passe! De façon similaire, l’adulte se rencontre dans une vaste palette d’habitats : boisés clairsemés, abords de lacs et de rivières, tourbières, jardins et boisés urbains.

Je vous mentionnais plus tôt que le papillon tigré du Canada se nourrit de nectar. Ce n’est pas tout. Cet insecte ne daigne pas les cadavres d’animaux ou encore le fumier, d’où il tire de précieux nutriments. Ma plus récente observation – qui date d’hier – portait justement sur un individu confortablement installé sur un excrément de canard (voir photographie à l’appui). Quelques instants plus tard, ils étaient deux à se disputer le butin – ce que je ne pus malheureusement capturer à l’aide de mon appareil photo. De façon similaire, il semble commun de voir des attroupements de ce papillon autour de mares boueuses le long des chemins de terre, souvent à la recherche de minéraux.

Au Québec méridional, on peut observer notre arthropode en activité entre la fin mai et la fin juillet (voire jusqu’à la mi-août selon certaines sources). Pour ma part, ici à Québec, j’ai surtout observé de forts pics d’abondance au courant des dernières années vers la fin du mois de juin, en particulier dans les environs de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Comme nous sommes en plein à cette période de l’année, gardez l’œil ouvert pour cette bête peu discrète!

Pour terminer, une petite pensée pour les philatélistes parmi vous (dont ma maman!) : notre jolie créature a fait l’objet d’un timbre émis par Poste Canada le 4 juillet 1988. Photogénique comme elle est, cela n’est pas surprenant, n’est-ce pas?

 

Vidéo 1. Papillon tigré du Canada qui butine les fleurs d’un de mes lilas.

 

Pour en savoir plus

DocBébitte en bref : Quel couvre-chef!

Drôle de couvre-chef
Drôle de couvre-chef
Et il bouge!
Et il bouge!

La fin de semaine dernière, je me suis affairée à nettoyer l’étang à poissons, comme je le fais chaque printemps. Il s’agit d’une tâche que j’aime bien exécuter : enfiler mes bottes-salopettes et jouer dans la boue, les algues et tout un tas de résidus végétaux! La raison pour laquelle je dois faire ce nettoyage est fort simple : si je laissais toute cette matière organique dans l’étang, les bactéries qui la décomposent engendreraient un manque en oxygène et une qualité de l’eau qui pourraient s’avérer nocifs pour mes poissons adorés – qui, il faut le dire, passent l’hiver dans des aquariums, bien au chaud à l’intérieur.

Bref, chaque année, cette activité devient en quelque sorte une chasse au trésor : quelques invertébrés bien spéciaux prennent refuge dans mon étang – outre les très communs moustiques, chironomes et Dixidae.

Cette année, ce sont deux naïades de libellules de la famille Aeshnidae que j’eus l’honneur de découvrir. Et, oh, surprise, l’une d’entre elles portait un couvre-chef très spécial… et vivant! Cette dernière s’avérait parasitée par une sangsue qui s’agitait alors que je manipulais ma belle naïade hors de l’eau.

C’est un mélange de curiosité et de pitié pour ces libellules que j’aime tant qui me conduisit à retirer la sangsue de la tête de la naïade. Tenant la sangsue dans une pince, ne tirant celle-ci que très légèrement, je fus surprise de voir qu’elle lâcha prise rapidement. Comme vous le savez, je préfère préserver uniquement les invertébrés trouvés déjà morts dans ma collection. Je me permis cependant une petite entorse à cette habitude afin de pouvoir examiner la sangsue de plus près, sous le stéréomicroscope. Cette dernière se retrouva par conséquent dans une fiole remplie d’alcool… et sous la loupe de mon appareil binoculaire!

Le résultat de l’examen approfondi vous est présenté parmi les photographies agrémentant la présente chronique. Il en est de même pour quelques photos et une vidéo de l’Aeshnidae portant fièrement son couvre-chef! Aviez-vous déjà vu quelque chose de tel?

 

Vidéo 1. Remarquez la sangsue qui s’agite sur la tête de la naïade!

 

Quelques autres photographies, pour le plaisir de vos yeux!

Vue dorsale
Vue dorsale
4. Gauche : la sangsue était très petite. Haut à droite : vue ventrale. Bas à droite : vue dorsale.
Gauche : la sangsue était très petite. Haut à droite : vue ventrale. Bas à droite : vue dorsale.
La belle, enfin libérée de son parasite!
La belle, enfin libérée de son parasite!